Guy Thibaudeau

Guy Thibaudeau - Auteur
  • Conditions de ski>

  • Guy Thibaudeau, collaboration spéciale

    Son père lui inculque la passion du ski à l'âge de six ans. Plus tard il en fait son travail en fondant MRG - le Réseau du Ski en 1968, les premiers à présenter aux skieurs des bulletins objectifs sur les conditions de ski via les médias.
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    Lundi 21 février 2011 | Mise en ligne à 20h29 | Commenter Commentaires (9)

    Les “pépères-formants” du ski de fond

    Je lisais récemment dans un article d’un collègue la phrase suivante : « Pépère le ski de fond? Peut-être mais…. ». Je suis certain qu’il s’agissait simplement d’attirer votre attention mais je crois tout de même qu’il y a encore des gens qui croient que le ski de fond est un sport de « pépères ».

    D’ailleurs il fut un moment dans ma vie de skieur où je carburais plus au ski de fond qu’à l’alpin et je me souviens de m’être fait dire « tu fais plus de ski de fond parce que tu trouves ca moins difficile (que l’alpin)! » Pardon!!!!!

    Hervé Leblanc 72 ans en compagnie de Pierre Harvey et Guy au camp des Coureurs de Bois Or du Marathon Canadien de ski le 12 février 2011. On se tire une buche pour le feu de camp.

    Hervé Leblanc 72 ans en compagnie de Pierre Harvey et Guy au camp des Coureurs de Bois Or du Marathon Canadien de ski le 12 février 2011. On se tire une buche pour le feu de camp.

    Sans m’opposer au ski de gravité que je pratique toujours régulièrement d’année en année je dois dire que le plus pépère des skieurs de fond l’est beaucoup moins que le plus pépère des skieurs alpins. En fait en ski de fond si on ne met pas un pied devant l’autre il ne se passe rien.  En alpin cependant tout est mis en place pour qu’on ait de moins en moins à faire. Débarcadères près de la billetterie; fixations « step-in » qui n’exigent même pas qu’on se penche; remontées débrayables ou télécabines qui s’arrêtent presque pour qu’on s’assoie plus facilement; pistes recouvertes de neige fabriquée pour ne pas avoir à contourner une roche ou une branche; ces mêmes pistes nivelées en tapis de corduroi pour mieux accommoder nos skis profilés qui tournent tout seuls anyway! 

    Stationnement valet
    Et comme si on n’était pas encore assez moumoune voilà qu’on introduit le « valet parking » au Mont St-Sauveur.  Pour 10$ on stationne votre voiture et on vous la ramène à la fin de votre journée de ski. 

    Pépère les skieurs de fond?
    Comme je disais plus haut, en ski fond il ne se passe rien si vous ne faites aucun effort.  Nombreux sont ceux et celles qui se tapent 15-20 kilomètres à chaque sortie en ski de fond, même des retraités qui peuvent, à première vue, avoir l’air « pépères ». Mais prenez les participants au dernier Marathon Canadien de Ski à Montebello les 12-13 février derniers. Ils étaient plus de 1800 à cet événement de ski de fond de deux jours. Tous ont skié au moins 15-25 kilomètres par jour et bon nombre ont parcouru de 35 à 45 kilomètres par jour. Près de 800 ont skié la distance totale de 160 kilomètres au cours des deux jours donc 80 kilomètres par jour.

    Coureur de Bois Or à 72 ans
    Hervé Leblanc de New Richmond en Gaspésie a 72 ans et il complétait cette année les 160 kilomètres du Marathon pour une 19e fois. De plus il couchait à la belle étoile le samedi soir à Montebello pour se mériter une 17e  médaille Coureur de Bois Or présentée à ceux et celles qui complètent la distance totale en couchant à l’extérieur le samedi soir. Notez aussi que chaque participant doit transporter dans son sac-a-dos tout le nécessaire de camping, incluant bouffe et vêtements additionnels pour le camp.  

