Sciences dessus dessous

Archive de la catégorie ‘Général’

Lundi 22 juin 2015 | Mise en ligne à 10h05 | Commenter Commentaires (45)

La sensibilisation, à quoi bon ?

Le logo de la campagne «J'aime 5 à 10» (financée par des distributeurs de fruits et légumes).

Le logo de la campagne «J'aime 5 à 10» (financée par des distributeurs de fruits et légumes).

Les plus vieux se souviendront du slogan «Je bois mon lait comme ça me plaît !». Les plus jeunes connaissent sans doute le «Défi santé 5-30», comme dans «5 portions de fruits et légumes par jour et 30 minutes d’exercice», ou le «J’aime 5 à 10» (encore des portions quotidiennes de fruits et légumes). Et en cherchant un peu, ou pourrait certainement trouver une foule d’autres exemples de campagnes de marketing social nous enjoignant à mieux manger, car elles se sont littéralement multipliées depuis les années 70.

Mais voilà, selon une étude récente publiée dans The Lancet – Global Health qui portait sur l’alimentation dans 187 pays entre 1990 et 2010, les Canadiens ne mangent pas plus «santé» maintenant qu’il y a 20 ou 25 ans (voir les «appendices en ligne», p. 50 et 51). Se basant sur 17 indicateurs pour donner des notes sur 100 pour les habitudes saines (consommation moyenne de fruits et légumes, de noix, de gras polyinsaturés, etc.) et les «mauvais plis» (sel, boissons sucrées, gras trans, etc.), l’étude a trouvé que le Canada a reculé de 1 point pour les première, et a progressé de 2,5 points pour les seconds.

Bref, autant dire que, malgré toutes les campagnes de sensibilisation auxquelles nous sommes exposés depuis des décennies, nous faisons essentiellement du sur-place. Ce qui pose la question à laquelle j’ai tenté de répondre dans mon dossier paru ce week-end dans Le Soleil : à quoi bon toutes ces campagnes ? Doit-on en faire plus, changer nos façons de sensibiliser, ou carrément cesser d’investir de l’argent public dans des pubs qui ne changent rien ?

Essentiellement, au fil de mes recherches et entrevues, j’ai pu voir que les indicateurs très généraux comme ceux du Lancet masquent des changements qui suggèrent que la sensibilisation fonctionne, qu’elle parvient à infléchir nos habitudes. Mais il semble que pour une bonne habitude que l’on prend, on a gagne une mauvaise… Et que les campagnes de promotion de l’alimentation saine ne s’y prennent pas toujours de la bonne manière..

Plus de détails ici.

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Jeudi 28 mai 2015 | Mise en ligne à 12h05 | Commenter Commentaires (14)

Maman les gros bateaux…

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Des navires qui attendent, à la hauteur de Trois-Rivières, que des glaces qui bloquent le lac Saint-Pierre soient brisées. (Photo : Le Nouvelliste)

Il s’était dit beaucoup de choses, l’automne dernier, quand l’arrivée de navires de très grandes dimensions (dont des superpétroliers) sur le fleuve, entre Québec et Montréal, est apparue sur les radars de notre conscience collective. Une marche contre les sables bitumineux avait eu lieu à Sorel-Tracy — car deux navires font la navette entre la fin du pipeline 9 d’Enbridge, à Montréal, et la raffinerie Jean-Gaulin, à Lévis. On rappelait que le fédéral avait changé «en douce» les règles de navigation sur le fleuve, en 2013, afin de permettre ce trafic lourd, que l’on disait aussi appelé à doubler. D’aucuns parlaient même d’«embouteillage pétrolier».

Et tout cela soulevait la question (entièrement légitime, notons-le) de la sécurité du transport de marchandises sur le Saint-Laurent. Or comme c’est malheureusement souvent le cas, nous (les médias) avons trouvé le moyen de couvrir l’affaire sans jamais citer d’experts véritables en la matière. Encore

Je suis toutefois tombé sur l’un d’eux hier, au congrès de l’ACFAS : Alain Richard, chercheur à l’Institut maritime du Québec et capitaine au long cours, qui faisait justement une présentation sur la taille des navires qui circulent entre la capitale et la métropole. Alors avec un peu de données et de science, on devrait y voir un peu plus clair…

1014018-taille-moyenne-navires-fleuve-2004Essentiellement, M. Richard confirme que la taille moyenne des navires augmente constamment depuis 10 ans (voir le tableau ci-contre) et que les règles ont été changées en 2013 — pas si «en douce» que cela, remarquez, puisque le processus impliquait Transports Canada, le Port de Montréal et les deux corporations de pilotes du Saint-Laurent —, faisant notamment passer la largeur maximale admise en amont de Québec de 32 à 44 mètres.

Cependant, M. Richard signale aussi que cette augmentation de la taille des bateaux s’est accompagnée d’un resserrement des règles de navigation. Par exemple, les zones les plus à risque ont été identifiées et les gros porteurs n’ont pas le droit d’y dépasser ou de s’y croiser. Dans l’ensemble, il estime que le niveau de sécurité équivaut maintenant à peu près à ce qu’il était avant 2013.

Il entrevoit toutefois des problèmes à plus long terme. Ces nouvelles règles de navigation fonctionnent bien à l’heure actuelle parce que les très gros bâtiments ne sont pas encore nombreux sur le fleuve, mais s’ils le deviennent, alors les interdictions de dépasser et de se croiser vont vraisemblablement créer des congestions — et ça, ça va accroître les risques.

Plus de détails dans mon papier paru ce matin dans Le Soleil.

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Mardi 19 mai 2015 | Mise en ligne à 10h51 | Commenter Commentaires (11)

Sciences, médias et auto-promo…

Caricature : André-Philippe Côté, Le Soleil.

Caricature : André-Philippe Côté, Le Soleil.

Quand les journalistes sont appelés à couvrir un sujet très technique, interviewent-ils beaucoup d’experts et de scientifiques ? Au moins un peu ? Presque pas du tout ? Étant cette année le «rédacteur invité» du magazine Découvrir pour le congrès de l’ACFAS, j’ai compilé quelques statistiques à propos de la couverture que les médias québécois ont faite d’une affaire récente — le passage (éventuellement annulé) sur le fleuve de 16 générateurs de vapeur légèrement radioactifs, en 2010 — afin de mettre un peu de «data» sur mes impression personnelles.

Résultats : les journalistes prétendent tous faire de l’«information» et, de manière générale, de crois que c’est plutôt vrai, mais disons que ce n’est pas toujours le cas… Plus de détails dans mon éditorial.

P.S. Je saisis l’occasion au passage pour remercier Découvrir de son invitation. Compte tenu de l’importance de l’ACFAS dans l’histoire des sciences au Québec, de sa pertinence toujours aussi grande aujourd’hui et de la grande qualité des «rédacteurs invités» qui m’ont précédé (Pierre Barthélémy du Monde l’an dernier, Valérie Borde de L’Actualité l’année d’avant, et j’en oublie peut-être), j’en suis très, très honoré. Et les habitués de ce blogue me pardonneront, je l’espère, pour cette auto-promo !

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