Sciences dessus dessous

Archive de la catégorie ‘Général’

Vendredi 28 juillet 2017 | Mise en ligne à 14h59 | Commenter Commentaires (10)

Le syndrome de la livre de beurre

(Photo : Ivanoh Demers, archives La Presse)

(Photo : Ivanoh Demers, archives La Presse)

La vie de l’Homme moderne obéit à un cycle implacable. Au sortir de ses vacances, quand ses capacités mentales sont à leur maximum, le cerveau humain est une merveille de l’Évolution, une formidable machine à traiter de l’information et à produire des connaissances qui n’a absolument aucun égal sur Terre. Puis, à mesure que l’année passe et que la fatigue s’installe, les prodigieuses facultés de raisonnement d’Homo sapiens modernus s’amenuisent de plus en plus jusqu’à tendre, éventuellement, vers celles d’une livre de beurre — et il arrive même que le beurre se change en margarine ou en Crisco chez les parents qui ont de jeunes enfants à la maison.

Bien entendu, votre blogueur favori n’y échappe pas. Ceux qui suivent ce blogue assidument auront d’ailleurs déjà remarqué que les billets s’y sont faits plus rares depuis quelques semaines. C’est-là le signe immanquable qu’il est temps pour moi d’aller remiser ma masse informe de margarine rancie, sans doute piquée d’un peu de gras de bacon brûlé, dans le frigo pour trois semaines, histoire qu’elle reprenne un peu de consistance avant la rentrée.

De retour dans la semaine du 21 août.

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Mercredi 5 juillet 2017 | Mise en ligne à 14h27 | Commenter Commentaires (9)

Trop pessimiste, la toxicologie ?

(Photo : archives La Presse)

(Photo : archives La Presse)

Je me suis payé la traite, récemment, je le confesse. Suivez-moi…

C’est une vérité bien connue que la recherche médicale souffre d’un «biais de publication» qui fait en sorte que les résultats dits «positifs» (telle molécule fonctionne bien) sont nettement plus faciles à publier dans des revues savantes que les résultats dits «négatifs» (tel test de telle molécule prometteuse n’a pas montré d’effet). À cause de ce biais, il arrive dans certains cas que la littérature scientifique donne un portrait trop optimiste d’un traitement, puisque les études qui devraient soulever des questions sur son efficacité véritable ne sont pas toutes publiées.

Le phénomène est bien établi — et ce n’est pas le seul dans la littérature médicale, d’ailleurs, mais c’est une autre question. Or si ce genre de biais existe en recherche biomédicale, est-ce qu’il prévaut également dans d’autres disciplines ? Il y a longtemps que je me pose la question, en particulier à propos de la toxicologie. Est-il est plus difficile, pour un toxicologue, de faire paraître une étude qui conclut qu’un composé X n’est pas toxique qu’une expérience qui trouverait à X des effets néfastes ?

En cette époque où nous avons peur de tout et de son contraire, il m’a semblé que cette question méritait un début de réponse, alors je me suis fait plaisir et je l’ai posée à six toxicologues pour ma chronique «Polémique», dans le dernier Québec Science. Dans l’ensemble, disons que si l’on faisait la moyenne de leurs réponses, on obtiendrait probablement quelque chose d’assez proche de celle de Sébastien Sauvé, chercheur en toxicologie à l’UdeM : «Les résultats négatifs sont effectivement plus difficiles et parfois impossibles à publier. Le plus souvent, on y parvient, mais dans des journaux moins prestigieux.»

Bref, le biais existerait, mais ne ferait pas une grosse différence. Cependant, il faut préciser ici que cette réponse «moyenne» est venue avec un écart-type considérable… Plus de détails dans ma chronique.

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Lundi 3 juillet 2017 | Mise en ligne à 11h27 | Commenter Commentaires (3)

Chapeau bas, Yanick !

(Photo fournie par Radio-Canada / archives La Presse)

(Photo fournie par Radio-Canada / archives La Presse)

Depuis que Yanick Villedieu, l’animateur de l’émission d’actualité scientifique de Radio-Canada Les années lumière, a annoncé sa retraite en mai dernier, les hommages affluent. Et ils sont pleinement mérités : c’est un pionnier du journalisme scientifique et un grand-journaliste-tout-court qui s’en va. Bien des reporters comme moi marchent aujourd’hui dans ses pas, si bien que je m’en voudrais de ne pas souligner sa dernière émission, qui a été diffusée hier. (Voir aussi ici pour son texte d’au revoir.)

Les hommages ayant le défaut de devenir rapidement répétitifs, surtout quand ils sont aussi nombreux que ceux que mon collègue s’est attirés après plus de 40 ans dans le métier, je me contenterai de soulever deux choses à son propos. La première est une anecdote qu’il m’a racontée lors d’un congrès de l’ACFAS, où je le croisais chaque année. Aujourd’hui, ce congrès est devenu un happening médiatique incontournable. Une petite équipe y est chargée des relations de presse, une salle est réservée aux journalistes, et presque tous les principaux médias du Québec y délèguent un ou deux reporters. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Quand Yannick a commencé à couvrir l’«ACFAS», il y a plus de 30 ans, il se butait parfois à des portes closes, m’a-t-il dit : non seulement les médias ignoraient-ils complètement l’événement, mais il lui est arrivé de se faire mettre dehors d’un colloque parce que les chercheurs voulaient débattre de leurs résultats «en privé» !

Vue de 2017, la seule idée que Yanick Villedieu, une véritable institution, se fasse montrer la porte par des chercheurs lors du congrès de l’ACFAS est littéralement comique, mais cela montre bien tout le chemin qui a été parcouru depuis — en grande partie grâce à lui. Quand je dis que des gens comme moi marchent dans ses pas, vraiment, je vous prie de le prendre au pied de la lettre.

Le second point que je veux souligner a, à ma connaissance, été un peu passé sous silence. Pendant très longtemps, les médias ont généralement considéré la vulgarisation scientifique comme une chose qui s’adresse principalement aux enfants. C’était, jusqu’à un certain point, normal : tout le monde disait qu’il fallait orienter le plus de jeunes possible vers des carrières scientifiques, alors il s’ensuivait en apparence logiquement que les sujets scientifiques devaient être couverts pour les «jeunes». Mais c’était, à mon sens, doublement faux. D’abord parce que si le «jeune» se fait continuellement dire à la maison que «Tsé, mon grand, j’ai toujours été poche en maths et en sciences et ça ne m’a pas empêcher de me trouver une bonne job, alors t’en as pas besoin, c’est pas très important», si c’est le discours que l’enfant entend chez lui, donc, toutes les entreprises de vulgarisation et d’éveil aux sciences sont vouées à l’échec, ou presque. Et ensuite parce qu’il n’y a jamais eu autant de science dans la vie quotidienne de M. et Mme Tout-le-Monde qu’à notre époque, si bien que les adultes ont certainement besoin de savoir scientifique, eux aussi, pour comprendre le monde dans lequel ils vivent.

Contrairement à beaucoup d’autres, Yanick Villedieu l’a toujours compris. Il s’est toujours adressé aux adultes dans Les années lumière, qui se décrit d’ailleurs comme «un magazine d’actualité et de culture scientifique». C’est là, il me semble, un aspect important et méritoire de sa carrière qu’il faut souligner.

Chapeau bas, Yanick !

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