Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

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    Mercredi 5 juillet 2017 | Mise en ligne à 14h27 | Commenter Commentaires (9)

    Trop pessimiste, la toxicologie ?

    (Photo : archives La Presse)

    (Photo : archives La Presse)

    Je me suis payé la traite, récemment, je le confesse. Suivez-moi…

    C’est une vérité bien connue que la recherche médicale souffre d’un «biais de publication» qui fait en sorte que les résultats dits «positifs» (telle molécule fonctionne bien) sont nettement plus faciles à publier dans des revues savantes que les résultats dits «négatifs» (tel test de telle molécule prometteuse n’a pas montré d’effet). À cause de ce biais, il arrive dans certains cas que la littérature scientifique donne un portrait trop optimiste d’un traitement, puisque les études qui devraient soulever des questions sur son efficacité véritable ne sont pas toutes publiées.

    Le phénomène est bien établi — et ce n’est pas le seul dans la littérature médicale, d’ailleurs, mais c’est une autre question. Or si ce genre de biais existe en recherche biomédicale, est-ce qu’il prévaut également dans d’autres disciplines ? Il y a longtemps que je me pose la question, en particulier à propos de la toxicologie. Est-il est plus difficile, pour un toxicologue, de faire paraître une étude qui conclut qu’un composé X n’est pas toxique qu’une expérience qui trouverait à X des effets néfastes ?

    En cette époque où nous avons peur de tout et de son contraire, il m’a semblé que cette question méritait un début de réponse, alors je me suis fait plaisir et je l’ai posée à six toxicologues pour ma chronique «Polémique», dans le dernier Québec Science. Dans l’ensemble, disons que si l’on faisait la moyenne de leurs réponses, on obtiendrait probablement quelque chose d’assez proche de celle de Sébastien Sauvé, chercheur en toxicologie à l’UdeM : «Les résultats négatifs sont effectivement plus difficiles et parfois impossibles à publier. Le plus souvent, on y parvient, mais dans des journaux moins prestigieux.»

    Bref, le biais existerait, mais ne ferait pas une grosse différence. Cependant, il faut préciser ici que cette réponse «moyenne» est venue avec un écart-type considérable… Plus de détails dans ma chronique.


    • Après Paul et Paul, on a Paul et Mick !
      En cet ère de negativité, c’est bien de voir un tel positivisme ; -)

    • L’hésitation à publier une étude négative relève aussi de la prudence, qu’on pourrait résumer par cette citation attribuée au poète anglais William Cowper : «L’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence.»

      Dans le jargon statistique, on parle d’une erreur de deuxième espèce (erreur bêta, ou β), soit la probabilité de se tromper en acceptant l’hypothèse nulle alors qu’elle est fausse. Dans le cas de votre chronique, ce serait le risque de conclure qu’un composé X n’est pas toxique, alors qu’il l’est en réalité.

      La question que le chercheur doit se poser est alors : «Mon étude était-elle assez puissante pour détecter la toxicité, si celle-ci existe bel et bien ?» Cette notion de puissance de l’étude est résumée par l’équation: 1 – β.

      Bref, si une étude dite positive doit inviter à l’humilité, l’étude négative y invite encore davantage.

    • La toxicologie réinventée est un terme + réaliste mais la pénicilline ( toxine synthétisée ) trône depuis près de 90 ans dans la pharmaceutique et alors…!

      @ JFC

      Se paye la traite dans Québec Science. J’vois rien de pessimiste là-dedans ! Bravo.

    • C’est une tendance universelle.

      Prenez moi par exemple.

      J’ai beau contacter tous les services de nouvelles, aux journaux, à la radio, à la télé, pour leur dire qu’aujourd’hui, je n’ai pas eu d’accident de la route, ces entêtés ne cessent de rapporter que les accidents !

      Pas un mot sur ces milliers de gens pour qui tout va bien !

    • J’ai bien aimé l’article, mais j’ai comme l’impression que ça va davantage vers « ça dépend des intérêts ». Les revues veulent vendre, ils préfèrent les effets toxiques. Les cies qui testent leur produit veulent vendre, elles préfèrent les résultats négatifs. Le gouvernement ne veut pas se faire prendre à passer à côté du principe de précaution, il préfère les résultats positifs.

      Finalement, on essaie de tirer la couverture de son bord.

      Sur ce je m’en vais prendre un smooties et ses fibres! (cet autre article, je l’avais manqué!)

    • @ codepresss «toxine synthétisée.»????

