Sciences dessus dessous

Archive de la catégorie ‘Médecine’

Image : archives La Presse/photos.com

Image : archives La Presse/photos.com

Ne vous en faites pas, ce titre est une boutade. Il est bien évident que l’ivrognerie ne fera jamais partie de quelque kit santé que ce soit, puisque la consommation excessive d’alcool est liée à toutes sortes de problèmes — cardiaques, cancers, goutte, etc. Mais disons tout de même que ce n’est-là qu’une moitié de boutade, parce que l’autre moitié repose quand même sur une étude très sérieuse parue hier dans Science. Rien de moins…

La revue savante a consacré une sorte de «numéro spécial» au microbiote intestinal, c’est-à-dire les bactéries et autres microbes qui peuplent notre intestin, aidant à la digestion et jouant un rôle dans une foule de processus dont les liens avec l’intestin vont de l’évidence même (colon irritable) à un peu moins évident (diabète) jusqu’à sérieux-là-pas-rapport (dépression), en passant par un immense paquets d’autres liens avec le bien-être et la maladie que l’on commence à peine à explorer. Le numéro spécial comprend des revues de littérature et deux grosses, grosses études qui ont tiré profit des nouvelles techniques de séquençage génétique «de masse» pour 1) caractériser la flore intestinale «normale» à l’échelle d’une population et 2) identifier/valider les facteurs qui jouent sur la diversité de ce microbiote, le tout avec des échantillons particulièrement grands (4000 et 1100 personnes, respectivement).

Et parmi ces facteurs, il semble que le vin rouge, le café et le thé favorisent une plus grande diversité de la flore intestinal — diversité qui est associée à toutes sortes de bénéfices pour la santé. On trouvera plus de détails là-dessus dans mon papier paru ce matin dans Le Soleil. Bien honnêtement, mon plan initial était de partir de cette histoire de vin rouge pour ensuite «élargir», mais j’ai manqué d’espace. Et je n’ai même pas le droit moral de m’en plaindre, puisque c’est là un travers évident du métier que j’ai choisi.

Mais bon, étant un peu mauvais perdant sur les bords, je profiterai tout de même de votre blogue favori pour déposer quelques citations des deux chercheurs que j’ai interviewés pour commenter ces études — André Marette, de l’UL, et Manuela Santos, de l’UdeM, qui n’ont pas participé aux travaux —, afin de compléter le tout…

– Mme Santos, sur les habitudes de consommation de vin : «Les études de base sont belge et hollandais, donc ça vient de pays qui ont surtout des traditions de bière. Alors on peut penser qu’ils ont des consommations de vin modérées. Je n’ai aucune idée ce que ça va donner quand on va faire le même exercice dans pays méditerranéens comme l’Espagne et le Portugal, où la consommation de vin rouge est beaucoup plus importante.»

– M. Marette, sur le travail de caractérisation du microbiote normal : «En fait, ce que je trouve le plus important dans ce travail-là ,c’est qu’on est allé qualifier le microbiote normal. C’est important parce qu’on ne sait pas trop ce que ça veut dire, «normal» pour le microbiote intestinal. On étudiait plus souvent le microbiote de personnes malades ou qui ont d’autres problèmes. Alors ça va nous faire une bonne base de comparaison, ce qui est très important.»

– M. Marette, sur le fait qu’on en est toujours aux premiers pas de ce champ d’étude : «Il faut quand même réaliser que malgré ces belles grandes études, même avec tous les facteurs pris en compte dans l’étude sur les écarts interindividuels comme la maladie, la diète et les médicaments (207 facteurs au total, ndlr), on n’explique encore que 20 %  de la variation dans notre microbiote. On place tous les facteurs connus ensemble, et il reste 80 % de la variation qui n’est pas expliquée. (…) On n’a pas encore saisi l’importance de certains facteurs clef dans l’équation, et la fameuse chromogranine-A (une protéine qui est un «précurseur» de plusieurs autres protéines, ndlr), l’étude montre que c’est une protéine qui a un impact très clair sur notre microbiote, elle reflète les activités du microbiote. Et avant de lire cette article-là, je n’avais jamais entendu parlé de chromogranine-a (M. Marette fait pourtant des recherches depuis longtemps sur le microbiote, ndlr), alors ça montre à quel point on a des surprises, parce que on voit maintenant que c’est un facteur hyper-clef qui régule les bactéries, et on n’en avait jamais entendu parler. Et c’est un parmi tant d’autres qu’il reste à découvrir. On est encore dans l’embryologie des connaissances sur le microbiote.»

