Guy Thibaudeau

Guy Thibaudeau - Auteur
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  • Guy Thibaudeau, collaboration spéciale

    Son père lui inculque la passion du ski à l'âge de six ans. Plus tard il en fait son travail en fondant MRG - le Réseau du Ski en 1968, les premiers à présenter aux skieurs des bulletins objectifs sur les conditions de ski via les médias.
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    Mercredi 25 mars 2009 | Mise en ligne à 19h57 | Commenter Commentaires (8)

    Des adieux à Gray Rocks samedi

     Skiez Gray Rocks une dernière fois

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    Comme vous le savez probablement, Gray Rocks fermera ses portes après plus de 100 ans d’existence, dimanche le 29 mars prochain.  La région des Laurentides perdra alors un joyau de son patrimoine de ski, la station qui a fait la réputation des Laurentides pour le ski.

    Si les terrains de golf La Belle et La Bête fonctionneront toujours cet été, ce sera la fin pour l’hôtel et les pistes de ski.

    La direction aurait préféré une fermeture en catimini mais l’événement historique mérite mieux et certains d’entre-nous avons organisé une rencontre informelle pour offrir à la première station de ski des Laurentides les adieux qui s’imposent.

    Vous êtes donc conviés à une dernière journée de ski à Gray Rocks le samedi 28 mars.  Il y aura une petite cérémonie/rencontre à 13h au Pavillon Lucile Wheeler où plusieurs anciens de Gray Rocks partageront avec nous leurs souvenirs des belles années de Gray Rocks.

    lucile-wheeler.JPGLucile Wheeler, la première Canadienne à remporter une médaille Olympique en ski sera présente. C’est la famille Wheeler qui a fondé Gray Rocks en 1905.

    Comme on le faisait « dans le temps », apportez votre pique-nique et vos breuvages et venez célébrer pour la dernière fois une fin d’hiver à Gray Rocks.

    En décembre dernier, nous publiions l’article qui suit sur l’annonce de la fermeture de Gray Rocks.  Nous le reprenons aujourd’hui.

    Décembre 2008
    FERMETURE DE GRAY ROCKS EN MARS
    Perte d’un joyau patrimonial du ski

    Même si l’annonce aujourd’hui que Gray Rocks fermera ses portes à la fin mars ne surprend personne elle créée tout de même une onde de choc dans les Laurentides.

    Gray Rocks, la première station de villégiature  des Laurentides fondée par l’américain George Wheeler en 1905, a fait la réputation des Laurentides pour le ski et les sports d’hiver. Malgré sa petite taille Gray Rocks s’est taillé depuis 1938 une réputation internationale pour son école de ski « Snow Eagle » longtemps classée la meilleure en Amérique du Nord.

    Créateurs de la « Semaine de Ski »
    Real Charrette qui en fut le directeur pendant une quarantaine d’années inventa d’ailleurs en 1951 le concept de la semaine de ski qu’on nommait « Learn to Ski Week ».  Ce concept attira les clubs de la côte Est des États-Unis, de Miami à Boston en passant par Washington D.C. jusqu’à la fin des années 1980.  Tous les ans des centaines d’américains envahissaient Gray Rocks pour parfaire leur technique avec les meilleurs moniteurs en Amérique et aussi pour faire la fête dans les bars endiablés de la station.

    Une série de premières
    Gray Rocks fut aussi la résidence de Lucile la première Canadienne à remporter une médaille aux Jeux Olympiques à Cortina, Italie en 1956.

    Première station à installer une importante fabrique de neige artificielle, elle a longtemps été la première station à ouvrir en novembre et la dernière à fermer fin avril ou même en mai,

    Première ligne aérienne au Canada, Wheeler Airlines, propriété de Gray Rocks, obtint sa charte en 1953, avant Trans Canada Airlines maintenant Air Canada.

    Une formule qui s’est épuisée
    Si la fermeture annoncée ce matin ne surprend personne dans l’industrie du ski c’est que Gray Rocks était en perte de vitesse depuis plusieurs années. Son marché niche d’américains de la Cote Est s’est épuisé et favorise maintenant des plus grandes stations qui offrent les mêmes produits et plus encore.  Le développement depuis 10 ans de Station Mont Tremblant par Intrawest à quelques kilomètres de là n’a pas aidé non plus.

