Soccer

Lundi 16 mai 2016 | Mise en ligne à 11h25 | Commenter Commentaires (63)

Cinq matchs sans victoire

CHARLES DUBÉ

L’Impact trône encore ce matin au premier rang dans l’Est de la MLS à égalité avec le New York City FC malgré une séquence de cinq matchs sans victoire et de quatre matchs nuls consécutifs. Le bleu-blanc-noir n’a par ailleurs pas encore gagné au stade Saputo. Est-il temps de commencer à s’inquiéter ?

Commençons par la position au classement. Une récolte de 16 points en 11 matchs est actuellement suffisante pour placer les Montréalais en tête du classement dans leur conférence, mais les placerait au 8e rang dans l’Ouest, hors des séries. Son ratio de 1,45 point par match place également l’Impact au 2e rang dans l’Est, mais les reléguerait au 7e rang dans l’Ouest, encore une fois hors des séries. Si on s’entend depuis quelque temps pour dire que l’Ouest est plus fort que l’Est en MLS, rarement aura-t-on vu une telle disparité,

Depuis l’entrée de l’Impact en MLS, un ratio de 1,45 point par match se situe à la limite d’une place au tournoi automnal et il serait surprenant qu’aucune des équipes de la conférence du bleu-blanc-noir ne se replace. Le Crew, finaliste de la dernière coupe MLS, par exemple pointe à l’avant-dernier rang de la conférence à six longueurs de l’Impact, mais avec un match de plus à disputer. Si Columbus remporte ce match en main, il ne se retrouverait plus qu’à trois points (une victoire) de l’Impact. Comme quoi, le classement pourrait changer rapidement.

Bref l’Impact peut se s’estimer heureux d’être toujours devant. Les points récoltés jusqu’ici sur ses adversaires sont en banque, mais pour rester dans la course, il faudra rapidement redresser la barque et retrouver le chemin de la victoire.

Qu’est-ce qui ne va pas ?

Comment expliquer les problèmes de l’Impact à engranger des points ? Ignacio Piatti, Dominic Oduro et Didier Drogba remplissent les filets adverses. Laurent Ciman est toujours dominant en défense. Evan Bush multiplie encore les gros arrêts.

La première explication doit se trouver du côté de la défense. L’Impact est la troisième équipe qui a accordé le plus de buts dans sa conférence. Malgré la qualité des joueurs et la solidité de leur jeu en général, les erreurs se multiplient. On a vu dans le dernier match Laurent Ciman perdre le ballon au milieu du terrain. Sur la contre-attaque qui a suivi, Chris Pontius a fait une longue passe transversale vers Sébastien Le Toux. Trois joueurs en bleu se sont alors dirigés vers le ballon laissant C.J. Sapong seul devant le but. Ce dernier n’a ensuite eu aucune difficulté à rediriger le centre du Français derrière Evan Bush. On ne peut blâmer un seul joueur sur cette séquence, mais elle illustre bien la perte de concentration et les risques inutiles pris occasionnellement par la défense montréalaise.

Sur les côtés, Maxim Tissot me surprend depuis qu’il remplace Donny Toia, blessé. Il apporte une belle touche offensive sur son côté et ne se débrouille pas trop mal défensivement. Toutefois, l’équilibre avec Ambroise Oyongo semble parfois difficile à trouver. Une équipe aime généralement avoir un latéral qui se projette davantage vers l’avant et un qui est plus conservateur. Ça permet de garder une certaine cohésion entre l’attaque et la défense.

Normalement, le milieu défensif – Marco Donadel le plus souvent pour l’Impact – reste alors un peu en retrait couvrant l’espace libéré par le défenseur parti attaquer. Or, au cours des derniers matchs, on a souvent vu Tissot et Oyongo se lancer à l’attaque en même temps, forçant un autre milieu – Patrice Bernier contre Philadelphie – à reculer. En plus de fragiliser la défense, cette situation peut nuire aux efforts offensifs.

Depuis le début de la saison, l’attaque montréalaise part presque exclusivement des flancs. L’apport des défenseurs latéraux aident en ce sens. Mais en forçant les milieux axiaux à reculer, on affaiblit le centre du terrain, forçant encore davantage à jouer sur les côtés et rendant le jeu montréalais beaucoup plus prévisible. De plus, un milieu de terrain plus faible rend plus difficile de changer le ballon de côté de terrain pour essayer de déstabiliser la défense adverse.

L’entraîneur devrait-il tenter de ralentir les ardeurs de ses arrières latéraux ? Victor Cabrera pourrait-il être utilisé à droite, dans le but de trouver un meilleur équilibre ?