– Mme Santos, sur le mode de naissance : «Une chose qui m’a vraiment surprise, c’est qu’ils n’ont pas vu de corrélation avec comment les bébés sont nés. On s’attendait à ce qu’ils en voient parce que d’autres études en on trouvé (les bébés nés par césarienne ont une flore intestinale moins diversifiée, ndlr).»

Lire les commentaires (8)  |  Commenter cet article






Lundi 11 avril 2016 | Mise en ligne à 16h39 | Commenter Commentaires (33)

Cancers à Shannon : ce qu’il reste (ou pas) à savoir

820345-regroupement-citoyens-shannon-accepte-reportIl n’y a rien de joli dans la contamination de la nappe phréatique à Shannon, dans la banlieue nord de Québec. L’armée canadienne, qui opère la base voisine de Valcartier depuis les années 60, a pendant longtemps laissé s’échapper dans la nature un dégraissant industriel, le tricholoréthylène (TCE). Le panache a éventuellement atteint la nappe phréatique de Shannon et a pollué l’eau potable de tout un secteur jusqu’en 2010, quand la municipalité a changé la source des résidences touchées. Et tout ce beau monde est pris depuis une quinzaine d’années dans une saga judiciaire afin d’obtenir réparation.

Remarquez, déverser de grandes quantités de TCE était une habitude répandue à une certaine époque, comme en font foi de nombreux autres cas de pollution au TCE en Amérique du Nord. Mais cela ne rend pas l’histoire moins triste, moins laide.

Or depuis la publication du (dernier) rapport de la Santé publique, jeudi, nous avons un authentique débat d’experts sur les bras. Dans le coin rouge, le Regroupement des citoyens de Shannon et «son» épidémiologiste, qui prétendent que la contamination des eaux souterraines au TCE a causé une hausse marquée et observable de divers cancers chez ceux qui ont résidé dans le secteur — un pdf du rapport est disponible ici. Dans le coin bleu, la Santé publique qui affirme plutôt qu’il n’y a pas plus de cancers là-bas qu’ailleurs.

Tout ce beau monde, notons-le, part des mêmes données, a exactement les mêmes nombres de cancers. Alors essayons de voir comment ils peuvent en arriver à des conclusions aussi contradictoires.

L’affaire des TCE à Shannon a été rendue publique en 1997. Un recours collectif a été intenté dans les années qui suivirent et, dans la foulée de ces démarches (très médiatisées à Québec), la Santé publique a publié un rapport en 2011 qui concluait essentiellement qu’il n’y avait «pas d’excès de cancer à Shannon». Des surplus de cancers du foie (une des sortes de cancer causées par l’exposition aux TCE, avec les tumeurs aux reins et les lymphomes non-hodgkiniens (LNH)) et de myélomes multiples avaient été noté, mais ce que l’on savait alors des concentrations de TCE dans l’eau par rue et par quartier ne permettait pas de lier la pollution à ces tumeurs.