    Les américains vont maintenant vers Tremblant, Vail ou Killington, de grosses montagnes qui sont toutes devenues de belles stations de villégiature. Pour ce qui est du marché de Montréal, soit qu’il favorise Tremblant – une plus grosse station, soit qu’il favorise Mont Blanc le second plus haut sommet des Laurentides à 15 minutes de moins, soit qu’il favorise Mont Saint-Sauveur à seulement 60 minutes de la métropole.

    Le rêve de Tremblant est née à Gray Rocks
    Il est ironique de constater que Tremblant a contribué, même inconsciemment, à la perte de Gray Rocks puisque c’est à Gray Rocks même que s’est concrétisé le rêve de Joe Ryan fondateur de Tremblant. Le millionnaire de Philadelphie séjournait à Gray Rocks en février 1938. La vue du sommet enneigé de Tremblant  au loin le fascinait et il monta une expédition pour s’y rendre. Arrivé au sommet accompagné du grand journaliste américain chef d’antenne de CBS News Lowell Thomas et Harry Wheeler de Gray Rocks, il s’exclama « C’est surement le plus bel endroit que j’ai visité mais il y a une chose qui cloche. C’est trop difficile d’y monter. Je vais corriger ca! ».  C’est à ce moment que Joe Ryan entreprit de faire du Mont Tremblant une des stations de ski les plus réputées au monde.

    Ne blâmez pas la crise économique
    Si la fermeture de Gray Rocks a été accélérée par la conjecture économique, ce n’est certainement pas la crise financière que l’on peut blâmer pour cette situation. Les circonstances ont fait qu’elle a perdu son marché niche et qu’on n’a pas réussit à le remplacer.

    Quels sont vos souvenirs de Gray Rocks?


    • Ils sont agréables et nombreux, en voici quelques-uns. Parti de Montréal une fin de semaine de mai avec mes amis, tandis que les gens tondaient leurs pelouses, aucune neige en vue tout le long jusqu’au tournant ou la première piste qui m’apparut (quel soulagement à mon inquiétude) était toute blanche et toutes les autres pistes aussi. Trois jours de suite une fin de semaine de Pâques à sortir de mon camper en bas de piste à huit heures, déjà en shorts et ma chérie en bikini alors que d’autres (sûrement de Mars “la planète, pas le mois” ou plus loin encore) portaient leur vêtements de janvier alors qu’il faisait 90 degrés Farenheit au soleil. Les habitués du ski de fin de saison festoyant et étendus sur la paille répandue ici et là au sommet (on aurait dit une banquise de morses au soleil). Un papillon se pose sur la botte de ski de ma compagne dans la remontée alors qu’un peu plus tard elle tentait de chasser un taon à grands coups de bâton de ski. Je regretterai ce petit bijou de montagne pour ses trois versants, sa neige abondante, sa fin de saison qui dépassait tous les autres centres, mais aussi pour le service hors pair de tous ses préposés aux remontées mécanique. Salut Gray Rocks, et merci pour tous les bons moments qu’on y a eus. Xski

    • Moi aussi j’y allais toujours faire les dernières journées de ski printanier et c’était tellement agréable. Merci Gray Rocks. Dommage que les “géants” prennent toute la place.

    • Gray Rocks représente pour moi le souvenir d’une célébration annuelle du ski. Nous nous regroupions, passionnés de ski, en fin de saison pour un happening de ski. Quelquies steppettes, virages expressifs, casquettes à l’envers, t-shirts et shorts… S’échafaudaient alors des projets fous autour du ski; excursion au Mont Washington et autres. Pour que la saison et toute les belles émotions qu’elle nous avait donné reste bien vivante; fasse des petits, garde au chaud dans notre mémoire le bonheur que ce sport nous a procuré.
      Aujourd’hui, le sport a évolué et ma boutique de ski est déjà fermé pour la saison. C’est la crise économique et la morosité. Je finirai encore ma saison à contourner les découverts dans un centre déserté. Faut pas oublier l’esprit Gray Rocks qui représente dans mon esprit à la fois le passé et l’avenir de ce sport! Gray rocks, c’est le refus de céder du terrain , du calendrier, des parts de marché, du soleil, du rêve et des projets à d’autres sports.

