On aurait pu croire au pire. Un hiver lent à démarrer, du temps trop doux en début de décembre pour fabriquer de la neige, un enneigement modeste et une fin de saison écourtée par l’arrivée de « l’été » fin mars, début avril.
Mais parlez aux gestionnaires des stations et ils se disent généralement « contents » de la saison qui se termine. Parlez aussi aux skieurs qui ont pratiqué leur sport régulièrement cet hiver et eux aussi vous parleront d’un bel hiver, doux, facile pour la conduite avec juste assez de neige pour maintenir de bonnes conditions semaine après semaine. Ceux qui n’ont pas skié par contre ont vu un mauvais hiver.
Les stations bien établies notent généralement une modeste augmentation de l’achalandage sur l’an passé mais il faut savoir que l’hiver 2009 fut un des pires de la décennie. Une augmentation est quand même encourageante puisque l’effet d’une mauvaise saison l’an passé combiné au ralentissement économique faisait anticiper pire.
A Bromont on note une augmentation de 6% sur la saison précédente et 10% au Mont Sutton. Guy Desrosiers du Mont Sainte-Anne ne se fait pas d’illusion avec des chiffres en hausse. « Nous aurons connu une saison très moyenne, nous disait-il. Meilleure que l’an passé mais cette dernière (2009) fut une des pires. » La saison se poursuit encore au Mont Sainte-Anne, jusqu’au 25 avril pour peut-être améliorer le rendement.
Les hausses d’achalandage sont plus faciles à atteindre au Massif de Charlevoix où l’on note +13% sur l’an passé et +8% comparativement à l’hiver record de 2008. Plus jeune que sa compétitrice de la Côte de Beaupré, Le Massif n’a pas encore atteint les niveaux d’achalandage habituels dans les grandes stations destination comparables. Le Massif est une station en pleine expansion contrairement à Tremblant et Mont Sainte-Anne. Grace à quelques tempêtes massives la station de Charlevoix aura aussi enregistré un enneigement statistiquement normal. Les nouvelles sont tout de même très bonnes pour la station de Daniel Gauthier où 16$ millions seront investis dans la montagne cet été, un rareté au Québec depuis quelques années.
En conclusion, pas de pleurs ni de grincements de dents pour la majorité des stations ce printemps. Les responsables à qui nous avons parlé se sont tous dits soit « heureux » soit « satisfaits » de la saison qui se termine. C’est ce qui compte.
Ski de fond – bonne saison aussi
Il est encore plus surprenant de voir que plusieurs centres de ski de fond/raquette ont connu un bon hiver. On sait évidemment que ce secteur ne profite pas d’enneigement artificiel. On a donc du composer avec le mince couvert de neige.
La neige a été particulièrement rare dans les Laurentides, à peine 160 centimètres pour la saison entière. Malgré tout, les revenus ont été bons et les gestionnaires des réseaux Morin Heights et Mont Tremblant (Domaine St-Bernard) à qui nous avons parlé se sont dits satisfaits de la saison. Même son de cloche au ski de fond Mont Sainte-Anne où l’on qualifie même la saison « d’excellente ».
En Estrie ce fut la « meilleure saison en dix ans » à Sutton-en-Haut qui, comme son voisin le Mont Sutton, a connu un excellent enneigement tout au long de l’hiver. Moins de neige au Parc du Mont Orford mais « une saison normale » nous dit-on.
Au Parc de la Gatineau en Outaouais, le plus grand centre de ski de fond et de raquette au Canada avec ses 200 kilomètres linéaires des sentiers de ski et 50 kilomètres de raquette, « une autre saison en hausse » selon Michel Dallaire porte-parole du Parc. Le Parc aurait comptabilisé plus de 300 000 skieurs et presque 55 000 raquetteurs cette année. « Pour la raquette c’est le double de l’an passé » ajoutait-il.
On m’a parfois reproché de trop parler de raquette cet hiver mais selon Dallaire et certains représentants d’équipement de sports d’hiver les ventes de raquettes augmentent de 20 pourcent chaque année et les prévisions visent le même progrès annuel pour les prochaines années.
L’épée de Damoclès en Estrie
L’épée de Damoclès pèse par contre sur deux stations d’Estrie soient Montjoye à North Hatley qui doit être démantelée sous peu et Mont Orford qui doit trouver acheteur avant le début de l’été puisque le Gouvernement du Québec via la SEPAQ retire le canot de sauvetage. Même si l’optimisme n’est pas très évident dans la région pour ce qui est de l’avenir de cette station importante, il est improbable que la station ne fonctionne pas l’hiver prochain. Je me base uniquement sur l’importance économique de la station dans l’offre touristique régionale. La fermeture d’Orford serait un véritable désastre pour le tourisme hivernal de la région Magog-Orford surtout avec la fermeture de Montjoye, l’autre centre de la région immédiate. Sans mentionner qu’Orford est aussi la station de ski alpin des Sherbrookois.
Le Musée du Ski des Laurentides
Si le ski vous manque cet été visitez le Musée du Ski des Laurentides lors de votre prochain passage à St-Sauveur. Situé au 30 rue Filion (derrière l’église) le musée vous propose une exposition qui documente les premières années du ski dans la région via l’enseignement.
Le musée est ouvert de 11h à 18h du mercredi au dimanche. L’entrée est libre; vous pouvez cependant faire un don volontaire à la sortie. Vous y verrez des photos d’époque ainsi que des artefacts qui vous émerveilleront.
Fin de la saison
Et si vous n’avez pas encore lâché la patate sachez que Mont Sainte-Anne restera ouvert jusqu’au 25 avril et que Mont St-Sauveur espère se rendre au 2 mai. En ce qui concerne Val d’Irène en Gaspésie, la saison se terminera ce week-end avec la 34e édition de l’Aqua-neige.
Bon été et à plus tard. Seulement sept mois avant le début de la prochaine saison!
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