Guy Thibaudeau

Guy Thibaudeau - Auteur
  • Conditions de ski>

  • Guy Thibaudeau, collaboration spéciale

    Son père lui inculque la passion du ski à l'âge de six ans. Plus tard il en fait son travail en fondant MRG - le Réseau du Ski en 1968, les premiers à présenter aux skieurs des bulletins objectifs sur les conditions de ski via les médias.
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    Lundi 28 février 2011 | Mise en ligne à 13h25 | Commenter Commentaires (15)

    Faut-il ignorer les prévisions à long terme?

    Même samedi dernier on nous prévoyait un important redoux pour lundi; des températures dans les deux chiffres au dessus du point de congélation avec de la pluie pour les Laurentides entre-autres; en début d’après-midi aujourd’hui il était tombé une bonne douzaine de centimètres de neige et aucune pluie dans ces mêmes Laurentides.  

    A Météo Média on a passé une bonne partie de la journée vendredi à expliquer pourquoi les prévisions de 15-20cm de neige sur Montréal ne se sont pas matérialisées, la réalité étant seulement d’un ou deux centimètres.

    Si on se trompe autant à relativement court terme, à quoi bon les prévisions à plus long terme? 

    Je ne veux pas ici blâmer les autorités en matière de météo qui n’aiment pas plus que nous manquer leurs prévisions. La région métropolitaine au confluent de deux fleuves, sa situation au point de convergence des systèmes en provenance de l’ouest et ceux qui viennent de la côte est de la Nouvelle Angleterre en font une région sujette à ce genre de revirements soudains.  Plus souvent qu’autrement les tempêtes passent soit au sud du St-Laurent soit au nord. Puisque la région métropolitaine est souvent à la limite des tempêtes venant du sud, une légère diversion peut tout changer.    

    Ceci dit,  devons nous ignorer les prévisions à long terme? A vous d’y répondre dans les commentaires plus bas mais comme bon nombre d’amateurs d’activités extérieures le disent, il ne faut pas trop en tenir compte.  En général les prévisions pour 24-48 heures sont relativement fiables mais au delà… il faut les prendre avec un grain de sel. Au mieux, elles indiquent une tendance. 

    Personnellement je ne m’y fie jamais. Si lundi on annonce du mauvais temps pour le week-end, tant mieux, ca va probablement changer et je planifie sans en tenir compte.

    Connaître les prévisionnistes
    S’il faut savoir gérer l’information qu’on nous lance il faut aussi connaître les « spécialistes » qui nous présentent la météo. A Radio-Canada par exemple Ève-Christian a toujours le bon sens de ne pas trop s’avancer dans les prévisions à long terme.  « C’est encore loin » dit-elle souvent lorsqu’on essaie de l’amener sur le terrain glissant des prévisions au delà de 48 heures.  Par contre d’autres présentateurs météo n’hésitent pas à déclarer la calamité ou le grand beau 5, 6 ou même 7 jours d’avance comme s’il s’agissait d’une vérité indéniable. 

    Je suis toujours surpris que ces « spécialistes météo » comme on les appelle n’apprennent pas de leurs erreurs. Toute personne qui passe beaucoup de temps à l’extérieur peut leur dire « qu’au delà de 48 heures vous risquez de vous planter ».  Oui, on peut en parler mais toujours avec le bémol que « c’est encore loin et ça peut changer ». Plus on s’avance, moins c’est fiable à moins d’un anticyclone à la grandeur du continent.

    Le facteur vent
    L’utilisation du « facteur vent » n’a rien de répréhensible en soi mais l’utiliser automatiquement à chaque prévision n’a pas de réelle utilité sinon la recherche de sensationnalisme.  Je ne suis certainement pas non plus seul à le penser.  Samedi le 19 février dernier le facteur vent était important; il faisait environ -5C mais les forts vents donnaient l’impression de -15 ou -20C.  Le vent ce jour-là pouvait affecter notre confort et il fallait en tenir compte. Mais s’il fait zéro et qu’on ajoute le facteur vent pour -5C… ça sert à quoi?  Pas de précautions à prendre pour -5C.  Encore moins lorsqu’il fait +10 et +5C avec le facteur vent!!!

