Crise étudiante: vos solutions

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    Mercredi 30 mai 2012 | Mise en ligne à 17h19 | Commenter Aucun commentaire

    Deux stratégies opposées pour régler la crise

    Je crois que les deux côtés ont mal joué leurs cartes, mais ceux qui sont ultimement responsablesde la dégénération de la crise étudiante, c’est le Parti libéral du Québec, qui aurait du voir venir le problème depuis la grève de 2009.

    L’arrivée de la loi 78 est loin de proposer un dénouement à la crise, bien au contraire. Elle permettra aux étudiants et au gouvernement de s’accrocher chacun à un narratif opposé qui ne permet aucun compromis. Pour les étudiants, la loi 78 a réuni la cause des droits de scolarité à celle de la liberté d’expression et de la démocratie, lui accordant une visibilité mondiale et une légitimité au sein de mouvements de contestations transnationaux, comme ce fut le cas, on se le rappellera, en 1968.

    Pour le gouvernement, sa légitimité repose sur l’assurance qu’il donne de faire respecter ses propres lois. Le mouvement de contestation est rendu tel que le gouvernement n’a d’autre choix que de prendre une ligne encore plus dure, ce qui est légalement contestable, et mauvais pour son image. Je propose donc deux stratégies opposées, permettant aux étudiants et au gouvernement de gagner la bataille des droits de scolarité. À mon avis, le gouvernement détient le plus de latitude, mais devra faire preuve de patience.

    Victoire pour les étudiants:

    - Le problème avec la stratégie de perturbation économique du mouvement étudiant, c’est qui est à la guerre d’opinion ce que le «tapis de bombe» l’est à la guerre: Certaines cibles stratégiques sont touchées, mais toujours avec de grands dommages collatéraux. Bloquer le pont Jacques-Cartier fait peut-être mal paraître le gouvernement, mais fait bien peu pour attirer la sympathie du public à l’égard des étudiants. Les manifestations de nuit semblent être une tentative d’être vu, sans toutefois causer autant de dommages collatéraux. On accuse M. Charest de diriger le Québec d’abord comme chef de parti plutôt que comme premier ministre. Si cette hypothèse est vraie, les étudiants devraient immédiatement commencer à causer des perturbations économiques aux entreprises qui supportent le Parti libéral financièrement. Tout d’abord en commençant à identifier les donateurs au Parti libéral qui ont fait des dons maximaux de 3000$ dans la dernière année. Si l’état de la corruption est tel que le laissent entendre les reportages et enquêtes des dernières années, on sait que si ceux qui paient pour avoir l’oreille du gouvernement se mettent à supplier M. Charest de mettre fin à la crise, il le fera sans plus attendre.

    Victoire pour le gouvernement:

    - La question de la hausse des droits de scolarité n’a jamais été une question de «juste part» des étudiants, sinon on demanderait aussi aux malades leur «juste part». La question est plus large et porte sur le financement des cégeps et des universités. Pourtant, le gouvernement a fait de la hausse un élément non négociable de sa stratégie de financement des universités, ce qui est mal avisé. La vraie question est donc: «Comment une université peut-elle «faire de l’argent»? Ou du moins, générer des revenus suffisants pour justifier une plus grande rémunération à ses administrateurs? C’est justement à cause du gel que les universités ont élargi leurs programmes les plus «rentables», c’est-à-dire que comme tous les étudiants sont subventionnés par l’État, l’université peut aller chercher des ressources en créant des programmes peu coûteux à administrer, mais dont l’utilité économique et sociale est généralement moindre. Ainsi, on a besoin de diplômés en géographie, en histoire et en science politique, mais l’expansion du nombre de places dans ces programmes au sein des universités québécoises dans les deux dernières décennies ne s’explique pas par des besoins de l’économie québécoise, mais du désir des universités d’avoir de plus grands revenus. C’est cette explosion de la participation dans ce type de programmes qui a donné naissance à l’euphorie universitaire pour les projets d’infrastructure comme celui de l’îlot Voyageur, et ce au même moment ou les nouvelles technologies devraient nous faire remettre en question le besoin même d’installations physiques pour transmettre le savoir.

    Ironiquement, ce sont principalement les étudiants de ces programmes en Arts et en Sciences sociales qui forment le noyau dur du mouvement de contestation étudiant et qui est à la source des grèves de 2005, 2009 et 2012.

    Voici donc la stratégie de sortie pour le gouvernement du Québec. On déclare immédiatement un moratoire sur la hausse des frais. On entreprend une réforme des universités qui vise à faire mieux correspondre les places et les programmes offerts aux besoins économiques québécois. Cela se traduit naturellement en une réduction radicale du nombre de places dans les programmes qui supportent la grève et conséquemment, engendreront des réductions importantes de dépenses en éducation. Dans deux ou trois ans, les étudiants n’auront plus la masse critique pour résister aux désirs de réforme du gouvernement, peu importe qui sera au pouvoir.

    Jean-Chistophe Jasmin


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