    « Ce qui est aussi extraordinaire, me disait son fils Michel Leblanc de Québec, lui aussi Coureur de Bois Or, c’est que mon père s’entraîne seul à New Richmond sur un sentier de 4 kilomètres qui est plat sur presque toute sa longueur ».  Or la piste du Marathon présente beaucoup de dénivelé et plusieurs montées et descentes difficiles que les Coureurs de Bois Or doivent négocier avec leur sac-à-dos qui peut peser une trentaine de livres. 

    Du bobsleigh au  ski de fond à cent milles-à-l’heure
    Et que dire de Vic Emery, premier canadien médaillé d’or en bob à quatre aux Olympiques d’Innsbruck en 1964 qui, à l’âge de 77 ans, skiait 9 des 10 sections du Marathon (142 kilomètres) en partant à 8h au lieu de 6h comme le font les Coureurs de Bois.  Cette option (catégorie randonneur) force les skieurs à être plus rapides puisque, pour des raisons de sécurité, les points de contrôles pour être admis aux dernières sections chaque jour ferment à une heure bien établie.  

    Peter Blanchard, son épouse Kadri, Vic Emery et PJ Johnson formaient l'équipe Red-Birds I dans la catégorie mixte 60 ans et plus. Ensemble ils ont skié 512 kilomètres au cours du week-end du Marathon Canadien de Ski.

    Peter Blanchard, son épouse Kadri, Vic Emery et PJ Johnson formaient l'équipe Red-Birds I dans la catégorie mixte 60 ans et plus. Ensemble ils ont skié 512 kilomètres au cours du week-end du Marathon Canadien de Ski.

    Emery qui demeure maintenant à Londres s’entraîne à Oslo où il passe une bonne partie de l’hiver à se préparer pour le Marathon Canadien et la Birkebeiner une des grandes courses participatives qui se tient à Lillehammer en Norvège. Il participe aussi à la Loppet Gatineau qui se tenait ce week-end au Parc de la Gatineau ainsi qu’aux Championnats Mondiaux des Maîtres lorsqu’ils sont accessibles. A 77 ans encore rapide et endurant.

    Pépère le ski de fond?  A vous d’en juger.


    • Tous les sports peuvent se pratiquer en “pépère” ou non. On connaît tous des adeptes qui pratiquent toutes sortes de sports de façon remarquables alors que d’autres… Certains usent leur équipement alors que d’autres n’en font que l’étalage pour la galerie. Tant qu’au “meilleur”, à chacun son choix (et les xxxx seront bien gardés). Salutations. Xski

    • En effet, le ski de fond est loin d’être un sport de `”pépère”. C’est très cardio et la dépense d’énergie est très appréciable. Pour ma part, je suis en mesure de skier 20 kilomètres sans problème, mais je ne m’entraîne pas vraiment. Les marathons, c’est pas pour moi .

      Pour le ski alpin, il y a des façons de skier qui demande quand même de l’énergie et qui peut friser le cardio: un ski dynamique avec plusieurs petits virages et un bon rhythme. J’adore arriver en bas de la pente et avoir chaud et sentir mes cuisses brûler et recommencer à nouveau. Nous étions à Orford dimanche il y a 9 jours et nous descendions la Sherbrooke sans arrêt dans la pente pour ensuite recommencer. Satisfaction garantie! Tout est dans la façon de skier.

      Le Massif et le Mont St-Anne nous attendent Jeudi et Verndredi cette semaine. En espérant que cela ne sera pas trop glacé et qu’ils auront bien travailler les pistes. Du ski dynamique en perspective.

    • Deux mondes, deux solitudes… Comme je pratique les deux sports de glisse de façon intermédiaire-expert, je peux dire que le ski de fond, mis a part la natation, est le sport le plus complet que l’on puisse pratiquer. Parce que les deux sports se pratiquent avec des skis, on croit qu’ils se ressemblent… Hé bien non, ils sont tellement différents, autant dans l’appréciation de la nature que la forme physique et l’ambiance. Quoi de mieux qu’une bonne bière au bar après une journée de descente ”carvées” et quoi de mieux que de se réchauffer devant le foyer dans le relais d’un centre de ski de fond en dégustant ses fruits séchés. Vive l’hiver !!!

