Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
  • Lire la suite »

    Partage

    Jeudi 29 juin 2017 | Mise en ligne à 11h21 | Commenter Commentaires (17)

    Le chiffre du jour : 2% (ou pourquoi on ne gagne jamais au baseball en frappant juste des amortis)

    Un exemple d'amorti, au baseball. (Image : Patrice Laroche, archives Le Soleil)

    Un exemple d'amorti, au baseball. (Image : Patrice Laroche, archives Le Soleil)

    La différence qu’une petite décennie peut faire… D’après ce rapport sur la recherche fondamentale au Canada qui vient d’être publié, environ le quart (24 %) des chercheurs du pays disaient ne faire que de la recherche fondamentale en 2006. Cette année-là, cependant, le Parti conservateur prenait le pouvoir et allait le conserver pendant 10 ans, au cours desquels il a ré-aiguillé le financement de la recherche vers des volets plus appliqués et/ou industriels de la science. Résultat : en 2015, il ne restait plus que 2 % des chercheurs canadiens qui disaient se consacrer entièrement à la recherche fondamentale. Douze fois moins… (AJOUT, 30 juin : remarquez que cela ne signifie pas qu’on fasse 12 fois moins de recherche fondamentale au Canada, me fait-on remarquer avec justesse dans les commentaires, simplement qu’il y a 12 fois moins de chercheurs qui font uniquement des travaux fondamentaux, mais ça marque quand même un recul assez net.)

    La seule bonne nouvelle là-dedans, rapportait cette semaine le Ottawa Citizen, qui a été le premier média à parler de ce rapport, c’est que le changement de gouvernement semble avoir fait une «énorme différence» sur ce plan. On verra bien ce que ça donne.

    Comme je l’ai déjà dit, il n’y a rien de mal à faire de la recherche appliquée. Bien au contraire, c’est un maillon absolument essentiel de la chaîne qui amène les découvertes fondamentales jusque dans nos vies. Et il n’y avait donc rien de mal à ce que les conservateurs veuillent appuyer davantage ce type de recherche. Le problème est qu’ils l’ont fait aux dépends de la science fondamentale.

    On peut se représenter les pendants fondamentaux et appliqués de la recherche comme, respectivement, les coups de circuit et les amortis au baseball. Il arrive qu’un frappeur ne prenne pas d’élan pour cogner la balle mais se contente simplement de mettre son bâton dans la trajectoire du lancer, comme le montre la photo ci-haut. La balle ne va bien sûr pas bien loin, mais l’amorti reste une arme essentielle dans l’arsenal d’une équipe. Cela garde les défensives adverses «honnêtes» (sans la possibilité de l’amorti, les joueurs d’avant-champs se déploieraient plus loin du marbre et il serait alors plus difficile de frapper la balle «en lieu sûr»), et cela permet de faire avancer un coureur, quand on en a un sur les buts.

    La recherche appliquée, c’est comme un amorti au baseball : c’est très utile, mais cela ne permet jamais de frapper de grand coup et on n’a aucune chance de gagner un match si on ne fait que ça. C’est en recherche fondamentale qu’un programme national de recherche cogne ses circuits, c’est quand on sort complètement des sentiers battus (ce qui peut prendre du temps) que cela arrive, pas quand on essaie de mettre un produit en marché sur un horizon de 18 mois.

    Tenez : un excellent exemple de cela est le laser. En 2010, pour souligner les 50 ans de cette technologie sortie des Laboratoires Bell en 1960, j’avais interviewé le physicien canadien Willard Boyle, qui travaillait justement en physique optique dans ces célèbres labos en 1960. Sans être reconnu comme un des «pionniers» du laser, il fut tout de même le premier à mettre au point un laser à lumière continue (les premiers étaient pulsés) en 1962, alors il avait vraiment les deux pieds dedans, comme on dit. J’en ai profité pour lui demander si, à cette époque, lui et ses collègues avaient une petite idée de la révolution technologique phénoménale qu’ils étaient en train de mettre en branle, et M. Boyle m’a répondu sans hésiter : jamais de la vie.

    Au bout de quelques années, bien sûr, il leur est devenu évident que leur percée était en train de faire boule de neige, mais sur le coup, aucun d’eux ne soupçonnait quoi que ce soit. Ils savaient que le laser était une découverte scientifiquement très importante parce que cela confirmait une partie des théories d’Einstein, qui avait prévu que la lumière devait pouvoir exister sous une forme comme le laser. Ils entrevoyaient dès le départ des applications en recherche parce qu’une nouvelle forme de lumière allait forcément permettre de sonder la matière d’une façon inédite. Et, m’avait dit M. Boyle en substance, «on se disait qu’il y aurait bien quelqu’un, quelque part, qui finirait par trouver quelque chose de très pratico-pratique à faire avec ça».

