Guy Thibaudeau

Guy Thibaudeau - Auteur
  • Conditions de ski>

  • Guy Thibaudeau, collaboration spéciale

    Son père lui inculque la passion du ski à l'âge de six ans. Plus tard il en fait son travail en fondant MRG - le Réseau du Ski en 1968, les premiers à présenter aux skieurs des bulletins objectifs sur les conditions de ski via les médias.
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    Mardi 19 février 2013 | Mise en ligne à 17h23 | Commenter Commentaires (13)

    Réflexion sur les récents accidents mortels en ski

    Chaque année il se produit quelques accidents mortels dans les stations de ski. A chaque occasion on reprend les mêmes questions. La victime portait-elle un casque? Quelles étaient les conditions lors de l’accident? La station est-elle en cause? Le ski/la planche sont-ils des sports dangereux?

    Wild skier pic (430 x 323)

    Avant de tirer des conclusions et de généraliser il faut toujours analyser chaque accident selon les circonstances. Dans le cas d’un décès le 17 janvier à Owl’s Head en Estrie, la victime aurait eu un malaise cardiaque. Il ne s’agit donc pas ici d’un accident de ski mais plutôt d’un décès non relié au ski qui s’est produit sur une piste de ski.

    Dans le cas de la dame qui a frappé un arbre en toboggan sur une piste de ski après la fermeture de la station Val St-Côme samedi dernier, il s’agit ici aussi d’un accident qui n’a rien à faire avec le ski sauf qu’il s’est produit sur une piste de ski. La même chose pourrait s’être produite sur une pente quelconque à l’extérieur d’une station de ski.

    En ce qui concerne le jeune qui est décédé vendredi soir dernier à la suite d’une chute dans un parc alpin à Bromont, il s’agit ici cependant d’un accident directement relié au ski dans une station de ski. Le jeune portait un casque. Ca répond donc à la première interrogation dans pareilles circonstances. A première vue la cause de l’accident semblerait être un mauvais calcul du jeune en question dans la négociation du saut qu’il entreprenait.

    Le danger des parcs à neige
    La question de dangerosité est plus appropriée dans ce cas-ci. Les parcs à neige sont de par leur nature des endroits plus propices aux accidents. Sauts de diverses hauteurs, rails et modules de toutes sortes incitent à se valoriser en effectuant des manœuvres toujours plus audacieuses sous l’œil attentif de ses pairs. Aujourd’hui n’importe quel « ti-cul » peut effectuer un 360° ou un saut périlleux arrière, manœuvres qui n’étaient antérieurement possibles que pour les grands compétiteurs.

    Pour diminuer les risques les stations se soumettent à des normes d’aménagement pour les sauts et modules, exigent aux utilisateurs le port du casque protecteur et dans certains cas exigent un permis spécial qui atteste de certaines compétences minimales. Dans le meilleur des cas, assumant que le parc est bien en règle et aménagé de façon conforme, le risque repose alors sur le comportement de l’utilisateur et la témérité est souvent mise en valeur. « Wow, as-tu vu mon jump man? »

    Port du casque à plus de 80 pourcent
    En ce qui concerne le port du casque en ski alpin les plus récentes statistiques montrent que plus de 80 pourcent des skieurs et planchistes portent maintenant un casque. Chez les jeunes de moins de 12 ans le taux est de presque 100 pourcent. Malgré tout plusieurs accidents mortels se produisent même avec le casque protecteur. Le casque n’est donc pas une solution universelle il faut en convenir. Plusieurs décès sont le résultat d’un impact au niveau du thorax et de l’hémorragie interne qui en découle.

    Dans le cas du jeune militaire de 23 ans qui a perdu la vie le 19 décembre en frappant un lampadaire en bordure de piste à Stoneham il s’agirait fort probablement d’un pur « accident ». On définit un « accident » comme étant « un événement soudain et inattendu qui entraîne des dégâts et des dommages ». Il faut aussi lire dans la définition d’« accident » une certaine éventualité ou fatalité. S’il est important de réduire le risque d’accident, de par sa nature et définition, il s’en produira toujours quand même. A Stoneham la victime a probablement perdu l’équilibre ou glissé en skiant en bordure de piste comme nous le faisons tous pour trouver la meilleure neige. Un simple « accident » qu’il ne faut pas trop essayer de comprendre. Ici aussi, la victime portait un casque protecteur.

