Guy Thibaudeau

Archive, novembre 2014

Vendredi 28 novembre 2014 | Mise en ligne à 15h32 | Commenter Commentaires (4)

Malgré le redoux le ski alpin reprend

Le temps doux, le vent et la pluie du début de semaine ont fait reculer les centres de ski et tous ceux qui étaient ouverts le week-end dernier ont du faire un certain rattrapage. Malgré tout, une bonne douzaine de stations prévoient fonctionner dans les prochains jours offrant, dans certains cas, un minimum de pistes.

Sans enneigement artificiel ce serait ski gazon. Photo GT

Sans enneigement artificiel ce serait ski gazon. Photo GT

Tremblant et St-Sauveur bien partis
C’est au Mont Tremblant que les skieurs retrouveront le plus grand domaine skiable disponible. La station annonce 17 pistes sur les versants Nord et Sud mais on ne peut légitimement compter plus qu’une dizaine de descentes distinctes puisque dans certains cas il faut emprunter jusqu’à 4 pistes pour passer du sommet à la base. Quoiqu’il en soit (c’est partout pareil) un bon choix de grandes pistes s’offrent aux skieurs dont les Supérieure, Rigodon, Lowell Thomas, P’tit Bonheur et Beauvallon haut et bas sur le versant Nord ainsi que la Beauvallon (haut et bas) et l’Alpine au versant sud. On enneigeait aujourd’hui d’autres pistes qui pourraient ouvrir bientôt.

A St-Sauveur on a repris ce qui a été perdu en début de semaine. La station, ouverte irrégulièrement depuis le 3 novembre dernier, offre maintenant 5 vraies pistes pour le ski de jour et de soir. Avec l’enneigement intensif aujourd’hui l’hiver semblait reprendre le contrôle.

Parmi les autres centres majeurs du Québec le Mont Sainte-Anne a rouvert ce matin offrant une piste sur le versant nord; on espère en ouvrir d’autres samedi. Au Massif de Charlevoix seules les pistes du secteur Camp Boule seront ouvertes pour le week-end.

Ailleurs les centres ouverts offriront un minimum de pistes. Deux ou 3 pistes à Vallée Bleue et Mont Habitant dans les Laurentides tout comme à Val St-Come et Montcalm dans Lanaudière ainsi qu’au Mont Gleason au Centre du Québec. Deux centres ouvrent ce soir soit Le Relais près de Québec et Mont St-Bruno sur la Rive Sud de Montréal.

Un peu de vraie neige en Estrie cette semaine
L’Estrie fut l’une des seules régions au Québec à recevoir un peu de neige cette semaine soit 10 à 20 centimètres dans la nuit de mercredi, insuffisant pour ouvrir sur neige naturelle. C’est donc sur neige fabriquée que la saison démarrera demain au Mont Orford sur 2 pistes et sur 3 à Bromont.

En Outaouais Camp Fortune le seul centre ouvert dans cette région aura une seule piste ouverte.

Lock-out à Stoneham
Un conflit de travail à la station Stoneham au nord de Québec empêchera le centre de fonctionner ce week-end, les employés ayant été mis en lock-out mercredi soir. La station appartient à Resorts of the Canadian Rockies (RCR) tout comme Mont Sainte-Anne. Le conflit ne touche cependant pas les employés de MSA qui ont renouvelé leur convention collective l’an passé. Ca ne devrait donc pas affecter MSA où tout semblait fonctionner rondement aujourd’hui malgré le fait que les membres de Stoneham pourront skier au MSA ce week-end.

Tempête en Nouvelle-Angleterre
Les centres de Nouvelle Angleterre sont ceux qui ont reçu le plus de neige cette semaine, de 20 à 30 centimètres selon les endroits. Le « Thanksgiving » américain marque l’ouverture officielle des stations de la région qui sont toutes ouvertes. Jay Peak 7 pistes, Smuggler’s Notch (8), Stowe (26), Sugarbush (11), Killington (41), Sugarloaf (14) et Whiteface N.Y. (14).

Ski de fond et Fat bike
Le redoux du début de la semaine a été plus dévastateur dans les centres nordiques. La plupart des centres partiellement ouverts le week-end dernier devront attendre la prochaine bordée pour reprendre leurs activités ce qui laisse uniquement la Forêt Montmorency au nord de Québec pour le ski de fond. On y offrira 2,4km sur neige fabriquée en plus d’une dizaine d’autres kilomètres sur neige naturelle.

Notons aussi qu’il y aura samedi à la Forêt Montmorency des essais de « Fat bikes » en collaboration avec la boutique La Vie Sportive de Québec.

Bon week-end.

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Mercredi 26 novembre 2014 | Mise en ligne à 19h56 | Commenter Commentaires (5)

Les flammes écrivent le dernier chapitre de Gray Rocks

La grande épopée de Gray Rocks qui a débuté en 1905 se sera terminée en deux étapes. Tout d’abord la fermeture de la station en mars 2009 puis un incendie hier soir qui a rasé l’auberge dont les murs conservaient sans doute d’innombrables souvenirs.