    Well… Disons qu’il y a finalement eu pas mal de «quelqu’un», pas mal de «quelque part» et pas mal de «quelque chose», hein ? Mais le point est : le témoignage de M. Boyle montre que le laser était au départ un projet de recherche fondamentale. Ceux qui l’ont mis au point n’avait aucune application concrète en tête.

    Un autre bel exemple, plus récent, de cette règle est le fameux CRISPR-Cas9, une technologie de modification génétique qui est partie pour chambouler de grands pans de la médecine et du génie génétique. Essentiellement, il s’agit d’un enzyme (la partie «Cas9») qui coupe l’ADN et d’un guide (le bout «CRISPR») qui dirige l’enzyme pour qu’il coupe à un endroit très précis d’un génome. On l’a découvert à la fin des années 80, quand des chercheurs qui étudiaient l’ADN des bactéries (difficile de faire plus fondamental que ça, surtout à cette époque) ont trouvé de drôles de séquences répétitives qui comprenaient des bouts d’ADN de virus.

    Pendant longtemps, on n’a pas compris grand-chose de ce que ce «machin» devait faire, jusqu’à ce qu’un chercheur de l’Université Laval, Sylvain Moineau, finisse par mettre le doigt dessus, vers la fin des années 2000 : il s’agit d’un système de défense qu’ont développé les bactéries au cour de l’évolution afin de se défendre contre les «phages», soit des virus qui infectent des bactéries (et qui sont souvent très virulents). Lui-même un spécialiste des phages, M. Moineau a montré que le système CRISPR (les séquences génétiques répétitives) servait à reconnaître l’ADN de ces virus afin que l’enzyme Cas9 découpe leur ADN et pas celui de la bactérie.

    C’est à partir de cette découverte que des biochimistes ont, par la suite, eu l’idée d’appliquer ce système à l’édition génétique. Et cela a tellement bien fonctionné que CRISPR-Cas9 est maintenant notre outil de modification des gènes le plus précis et le plus puissant que nous ayons, et de très loin ! Maintenant, regardez ce que j’écrivais pas plus tard qu’en 2014, messieurs-dames, à la suite d’une entrevue avec M. Moineau et un de ses doctorants, sur les applications possibles de CRISPR-Cas9 :

    «Il s’agit pour l’heure, bien sûr, d’une percée en microbiologie fondamentale. Mais des applications pourraient bientôt suivre. M. Moineau a beaucoup travaillé, au cours de sa carrière, avec l’industrie fromagère, qui a besoin de bactéries pour produire son fromage et qui est souvent aux prises avec des «épidémies» de bactériophages. Éventuellement, donc, on peut imaginer que l’on pourra vacciner ces bactéries fromagères contre des phages courant — entre autres applications possibles.»

    Imaginez un peu : on parle ici d’une technologie qui pourrait, à terme (il reste pas mal de travail à faire, mais quand même), éradiquer pratiquement toutes les maladies héréditaires. Rien de moins. Mais le chercheur qui a fait les découvertes fondamentales rendant ses applications possibles parlait de fromage il y a à peine quelques années. Pour être juste, il faut dire ici que cet article traitait d’un aspect particulier (le fait que les bactéries se vaccinent) du système CRISPR-Cas9 qui a été découvert un peu après que M. Moineau eut mis au jours sa fonction générale (en 2010) et même après que l’on eut commencé à réaliser le potentiel phénoménal de la «patente» (ce qui date de 2012). Mais même en 2010, à cause de ses liens de longue date avec l’industrie fromagère, je me souviens que M. Moineau envisageait surtout des applications pour la production de fromage. C’est vertigineux, quand on y pense. Et c’est une autre belle preuve que c’est en recherche fondamentale qu’on frappe des circuits.


    • Rien d’autre à ajouter. C’est limpide et convaincant.
      Qui vote pour Mr Cliche comme ministre de la Science et de la technologie ?

    • Superbe plaidoyer en faveur de la recherche fondamentale! J’espère qu’il trouvera écho, et pas juste pour nos gouvernement et les chercheurs, mais aussi pour les universités quand elles « autorisent » un champ de recherche pour un étudiant qui commence sa maîtrise ou son doctorat!

      Si ma mémoire ne me joue pas de tour, l’exemple de la théorie de l’information de l’Université de Sacramento va dans ce sens… des étudiants « hors programme » parce que leur sujet ne cadrait pas dans le « fondamental de l’université » (heureusement l’université les a tolérée dans les locaux… même si elle ne voulait pas vraiment d’eux dans ce champ de recherche).