Cela dit, c’était une étude qui souffrait d’une lacune difficilement évitable, mais majeure. Le document, grosso modo, comparait les incidences de cancer dans deux entités géographiques, soit la municipalité de Shannon et la province de Québec. Quand on procède de cette manière, on doit accepter que des gens entreront et sortiront de nos zones pendant toute la durée de l’étude, et présumer que ces va-et-vient ne biaiseront pas les résultats. L’ennui, c’est que comme je l’ai mentionné plus haut, Shannon est située juste à côté d’une base militaire et qu’il n’est certainement pas déraisonnable de penser qu’une forte proportion de ses résidents sont des soldats, donc des gens qui déménagent souvent. La dernière étude en date (j’y arrive) a d’ailleurs trouvé que près de la moitié (47 %) des gens qui ont eu une adresse dans la municipalité de Shannon entre 1987 et 2001 n’y sont restés que 1 ou 2 ans. Or les tumeurs sont généralement le résultat d’une exposition à long terme à des substances X ou Y. On pouvait donc se dire, a priori, que si les TCE avait causé des cancers là-bas, l’effet cancérigène pouvait avoir été statistiquement noyé, ou du moins beaucoup amoindri, par le fait qu’une grande partie de la population étudiée ne faisait que passer à Shannon, et n’était donc pas exposée chroniquement à ces dégraissants.

D’où l’intérêt de l’étude dévoilée la semaine dernière par la direction de la santé publique de la région de Québec, qui au lieu de comparer des endroits, comparait des cohortes — soit des groupes stables de gens que l’on suit dans le temps. Ce ne fut pas une mince tâche : retracer par les codes postaux et recenser toutes les personnes qui ont habité dans deux parties de Shannon (l’un très exposé aux TCE, nommé secteur Shannon, et l’autre pas, nommé secteur Courcelettte) entre 1987 et 2001, puis tenter de garder la trace de tout ce beau monde jusqu’en 2010, histoire de compter les cancers survenus après. Cela donne un total d’environ 17 000 personnes, dont le tiers ont été «perdues de vue» avant la fin de la période étudiée. Joyeuse job de moine…

Maintenant, à partir de ces données, le témoin-expert engagé par le Regroupement de citoyens de Shannon, l’épidémiologiste Claude Tremblay, estime que les trois cancers associés aux TCE (foie, reins, LNH) sont anormalement élevés dans le secteur Shannon et que près des deux tiers des cas (64 %) sont attribuables à «leur exposition dans ce milieu». M. Tremblay arrive à ces résultats en prenant pour point de comparaison le secteur Courcelette et en ne retenant que les gens qui ont résidé trois ans ou plus à Shannon. Voici le tableau dans lequel il résume ses résultats (notez qu’il s’agit de taux cumulatifs, 1987-2010, pas de taux annuels) :

Capture d’écran 2016-04-11 à 15.18.19Cela peut se défendre puisque ces deux endroits sont assez semblables, d’un point de vue démographique. Mais en pure logique, tout ce que cela permet de conclure, c’est qu’il y a plus de certains cancers à Shannon qu’à Courcelette. Ce qui, toujours d’un point de vue logique, peut signifier de deux choses l’une : ou bien il y a vraiment plus de cancers dans le secteur Shannon ; ou alors il y en a anormalement peu à Courcelette.

Comment départager ces deux possibilités ? Pour savoir laquelle est la bonne, il faut comparer à de plus grands ensembles. C’est ce qu’a fait l’INSPQ en prenant le Québec comme base — et en «standardisant» les taux provinciaux pour tenir compte de l’âge et du sexe de la population, celle de Shannon étant particulièrement jeune, en plus des taux de cancer généraux selon l’époque. Ce n’est pas parfait, remarquez, puisque l’on ne compare plus deux cohortes, ici, mais bien des cohortes avec une entité géographique. Il faut donc présumer de nouveau que les entrées et les sorties ne biaisent pas le résultat, mais pour un grand ensemble comme le Québec, cela ne me semble pas déraisonnable — on me corrigera si je me trompe.

C’est ce choix de point de comparaison (Courcelette vs province de Québec) qui explique pourquoi la Santé publique arrive à des conclusions si radicalement différentes de celles de M. Tremblay différentes à partir des mêmes données :

Capture d’écran 2016-04-11 à 15.34.45

On notera que l’excès de cancers du foie remarqué en 2011 est toujours là, mais des vérifications plus fines ont montré que presque tous les cas se trouvent dans des résidences dont l’eau était très peu contaminée, sinon pas du tout.