Le système de jeu de l’Impact au cours des derniers matchs tend également à isoler le milieu offensif axial. Quand le jeu provient des côtés, on aime généralement avoir un joueur qui peut distribuer le ballon d’un flanc à l’autre pour ouvrir la défense, mais qui peut aussi surgir dans la surface de réparation pour rediriger un centre derrière le gardien ou vers un autre attaquant qui plonge derrière les défenseurs, un peu comme pouvait le faire un Frank Lampard à Chelsea. Or l’Impact ne semble pas avoir de joueur qui correspond à ce profil en ce moment. Celui qui semble le plus apte à jouer un tel rôle me semble, en fait, être Didier Drogba…

Pourquoi ne pas essayer un système à deux attaquants ou Drogba pourrait jouer un peu plus reculé ?

L’autre problème de l’attaque montréalaise semble venir d’un manque de profondeur. Quand l’entraîneur veut changer la dynamique en fin de matchs, les solutions apparaissent limitées.

Kyle Bekker a une belle énergie, peut tirer de loin et se projeter vers l’avant, mais ne semble pas encore être un produit complet pour dicter le tempo d’un match. Johan Venegas manque de confiance et on n’a pas encore trouvé comment bien utiliser ses atouts. Même chose pour Lucas Ontivero, qui me fait de plus en plus penser au surdoué sur un terrain de foot du dimanche qui essaie de déjouer tout le monde par lui-même sans jamais faire de passe, mais perd tout le temps le ballon avant de se rendre au but adverse. Michael Salazar est un bel espoir, mais soyons réaliste, il demeure un espoir qui aura besoin de temps pour s’imposer.

Avec les blessures à Cameron Porter et Anthony Jackson-Hamel, l’Impact n’a pas non plus de véritable attaquant sur le banc. Beaucoup de joueurs de couloirs, mais peu de joueurs qui peuvent renforcer le centre du terrain et amener quelque chose de différent.

Quelles seraient vos solutions pour relancer l’Impact ? Quels sont les principaux problèmes selon vous ?

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Mardi 3 mai 2016 | Mise en ligne à 12h37 | Commenter Commentaires (65)

Leicester City : des champions hors normes

CHARLES DUBÉ

Je suis revenu comme la plupart des médias à quelques reprises sur cette histoire depuis le début de la saison, mais comment passer à côté. Après le dur match nul de 2-2 entre Chelsea et Tottenham hier soir, Leicester City a officiellement été sacré champion de la Premier League anglaise.

Les négligés qui réussissent au-delà des attentes ont toujours su faire rêver dans le monde sportif et cette histoire a su, plus que tout, faire résonner les passions comme nulle autre tant elle semblait improbable.

Au début de la saison, des parieurs au livre donnaient comme plus probable la découverte de vie extra-terrestre, un aveu de virginité de Hugh Hefner, une victoire de Sir Alex Ferguson à So You Think You Can Dance ou encore de découvrir le monstre du Loch Ness ou de retrouver Elvis Presley vivant.

Étant donné la relative parité et l’absence de système de relégation et de promotion dans le sport nord-américain, il est très difficile de trouver un comparable. Une victoire d’un pays comme l’Italie au hockey aux Jeux olympiques, peut-être ? Vous avez des idées de comparaison ? Des exploits sportifs de la même envergure ?

Voici quelques faits intéressants et quelques suggestions de lecture sur la victoire des Foxes

> Andy King est le premier joueur à remporter le titre en League One, en Championship et en Premier League (les trois premières divisions du soccer anglais) avec la même équipe.

> Avant d’arriver à Leicester en 2012-2013, James Vardy, le meilleur buteur de l’équipe et deuxième meilleur buteur de la Ligue, a remporté coup sur coup les titres en Northern Premier League Premier Division (septième division) avec le FC Halifax Town en 2010-2011 puis celui de la Conference Premier (cinquième division) en 2011-2012 avec Fleetwood Town. Il a également remporté le titre en Championship (deuxième division) avec Leicester en 2013-2014.

> Âgé de 64 ans et ayant entraîné 16 équipes différentes, Claudio Ranieri n’avait jamais gagné de titre en première division en 30 ans de carrière comme entraîneur. Il avait perdu son dernier emploi comme entraîneur de l’équipe nationale de Grèce après une défaite contre les Îles Féroé.

> Ryiad Mahrez, élu meilleur joueur du championnat par ses pairs, a été acquis du club français Le Havre pour la modique somme de 375 000 livres il y a à peine deux ans.

> Selon différentes sources, le triomphe de Leicester pourrait coûter plus de 40 millions de dollars aux grandes maisons de pari.

> Le début de la remontée des Foxes qui leur a permis d’éviter d’être relégués à la fin de la dernière saison coïncide avec le moment où le corps du roi Richard III, retrouvé quelques années plus tôt à Leicester, a été inhumé dans la cathédrale de la ville des Midlands.