    Certains skieurs/planchistes sont-ils dangereux?
    Cela dit, une question qui n’est jamais ou peu fréquemment posée: certains skieurs/planchistes sont-ils eux-mêmes dangereux?  Poser la question c’est y répondre. Il ne fait aucun doute selon moi que certains, voire même plusieurs, skieurs/planchistes sont des dangers sur nos pentes. Combien de fois voyons-nous un skieur plus ou moins expérimenté nous dépasser à toute vitesse lorsque nous négocions prudemment un passage abrupt et parfois glacé? Combien de fois voyons-nous des skieurs ou planchistes skier trop rapidement dans des secteurs achalandés où il faudrait avoir des yeux derrière la tête pour se sentir en sécurité? Et combien de fois voyons-nous des jeunes coureurs ou même des adultes skieurs avancés style « weekend warriors » effectuer de long virages (carving) à haute vitesse en tricotant à même les skieurs du samedi sur une piste intermédiaire? Les longs virages « carving » qui font accélérer plutôt que décélérer en virage ont leur place mais certainement pas sur des pistes achalandées.

    Rien ne remplacera le jugement
    Le ski alpin est un sport qui nous offre certaines sensations fortes. Le plaisir de glisser sur des pentes enneigées, de négocier des sous-bois dans un milieu plus sauvage, de skier de la poudreuse et aussi de s’éclater dans les parcs alpins qui présentent des défis variables selon les modules.

    Mais rien ne remplacera le bon jugement que nous devrions tous mettre à profit en ski comme en auto ou dans toute autre activité qui comporte des risques inhérents. Porter un casque protecteur ne servira à rien si vous n’adoptez pas la mentalité du port du casque. Le port du casque ne vous autorise pas à skier plus rapidement. Un casque n’aura probablement pas d’effet si vous frappez un arbre à 50 km/h en skiant de façon négligente tout comme la ceinture de sécurité en auto dans un face-à-face à haute vitesse.

    Devrait-on règlementer et blinder nos loisirs autant qu’on le fait pour nos aéroports? Sans doute pas. Nous voulons tous pratiquer nos activités de loisir quelles qu’elles soient sans trop de restrictions et en s’offrant une certaine liberté ou individualité. Oui le ski a son code de comportement sur les pistes mais rien ne pourra remplacer le bon jugement et le respect pour ceux et celles avec qui vous partagez les pistes.

    Les skieurs/planchistes dangereux présentent-ils selon vous un plus grand risque à la sécurité que les installations elles-mêmes?


    • Comme en automobile, le danger c’est parfois nous, parfois les autres, mais souvent aussi l’automobile et/ou la route elle(s)-même(s). Le ski comme la vie est une activité à risques, et, philosophiquement parlant, on aura beau prendre toutes les précautions imaginables, un beau jour on la perdra quand même. Longue et bonne vie à tous! Xski

    • L’occasion est trop belle pour ne pas pousser un immense coup de gueule.
      Je suis un skieur et je me considère de bon calibre, sans être nécessairement au niveau expert, à la dernière évaluation il y a 3 ans, j’avais l’équivalent d’un niveau I de l’AMSC. Je ski dans plusieurs grands centre, Stowe, Jay peak, le massif, red resort. Trop souvent je passe proche de l’accident à cause de personnes qui vont dans des pistes double damiers et qui n’ont pas d’affaire à y être.

      Je tiens à le dire, ce n’est pas parce que on “sait” descendre une pente qu’on sait la skier. (de manière sécuritaire) Mêmes s’ils savent descendre des pentes, jamais un enfant qui n’a pas un ski paralele parfait ne devrait être amené dans des pistes comme la charlevoix, ou encore la chaudière au massif. Or, trop souvent j’en vois.

      Pour ma part, j’ai en partie réglé le problème, je me tiens dans les pistes à bosses et sous-bois profond, aux limites du back-country. Ainsi, je ne croise plus de skieurs inexpérimentés sur des pistes qui deviennent dangereuses. Mais pouvoir aller sur les pistes, sans risquer de me faire rentrer dedans serait un must!

    • Voici le point de vue d’une skieuse adulte débutante.

      Je n’ai pas eu la chance d’apprendre à skier jeune. J’ai donc commencé mon apprentissage, il y a 5 ans environ, à la fin trentaine en prenant un forfait Iniski et en continuant avec quelques leçons privées. Il faut donc comprendre que j’étais un peu craintive lors de mon apprentissage mais avec les leçons privées et de la pratique, je prenais de plus en plus confiance en mes moyens et je progressais tranquillement pas vite. Pour moi, juste être dehors, profiter du paysage et m’améliorer me suffisaient. Je n’avais aucun objectif de performance à atteindre; juste avoir du plaisir dans un sport que mon mari adore.

