Sciences dessus dessous

Archive de la catégorie ‘Médecine’

Mercredi 20 mai 2015 | Mise en ligne à 10h52 | Commenter Commentaires (17)

Non, votre poignée de main ne dit rien sur votre santé

(Photo : archives La Presse)

(Photo : archives La Presse)

Que les timides, les introvertis et les gens plus ou moins distants se rassurent : contrairement à ce qui a été abondamment véhiculé la semaine dernière, avoir une poignée de main mollassonne n’indique absolument rien sur l’état de santé, lit-on dans cette excellente mise au point du New York Times.

L’imbroglio est parti d’une étude publiée dans The Lancet, un travail tout à fait honnête qui visait à tester un possible indicateur de santé générale et cardiaque. L’idée était que la force musculaire (ou plutôt, le manque de) est généralement associée aux problèmes cardiaques ainsi qu’à la mortalité, toutes causes confondues. Ainsi, avec un dynamomètre mesurant la force de la main, on peut donc obtenir un indicateur de santé facile, rapide et pas cher : pour chaque 5 kg de force manuelle en moins, la mortalité générale grimpe de 16 % et le risque de décéder d’un problème cardiovasculaire de 17 %. Une trouvaille potentiellement très pratique.

Mais voilà, souligne le NYT, il n’est nulle part question de «poignée de main» dans cet article. C’est la force maximale de préhension qui était mesurée, pas celle avec laquelle on serre la pince de son prochain — encore qu’il existe par ailleurs une catégorie d’haïssables qui, croyant bêtement exprimer une «personnalité franche» ou, plus sottement encore, manifester leur virilité, se rend systématiquement jusqu’à la puissance maximale à la moindre poignée de main, mais c’est anecdotique.

Bref, un beau cas où un léger glissement sémantique à fait de grosses manchettes — et de grosses déformations.

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Vendredi 8 mai 2015 | Mise en ligne à 10h54 | Commenter Commentaires (5)

Œil bleu + Ebola = œil vert

Photo : archives AFP.

Photo : archives AFP.

C’est un bien drôle de cas que celui du Dr Ian Crozier. Enfin, maintenant qu’il semble tiré d’affaire, on peut qualifier de «drôle» le fait que son œil gauche est passé du bleu au vert, puis est retourné au bleu. Mais il l’a échappé belle, lit-on dans cet article qui décrit son cas paru hier dans le New England Journal of Medicine.

Dr Crozier était en première ligne lors de l’épidémie du virus Ebola, qui a commencé il y a un peu plus d’un an. Comme beaucoup d’autres soignants qui ont travaillé là-bas, il a contracté la maladie, qui a bien failli le tuer — 12 jours sur l’aide respiratoire, c’est quand même quelque chose —, mais a tout de même fini par s’en remettre.

Ou plutôt, il a cru qu’il s’en était remis — une présomption bien compréhensible puisque des tests avaient démontré hors de tout doute que le virus n’était plus présent dans son sang. Mais dans les semaines qui ont suivi, Dr Crozier a commencé à ressentir des brûlures dans un œil, combinées à la sensation d’avoir un corps étranger dans l’œil et une sensibilité à la lumière. Les choses ont ensuite dégénéré : la pression interne de son œil gauche s’est élevée à cause d’une forte inflammation et, si ses larmes étaient exemptes d’Ebola, un échantillon de liquide interne a révélé la présence de virus dangereusement bien portants dans son œil gauche. Neuf semaines après les tests sanguins.

Fait intéressant, bien qu’un peu anecdotique, la couleur de son iris gauche a également passé du bleu au vert. D’autres virus sont connus pour changer la couleur des yeux lorsqu’ils les infectent, remarquez, mais cela reste singulier.

Quoi qu’il en soit, Dr Crozier a fini par garder son œil (qui a retrouvé sa couleur bleue, d’ailleurs) et par guérir complètement, mais son cas illustre bien le fait qu’on en sait somme toute assez peu sur les suites d’une infection au virus Ebola parce que, comme l’explique cet excellent compte-rendu du New York Times, l’éclosion de l’an dernier est la première à laisser un grand nombre de survivants. Les autres d’avant avaient été trop restreintes et/ou trop mortelles pour que les quelques rapports suggérant que des infections latentes puissent rendre les survivants aveugles ou sourds, même après des semaines de rémission normale, soient autre chose qu’anecdotiques.

Fait à noter, l’œil est en partie hors d’atteinte du système immunitaire, et c’est très bien ainsi parce que les inflammations qui viennent souvent avec les réactions immunitaires pourraient faire perdre la vue. Mais en limitant l’accès des globules blancs au globe oculaire, on permet parfois à des virus d’y survivre. D’ailleurs, le fait que les testicules sont eux aussi en partie «protégés» du système immunitaire explique pourquoi le virus Ebola peut être transmis sexuellement pendant plusieurs mois après l’infection.

Rappelons que l’épidémie n’est pas terminée, mais qu’elle est clairement sous contrôle avec seulement 18 nouveaux cas rapportés dans la dernière mise à jour de l’OMS.

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Lundi 4 mai 2015 | Mise en ligne à 10h16 | Commenter Commentaires (17)

Voir clair dans la myopie

(Photo : archives La Presse)

(Photo : archives La Presse)

Il y a 100 ans, les myopes étaient plutôt rares. Il y a 50 ans, ils formaient environ 20 % de la population. Et de nos jours, en Occident, autour de 45 % des gens ont besoin de lunettes — une proportion qui atteint même 80 % dans certains pays d’Asie de l’est.

Qu’est-ce qui se passe ? J’ai consacré un dossier à la question, paru hier dans Le Soleil. Grosso modo, il est clairement établi que la myopie a une composante génétique. Mais il est tout aussi clair qu’en 100 ans, le génome humain n’a vraiment pas eu le temps de changer à ce point. Alors il doit logiquement, forcément y avoir quelque chose dans notre environnement qui a déclenché cette «épidémie» de myopie.

Ça, cependant, c’est la partie facile de l’énigme. Car au nombre de choses qui ont changé dans nos modes de vie depuis un siècle, il n’est pas évident de mettre le doigt sur la vraie cause. Le fameux «travail de proche», que ce soit dans un livre ou devant un écran, a longtemps été soupçonné d’être à l’origine de la myopie car l’œil humain ne serait pas fait, dit-on, pour regarder longtemps de proche.

Mais voilà, les résultats d’études n’appuient que bien imparfaitement cette hypothèse — certaines trouvent un lien statistique entre la myopie et le travail de proche, mais d’autres non. En fait, les recherches les plus récentes suggèrent que c’est plutôt le temps passé à l’extérieur qui fait une différence, parce que l’œil a besoin d’être exposé à une lumière plus intense que celle de nos salons pour bien se développer.

Plus de détails ici

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