Crise étudiante: vos solutions

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    Mercredi 30 mai 2012 | Mise en ligne à 17h18 | Commenter Commentaires (8)

    Je suis un agent double au cégep

    J’aime à dire que je suis un «agent double», car à la fois étudiante à temps plein et contribuable au Québec depuis bien des années. Je suis une étudiante au DEC en soins infirmiers au cégep.

    J’ai eu une carrière avant ce retour aux études, j’ai 35 ans. À chaque assemblée générale de reconduction de grève, sans exception aucune, j’ai été témoin d’intimidation envers les étudiants contre la grève. À chaque assemblée, le vote secret a été demandé et refusé grâce à de l’abus de procédures des «rouges» avec la complicité mal camouflée du président de ces assemblées «démocratiques».

    Typiquement, les assemblées commençaient à 11 h et se terminaient vers 17 h ou 18 h. Avec un vote de grève vers 15 h ou 16 h alors que de nombreux étudiants contre la grève avaient quitté, dégoûtés que les choses traînent en longueur. Vous serez d’accord que c’est une tactique syndicale vieille comme la CSN (qui finance avec beaucoup de bonté l’association de notre cégep et lui offre de la formation et des transports en autobus).

    Avec dédain, les pros-grève disent que les verts sont irresponsables de ne pas vouloir ou pouvoir perdre une journée en assemblée générale chaque semaine pour une cause aussi noble que la leur. Qui sont les verts? Souvent des étudiants dans les programmes techniques, la future classe moyenne ou même l’actuelle classe moyenne dans mon cas, «candidate adulte au Cégep». Les rouges disent que les verts ne comprennent rien à leurs aspirations à des études supérieures. Si je n’avais pas mes enfants à aller chercher à leur l’école à 15 h, j’irais au micro pour leur dire qu’on peut vouloir faire ou même avoir fait des études supérieures sans se sentir supérieur. Ah oui, j’aimerais aussi leur dire de commencer par se concentrer sur la gratuité scolaire au Québec à l’école primaire publique, mais ils auront des enfants bien assez tôt, qui suis-je pour leur pointer du doigt cette réalité qui les attend?

    Ma solution est simple. Abolir les cotisations (onéreuses et obligatoires) que l’on doit payer chaque session à l’association étudiante comme si nous étions des syndiqués. Nous ne sommes pas des syndiqués, à quoi bon JOUER au syndiqué? Ce jeu est très dispendieux cette année. Au DEC en soins infirmiers, je connais personnellement des dizaines de «2e année» et de finissantes qui devaient travailler dès le 5 juin comme externes en soins infirmiers ou comme CEPI (candidate à la profession infirmière) qui ont perdu leur emploi d’été. Les infirmières de l’hôpital régional ne peuvent plus choisir leurs vacances d’été comme d’habitude, car nous n’avons pas l’autorisation d’aller leur prêter main-forte, puisque nos cours «de base» (français, philo, etc.) ne sont pas tous terminés. Nous avons par contre terminé tous nos cours et stages de soins infirmiers, car ils étaient exclus de la grève puisqu’impossibles à reprendre vu les contraintes des hôpitaux.

    Voilà, je n’ai rien d’autre à ajouter, sinon que je passe mes journées à consoler mes jeunes collègues étudiantes qui m’appellent en pleurant. Il n’y a rien de plus beau que la fierté d’une jeune adulte qui décroche sa première «vraie job» et en ce mois de mai, elles ont perdu cet emploi avant même leur première journée de travail.

    Isabelle Bergeron


    • Enfin une confirmation de ce que plusieurs autour de moi soupçonnent.

      Merci,

    • Très bon témoignage, une expérience personnelle et une bonne analyse.