    • Avant l’arrivée d’Intrawest, Mont-Tremblant fermait tôt en saison et je poursuivais ma saison à Gray Rocks (ouvert les week-ends seulement); je me souviens d’un mémorable 15 mai, à 25°Celsuis, en culotte courte, sans T shirt alors que les bateaux avaient déjà envahi le Lac Ouimet. Que d’efforts le vendredi, afin de réparer les pistes pour le week-end !

      Je me souviendrai toujours du “Concours de gâteau, en ski”, parrainé par une station de radio anglophone; dans mon cas, le résultat ressemblait plutôt à un biscuit !

    • Quel bel Hommage Guy que tu as offert a Gray Rocks l L ENSEMBLE !!!!1000 Bravos ( Ski- tow ) j ai connu ca aussi!!!.Mais .il ne faut surtout pas oublié Gray Rocks The Runway la piste d attérissage en terre et gazon , qui était situé tout près du site. Une piste de 2500pi aprox. qui a permis d accélérer le dévéloppement touristique (des gens fortunés) 1960 a 1980 l avant Intrawest…. Nos voisins du sud naviguais , vers cette destination du Nord branché Gray Rocks loges L été,pour la nature , pour la fine cuisine, !!!…mais eux en Avion , des Piper Cubs ou Cherokees 160 ou Cessena 172 ou 185 meme sur les flottes au Lac Ouimet tout près! Magiques pour les AirmensUSA … il y avait meme des Mooney 231 et autres appareils de haut de gamme pour les années 75 -80. L Aéroport de( Gray Rocks )mon premier attérissage a vie sur un C-172 Une piste Unique (The Runway at Gray Rocks) avec tout ses atouts naturels au tours…de beaux souvenirs
      Mario Bergeron B.A.

    • Que retenir de Gray Rocks, à part le secret le mieux gardé des Laurentides ces dernières années ? Des préposés extraordinaires, toujours souriant malgré les nuages sombres qui les survolaient; MERCI à vous pour votre accueil et votre professionalisme ! Vous avez définitivement fait de cette montagne l’endroit le plus chaleureux pour skier ces dernières années !

    • CF-RCK, une série télévisée pour enfants au début des années 60. C’était bien tourné autour du Gray Rocks. L’hydravion… (Radio-Canada).

      Lucille Wheeler. Quand, en 1958, elle a remporté sa médaille d’or en descente, ma mère m’a raconté que la foule s’était pressée tout au long de la 117, de St-Jérôme à St-Jovite afin de l’applaudir à son passage. Elle rentrait de Bad Gastein en Autriche et elle avait fait le trajet de Dorval à Gray Rocks en limousine. Les gens se téléphonaient: «Elle est rendue à Ste-Thérèse!», «Elle est rendue à Ste-Agathe!», etc.. et se dirigeaient le long de la route pour la voir passer. Tout au long, elle a eu sa haie d’honneur composée des gens ordinaires qui vivaient le long de la 117. C’était la Queen des Olympiques.

      La famille Wheeler. Maman les a côtoyés plusieurs années, surtout Lucille. Elle a travaillé au Gray Rocks dans sa jeunesse et elle y skiait. Sur le coup, j’ai pensé que c’était elle sur la photo noir et blanc :-) Elle a toujours beaucoup aimé cette famille. Merci, les Wheeler.