    • La recherche fondamentale serait comme un Adam Dunn, un joueur qui frappe pour .220 mais avec 40 circuits; la recherche appliquée serait un Ichiro Suzuki qui frappe pour .300 avec peu de circuits

    • Pourtant, c’est ce que le fameux Moneyball préconisait, que le plus important était la fréquence de présence sur les buts, pas la puissance au bâton. Heureusement pour les chercheurs que cette croyance a été sérieusement remise en question depuis.

      @adpi: Je vous trouve sévère envers la recherche fondamentale. Je prends Suzuki bien avant Dunn, mais après Bryce Harper, disons.

    • @slickster: Dunn 462 circuits en carrière, 35e plus au total de tout les temps, c’est quand même pas pire

    • L’exemple est pas tout à fait bon, les chances de gagner sont plus faibles que cela mais le rendement quand tu trouves une pépite, le bon filon là va être bien plus élevé.

      Pour l’amorti,vous parlez plus de l’amorti-sacrifice on pourrait ajouter le ballon-sacrifice pour faire avancer un coureur.

      Pour le rendement celui qui frappe le circuit de toute manière cela va être l’entrepreneur plutôt, les gens de l’industrie qui innovent , ce peut être le gouvernement aussi, quand c’est une découverte majeure toute la société en profite.

      C’est quand même les innovateurs, les premiers à mettre en pratique l’invention qui frappent un grand chelem.

      Les sportifs ressemblent plus en entrepreneurs qu’aux chercheurs.Les chercheurs dans le domaine du sport vos pouvez en avoir aussi et qui trouvent une nouvelle façon de patiner ou une pi`ce d’équipement ? Bien cela ressemble à de la recherche appliquée.

      La recherche fondamentale cela ressemble plus à un dépisteur et qui découvre un peu par hasard un talent exceptionnel. Mais s’il est dépisteur de baseball, c’est quasiment de la recherche appliquée.

      Comparez plus cela à la finance alors ou à la découverte d’artistes de joueurs.

      Ta recherche fondamentale au hockey c’est avec l’École Moderne de hockey du temps aussi. Tu travailles avec les jeunes et tu enseignes et tu tombes sur un Wayne Gretzky.

      Cela où le dépisteur et le film avec Robert Redford.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_(film)

      Ta recherche fondamentale peut être le rêve américain mais profiter à toute la société aussi. Non mais certains dans l’industrie en l’appliquant par après peuvent devenir milliardaires. Pour le grand coup vous pouvez sauver des milliers de vie, des millions à travers le monde.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Insuline

      Il vient de découvrir l’insuline.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Babe_Ruth#Jeunesse

      Le frère Matthias Boutlier obtient un résultat semblable aux réussites de la recherche fondamentale avec Babe Ruth en l’initiant au baseball. Puis oui, lui il va en frapper des nombreux circuits mais le but est d’aider des jeunes. Plus que la science.

      Vous organisez du sport en prison et un parmi un s’avère à être un Ron Leflore.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ron_LeFlore

      C’est plus qu’un coup de circuit, qu’un grand chelem, c’est une pêche miraculeuse quasiment.

      Encore ce n’est pas de la recherche mais tu as plusieurs enfants et un de tes enfants parmi ceux qui font de la musique c’est Michael Jackson ou Céline Dion. C’est pas juste un circuit, c’est l’industrie qui est chamboulée.

      Un Jackie Robinson qui traverse la barrière raciale. Cela ressemble plus à cela. Le frappeur de circuit lui n’est pas forcément patient et il sait ce qu’il veut comme le boxeur qui est aussi un cogneur et qui veut servir le K.O.

      En tous les cas… C’était juste pour donner des exemples qui me semblent plus correspondre. Le frappeur de circuit ressemble plus à un spéculateur boursier axé sur le court terme. Au preneur de risque aussi. La recherche fondamentale ce sont des risques encore plus élevés mais qui demande énormément de patience, seul le gouvernement peut faire cela mais quand il y a un résultat exceptionnel. Oh que cela rapporte. C’est du travaille pour de vrai mais cela peut être la chance enfin et c’est la manne prodigieuse qui tombe du ciel.

    • Pour la recherche fondamentale beaucoup mieux que d’essayer de vous trouver mes propres métaphores je vois un texte remarquablement bien écrit et remontant à 2009 :

      https://histoire-cnrs.revues.org/9141

      Évidemment, ils ont plus d’espace, de temps et doivent être des scientifiques ou autres.