    • Mon seul côté “pépère”, réside dans le fait que je me tape Jacques Languirand en balladodiffusion , le soir en ski de fond où, de façon maintenue et assidue, j’arrive à coups de 25 km à cumuler des saisons de 1000 à 1500 kms.
      2 lampes frontales, un clignotant arrière, le zen et le rire de Languirand sous la pleine lune.

      Pépère de 54 ans dévore l’hiver et merci pour cet excellent article.

    • Guy et les autres: pour ceux d’entre nous qui voulons bouger, pourriez-vous nous decrire les conditions de neige/glace cette semaine apres la pluie et le gel?

    • skiyes, vous pouvez consulter les conditions 7/24 en cliquant sur l’onglet “conditions de ski” ci-contre à droite dans la boite “liens favoris”.

    • Merci Guy pour le super récit sur les péperes-formants du ski de fond!!!Il en faut encore d’autre comme cela.Je réside dans l’outaouais et je suis toujours surpris et décu de constater le lendemain du marathon canadien de voir que cet évenement incroyable passe totalemennt inapercu dans les médias de ma région!!!Ici ,dans le journal on parle plutot des parties de hockey peewee et bantam et d’une joute de riguette a st glin-glin plutot que de parler que de parler des 2000 skieurs qui ont participés a un marathon quia lieu depuis 45 ans et qui mobilise l,armée ,des cadets,des scouts des bénévoles qui se levent a 4heures du matin.Ce marathon aussi qui est une manne incroyable pour la petite-nation avec la location de plusieurs chambres de motels et de gites et qui offre aussi une fin de semaine tres chargée pour les restaurateurs de cette région!!!En finissant non, je n,ai rien contre la ringuette ou le hockey, mais hey!!! il y a aussi du ski de fond par ici!!!

    • Je suis venu au ski via le ski alpin. C’était en 1964. Bien avant l’enneigement artificiel et les Pisten-Bully! C’était au mont Ste-Anne. J’y ai skié quelques années et il y avait à ce moment tout une qualité de skieurs (alpins) qui m’épataient. C’étaient essentiellement les secouristes de Ski Secours Québec. Bob, Lili, Gilles Dion et les autres. Ces skieurs pouvaient descendre un skieur dans un traîneau-civière dans n’importe quelle pente, la 1 comme la 2 et ainsi de suite. Mais les plus exhubérants étaient les gars de l’équipe volante. Vous en connaissez beaucoup de skieurs qui pouvaient skier avec une scie mécanique en marche dans les mains, pour aller couper un arbre ou une branche qui obstrue une piste? Et comme ils mettaient un peu de moutarde, ils ne manquaient pas l’occasion de “rincer” l’engin pendant leur descente. Mâchoire décrochée à tout coup. Quant aux moniteurs de ski, c’étaient les aristos du ski, les stylistes. Bons danseurs disco de surcroit…
      Un jour, en 1970, au sommet du Mont, j’ai regardé en direction nord-est et j’ai vu toutes ces montagnes. Le ski de fond venait de me repérer. J’y ai connu des gens tout aussi extraordinaires, tels M. Georges Girard, Grand Ambassadeur de la Ville de Québec, M. Armand Simard, mon premier patron dans l’industrie du ski ou Léopold Nadeau, qui faisait alors partie de l’équipe du Québec. Tout ça pour vous dire que pour moi, la passion pour le ski transcende le style que l’on pratique. Quant au cardio, c’est votre affaire. Bon ski, bonne glisse!

    • C’est un cliché relié au ski de fond. Mais même en ”pépère” c’est un bon exercice. Alors que le ski alpin cela peut être juste une affaire de m’as-tu-vu… LOL…

      On remonte on descend et surtout on se fait voir et on flashe le plus possible pour l’après-ski qui va suivre…

      Écoutez cela peut être dans les deux cas un loisir sportif plutôt qu’un sport et si on parle vraiment du sport. Ce ne sont pas les mêmes types de sport, un est un sport d’endurance (le ski de fond ) alors que le ski alpin est autre chose…

      Les deux sports sont pratiqués par des athlètes de haut niveau. En athlétisme, un sprinter a finalement peu à voir avec le marathonien mêmes s’ils font de la course tous les deux.

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