    • J’habitais Montréal, j’avais neuf ans et nous étions le 23 décembre 1957, dernière journée d’école et je partais le lendemain pour les vacances des Fêtes dans les Laurentides.
      Le lendemain du 24 décembre, au grand désespoir de mon père, la neige avait commencé à tomber et la radio annonçait une forte tempête notamment dans les Laurentides. Après les multiples lamentations de ma soeur, de mon frère et de moi-même et à l’insistance menaçante de ma mère, nous montions tous enfin dans la superbe Dodge Désoto 57 où mon père, inquiet, nous conduisit sur la route 117 qui allait nous amener jusqu’au petit village de Mont-Tremblant et où nous attendait un magnifique chalet en bois rond pour y passer les fêtes de Noël en famille.
      Mon frère aîné, qui était marié, habitait ce petit village de carte postale. Il était moniteur de ski à la réputée station de ski de Grey Rocks. Il nous attendait tous avec impatience tout en pensant que mon père avait rebroussé chemin sous cette accumulation de neige, s’il était seulement parti…
      Après quelques heures de route, que mon père cherchait continuellement derrière cette agitation de poudre blanche, tous fatigués, nous nous arrêtâmes pour dîner dans un petit restaurant aux allures de chaumière et où l’on servait des mets typiques du Québec. C’était au Village du Père Noël et le restaurant s’appelait “Le Petit Poucet”. C’était pour moi le début de la féérie, moment privilégié de mon enfance.
      Après avoir repris la route, ce n’est qu’au milieu de l’après-midi, au grand soulagement de mon père, que nous arrivâmes à cette maison cachée derrière d’immenses sapins tout enneigés.
      L’intérieur de la maison, tout en rondins de bois, et où trônait une majestueuse cheminée de pierres nous enveloppait et nous donnait un sentiment de sécurité chaleureuse.
      Le soir venu nous nous sommes tous rendus couverts de fourrures, à la petite chapelle rouge et blanche du Mont-Tremblant dans une carriole tirée par deux magnifiques chevaux de trait sous une neige de fin de tempête où les flocons semblaient suspendus tellement ils prenaient de temps à tomber.
      C’est au retour de cette promenade magnifique que mes parents avaient décidé que nous déballerions nos cadeaux. Mon frère aîné, avec la complicité de mes parents, m’offraient cette année là, mon premier équipement de ski.
      Le lendemain matin, jour de Noël, j’attendais impatiemment, mes skis sous le bras, que frère m’emmena à l’Ecole de Ski de Grey Rocks pour assister à ma première leçon.
      Lorsque j’arrivai devant la station une impressionnante sensation m’envahit. Je regardai cette montagne qui allait me procurer tant de plaisirs. Cette station dégageait une atmosphère d’un autre monde, un monde privilégié qui glissait dans la douceur de la vie et que j’admirais avec mes yeux d’enfant.
      Toutes les classes s’étaient formées autour de la fameuse cloche de rassemblement, lorsque mon frère me mena vers la classe des débutants en spécifiant au moniteur présent mon statut de petit frère dont il fallait bien s’occuper. Gonflé d’orgueil je me plaçais maladroitement dans les rangs du groupe.
      Après bien des efforts et de chutes je parvins à m’accrocher tant bien que mal à ce “T Bar” qui me mena au haut de la montagne. A la vue de cette hauteur, terriblement haute ! je pris panique et m’élançai en position de chasse-neige afin de redescendre au plus tôt et ma vitesse incontrôlable, m’éloigna bien involontairement de mon groupe pour me mener directement, pauvre boule de neige ! aux pieds de mon frère et de sa classe d’intermédiaires
      Je crois que j’aurai pu faire fondre la neige de toute la pente tellement j’avais honte de n’être pas à la hauteur de mon grand frère. Celui-ci me releva et avec un sourire retenu me ramena vers mon groupe avec lequel je repris humblement mes leçons.
      Le lendemain et les jours suivants cette montagne me fit connaître des jours merveilleux qui se sont poursuivis durant toutes mes années de skieur et ces vacance de fêtes des années 1957 à Grey Rocks sont restées gravées dans ma mémoire.
      Aujourd’hui mon frère est mort et il avait enseigné le ski à cette Ecole sous la direction de Réal Charest pendant plusieurs années. Lui s’appelait Richard Joannette et moi j’étais son petit frère Robert.
      Merci Grey Rocks !

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