Sciences dessus dessous

Archive de la catégorie ‘Espace’

Mardi 18 juin 2013 | Mise en ligne à 10h18 | Commenter Commentaires (6)

Qui joue à la pétanque sur Mars ?

Qu'est-ce qui a poussé ce rocher martien ?

Qu'est-ce qui a poussé ce rocher martien ? (Image: NASA/JPL-Caltech/University of Arizona)

Ceux qui n’y ont encore jamais jeté un œil doivent absolument aller faire un tour sur le site Beautiful Mars, qui publie avec une délicieuse régularité des photos prises par la caméra haute résolution HiRISE, à bord de l’orbiteur Mars Reconnaissance, lancé en 2005.

Vous y trouverez la preuve de deux choses :

1. Mars souffre du même défaut de conception que la Terre : les deux ont manifestement été faites pour être observées du haut des airs. Car autrement, je vous le demande, pourquoi les clichés de HiRISE (et ceux de Chris Hadfield, entre autres) seraient tous aussi systématiquement saisissants ?

2. La personne ou l’entité inconnue qui a joué à la pétanque sur la planète rouge est priée de bien vouloir aller ramasser la balle qu’elle a oubliée là-haut. D’abord parce que ça fait un peu malpropre, ce boulet et sa trace qui tranchent nettement avec le décor plutôt uni de la région Nili Fossae.

Et ensuite, plus sérieusement, parce que tout le monde se demande maintenant qu’est qui a bien pu pousser ce rocher qui doit faire quelques mètres de diamètres. L’image (du moins, en très haute résolution) montre d’autres rochers plus petits, sur la droite, qui ont eu le même genre de trajectoire et laissé des traces de roulement derrière elles. Il y aurait donc une pente à cet endroit, mais on ignore encore qu’est-ce qui aurait donné l’impulsion initiale à ces gros cailloux. Ont-ils tous dévalé la côte en même temps, à la suite, peut-être, d’un séisme ou de la chute d’un météorite non loin ? L’érosion du vent au haut de la pente les aurait-elle délogé un à un (mais alors, comment leurs traces auraient-elles pu perdurer) ?

Les paris sont ouverts…

P.S. Voici quelques preuves supplémentaires du point 1.

(Image: NASA/JPL-Caltech/University of Arizona)

(Image: NASA/JPL-Caltech/University of Arizona)

(Image: NASA/JPL-Caltech/University of Arizona)

(Image: NASA/JPL-Caltech/University of Arizona)

(Image: NASA/JPL-Caltech/University of Arizona)

(Image: NASA/JPL-Caltech/University of Arizona)

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Lundi 3 juin 2013 | Mise en ligne à 14h55 | Commenter Commentaires (32)

Ouvrir une mine sur… la Lune ?

Rêve trop fou pour devenir vrai ou sorte de prologue version très réelle au film Moon ? L’entrepreneur américano-indien Naveen Jain, qui a fait fortune dans l’industrie du Web, répond ici aux questions du New Scientist au sujet de sa nouvelle entreprise, Moon Express, dont le but est d’ouvrir des mines sur la Lune. Rien que ça.

L’histoire peut paraître loufoque, mais M. Jain travaille sérieusement avec la NASA à mettre au point une machine-test qui pourrait être envoyée sur notre satellite dès 2015, lit-on dans l’entrevue. Le calcul que fait M. Jain est grosso modo que sur Terre, certains métaux que nous exploitons, notamment l’or et le platine, proviennent principalement d’astéroïdes qui se sont écrasés sur notre planète environ 200 millions d’années après sa formation. Il y avait évidemment de l’or et du platine sur Terre avant cela, mais il a suivi le même chemin que le fer — vers le noyau terrestre, où il est maintenant inaccessible.

Or la Lune n’a pas une géologie active comme celle de la Terre, ce qui signifie que les cratères d’impact sont encore très facilement visible, et constituent autant de points d’intérêt éventuels pour une (tout aussi éventuelle) industrie luno-minière. J’ignore toutefois si cela peut déboucher sur de meilleures concentrations que les phénomènes géologiques qui, dans la croûte terrestre, concentrent (jusqu’à un certain point) les minéraux.

Y a-t-il un géologue dans la salle ?

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Vendredi 31 mai 2013 | Mise en ligne à 11h02 | Commenter Commentaires (16)

La planète Mars vient de s’éloigner un peu…

La NASA a dévoilé hier les mesures les plus réalistes jusqu’à maintenant des niveaux de radiation auxquels d’éventuels «marsonautes» seraient exposés, et les résultats ne sont pas particulièrement encourageants : avec les capsules spatiales actuelles, un aller-retour vers la planète rouge ferait courir des risques de cancer fatal inacceptables à l’équipage.

Remarquez, comme l’écrit Nature, ce n’est pas une grosse surprise, puisque divers indices nous permettaient de l’appréhender. Mais jusqu’ici, les mesures de radiation spatiale entre la Terre et Mars avaient été prises soit par des instruments qui n’étaient pas protégés par une capsule (et donc surévaluaient les doses) ou qui n’avaient pas été démarrés avant d’atteindre leur destination. On devait donc se contenter d’estimés pour cet aspect fondamental de la santé de l’équipage — et c’est pourquoi la NASA a profité de la mission Mars Science Laboratory (MSL, qui a amené le rover Curiosity, l’an dernier) pour embarquer un détecteur de radiations à bord, en prenant soin de le placer à l’intérieur d’une sorte de protections imitant celles d’une capsule spatiale.

L’exposition aux radiations est mesuré en Sievert (Sv), qui équivaut à une joule de rayonnement par kilogramme de poids corporel — mesure que l’on ajuste ensuite mathématiquement pour tenir compte du fait que les rayons ne sont pas tous également nocifs et les tissus, pas également vulnérables. La NASA considère que les séjours dans l’espace de ses astronautes ne doit accroître leur risque de développer une tumeur fatale de plus de 3 % sur toute leur carrière, ce qui place la limite à 0,8 à 1,2 Sv pour un homme de 30 à 60 ans, et entre 0,6 et 1 Sv pour une femme dans les mêmes âges.

Or, les mesures du MSL placent maintenant à 0,66 Sv les doses d’un aller-retour sur Mars, et encore faut-il ici tenir compte de trois «facteurs aggravants», disons. D’abord, cela ne tient compte que du temps de déplacement, pas du temps de séjour sur la planète. Et comme on peut penser que l’on enverra pas une équipe là-bas seulement pour prendre deux ou trois photos, boire un café et tout remballer, alors il faudra nécessairement renforcer pas mal les couches antiradiation sur la future capsule.

Ensuite, il faut savoir que ces rayonnements proviennent de deux sources : les éruptions solaires et les rayons cosmiques générés par des événements d’extrêmement hautes énergies comme des supernovas. Or, l’activité solaire traversait un creux quand la mission MSL a fait son vol vers Mars, ce qui signifie que la mesure de 0,66 Sv est un plancher.

Enfin, s’il est relativement facile de protéger un équipage contre les particules provenant du Soleil, les rayons cosmiques sont une autre paire de manches. En effet, ces particules sont beaucoup, beaucoup plus énergétiques que celles que crache le Soleil, ce qui leur donne une fâcheuse tendance à traverser la matière…

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