Alors, est-ce assez pour se convaincre qu’il n’y a «rien là» ? Ou du moins qu’il n’y a pas assez de victimes des TCE à Shannon, le cas échéant, pour en faire un problème de santé publique ? Je laisserai aux vrais experts, groupe dont je ne fais absolument pas partie, le soin de trancher. Dans le cas de l’étude de la Santé publique, un comité-conseil s’est trouvé divisé sur la question de savoir s’il faut pousser plus loin l’examen de la situation et faire une étude encore plus poussée, qui examinerait directement le lien causal allégué.

On pourra en débattre ici, ce sera sûrement intéressant. Mais, l’un n’empêchant pas l’autre, je vous propose une autre question : est-ce qu’on ne touche pas ici aux limites de ce que l’épidémiologie est capable de faire ? Par la force des choses, l’épidémiologie est une discipline très, très statistique. Et comme on le sait, quiconque décide de vivre par les stats choisit aussi, forcément, d’être l’esclave soumis de la taille des échantillons.

Dans le cas qui nous intéresse, les cancers impliqués sont plutôt rares, ce qui implique de travailler sur de très, très petits ensembles. Le nombre (pas les taux, hein, les nombres absolus) de tumeurs liées aux TCE survenues dans les deux secteurs étudiés en témoigne sont de 8 cancers du foie à Courcelette et 6 dans le secteur Shannon pour toute la période de 1987 à 2010, guère plus de cancers du foie et des voies biliaires (2 et 8) ni de LNH (10 et 6). Or de si petits nombres sont toujours sujets à des fluctuations aléatoires — si l’on s’attend à, disons, 6 cas d’un cancer X et qu’on en a 7, 8 ou même 9, il est impossible de dire s’il s’agit d’un effet du hasard ou si l’on «touche quelque chose».

Si je me fie à cette revue de littérature scientifique (voir la figure 2), les études épidémiologiques sur les effets cancérigènes du TCE trouvent en moyenne des risques accrus de cancer par des marges de 20 à 50 %, selon le siège — ou 30 à 60 % de plus, si l’on ne tient compte que des pires expositions. Appliquez ces facteurs à une population comme celle de Shannon et demandez-vous ensuite si la statistique est capable de différencier un tel effet d’une fluctuation aléatoire. J’ai bien peur que la réponse soit : non, nope, niet, never.

Cela ne veut pas dire que les TCE n’ont rendu personne malade à Shannon. Mais cela signifie que, malheureusement pour ceux qui se battent depuis tant d’années, il pourrait bien être purement et simplement impossible de le prouver.

Lire les commentaires (33)  |  Commenter cet article






Mardi 5 avril 2016 | Mise en ligne à 15h27 | Commenter Commentaires (18)

400 $ par rhume…

(Photo : archives Reuters/La Presse)

(Photo : archives Reuters/La Presse)

Ainsi donc, la société Valeant, qui possède le fabricant du célèbre «médicament» anti-rhume Cold-FX, s’oppose au recours collectif qui a été déposé contre elle en l’an dernier, a-t-on constaté hier devant la Cour suprême de Colombie-Britannique. Rien d’étonnant là-dedans, ni même de scandaleux — il est normal qu’un accusé puisse se défendre —, mais il vaut la peine de regarder tout cela de près, je pense. Car cela pourrait vous faire épargner une jolie somme…

Essentiellement, la poursuite allègue que la publicité entourant Cold-FX est mensongère parce qu’elle laisse faussement entendre que la pilule atténue les symptômes du rhume après que celui-ci se soit déclaré. La publicité parlerait de «soulagement immédiat au rhume et à la grippe», une prétention qui ne reposerait sur aucune étude scientifique.

Je laisserai aux juges le soin de trancher. Mais au-delà des questions de marketing frauduleux (ou non), c’est une belle occasion de vous recommander quelques lectures fort éclairantes sur ce produit et sur comment ses bienfaits ont été prouvés (ou non). Et c’est important parce qu’aux dernières nouvelles, l’entreprise vendait pour près de 120 millions $ par année de son casse-rhume…

Sur son site web, la compagnie revendique que «la sûreté et l’efficacité [de son produit] ont été démontré par plus de 10 essais cliniques menés dans 8 universités sur une période de 19 ans de recherche [...et] publiés dans 9 revues médicales à comité de révision». Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, ça commence plutôt mal : le nombre d’universités où ont été faits les essais, le nombre de revues différentes où ils sont publiés et sur combien d’années ne sont pas des indicateurs particulièrement pertinents de la qualité d’un «médicament». En fait, cette phrase sent le PR à plein nez. Mais passons.