Eddie Eustace raconte ses souvenirs de Gray Rocks lors d’une célébration de clôture en mars 2009. Photo GT.

Eddie Eustace raconte ses souvenirs de Gray Rocks lors d’une célébration de clôture en mars 2009. Photo GT.

Une importante page de l’histoire du ski des Laurentides s’est donc envolée en flammes mardi soir. Depuis sa fermeture en mars 2009 l’ancienne auberge était à l’abandon. L’édifice aurait été squatté et constituait un danger public selon la municipalité de Mont Tremblant. Cette dernière aurait récemment demandé à son propriétaire, Phil Robinson, de mieux sécuriser les lieux et d’éventuellement démolir le bâtiment.

Selon la police de Mont Tremblant «des éléments retrouvés près de la scène portent à croire qu’il pourrait s’agir d’un incendie d’origine suspecte».

Robinson tentait de vendre Gray Rocks depuis longtemps (avant même la fermeture de 2009) mais n’a jamais réussi à conclure une entente malgré certaines offres. On se souviendra aussi que Robinson et ses fils avaient été floués d’une dizaine de millions $ dans la fraude fiscale de $65 milliards impliquant Bernard Madoff en 2008.

Il y a deux ans les immenses lettres style HOLLYWOOD qui annonçaient GRAY ROCKS au sommet du centre de ski du même nom on été enlevées. L’incendie de l’auberge hier soir vient donc éliminer une dernière trace de ce qui fut la première station de sports d’hiver des Laurentides.

Retour sur l’histoire de Gray Rocks
Fondée par l’américain George Wheeler en 1905, Gray Rocks a fait la réputation des Laurentides pour le ski et les sports d’hiver. Malgré sa petite taille la station s’était taillée une réputation internationale pour son école de ski « Snow Eagle » longtemps classée meilleure en Amérique du Nord.

Une série de premières
Gray Rocks s’est aussi distinguée en matière d’innovation. Avec son directeur d’école de ski Réal Charette on y inventa en 1951 le concept de la semaine de ski qu’on nommait alors « Learn to Ski Week ». Ce concept attira des clubs de la côte Est des États-Unis, de Miami à Boston en passant par Washington D.C. jusqu’à la fin des années 1980. Tous les ans des centaines d’américains envahissaient la station Laurentienne pour parfaire leur technique avec les meilleurs moniteurs en Amérique et aussi pour faire la fête dans les bars endiablés de la station.

Première station à installer une importante fabrique de neige artificielle, Gray Rocks a longtemps été la première à ouvrir en novembre et la dernière à fermer fin avril ou même en mai.

Gray Rocks fut aussi la résidence de Lucile Wheeler qui a marqué une page importante de l’histoire du ski Canadien en devenant la première Canadienne et Nord-Américaine à remporter une médaille en descente aux Jeux Olympiques à Cortina, Italie en 1956. Émue d’apprendre la nouvelle, Mme Wheeler avoua avoir versé quelques larmes lorsque nous lui avons parlé ce matin.

Une formule qui s’est épuisée
L’ouverture de plusieurs grandes stations partout en Amérique du Nord et aussi la refonte de son voisin Mont Tremblant dans les années 90 ont fait fondre son marché niche d’américains de la Cote Est qu’elle n’a pas réussi à remplacer.

Ironiquement c’est aussi à Gray Rocks que s’est concrétisé le rêve de Joe Ryan fondateur de Tremblant. Le millionnaire de Philadelphie séjournait à Gray Rocks en février 1937. La vue du sommet enneigé de Tremblant au loin le fascinait et il monta une expédition pour s’y rendre. Arrivé au sommet accompagné du grand journaliste américain chef d’antenne de CBS News Lowell Thomas et Harry Wheeler de Gray Rocks, il s’exclama « C’est surement le plus bel endroit que j’ai visité mais il y a une chose qui cloche. C’est trop difficile d’y monter. Je vais corriger ca! ». C’est à ce moment que Joe Ryan entreprit de faire du Mont Tremblant une des stations de ski les plus réputées au monde.

Pour ceux parmi nous qui avons connu les beaux jours de Gray Rocks, il s’agit d’une bien triste fin.

Gray Rocks tu es de moins en moins présente mais l’histoire ne t’oubliera pas.

Partagez vos souvenirs de Gray Rocks avec nos lecteurs.

Ce qui restait de l’hôtel Gray Rocks mercredi. Photo GT

Ce qui restait de l’hôtel Gray Rocks mercredi. Photo GT

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Mardi 25 novembre 2014 | Mise en ligne à 18h50 | Commenter Commentaires (11)

Les Fat bikes arrivent sur les sentiers nordiques

Je voulais initialement vous parler d’ « invasion » des Fat bikes sur les sentiers nordiques mais, nous n’en sommes pas encore là. Les amateurs de Fat bikes demeurent une petite minorité mais leur nombre augmente d’année en année et les gestionnaires de centres nordiques en sont de plus en plus conscients.