>>> La revue de presse du Guardian

>>> Libération : Leicester, au-delà du story-telling

>>> L’Obs : pourquoi c’est la plus grosse surprise du foot moderne

>>> BBC : The greatest sporting story ?

>>> Washington Post : Believe it! Leicester City wins the Premier League,

>>> The Guardian : The inside story of an extraordinary season

>>> The New York Times : The Remarkable Rise of Leicester City

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Vendredi 29 avril 2016 | Mise en ligne à 12h24 | Commenter Commentaires (31)

Drogba devrait-il tirer les coups francs ?

CHARLES DUBÉ

Malgré un match peu inspirant offensivement à New York, l’Impact s’en est tiré avec un match nul de 1-1 grâce à un but en toute fin de match de Dominic Oduro qui a redirigé un coup franc de Didier Drogba dans le filet adverse.

Sur ce genre de coups de pied arrêté, on souhaite généralement que le meilleur attaquant, particulièrement un qui est fort physiquement et dominant dans les airs, soit près du but pour recevoir le ballon et terminer le jeu. Mais quand ce joueur est aussi le plus précis pour tirer ledit coup franc, ne vaut-il pas mieux qu’il soit au service ? Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que Didier Drogba devrait tirer les coups francs indirects ou s’offrir en cible pour un autre tireur ?

Personnellement, malgré le succès de mercredi, je suis d’avis qu’il vaut mieux voir l’Ivoirien devant le but, mais qu’un peu de variété dans les actions est la bienvenue. On a vu beaucoup de coups francs où on envoyait un ballon imprécis vers Drogba alors qu’il était complètement couvert. À moins d’un coup de génie du joueur désigné, ces actions se terminent généralement par un dégagement de la défense adverse. Par contre, on a vu de beaux jeux alors qu’on prenait d’autres joueurs, comme Hassoun Camara, pour cible alors que l’attention était sur Drogba.

Pour connaître du succès, en plus de réussir son geste techniquement, il faut être imprévisible. C’était selon moi le grand plus sur le but de mercredi. Pendant que Drogba tirait, l’adversaire ignorait vers quel joueur le ballon allait être dirigé (il fallait notamment couvrir Laurent Ciman), ce qui a permis à Oduro de se faufiler. Quand Drogba est là, l’adversaire assume que le ballon ira vers lui et il a généralement raison. Dans ces cas, il faudrait davantage profiter des espaces qui se créent pour d’autres joueurs. Si on exploite davantage les autres menaces, Drogba aura éventuellement un peu plus d’espace.

Ce constat vaut aussi pour le jeu offensif de l’équipe en général. Depuis quelques matchs, on dirait que l’Impact mise seulement sur le talent de Drogba ou un geste technique spectaculaire d’un Nacho Piatti (ou parfois d’un Lucas Ontivero) pour créer des occasions. Résultat, l’adversaire couvre bien l’Ivoirien, bloque le chemin à l’Argentin et le bleu-blanc-noir devient soudainement beaucoup moins menaçant.

Un jeu avorté que j’ai remarqué mercredi illustre bien cette situation. Piatti, voyant son chemin vers le but bloqué par un mur de défenseur a passé à Drogba qui était entouré de trois joueurs. Le New York City FC a facilement dégagé le ballon. Pourtant de l’autre côté de la surface de réparation, Johan Venegas arrivait fin seul.

Pour retrouver un peu de mordant, les hommes de Mauro Biello devront retrouver leur esprit collectif et devenir plus imprévisibles. C’est notamment pour ça que j’aime bien voir dans l’alignement un joueur comme Kyle Bekker qui n’a pas peur de tirer de loin (ou qui n’avait pas peur de tirer de loin). Nacho Piatti, avec son but victorieux contre Chicago, a aussi montré qu’il pouvait varier son jeu à l’occasion.

Quelle serait votre solution pour dynamiser l’attaque du bleu-blanc-noir ?

L’alignement contre les Rapids

L’Impact a annoncé plus tôt aujourd’hui que Donny Toia et Hassoun Camara, blessés, manqueraient encore quelques semaines alors que Marco Donadel demeure un cas incertain. En défense Maxim Tissot devrait donc avoir la chance de disputer encore quelques matchs, une belle occasion pour lui de montrer ce dont il est capable.

Au milieu, si Donadel n’est pas disponible, qui aimeriez-vous voir le remplacer comme milieu défensif ? Qui a l’énergie et la mobilité pour couvrir le fougueux Jermaine Jones, qui fait la pluie et le beau temps au milieu pour les Rapids ? C’est peut-être le genre de match ou Mauro Biello aimerait pouvoir compter sur un Callum Mallace… Eric Alexander pourrait être une option s’il est disponible, sinon est-ce le temps de donner une chance à Jérémy Gagnon-Laparé ? Patrice Bernier peut-il contenir Jones ?

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