      Je choisissais toujours des pistes de débutant avec lesquelles je me sentais à l’aise. Par contre, les dernières fois que je suis allée skier, il y a 3 ans environ, j’ai eu l’impression d’être dans le chemin de certains “fous du volant” qui semblaient prendre les pistes vertes hyper faciles pour des pistes de course ou de slalom sans avoir les aptitudes d’un skieur tel Éric Guay.

      En effet, mon mari, skieur expert, avait à peine le temps de m’avertir que je me faisais rentrer dedans allègrement; pourtant, je ne prenais pas large pour faire mes virages et mon parcours était assez prévisible… Pendant que je reprenais mes esprits et que j’essayais de comprendre ce qui s’était passé, mon mari engueulait le skieur ou planchiste qui faisait de la haute vitesse sans avoir le contrôle et sans tenir compte des personnes en aval. La dernière fois que je suis allée skier, il y avait tellement de ces “fous” des planches que j’ai carrément paniqué et je n’ai pas pu descendre une section un peu abrupte (selon mes critères très conservateurs de débutante). C’est alors une patrouilleuse de ski et mon mari qui m’ont aidée à descendre tranquillement sur le bord de la piste et à reprendre confiance pour terminer la piste.

      Depuis cette fois, je n’ai vraiment pas eu envie de retourner sur les pistes les jours très achalandés et vu que je travaille à temps plein, bien, je n’ai pas refait de ski alpin depuis…

      Oui, je skie avec un casque et des fois, ce que j’ai vécu sur des pistes hyper faciles pourraient peut-être expliquer certains accidents graves que des débutants ont eu par le passé. Pour moi, j’ai trouvé ça extrêmement déstabilisant de me faire frôler et dépasser à toute vitesse dans une seule descente. Il ne faut pas oublier qu’un débutant n’a pas une maîtrise parfaite de tous les mouvements. Rappelez-vous votre apprentissage du vélo ou du patinage… Ce n’est pas naturel immédiatement; on doit se répéter les étapes d’un mouvement dans sa tête jusqu’au moment où ça devient instinctif. Bien, c’est pareil en ski. Donnez donc une chance aux débutants et gardez donc les pistes de débutants pour ce qu’elles sont – des endroits pour que les débutants puissent apprendre à maîtriser les techniques du ski alpin et les plus expérimentés, se remettre dedans en début de saison et non un défouloir ou une scène de spectacle!

      Nathalie

    • Et je rajouterais que même le meilleur des jugement ne nous met met pas à l’abri des impondérables qui nous attendent sur la montagne fussent-ils une racine ou une branche cachée sous une belle neige blanche qui vous transforme en projectile à votre passage; un skieur qui, pour une raison, hors de son contrôle ou non, se transforme en bille de billard qui en frappe une autre (vous). De telles hypothèses sont myriades mais ne doivent pas nous faire abandonner notre activité. La vie est un risque (calculé ou pas). Profitons-en! Xski

    • J’ai commencé à skier “avec pas de casque” et sur des skis zéro-paraboliques dans les années 70. Dans ce temps-là, les pistes étaient pleines de bosses, de passages glacés, de sous-bois et de tremplins improvisés. Pas de parcs à neige ni de planchistes, à part quelques excentriques en monoski ou en telemark. Je suis chanceux: quelques plantages spectaculaires, quelques bobos, mais pas d’accidents graves.

      Les temps ont changé: exit les pistes pleines de bosses et d’obstacles. En périphérie de Montréal, on glisse sur des boulevards de neiges damés avec soins et plus lisses que les autoroutes du Québec. L’équipement actuel permet un contrôle nettement supérieur aux skis des années 70. Là ou je veux en venir (avec mes skis :-) est que toutes ces améliorations favorise l’augmentation de la vitesse sur les pentes et un risque d’accidents accru.

      J’aime toujours le ski, même si les pistes me semblent aseptisées et monotones. Par contre, je porte un casque et j’aborde la descente en ski comme si je prenais la route: vérification des angles morts, skier pour les autres, prévoir les risques de congestion (surtout près des descentes de télésièges… de grâce, dégagez!), ralentir aux jonctions et aux intersections, etc.

      Le risque nul n’existe pas en ski. Le port du casque est une bonne chose mais il faut y ajouter un style de ski “défensif” et une bonne dose de civisme. Est-ce au programme des écoles de ski?

