Sciences dessus dessous

Archive de la catégorie ‘Sciences de la Terre’

Jeudi 26 février 2015 | Mise en ligne à 16h39 | Commenter Commentaires (28)

La citation du jour

«C’est une arme à double tranchant, et nous sommes sur le point d’en voir l’autre tranchant.» — Michael Mann, climatologue américain, au sujet de la soi-disant «pause» dans le réchauffement climatique

Un trio de climatologues dont M. Mann faisait partie a fait un exercice intéressant, qu’ils viennent de publier dans Science. Ils ont pris environ 170 simulations de l’histoire du climat terrestre dérivées des climatiques dont se sert le GIEC (Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat). Ils en ont tiré une moyenne, puis en ont soustrait toutes les variations provenant de «forçages» climatiques connus, comme les variations de l’activité solaire, les gaz à effet de serre et les aérosols crachés par les volcans.

Le but de la chose était, autant que possible, d’annuler le caractère aléatoire du climat terrestre et d’isoler l’effet de ses oscillations «inhérentes», comme les oscillations El Nino/La Nina. Les résultats suggèrent, comme d’autres l’avaient déjà évoqué, que le Pacifique est dans une phase plutôt froide, dans laquelle les «Nina» (marqués par la présence plus grande d’eaux froides en surface) sont plus fréquentes et/ou durent plus longtemps qu’à l’accoutumée, au détriment des «Ninos» (marqués par la présence d’eaux de surface anormalement chaudes).

D’après le trio de chercheurs, c’est ce qui expliquerait l’actuel hiatus dans le réchauffement de la planète. Mais comme l’illustre M. Mann avec son analogie de l’épée, cette phase froide, qui a permis de «pomper» beaucoup de chaleur vers le fond des océans, s’inscrit dans un mouvement de balancier bien connu nommée Oscillation décennale du Pacifique, qui alterne les phases froides et chaudes sur des périodes de 16 à 20 ans. Et lorsque la prochaine phase chaude arrivera, si les calculs et Mann et al. s’avèrent, la pause devrait prendre abruptement fin.

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Jeudi 19 février 2015 | Mise en ligne à 13h51 | Commenter Commentaires (26)

Ah, la célèbre morue de… Chicoutimi ?

Photo : Archives La Presse

Les pluies diluviennes de juillet 1996 avaient fait cédé plusieurs digues et barrages... (Photo : Archives La Presse)

À quelque chose, malheur est bon, veut le dicton. Et si l’on se fie à cette étude, parue tout récemment dans la revue savant Applied Geochemistry, il semble que cela vaut pour le déluge qui s’est abattu sur la région du Saguenay en 1996.

Les 19, 20 et 21 juillet de cette année-là, plus de 250 mm de pluie sont tombés autour de Chicoutimi, soit plus du double de ce qu’il tombe normalement en un mois. La photo ci-haut ne montre qu’un seul des nombreux points de débordements de rivières et de digues qui sont apparus dans les environs, ce qui vous laisse imaginer les quantités colossales de sédiments qui ont été emportés d’un seul coup dans le Saguenay. En quelque 48 heures, jusqu’à 50 cm de nouveaux sédiments ont tapissé pratiquement tout l’amont de la rivière.

Et cela tombait bien, en un sens, puisque ce secteur avait un gros problème de pollution au mercure depuis de nombreuses années, gracieuseté d’une usine qu’Alcan avait exploitée à Arvida entre 1947 et 1976. À un point tel, d’ailleurs, qu’en 1972 Pêches et Océans Canada a carrément mis fin à la pêche commerciale à la morue et aux crevettes qu’il y avait dans la région — car oui, il y a déjà eu une pêche commerciale à la morue au Saguenay — tant leur chair était contaminée.

Dans son étude, le géochimiste de l’Université McGill Alfonso Mucci vient de confirmer ce dont on se doutait, sans toutefois en être sûr : la vieille pollution au mercure a été efficacement enfouie sous la nouvelle couche de sédiment et n’a pas été remobilisée.

Plus de détails dans mon papier qui vient de paraître sur le site du Soleil.

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Lundi 16 février 2015 | Mise en ligne à 10h01 | Commenter Commentaires (49)

La fois où j’ai essayé de vandaliser votre lundi matin…

Le mois de janvier 2015 fut le 2e plus chaud jamais enregistré. Sauf dans une certaine province canadienne... (Image : NASA)

Le mois de janvier 2015 fut le 2e plus chaud jamais enregistré. Sauf dans une certaine province canadienne... (Image : NASA)

Ne me demandez pas si j’essaie de vous faire pleurer. Je vous le dis tout de suite : oui, absolument, c’est là mon intention première. Pure malfaisance de ma part, je suis comme ça. Et malheureusement pour vous, j’ai très bon espoir d’avoir trouvé l’image qui vous gâchera votre lundi, et possiblement toute la semaine. (Rire dément.)

La carte ci-dessus montre les écarts de température enregistrés en janvier dernier par rapport à la moyenne de 1951 à 1980. On y voit qu’il a fait plus chaud que la normale pratiquement partout — en fait, janvier 2015 est le deuxième mois de janvier le plus chaud jamais observé — sauf… Ceux qui n’étaient pas dans le sud le mois dernier le savent très bien : sauf au Québec. À mettre dans la série «au mauvais endroit, au mauvais moment»…

Et vous voulez savoir la meilleure la pire ? Ce n’est pas la première fois que cela arrive — j’aurai d’ailleurs une entrevue avec un climatologue du consortium de recherche Ouranos cet après-midi, pour voir s’il s’agit d’une tendance ou simplement d’une coïncidence.

Blague à part, ça fait une couple de fois, ces dernières semaines, que j’entends des animateurs de radio de Québec remettre en question l’existence même du réchauffement planétaire à cause des températures que nous avons. Cette carte nous rappelle que le phénomène se mesure à l’échelle mondiale, pas régionale — et sur le long terme.

Bon lundi pareil…

AJOUT (mardi, 9h20) : Mon entrevue avec la climatologue d’Ouranos Dominique Paquin est ici.

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