
Hervé Renard soulevé par ses joueurs.
Gabriel Béland
La victoire de la Zambie contre la Côte d’Ivoire dimanche en Coupe d’Afrique ne devait pas se produire. Je veux dire qu’elle ne devait pas se produire sur papier.
La sélection ivoirienne compte 22 joueurs évoluant en Europe, et aucun en Afrique. De son côté, la Zambie n’a que deux joueurs en Europe et la presque totalité évolue dans des championnats africains.
Le club le plus prestigieux d’un Zambien? Les Young Boys de Berne! De leur côté, les Ivoiriens évoluent à Chelsea, Man City, Arsenal, Newcastle, le PSG…
Bien sûr ces tournois sont traîtres et couronnent la meilleure équipe au moment X, et non la meilleure équipe tout court. Bien sûr le coaching y est pour quelque chose et Hervé Renard doit susciter curiosité et intérêt dans les bureaux de bien des présidents de clubs.
Mais j’ai bien hâte de lire une analyse sérieuse de la victoire zambienne. Est-ce une bonne nouvelle pour l’Afrique et ses championnats? Espérons-le.
Voir ce tableau réalisé par The Economist. À lire plus en profondeur ici.











LeBureaucrate
14 février 2012
10h26
Analyses sérieuses de la victoire zambienne :
Zonal Marking :
http://www.zonalmarking.net/2012/02/13/zambia-africa-nations-cup-2012-tactics/
Jonathan Wilson (The Guardian)
http://www.guardian.co.uk/football/2012/feb/12/zambia-ivory-coast-africa-cup-nations-final
Merci pour les liens. Le texte du Guardian est particulièrement bien senti. Mais je parlais surtout d’analyses non pas sur le match comme tel, mais plutôt sur les raisons et les conséquences de cette victoire. Je me rappelle avoir lu quelques papiers avant le début de cette CAN qui dressaient un constat clair: le foot en Afrique est un échec. Ses championnats sont corrompus et incapables de retenir les meilleurs joueurs. Maintenant, la Zambie, avec des joueurs qui évoluent en Afrique, battent une équipe ivoirienne de «millionnaires» et «d’expatriés». J’ai du mal à comprendre et j’ai bien hâte de lire une explication! -G.B.
LeBureaucrate
14 février 2012
12h07
@Gabriel Béland
Le même Jonathan Wilson, toujours excellent, avait lui aussi constaté l’échec du foot africain, avant le tournoi.
The Question: is African football progressing? (The Guardian, 2012/01/17)
http://www.guardian.co.uk/football/blog/2012/jan/17/the-question-is-african-football-progressing
Il s’était en suite attardé au cas de la Côte-d’Ivoire.
Côte d’Ivoire’s Golden Generation looks to shed underachiever tag (SI, 2012/01/23)
http://sportsillustrated.cnn.com/soccer/news/20120123/ivory-coast/index.html
Pour ensuite, en cours de chemin, se réconcilier avec l’ACON.
African Cup of Nations a wonderful spectacle for both host and fans (SI, 2012/01/
http://sportsillustrated.cnn.com/soccer/news/20120130/equatorial-guinea/index.html
Bref, vos excellentes interrogations ont été du moins partiellement explorées par Jonathan Wilson, un des journalistes sportifs anglais des plus cérébral et intéressant. Désolé, mais je devais de le plugger encore une fois!
Merci! J’avais lu le premier de Wilson, très intéressant. Je vais me mettre aux deux autres… -G.B.
le_bledard
14 février 2012
18h04
Il n’y a pas de recette miracle au succes. Pour reussir, il faut etablir un plan de developpement et y adherer jusqu’au bout. Or, la formation en Afrique n’a jamais ete la priorite des divers clubs. Les presidents de clubs sont bien plus soucieux d’acheter a gros prix des joueurs deja etablis pour gagner tout de suite plutot que d’investir dans les centres de formation. Il y a bien eu ici et la des ersatz de centres de formation comme en Cote-d’Ivoire sous l’impulsion de l’Acdemie JM Guillou (qui a engendre la generation doree des Drogba, Toure, Gervinho, etc.) ou au Senegal alors que Peter Schnittger etait DTN (le Senegal 2002 en World Cup c’est lui) mais ces efforts ont ete ponctuels et n’ont pas permis de perenniser la formation a l’africaine. On peut parler d’instabilite politique, de manque de volonte des instances publiques, de mauvais calculs des presidents de club, etc. Et puis, la formation des entraineurs est aussi un sujet a aborder pour l’Afrique, c’est incroyable le manque a ce niveau-la.
Sinon concernant vos interrogations sur la Zambie, ca fait des annees que cette equipe produit du beau jeu (par contre ils ont peche par naivete offensive dans les precdentes qualifications) en Afrique, ce pays a une grande culture footballistique (il a enfante Kalusha Bwalya et Chikabala), les joueurs ont ce foot instinctif si beau a voir, tu le sens dans le toucher de balle, ca s’apprend dans la rue, au plaisir de longues parties improvisees. Par contre je ne suis pas au fait de leur programme de formation national, mais ce que je peux vous dire, c’est que Renard ca fait des annees qu’il a ce groupe sous la main et il a insuffle une rigueur tactique impressionnante. Pour les qualifs du Mondial 2010, la Zambie est allee faire match nul 1-1 contre l’Egypte au Caire en produisant un jeu chatoyant, a perdu contre l’Algerie deux fois, mais a domine les deux matchs (quand je parlais de naivete offensive). Et quand on dit qu’il vaut mieux une equipe de joueurs talentueux et solidaire qu’une somme d’individualites mal dirigees, ce n’est pas un cliche. Autre point non negligeable, quand tous tes elements jouent dans le championnat local, il est plus facile de les regrouper pour travailler les automatismes, alors que si tu as des elements evoluant en Europe, c’est difficile, tu ne peux faire ca qu’aux dates FIFA. Ce n’est pas pour rien aussi que l’Egypte a domine l’Afrique ces dix dernieres annees.