Guy Thibaudeau

Archive du 6 décembre 2012

Qui eut cru que l’on puisse tenir une épreuve de la Coupe du Monde de ski de fond en plein cœur de Québec quand les champs partout autour sont exceptionnellement verts?

La piste enneigée de 850 mètres contraste avec le gazon des alentours. Photo GT.

La piste enneigée de 850 mètres contraste avec le gazon des alentours. Photo GT.

C’est en effet ce qui se produira de vendredi à dimanche lorsque plus de 130 athlètes de 17 pays différents s’affronteront dans différentes épreuves de sprint sur une piste de ski de fond de 850 mètres enneigée 100% artificiellement au cœur de la Capitale, face au Parlement. L’événement « Sprint Québec » est conçu et géré par la firme Gestev qui n’en est pas a son premier test puisqu’elle organise depuis plusieurs années déjà et avec brio le Red Bull Crashed Ice, la Coupe du Monde de Vélo et les Championnats du Monde de Vélo de Montagne du Mont Sainte-Anne, tous des événements complexes de niveau international. Cette fois Gestev introduit pour la première fois au Canada une formule qui existe déjà dans plusieurs grandes villes du nord de l’Europe et de la Scandinavie; une course de ski de fond en pleine ville.

Un défi moins complexe que de faire de la glace sur une pente
Pour le président de Gestev, Patrice Drouin que nous avons rencontré aujourd’hui, ce nouveau défi n’a rien de plus complexe que de faire de la glace à patiner sur une pente de 40 degrés comme on doit le faire pour le Crashed Ice. « Notre plan A pour le Sprint fut toujours de fabriquer la neige nécessaire à la tenue de l’épreuve » nous informait-il lors de notre rencontre. Malgré l’abondance habituelle de neige dans la région de Québec, les débuts de saisons peuvent être, comme partout ailleurs, incertains.

Patrice Drouin président de Gestev et responsable de Sprint Québec. Photo GT.

Patrice Drouin président de Gestev et responsable de Sprint Québec. Photo GT.

La fabrication de neige dans les plans dès le début
Le plan « A » consistait à fabriquer la neige sur place ou à proximité sur les Champs-de-Bataille. Jamais les organisateurs ont-ils pensé se fier à l’enneigement naturel. Pour enneiger les 850 mètres du parcours on devait fabriquer 10 000 mètres cubes de neige. S’il avait neigé en novembre la quantité aurait pu être réduite à 5 000 mètres cubes mais « jamais aurions nous pu organiser un événement d’une telle ampleur sans neige artificielle » insiste Drouin.

Dans son plan « B », le plan de la catastrophe, Drouin et son équipe prévoyaient fabriquer la neige ailleurs, en altitude où il ferait plus froid, et la transporter en camions jusqu’au Parlement. Ce scenario utilisait le Mont Sainte-Anne comme chantier, mais vous imaginez les coûts de transport pour amener cette neige à Québec. On estime qu’il aurait fallu 200 voyages de camions sur une quarantaine de kilomètres.

Le parcours des sprints recouvert d’une couche variant de 30 à 90 centimètres de neige résistera sans problème au temps plus doux du week-end.

L’enneigement artificiel dans les centres nordiques?
Les changements climatiques qui annoncent des hivers plus courts et des débuts de saison retardés comme nous le vivons encore cette année incitent les gestionnaires de centres de ski de fond à envisager l’enneigement artificiel pour ouvrir leurs sentiers plus tôt comme le font les centres alpins. Mais deux questions importantes se posent.

La première en est une de coûts et de rentabilité. Il en couterait près de 80 000$ pour enneiger le circuit de 850 mètres du Sprint de Québec. Quel centre pourrait absorber des coûts de cet ordre?

L’autre question, tout aussi importante, consiste à se demander si les skieurs ordinaires (contrairement aux coureurs) seraient attirés par une courte boucle qu’il faudrait répéter cinq fois pour parcourir 10 kilomètres ou 10 fois pour en faire 20.

Le ski de fond urbain
Questionné sur la possibilité de fabriquer de la neige dans les centres nordiques Patrice Drouin nous présente une vision fort intéressante et innovatrice. « Ce n’est pas dans les cantres de ski de fond, dit-il, qu’il faudrait fabriquer de la neige mais plutôt dans les villes sur des circuits éclairés en soirée comme ca existe en Finlande entre-autres.» L’idée serait aussi d’animer l’emplacement un peu comme on fait pour les patinoires – sauf qu’ici ce serait du ski de fond. Génial non? Imaginez un tel circuit sur le Mont Royal ou sur une partie des Plaine d’Abraham à Québec ou ailleurs en milieu urbain. Le ski de fond s’y pratique déjà il est vrai mais l’ajout d’enneigement artificiel, d’éclairage et d’animation apporterait une toute autre dimension.

Il faut noter aussi que l’enneigement artificiel serait utilisé seulement pour quelques semaines en début de saison puisqu’une base de 30 à 40 centimètres de neige artificielle bien compactée serait très résistante et probablement adéquate pour toute une saison puisque s’y ajouterait la neige naturelle. La fabrication de neige serait donc de plus courte durée, d’intensité moindre que pour les centres alpins et par conséquent beaucoup moins dispendieuse.

Qu’en pensez-vous? L’idée de skier tôt en saison sur un court circuit enneigé artificiellement avec de l’animation (e.g. restaurants, cafés, musique) pourrait-elle vous attirer?

Lire les commentaires (4)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    décembre 2014
    L Ma Me J V S D
    « nov    
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031  
  • Archives

  • publicité