      Ouf? La péniciline n’est pas un produit toxique synthétique c’est un moisisure naturelle produite par un champignon qui inhibe certaine croissances bactériennes . il a fallu plus de 25 ans avant qu’on puisse la produite en quantité suffisante et encore elle était difficilement utilisable car facilement détruite en millieu acide , et hautement instable il fallait l’injester .

      En ce n’est que 15 ans après sont utilisation intensive qu’on apu expliquer sa struture réelle et son mécanisme d’action .

      Mais ce n’est qu’avec la mise au point des péniciline a large spectre ( Ampiciline ) que le produit a permit d’être plus efficace et répandu.

      Mais comme le reste des chose dont il faut ignorer l’existance pour rester heureux même si les brevets ont été déposés a NY au siège social de Bristol Myers , l’ampiciline qui a sauvé des miliers de vies et a permis de ralonger la moyenne de vie d’une dizaine d’année sur la planête est due à un Chimiste Québécois le Dr Perron . ( j’ai travaillé avec lui dans les années 70 à Candiac)

      Et dans les brevets suivant ou on note en minuscule caractères l’information Brevets US 3487071 US 3487079 et 72 en porte la mention.
      Ou encore
      Derivatives of 6-Aminopenicillanic Acid. I. Partially Synthetic Penicillins Prepared from α-Aryloxyalkanoic Acids

      Y. G. Perron, W. F. Minor, C. T. Holdrege, W. J. Gottstein, J. C. Godfrey, L. B. Crast, R. B. Babel, L. C. Cheney
      J. Am. Chem. Soc., 1960, 82 (15), pp 3934–3938
      DOI: 10.1021/ja01500a036
      Publication Date: August 1960

      Ou encore Y. G. Perron et al., J. Med. Soc. 7, 483 487 ..

      Perron, Y. G. , Minor, W. F. , Holdrege, C. T. , Gottstein, W. J. , Godfrey, J. C. , Crast, L. B. , Babel, R. B. , and Cheney, L. C. , J. Amer. Chem. Soc., 82, 3934 (1960).

      Ou
      «Rearrangement of penicillins to anhydropenicillinsl »

      SAUL WOLFE, J. C.GODFREY, C.T.HOLDREGE, AND Y.G.PERRON~
      Organic Research Division, Bristol Laboratories Division of Bristol-Myers Comp.

      Bristol Laboratories of Canada, Ltd., Candiac, Quebec

      Mais cé sur que cé rien comparé au dernier ragot sur l’acouchement de nos vedettes de la Voix… ou leur semblables… et ça fait partie de toute manière des choses qui n’intéressent personne…

    • @ralbol

      “…je n’ai pas eu d’accident de la route…”

      Consolez-vous, M. Cliche au moins a laissé couler l’info…..

    • @ mononke – 16h02

      Je crois que la notion du terme synthétiser se veut d’être en lien avec une réaction ou d’inter-réation. Le procédé peut inclure la voie naturel ou par un procédé artificiel.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9nicilline

      Chain et Florey découvrirent l’action thérapeutique de la pénicilline et sa composition chimique. C’est Chain qui comprit comment isoler la pénicilline et la concentrer. Il en théorisa également la structure, ce qui fut confirmé par une cristallographie aux rayons X faite par Dorothy Hodgkin.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Boris_Chain#Biographie

      Il n’y a aucune particule d’Einstein qui sommeille en moi et il est vrai qu’une multitude de brevets n’intéreste que peu gens.

    • Comme les résultats négatif en toxicologie il faut savoir que si dans le monde universitaire la loi est «publish or perish» puisque les fonds sont alloué au nombre ( pas nécessairement a la qualité ) de publication, dans l’Univers du privé, un monde parralèle , personne n’est autorisé a publier avant que les brevets ne soient déposé et qu’on ne soit autaurisé par le département juridique , qui en général se comporte comme un service de contre espionnage étanche parfois despotique …

      Normal en ce sens que la majorité des travaux «privés» ne soient pas connus car souvent ils sont utilisé comme point de départ pour d’autre dix ou vingt ans plus tard … un brevet entrainant l’autre, et les brevets sont toujours ( ou presque ) muets sur les équipes…

      De toute manière, la culture scientifique n’est pas particulièrement valorisé à l’école et je parierais que 90 % de la population croient que Pasteur cé le gars qui a inventé la machine pour pasteuriser le lait alors que nimporte quel flo de 3 ans sait qui est Marie mai … anyway quand j’étais jeune on connaissait pas Pasteur mais on savait que May West c’était pas un gateaux…

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