Guy Thibaudeau

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  • Guy Thibaudeau, collaboration spéciale

    Son père lui inculque la passion du ski à l'âge de six ans. Plus tard il en fait son travail en fondant MRG - le Réseau du Ski en 1968, les premiers à présenter aux skieurs des bulletins objectifs sur les conditions de ski via les médias.
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    Jeudi 19 avril 2012 | Mise en ligne à 18h16 | Commenter Commentaires (4)

    De Tremblant à l’Aiguille du Midi – les remontées nous ouvrent la porte à des panoramas inoubliables

    Chamonix. Vous êtes vous déjà demandé combien d’entre-nous aurions pu gravir les plus hauts sommets de nos régions et d’ailleurs pour admirer ces paysages grandioses si messieurs Pomagalski, Doppelmayr, Von Roll et autres n’avaient pas inventé et installé des remontées mécaniques et des téléfériques pour nous en faciliter l’accès? Sans doute très peu.

    Le téléférique de l'Aiguille du Midi à Chamonix est une des grandes merveilles de la détermination humaine. Photo Michel Caplain.

    Le téléférique de l'Aiguille du Midi à Chamonix est une des grandes merveilles de la détermination humaine. Photo Michel Caplain.

    Pensez seulement au nombre de fois que vous avez gravi à pieds le Mont Tremblant, le Mont Sainte-Anne, Whistler Peak ou, l’Aiguille du Midi au Mont Blanc de Chamonix?

    Sauf pour les alpinistes, très peu d’entre nous le feraient sans l’aide des remontées si l’on compare avec le nombre de skieurs qui accèdent aux sommets de nos jours.

    Si construire des remontées sur nos montagnes (Tremblant, Mont Sainte-Anne, Jay Peak et autres) est chose relativement simple, ériger deux téléfériques pour accéder à l’Aiguille du Midi au Mont Blanc à Chamonix relève carrément de l’exploit. Un exploit quasi incompréhensible puisque l’ascension jusqu’au pic de l’aiguille, même à l’escalade, constitue un défi de taille. Comment donc a-t-on pu monter tout le matériel nécessaire à la construction du téléférique à 3842m sur cette « aiguille » presqu’inaccessible?

    L’exploit de l’Aiguille du Midi
    L’idée de relier la vallée de Chamonix avec l’Aiguille du Midi remonte au début du 20e siècle. Le plan consistait à relier les deux points via deux téléfériques consécutifs dont le deuxième n’aurait qu’une seule portée, sans aucun pylône de support entre les deux gares. Vous pouvez imaginer la pente nécessaire pour que la cabine ne touche pas à la paroi sur le parcours de 1500m de dénivelée. Il fallait que la remontée soit presque verticale. D’où le problème de monter jusqu’au sommet le matériel nécessaire à la construction… au début du 20e siècle.

    La difficulté principale consistait à hisser sans le sectionner un câble de 1850m de longueur. Trente montagnards Français (de Chamonix) et Italiens (de Val d’Aoste, versant Italien du Mont Blanc) sont engagés pour accomplir la tâche. Chacun porte un cadre de bois fixé aux épaules sur lequel est enroulé une trentaine de kilos de câble. Chaque homme est relié aux autres par la continuité du câble. L’escalade prendra deux jours.

    Il faudra par après redescendre le câble vers la base, dans le vide, une manœuvre qui s’avère tout aussi difficile à cause de la pente et de l’exiguïté de la paroi. Le câble se coince à plusieurs reprises et les hommes doivent redescendre, dans le vide, pour le dégager à travers les chutes de glace et de pierre qui mettent constamment leur vie en danger.

    Ce premier effort qui relève carrément de l’exploit permettra aux travaux proprement dits de commencer. On y installera une première « ligne de service » qui permettra d’acheminer hommes et matériel vers le sommet. De là des équipements de plus en plus gros et des treuils plus puissants permettront au travail de se poursuivre. Le premier tronçon qui nous amène plus ou moins à la mi-parcours fut ouvert en 1954 et le second, le plus impressionnant, en 1955. Ce dernier en une seule portée, la plus longue au monde, vous achemine au sommet à plus de 3800m d’altitude.

      La crête du départ de quelques 200m ne permet aucune imprudence. Mieux vaut ne pas regarder en bas à gauche, un précipice de 1500m qui mène au bas du téléférique! Photo Guy Thibaudeau.

    La crête du départ de quelques 200m ne permet aucune imprudence. Mieux vaut ne pas regarder en bas à gauche, un précipice de 1500m qui mène au bas du téléférique! Photo Guy Thibaudeau.

    Accès à la Vallée Blanche
    Tout ce travail pharaonique aura facilité l’accès à l’un des plus imposants domaines skiables au monde, la Vallée Blanche. Cet itinéraire hors-piste de haute montagne évolue sur les glaciers du Géant et de la Mer de Glace dans un cadre absolument spectaculaire qu’il faut essayer de faire un fois dans sa vie.