      Oui, on voit tout de suite la grande maîtrise de M. Bimbot : http://www.eyrolles.com/Accueil/Auteur/rene-bimbot-45725

      Madame Martelly, une universitaire aussi.

    • Je ne remets pas en question une bonne partie de votre constat mais la métrique utilisée a de sérieuses lacunes.

      On mesure le % de chercheurs faisant UNIQUEMENT de la recherche fondamentale qui passe de 24% à 2%. Dans mon domaine de recherche, je remarque que les initiatives gouvernementales des dix dernières années en fait en sorte que mes collègues ont commencé à faire UN PEU de recherche appliquée.

      Je sais que je ne n’ai pas de chiffres récoltées via un échantillon probabiliste pour appuyer mes propos mais j’ose quand même vous suggérer un scénario qui est selon moi plausible: si ces 22% de professeurs (24%-2%) qui ne font plus 100% de recherche fondamentale font maintenant 20-25% de recherche appliquée, la part de recherche fondamentale a effectivement déclinée. Par contre, sous-entendre que 2% de la recherche est fondamentale ou que la proportion est 12 fois moindre est carrément erroné.

      Pour ma part, je dirais justement que 75% de ma recherche est fondamentale et 25% est appliquée….je ne fais donc pas partie de votre “2%” mais j’ose quand même prétendre faire de la recherche fondamentale. Ce n’est pas parce que j’aide 1-2 étudiants de maîtrise, financés par un organisme fédéral via ces nouveaux programmes, à appliquer nos méthodes que je ne fais plus de recherche fondamentale!

      Bon point, j’ai ajouté une précision dans mon texte. Merci !
      JFC

    • Monsieur Cliche écrit:

      “Ils savaient que le laser était une découverte scientifiquement très importante parce que cela confirmait une partie de la Relativité d’Einstein (dont une des conséquences logiques est que la lumière doit exister sous une forme comme le laser).

      La lumière peut exister sous la forme d’un faisceau laser grâce au phénomène de l’émission stimulée qu’Einstein a décrit en 1917. Ce phénomène se décrit par la théorie quantique du rayonnement à laquelle Einstein a beaucoup contribué et pour laquelle il a obtenu son prix Nobel (explication de l’effet photoélectrique). Pas besoin de la Relativité pour expliquer le phénomène du laser.

      Laser = Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation.

      https://www.aps.org/publications/apsnews/200508/history.cfm

      Ah oui, en effet… Corrigé, merci !
      JFC

    • C’est la question que je me fais systématiquement posée chaque fois qu’on me demande d’expliquer quel genre de recherche que je fais: à quoi ça sert?

      La population en générale qui n’a pas de formation scientifique semble croire que si ça n’a pas d’application pratique immédiate, c’est que c’est inutile. Or il y a deux volets à la question ci-dessus. La première est celle qu’aborde JFC dans ce billet:

      S’il fallait qu’on arrête de faire de la recherche fondamentale parce qu’on n’y voit pas d’application immédiate, on se retrouverait rapidement sans bassin dans lequel puiser pour faire de la science appliquée. S’il avait fallu que les physiciens arrêtent les recherches en physique quantique au début du 20ième siecle parce qu’à l’époque ça semblait inutile au niveau pratique, imaginez le nombre de merveilles technologiques qu’on n’aurait pas aujourd’hui.

      Ensuite, il y a l’aspect presque tout aussi important mais qui est trop souvent passé sous silence que sont les outils que les chercheurs en sciences fondamentales doivent inventer et dévelloper pour mener à bien leurs expériences ou leurs calculs et qui trouvent très souvent des applications pratiques directes. La lunette que Galilée a dévelloppée pour ses observations astronomiques a révolutionnée les outils optiques. Plus récemment, la construction du LCH a permis le dévellopement d’une quantité phénoménale d’équipement informatique, de logiciels, de systèmes de refroidissement et j’en passe. Ça aussi il faut en tenir compte.

      Mais finalement, au-delà même du côté pratique de la chose, le simple fait d’enrichir la grande bibliothèque de l’humanité de savoir supplémentaire en vaut à lui-seul la chandelle. Je crois que c’est Richard Feynman qui a dit “la science, c’est comme le sex, ça a des applications pratiques mais c’est pas pour ça qu’on en fait”.

    • H.S.

      M. Cliche, vos oreilles ont peut-être cillé mercredi le 7 juin, une de vos collègues a eu la bonne idée de parler de votre bouquin “La science, de votre sous-sol jusqu’aux étoiles”.