    La présentateurs/trices météo
    Pour ma part les prévisions 24-48 heures je m’y fie. Au delà, j’ignore ou je regarde pour y voir une certaine tendance. Je n’écoute pas non plus ces « automatons » météo qui ajoutent automatiquement le facteur vent ainsi que ces petits frileux/frileuses qui attendent avec impatience l’arrivée du « facteur humidex » comme si c’était mieux que le facteur vent. Il s’agit aussi, on devrait leur rappeler, une notion d’inconfort. Il en est de même pour les « jovialistes » de la météo pour qui toutes les prévisions sont bonnes parce qu’on ne veut pas nuire à une industrie quelconque, souvent le ski. 

    Vive les présentateurs neutres qui nous parlent de météo de façon réaliste sans essayer de toujours nous dire quoi faire, quoi ne pas faire et comment le faire.  A la télé on semble aussi miser beaucoup plus sur le facteur « cute » que sur la compétence. 

    Qu’en pensez-vous? 


    • MÉTÉO MÉDIA N’A JAMAIS VOULU M’ENGAGER JUSTE A CAUSE DE MON NOM…….
      POURTANT JE SERAIS TRES BON

      EL P.

    • Il n’y a jamais de mauvais temps, seulement de mauvais vêtement.
      La température c’est chiant seulement pour attendre l’autobus
      La météo on la regarde seulement pour savoir qu’elle fart mettre, en encore

    • En tant que météorologue professionnel et opérationnel (c’est-à-dire, que je travaille sur des quarts 24/7 à faire des prévisions), je trouve votre question très pertinente mais trop catégorique.

      (*mes commentaires sont fait à titre personnel et n’engage ou ne représente aucunement l’organisation pour laquelle je travaille dont je terrerai le nom car non-pertinent )

      Le principal problème avec les prévisions météo à long terme n’est souvent pas relié à la qualité de l’information mais plutôt à la façon de la communiquer. Loin de moi l’intention de porter le blâme sur les présentateurs météo. Ce que je veux dire, c’est que nous, les météorologues, n’avons pas encore trouvé un moyen efficace de transmettre toute l’information qu’une prévision à long terme devrait contenir.

      À titre d’exemple, les prévisions météorologiques ne comportent aucunes informations relatives à la confiance; sa probabilité d’occurence. En météorologie opérationnelle, les prévisions probabilistes sont le principal outil utilisé pour faire des prévisions au-delà des jours 3 ou 4. L’atmosphère est parfois stable mais plus souvent chaotique, ce qui demande une approche probabiliste (et non déterministe).

      Je peux faire une prévision à 7 jours et parfois à 10 jours d’avance avec une grande confiance pour une forte crête se bâtissant sur l’est du Canada. Par contre, il est parfois vrai que pour une région donnée (comme celle de Montréal dont vous discutiez de la difficulté de prédictibilité) même à 2 jours d’avis, il y ait disons 20% de probabilité de faible neige, 40% de fortes accumulations de neige, 40% de neige suivi de verglas se changeant en pluie, selon la trajectoire de la dépression. Cette trajectoire est rarement connue avec précision et confiance à plus de 2-3 jours d’avis. Avec le système de prévision actuel, nous devons choisir une de ces 3 solutions sans pouvoir communiquer au public notre degré de confiance. Cette confiance varie d’un système à l’autre, d’une région à une autre et la seule façon d’en tenir compte présentement, est de ne pas trop se “mouiller” à l’avance.