    Le départ lui-même est impressionnant puisqu’il faut négocier à pieds, skis à l’épaule, une crête de quelques 200m qui ne permet aucune imprudence. Mieux vaut ne pas regarder en bas surtout à gauche, un précipice de 1500m qui mène au bas du téléférique! Par après la descente n’est pas très difficile mais il faut surveiller les crevasses d’où l’importance d’être accompagné d’un guide. La Vallée Blanche qui fait 20 kilomètres est accessible de janvier à mai selon les conditions.

    Voilà donc l’apport des remontées mécaniques dans notre vie. Si Jackrabbit Johannsen, le père du ski au Canada, s’en plaignait elles nous offrent tout de même une expérience inoubliable sur plusieurs des plus hauts et plus beaux sommets sur terre. Tremblant achemine environ 800 000 personnes annuellement vers son sommet tandis que 500 000 personnes accèdent chaque année à l’Aiguille du Midi. Sans remontées combien y accéderaient? Faudrait pas cependant exagérer et aller foutre un téléférique sur l’Everest. Certains sommets doivent demeurer sacrés.


    • Parlant de Tremblant et de l’accès. Hier nous étions 6 skieurs qui voulions profiter de la neige restant sur le versant nord du Mont Tremblant. L’effet que les remontes pentes ne fonctionnent plus nous dérange guère, après tout ce n’est pas l’Aiguille du Midi. Nous étions à la barrière du stationnement Versant Nord entrain de préparer notre équipement et un garde de sécurité, pas très gentil, nous dis qu’on n’a pas le droit d’accéder à notre Mont Tremblant dans notre parc national, surprise! Le garde nous dit que si on se blessait on actionnerait la compagnie, Intrawest je présume, et qu’il ne nous permet pas de passer la barrière.
      Un de mes compagnons à fait l’ascension le printemps passé 13 fois. Cette année il l’avait fait 2 fois déjà. Un autre couple avec nous avait fait l’ascension versant nord la veille en demandant permission et information à un autre garde de sécurité. Cette personne leur avait souhaité la bienvenue. Ils ont profité d’une belle ascension sur la piste Beauchemin sans aucune trace à découvert et d’une descente groumé par un BR400 avec tiller. Pour qui le BR fait de l’entretien? Les motoneiges évitaient les traces du BR. Au sommet les toilettes étaient ouvert au publique et les gens se rendaient en haut via n’importe quelle piste du Versant Sud. Horreur, certain même on marché sur de la neige.
      Faut bien qu’Intrawest nous protège de notre patrimoine géographique.
      Question de ne pas trop se fâcher nous sommes allés au Mont Blanc pour se payer quelques descentes, Les toilettes au sommet n’étaient pas ouvertes mais la neige était la même qu’a Tremblant et personne c’est blessé.

    • J’ai fait la Vallee Blanche moi-meme il y a plusieurs annees. C’est vrai que le premier “boute” est pas mal chiant. Il ventait fort aussi du nord lors de mon passage. Vent qui venait heureusement du bord du precipice et non pas de l’autre cote. Rendu au bas de la crete le pire etait fait. Ca me rappelle de bons souvenirs. Heureux de l’avoir fait une fois dans ma vie. Si l’occasion se presente je le refairai. Bone fin de saison.

    • Pour le téléphérique de l’Aiguille du Midi, comme je l’ai compris, c’est qu’ils ont monté un premier cable de 4mm et grâce à lui, ils ont monté le cable d’acier définitif de 8mm. Deux fois plus gros mais quatre fois plus pesant. Tout un exploit pareil.
      Il y a beaucoup d’histoire à Chamonix. Plein d’exploits assez extraordinaires. Comme le première piste de bobsleigh qui était très dangereuse. Certains virages pouvaient éjecter le bobbeurs de la piste.
      L’été, il y a de belles randonnées à y faire et au village, on mange très bien.

    • Ce que les amis m’ont dit à propos de mes commentaires sur Tremblant:

      Salut C,
      Intéressant… et choquant. Compagnie privée qui bloque l’accès aux héritiers/bâtisseurs des Pays-d’en-Haut…
      Au lieu de poster des gorilles aux barrières, Intrawest pourrait simplement poser des pancartes de type “Station fermée – non responsables des accidents”…
      Enfin, le Mont Blanc était là pour sauver la journée… et même si les toilettes étaient fermées, N n’a jamais eu de problème à aller aux toilettes “dans l’bois!”
      Bonne fin de semaine,
      G.

      Salut C,
      J’espère que ton article aura de l’effet et que d’autres skieurs appuieront
      cette démarche dont «Tremblant» ne devrait pas ignorer ou prendre à la
      légère, car il s’agit d’une vieille tradition du ski dans les Laurentides.

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