      (P.s.: je viens d’avoir une vision d’enfer : skier et texter en même temps, mais c’est improbable: avez-vous essayé d’utiliser un téléphone avec des gants ou mitaines? Fiou!)

    • il y eu un temps ou les patrouilleurs n’étaient pas seulement sur la piste pour les blessés. ils jouaient un peu à la police . Ils pouvaient au besoin canceller un billet lorsqu’ils étaient témoins d’une conduite folle. Présentement c’est free for all. Certains skieurs et planchistes jouent avec leurs vies et celles des autres.

    • Je l’ai maintes fois exprimé; il y a des ” bums” dans nos montagnes. Des gens plus importants que les autres qui constituent à la fois une menace à ma sécurité et une grande source de désagrément. Le comportement de certains frise l’intimidation. Il m’arrive fréquemment de mettre un terme prématurément à une journée de ski après avoir vécu un épisode désagréable lié à la conduite des autres. Je vis très bien avec tous les dangers que me présente une montagne mais beaucoup moins avec le manque de civisme, l’indélicatesse et la témérité. Si un skieur allumé comme moi réagit ainsi; imaginez les autres!
      L’émergence des sous-bois et des parcs à neige a permis de mettre plus de skieurs dans une montagne alors que donner le contrôle des grands boulevards à des skieurs intimidants,irrespectueux et téméraires a exactement l’effet inverse à long terme. Je pense qu’il est grand temps d’aborder sérieusement cette problématique dans les doubles perspectives de sécurité et de qualité de l’expérience de ski.

    • @ c_olivier : Entièrement d’accord avec vous. Pour ma part, je choisis les stations où je skis. Sutton (entre le 4 et le 7), Owl’s Head en semaine ou certains coins du Massif sont de bons endroits afin de s’éclater ! Un skieur de 35 ans d’expérience dont 3 dans les Rocheuses.

    • Avez-vous le film la cloche et l’idiot? La cloche se pitch en bas d’une montagne dans la nuit en tobaggan, rentre dans un arbre et pis est morte. L’idiot saute à une trop grande vitesse une rampe et aboutit en dehors du domaine skiable comme ils disent et il meurt. Triste mais un reality check vous dira qu’il y a des idiots partout, les pistes de ski comme les terrains de golf, comme les routes , les bars etc etc. Avez-vous entendus les commentaires de deux jeunes idiots à la TV lorsqu’interroger par la journaliste sur de tel accident (celui de Val St-CÔME) ”on aiment le trill ”

      Ce que je peux dire par contre C’EST QU’IL Y A TRÈS PEU (OU PROU) DE PATROUILLEURS SUR LES PISTES POUR ARRÊTER (DE JOUR DU MOINS) CES IDIOTS ET CÀ C’EST DE LA RESPONSABILITÉ DES PROPRIÉTAIRES DE MONTAGNES DE SKI…..parce que les idiots ne sont pas des risques inhérents en matière de sport et que le client devrait subir leur manque de jugement.

    • En route pour le ski ce matin, la radio m’a appris qu’un autre décès s’est produit hier à Bromont alors on constate bien que le sujet est d’actualité. C’est bien dommage mais c’est la réalité. Ciao! Xski

    • Mercredi 20 fév,conditions à Sutton.Ce matin à 9:00 hres il y avait ±8 cms de nouvelle neige,à midi il y en avait 1 2 cms au total.Conditions de poudreuse superbes,SB passables et pistes non damées du ski de rêve.et ça devrait continuer jusqu’a demain.Enfin!!!!

    • M Thibodeau, pouvez-vous donner les vrai statistique concernant les décès sur les pentes, à savoir par exemple le tx de décès par 100 000 skieurs/jours. C’est avec cela qu’il est possible de tirer des conclusion et non pas sur un nombre brut qui ne veut rein dire en lui même.

    • Je me rallie à certains commentaires qui mentionnent que le problème de la sécurité en ski vient, en partie, du skieur qui s’aventure sur des pistes inapropriés à son niveau de compétences. Cela vaut autant pour le débutant qui se lance dans une double losange que le “jackass” qui dévale une familiale en zigzaguant pompeusement à travers les bouts-de-chou qui suivent leur moniteur à la queue-leu-leu (exemple vu dimanche dernier au Lac Beauport). L’un et l’autre n’a pas sa place sur la piste choisie. Le premier se met à risque de chuter tout en nuisant aux skieurs plus expérimentés alors que le second fait tout simplement la preuve de sa stupidité doublée d’un manque de civisme élémentaire.

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