      Je compati avec vos collègues, Je continue de penser que les étudiants en techniques au Cegep doivent préparer une pétition à l’automne pour créer leur propre association qui pour une fois prendra exclusivement leurs intérêts à coeur. Plus question de se faire prendre en otage par des groupuscules de gauche qui manipulent machiavéliquement les assemblées générales. Comment pourra-t-on justifier de déclencher une «grève» si l’autre association a voté contre. Les droits de l’une ne peuvent être brimée par l’autre. Attention cependant, une des leçons que l’on doit tirer de cette crise, c’est qu’il faut participer si on ne veut pas subir la décision des autres. C’est

      Alain Boulet

    • Je suis d’autant plus d’accord avec vous, du fait qu’on a un urgent besoin d’infirmières au Québec. C’est dommage pour ces personnes qui espéraient travailler de se retrouver dans une telle position. Pour moi ce n’est qu’une autre preuve du manque de jugement de la plupart des rouges.

    • Ne pourrait-on dès l’entrée au CEGEP assermenter tous les étudiants et leurs demander de se taire sous peine d’application de la loi 78, sur les appels à la désobéissance civil. Et demander aux directeurs d’établir eux-mêmes le cout des inscriptions selon ce qu’ils considèrent raisonnable.
      Devrait-on aussi exclure de la formation des infirmières toute personne ne haut de 35 ans, puisque le cout de formation est moins rentable en rapport avec les services qui seront rendus.

      J’espère que Mme Bergeron continuera son bon travail et demandera aussi aux infirmières de se dé-syndicaliser, puisque la tache qu’ils(elles) ont à accomplir ne leur donne pas de raison pour participer à cette perte de temps qu’est le jeu de la syndicalisation.

      Tant qu’à arrêter toute forme de niaisage, il serait aussi important de cesser les augmentations du salaire minimum, nos dirigeants entrepreneurs ont surement la capacité d’établir ce qu’ils considèrent un salaire raisonnable, pour eux et leurs travailleurs.

      Finalement on devrait aussi arrêter les élections, quel gaspillage d’argent, surtout qu’à la fin il a toujours quelqu’un au pouvoir, et on sait très bien qu’une fois élus, tous ces gens agissent de façon raisonnable, avec un sens éthique qu’on ne pourrait remettre en question.

      J’appelle tout monde à demeurer calme et de se la fermer, pour le bien de tous.

    • J’ai 44 ans et si je n’avais pas de responsabilite envers ma famille et mon emploi, je descendrais dans la rue pour démontrer mon mécontentement envers les étudiants. Je les trouve très intransigeants et un peu trop radicales à mon goût. ce sont nous les contribuables qui vont payer les pots cassés par l’entremise d’une hausse de taxes, que ce soit fonciers ou autres. mais les étudiants ont perdu vue de la grande image comme on dit. l’effort qu’ils mettent à manifester aurait pu être mis à finir leur session et trouver un emploi d’été . je vais oser dire qu’ils sont une bande d’égoïstes qui ne pense pas vraiment au bien collectif mais juste à leur petit nombril.

    • Bravo madame. J’ai été syndiqué et ce que vous dénoncez existe depuis trop longtemps. Nous vivons en démocratie et dans cette démocratie il y a des ilots de dictature. Les syndicats par exemple.

    • Avant de crier au complot, admettez qu’il y a certainement autant de pro-grèves qui ont aussi des obligations les amenant à quitter les assemblées avant la fin. Tous les étudiants, qu’ils aient choisi ou non de faire la grève en paient le prix, qui est parfois lourd, je le conviens. Vous devriez blâmer l’entêtement inadmissible du gouvernement pour ce que subissent l’ENSEMBLE des étudiants, ceux qui réclament un traitement plus juste au moyen d’une grève légitime que les autres.

    • En passant, mon fils s’est aussi fait intimider par deux matamores contre la grève en pleine rue, devant moi, comme quoi ce n’est pas la prérogative des “carrés rouges”. Encore une fois, blâmons en choeur notre gouvernement et son premier ministre irresponsable!

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