      J’en profite pour suggérer votre livre en guise de lecture estivale pour les jeunes et les moins jeunes.

      http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/plus-on-est-de-fous-plus-on-lit/episodes/382787/audio-fil-du-mercredi-7-juin-2017

      Merci bien !
      JFC

    • @adpi
      Je vois le parallèle avec le baseball mais j’ai beaucoup de difficulté à l’appliquer réellement; que ce soit pour une stratégie (comme celle du bunt) mais encore plus pour parallèle entre un joueur et un chercheur.

      Dunn a un BA de .237 en carrière mais son OBP et son SLG on toujours été parmi l’élite, très tôt en carrière. Autrement dit, dès ses premières années, il offrait une puissance très appréciable mais aussi très constante. Est-ce qu’il en existe des chercheurs comme ça en recherche fondamentale?

      “J’imagine” qu’il s’agit plutôt d’engager des Carlos Zambrano et des Mike Hampton et de leur demander le moins d’amortis possible et espérant qu’ils frappent un circuit en Série Mondiale (à domicile de surcroît). Et anyway, vous ne les engagez pas pour ça.

      @jfCliche
      Une équipe de baseball se bat contre un adversaire (bien que certains soirs, cet adversaire soit vous-même). La recherche fondamentale ne connait souvent que bien peu de son adversaire et rien dans les règles n’empêcherais les équipes de faire de la collusion (pour une fois que cela serait utile)! Il faudrait des GM en recherche plus inventifs mais je me doute que ce sont les moyens qui manque. Je sais, faire un ‘moneyball’ n’est pas facile, ça prend un contexte.

    • @charlpic Monsieur Cliche fait une comparaison entre les deux mais pour moi l’une ne va pas sans l’autre.

      Et la recherche fondamentale pour le sport je la compare plus aux sciences du sport et à l’éducation avec les jeunes et au sport comme formation mais ce n’est plus de la recherche et est-ce appliqué ou fondamental ? Tu fais faire du sport aux jeunes ou la musique et c’est une école de vie.Et cela peut s’ouvrir et se développer sur tout.

      Mais là je suis plus dans l’éducation et la philosophie que la recherche.

      Pour moi cela va ensemble plutôt que d’être dichotomique ou en opposition les sciences pures et appliquées, tu commence en science pure et après elle devient appliquée. La théorie et la pratique ou encore dans le sport la défensive et l’offensive, c’est interrelié. Les oppositions doivent se transformer en complémentarité sauf que cela relève de la pensée holiste ? Les médecines alternatives ont raison d’adopter cette forme de pensée, leur schème est bien mais leur rigueur n’est pas toujours au rendez-vous.

      C’est comme aussi l’analyse et la synthèse il faut les deux mais c’est une question de dosage et de talent ou d’aptitude. Et de démarche aussi. Ce sont les boucles, la cybernétique. La recherche fondamentale encore je la compare plus aux heures en classe ou à lire pour un étudiant et la recherche appliquée au stage pratique. S’il n’est pas formé comme il faut, ton travailleur ou ton professionnel ne peut pas faire du bon travail cela prend des connaissances.

      La recherche fondamentale est là pour enrichir les connaissances, celle appliquée pour leur trouver une utilisation pratique. Tu ne peux pas appliquer des connaissances qui ne sont pas présentes.

    • Curiosité si tu n’est pas notre muse 24/7, alors à quoi bon la science? Le fond de la question est bien notre rapport à notre curiosité: Sans elle aucune découverte possible, mais comme n’importe-quoi d’autre, comment prétendre à la science si on ne se pose pas de questions qui pour la plupart ne mènent nulle part? Pour mener quelquepart, il faut aller un peu partout, pour aboutir là où parfois on se trouve exactement où on voulait être. Mais sans ça, comment savoir où on voulait être? Ce qui aujourd’hui fait tant de sens, hier sembalit si niais…

    • De toute évidence: “…hier semblait si niais…”. S’embalit: Un petit air de sagesse indienne…

    • En parlant de recherche fondamentale, les budget alloués à des fondamentalistes religieux ont décuplés depuis l’arrivée de Justin Trudeau pour permettre à des organismes religieux (on sait lesquels) de faire de la recherche dans leur “domaine”, tout en finançant leurs “écoles”.

      Un autre exemple pourquoi le 2% ne va pas remonter de sitôt car les fonds alloués sont (politiquement) alloués au “bons” endroits.

    • Donc en résumé j’ai besoin seulement que de un % supplémentaire pour obtenir l’espérance gagnante.

      Mais que fait-on de la chance ou de la malchance de l’équipe adverse et de la courroie de distribution ! (brevets)

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    juin 2017
    D L Ma Me J V S
    « mai   juil »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    252627282930  
  • Archives