      Il est absurde d’utiliser les mêmes termes, les mêmes icônes, le même système pour des prévisions à court, moyen et long termes. Malheureusement, nous n’avons pas encore trouvé la bonne façon de communiquer toute cette information au public.

      Saviez-vous que les prévisions des jours 6 et 7 d’Environnement Canada sont issus d’un système probabilistes, c’est-à-dire 20 modèles quelque peu différents dont on altère les données entrantes pour refléter une certaine incertitude? Malheureusement, avec le système de prévision publique actuel, le ministère fédéral prends la moyenne de ces 20 modèles pour en faire une prévision déterministe. Si ces 20 modèles montrent 2 principales solutions, disons soit une dépression plutôt faible avec une trajectoire à 100km au nord de Montréal (faible averses de pluie), soit une dépression plus intense passant à 100km au sud de Montréal (forte accumulations de neige), et bien la prévision pour ce système au jour 6 et 7 sera une dépression d’intensité moyenne avec une trajectoire à travers Montréal, solution aucunement supportée par les probabilités (mode bimodale). C’est toutefois la meilleure façon avec la meilleure vérification qu’il fut trouvée à ce jour.

      Je comprends très bien votre frustration (qui est parfois la mienne!) mais je crois que ces prévisions à long terme renferment tout de même de l’information pertinente. Il pourrait être sage par contre, de s’informer d’avantage et d’aller voir ces produits probabilistes qui sont disponibles sur le web (un exemple: http://www.weatheroffice.gc.ca/ensemble/index_f.html) d’ici à ce que nous, métérologues, trouvons une meilleure facon de les communiquer.

      Merci de votre attention,

      El Anos

    • en tout cas, bien heureux pour aujourd’hui, du bon ciment pour endurcir nos tracks. Pour le long terme, les spécialistes prévoient une méchante grosse dans une semaine mais ca peu très bien changer.

      Un des facteur du réchauffement global est le changement de ligne des courants, aucun modele mathématique ne peut prédire ce qu’on a eu cet hiver.

    • Si je m’étais fié aux prévisions de la météo annoncée pour aujourd’hui en Estrie, je serais resté chez moi et j’aurais manqué une superbe journée de ski à Orford où il a neigé à plein ciel tout l’avant-midi.

      On était seuls en cette journée de relâche car beaucoup de gens font trop confiance à certains présentateurs météo.

      Il est vrai par contre que l’on se devait d’être prudent en se rendant à la montagne, mais en réduisant notre vitesse, ça roulait quand même assez bien.

      Je peux vous dire que demain à Orford, la journée va être encore plus belle!!!

      Mais ça, ne le dites pas à personne!!!

      Jean

    • La météo est devenue une science presque exacte. Je crois que ses spécialistes sont crédibles et qu’ils peuvent nous guider dans nos choix de sorties sportives.

    • Je me fie au prévisions surtout quand elles font mon affaire, y’a rien comme mettre le nez dehors pour prévoir ce qu’on fera juste la. D’ailleurs je prévois que je vais aller pelleter la petite neige tout juste tombé d’içi 15 minutes.

    • 48 heures max!!! Les stations «spécialisées» en météo… pus capable!!!!!!!

    • Regardez aujourd’hui le site web de Météomédia: les prévisions à long terme font état de 90% de possibilités de précipitation pour samedi prochain. Samedi! C’est dans 5 jours… Le système le plus proche qui pourrait nous toucher samedi est sur Vancouver. 90% de PdP, vraiment? Un peu de modestie, SVP.

    • Météo Médiocre bâtit ses modèles prévisionnistes au-dessus du Québec à partir de Toronto.
      Souvent, seulement un présentateur suffit à tout faire fonctionner dans le studio.
      Les veilles d’Environnement Canada ont préséance alors que tout le reste demeure à leur discrétion…

      Au fait : pourquoi jamais 50% de risque de précipitations ?

      24 hres : 90% de crédibilité et 48 hres : 60% de crédibilité ( Été-hiver )
      -10% de crédibilité au printemps et en automne vu que le courant Jet est distendu.