Sur les «plus de 10 essais cliniques» — plus de ? batinse… — dont se targue Cold FX, seulement quatre portaient sur l’efficacité du produit, la balance testant (déduit-on) l’innocuité de ces pilules, qui sont grosso modo des extraits de ginseng. On trouvera un excellent (et troublant) résumé de ces résultats sur le non moins excellent site Science Based Pharmacy, du pharmacien canadien Scott Gavura — qui a manifestement convaincu ses collègues américains du site sciencebasedmedicine.com, qui classent ici le Cold FX dans la catégorie «probablement pas efficace».

Deux de ces essais ont été publiés dans un même article, en 2004, dans le Journal of the American Geriatric Society. Au total, ces deux essais cliniques combinaient 198 étudiants en médecine qui ont été assigné à deux groupes (en double aveugle), les uns prenant deux comprimés de Cold FX pendant 8 à 12 semaines, et les autres prenant un placebo. Tout ce beau monde a tenu un journal personnel quotidien notant ses symptômes de rhume, et des tests ont été fait en labo pour valider, le cas échéant, que l’on avait bien affaire à des virus associés au rhume. Résultats : pris séparément, ces deux essais ne montrent aucun effet particulier du Cold FX, ni pour les symptômes, ni pour les rhumes «validés en labo». Mais une fois combinés, leurs résultats prennent assez de force pour dire qu’il y a une baisse «statistiquement significative» des rhumes confirmés en labo chez ceux qui ont pris du Cold FX. Aucun changement lorsque l’on mesure simplement les symptômes, cependant.

Un autre de ces essais cliniques portait a été publié dans le Journal of Complementary and Alternative Medicine, une revue à la réputation douteuse. L’échantillon était minuscule (43 personnes de plus de 65 ans). Peu d’information sont données sur les caractéristiques des deux groupes (placebo et Cold FX). La revue  publie sans arrêt des «études» sur des «cures» n’ayant aucun fondement scientifique — ni même vraisemblable — comme l’homéopathie… OK, bye, prochain appel.

Le dernier de ces essais cliniques fut le plus gros et le plus «probant», toute chose étant relative. Plus de 300 participants adultes et en santé, double aveugle, etc. Ceux-ci ont pris soit 2 capsules par jour de Cold FX pendant 4 mois, soit un placebo, notant chaque jour leurs symptômes de rhume quand ils en avaient (pas de confirmation en laboratoire, ici). Et au bout de ces 16 semaines, le premier groupe n’avait attrapé que 0,68 rhume par personne, contre 0,93 pour le groupe-contrôle. Une différence de 0,25 rhume de moins par tranche de 4 mois.

Mais voilà, ce n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler une protection blindée et, calcule pertinemment M. Gavura, cela signifie que pour se sauver d’un seul rhume, il faut en prendre deux capsules par jour pendant 16 mois. Or à 0,45 $ la pilule, la facture s’élève à environ 400 $. Pour. Un. Seul. Rhume.

Moralité : peu importe que le Cold FX ait pris trop de liberté avec les lois sur la publicité. Peu importe si la compagnie a caché ou non pendant des années une études montrant que son «médicament» n’a aucun effet lorsque administré après l’apparition des premiers symptômes. Rendu là, cette question est un épiphénomène.

Le seul bottom line qui compte, il me semble, est que si le Cold FX a bien des vertus préventives — et je dis bien «si» parce que les évidences ne sont pas particulièrement fortes —, alors son effet est somme toute modeste. Mais la facture qui vient avec cette «protection», elle, ne l’est pas tant que ça…

Lire les commentaires (18)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    mai 2016
    D L Ma Me J V S
    « avr    
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031  
  • Archives