Un groupe d’adeptes du Fat bike dans les sentiers de Ste-Adèle. Photo fournie par Espresso Sports.

Un groupe d’adeptes du Fat bike dans les sentiers de Ste-Adèle. Photo fournie par Espresso Sports.

Les Fat bikes sont une sorte de vélo de montagne munis de très gros pneus faisant 10-12cm de large. Ils ont été développés à la fois en Alaska pour rouler dans la neige et dans l’Ouest Américain pour rouler dans le sable. Ils ont depuis migré vers l’Est et s’apprêtent maintenant à « envahir » les sentiers enneigés de nos centres nordiques.

Où rouler?
Le choix de centres nordiques pour le Fat bike convient bien aux deux partis intéressés. Les cyclistes y trouvent un terrain de pratique idéal; les gestionnaires eux y voient une source additionnelle de revenus et une augmentation du nombre d’utilisateurs pour rentabiliser leurs sentiers et même offrir une activité alternative en période de neige difficile.

Jusqu’à présent le faible nombre d’adeptes n’exige pas le développement de sentiers dédiés à cette nouvelle activité quoique ce soit la solution idéale. Par conséquent on tente d’accommoder par un partage de certains sentiers. Selon Benoit Simard d’Espresso Sports à Ste-Adèle, boutique à l’avant-garde de cette pratique, « les sentiers de raquette conviennent parfaitement au Fat bike ». C’est d’ailleurs la tendance dans les centres nordiques. En ces années test les cyclistes Fat bike seront invités à partager les sentiers de raquette et de marche. Mais cela varie un peu selon le terrain disponible.

Aux Sentiers du Moulin à Lac Beauport près de Québec les Fat bikes ont fait leur apparition l’an passé. Ils auraient aimé des sentiers dédiés mais impossible nous disait Nathalie des SdM. « Leur nombre ne le justifie pas encore ».

Le Parc d’Oka au Nord de Montréal offre le Fat bike depuis l’an passé. On peut le pratiquer sur tous les sentiers de marche et de raquette sauf sur le sentier du Calvaire. « Le partage s’est bien fait, nous dit Didier Bouvier du Parc d’Oka, mais il y a quand même eu quelques intrusions dans les sentiers de ski de fond ». Le partage avec les sentiers classiques en particulier est impossible et pourrait causer des frictions importantes entre les deux types d’utilisateurs.

A la Forêt Montmorency dans la Réserve Faunique des Laurentides un sentier de raquette de 8 kilomètres peu utilisé leur sera réservé cet hiver nous dit Hughes Sansregret directeur de la station. Pierre Vézina du centre de ski de fond Mont Sainte-Anne leur offrira un sentier exclusif de 3 kilomètres utilisé occasionellement par les motoneiges du centre pour accéder aux refuges et rejoindre rapidement différentes section du réseau.

Renée Belhumeur, directrice des opérations au Parc de la Gatineau en Outaouais nous dit que « le Parc se doit d’accommoder le plus grand nombre d’utilisateurs possible » mais il semblerait difficile d’inclure les Fat bikes cet hiver dans le mix. « Nos discussions avec les groupes utilisateurs n’ont pas offert de solutions concluantes » ajoutait-elle. Leur intégration demeure cependant à l’étude.

Code de bonne conduite
Il existe un code de bonnes pratiques pour les fervents du Fat bike qui doivent partager les pistes traditionnellement réservées à la marche, à la raquette ou au ski. On y encourage évidemment la politesse et une cohabitation respectueuse avec les autres utilisateurs. On recommande même d’aider à l’éducation d’autres cyclistes pour assurer une intégration harmonieuse de cette nouvelle activité dans les centres nordiques.

Acceptation réciproque
Il faudra aussi que les utilisateurs traditionnels, les raquetteurs en particulier, voient les nouveaux venus avec une certaine ouverture d’esprit. La réaction sera soit « wow, un vélo dans le sentier » ou « tabar… pas un vélo sur ma trail! »

David Lauzon, co-fondateur du Grand Fat Tour (www.legrandfattour.com ) nous rappelle que les adeptes du Fat bike « sont dans le même groupe démographique que les raquetteurs; des gens qui veulent se tenir en forme et qui aiment l’hiver ». Il ne s’agit quand même pas de se faire empester par une motoneige. Il s’agit simplement d’une nouvelle façon de mieux apprécier l’hiver qui cherche à s’intégrer.

Quoiqu’il en soit, les adeptes du Fat Bike n’auront pas droit à l’erreur dans cette période d’intégration. Ils devront se comporter de façon exemplaire, ils devront s’en tenir aux pistes qui leur sont offertes et être respectueux de ceux qui partagent les sentiers avec eux. Comme le disent bon nombre de gestionnaires « il faudra écouter la clientèle et évaluer la situation cet hiver, la première année où le Fat bike sera plus visible dans nos réseaux ».

Comment voyez-vous la venue des Fat bikes dans les sentiers nordiques?

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