      El nino …

    • Côté météo, chacun sa spécialité, Environnement Canada est selon moi, le plus fiable, Radio-Canada, qui engage de vrais météorologues pas mal non plus. Les autres, on peut s’en passer. MétéoMédia, c’est juste pour les prévisions horaires et pour la quantité de précipitation. J’aimerais qu’Environnement Canada ajoute cette information systématiquement à court terme. Parce que pour moi, qu’il y ait 100% de PDP de 2 mm, ça ne veut pas dire la même chose que 60% de PDP d’avoir 15 mm de pluie.

      Là où je ne marche plus, mais pas du tout, bien au contraire, c’est quand la météo est donnée par des animateurs amateurs, animateurs de radio ou de télévisions et qu’ils passent leurs commentaires. Pourquoi faut-il qu’ils disent qu’il fait beau s’il fait plus 5C en janvier? Ce n’est pas normal. Pourquoi faut-il qu’ils se lamentent comme si on les torturait s’il neige? Qu’on aime ou qu’on aime pas, c’est une question de goût. À force de “bitcher” contre l’hiver, on entraîne les gens à penser que c’est un saison désagréable et les gens se privent du plaisir de jouer dehors.

    • Parlez-en bien! parlez-en mal! mais parlez-en! Il y a beaucoup de beaux dollars dans la météo: voyez Météo Média, poste spécialisé payant, truffé de commerciaux en plus. Pour ce qui est de la fiabilité des prédictions, sa crédibilité en prend pour son rhume surtout avec des résultats pour le court terme comme celui de ces derniers jours. Mais pour les annonceurs: Beu! beu! beu! vaut mieux avoir l’air intelligent et errer que de savoir qu’il ne le sait pas et le dire. Tant qu’à moi, bien, je vous souhaite du beau temps.
      P.S. à elanos: “tairai” est sûrement le mot juste. Humblement soumis. Xski

    • On le voit bien, la prévision de la météo est devenue notre sport national! Pascal Yakouvakis, pourtant pas un 2 de pique en la matière, disait un jour que les prévisions météo étaient fiables à 85% pour 24 heures et qu’elles tombaient à 50% pour 48 heures. Autrement dit, passé 24 heures, roulez les dés. Mais allez skier quand même. Surtout lorsque la température frise le 0 degré. Voici une anecdote qui résume bien mon propos. Il y a qques années, j’étais aller skier au Mont Grands-Fonds, à La Malbaie. Il pleuvait des clous dans le village. En montant vers la station, la pluie s’est changée en neige et rendu sur place, il y avait déjà 24 cms de poudreuse au sol! Ne jamais oublier que l’on perd 1 degré Celcius par élévation de 100 mètres. Lorsque c’est critique, allez skier sur une montagne plus haute! Bon ski; bonne glisse!

    • J ai de la misere a associer les mots météorologues et professionnels …C est une profession semblable a l astrologue et aux experts financiers . Mais ils ont développé un dialecte qui fait en sorte qu ils ont l air de savoir de quoi ils parlent.

      Le maximum d exactitude dans leur vision est de 24 heures et encore…Pour une sortie importante plusieurs sources sont parfois nécéssaires afin d etre moindrement certains.Pour établir ces prévisions suffit d avoir les outils et les données des provinces voisines et le tour est joué ! Des fois c est comme flipper un 25 sous….

    • De retour de ski dont Stowe et avoir écouté ces oiseaux de malheur, nous aurions annulé!!

      Vous savez, il y a deux métiers dont les employés peuvent se tromper 100% du temps et conserver leur boulot:

      1. Économiste

      2. Météorologue.

      Pour ma part je n’écoute jamais les prévisions météo au delà de 48 heures et les prévisions sur 5 ou 6 jours d’environnement canada sur leur radio me font bien rigoler.

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