Sciences dessus dessous

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  • Jean-François Cliche

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    Lundi 12 juin 2017 | Mise en ligne à 10h23 | Commenter Commentaires (8)

    Des nouvelles des moules zébrées…

    (Photo : archives PC)

    (Photo : archives PC)

    Arrivées dans le fleuve au début des années 90, les moules zébrées devaient complètement chambouler ses écosystèmes. Un quart de siècle plus tard, qu’en est-il ? L’apocalypse annoncée est-elle arrivée ?

    J’en ai parlé avec un de ceux qui ont «découvert» ces bivalves dans le fleuve, le biologiste de l’Université McGill Tony Ricciardi, pour ma chronique du week-end, dans Le Soleil. Et il apparaît que les moules zébrées ont presque disparu dans bien des endroits où elles étaient rapidement devenue abondantes parce que ces envahisseuses ont été elle-mêmes envahies et remplacées par une autre espèce de moules (apparentées et introduites en même temps), la «quagga».

    Pour les écosystèmes, cependant, c’est du pareil au même : oui, ceux qui ont été touchés (ces moules-là ont besoin d’une eau riche en calcium, ce qu’elles ont dans le fleuve mais pas dans tous ses affluents) ont été complètement chamboulés. Je vous laisse lire le détail ici, mais il faut insister sur un point. Si on connait plusieurs effets directs de l’introduction de ces espèces, elles sont aussi venues avec tout un lot de synergies et d’effets indirects qui, eux, sont peu ou pas étudiés, dénonce M. Ricciardi. En voici un exemple absolument fascinant :

    «On a vu de fortes éclosions de botulisme aviaire dans les Grands Lacs au cours des 15 à 20 dernières années, qui tuent des oiseaux qui se nourrissent de poisson comme le huard, dit le biologiste de McGill. Quand on ouvre ces oiseaux, on trouve des gobies à taches noires. Et quand on ouvre les gobies, on trouve des moules zébrées. Ce sont les moules qui abritent la bactérie ou ses spores [forme latente qui permet au microbe de survivre en attendant des conditions favorables, ndlr], et c’est une bactérie anaérobique qui ne croit pas en présence d’oxygène.

    «Alors comment on obtient des endroits pauvres en oxygène, poursuit-il? Eh bien, si vous avez beaucoup de zébrées ou de quagga dans un endroit, elles vont filtrer beaucoup d’eau et la rendre plus transparente. Les plantes aquatiques vont profiter de la nouvelle lumière qui passe pour proliférer et qu’est-ce qui se passe à la fin de l’été? Les plantes meurent, vont couler au fond et commencer à pourrir, ce qui consomme de l’oxygène. Ça va créer des conditions anoxiques au fond de l’eau, les spores bactériennes vont alors sortir de leur latence en plein là où vivent les moules, qui vont attraper les bactéries en filtrant l’eau, et vous avez soudainement un effet en chaîne qui s’amorce : les gobies vont manger les moules, ce qui va les rendre malades et les faire nager d’une manière qui les rend plus vulnérables à la prédation. Les huards vont ensuite manger les gobies malades, puis mourir noyés parce que la bactérie en question secrète une neurotoxine qui les empêche de nager.»


    • La description en finale ressemble presque a un mini «effet papillon» de cascade en cascade les choses empirent …

      Bel exemple qu’on peut appliquer lorsque les gens insistent pour qu’on intervienne en milieu naturel en important un prédateur pour contrôler une espèce et qu’a la fin on réalise quelques années plus tard que parfois le remède est bien pire que la maladie…

    • Dire que tout ça a commencé il y a 300 000 ans par l’introduction sur cette planète, d’une espèce envahissante, adaptable à tous les écosystèmes, destructrice pour ceux-ci et proliférant maintenant totalement hors de contrôle..: l’Homo sapiens…

    • En lisant le titre je croyais que cet article serait une réflexion sur la qualité de l’arbitrage du match de hockey d’hier, mais non.

      Plus sérieusement: lorsqu’on considère que l’être humain fait partie intégrante de l’écosystème, un événement comme l’introduction de la moule zébrée n’est finalement qu’un autre des innombrables changements qui se sont produits au fil du temps sur la terre. Je veux dire que ça n’a rien de pas naturel.

    • @ slickster

      - «Je veux dire que ça n’a rien de pas naturel.»

      La moule zébrée a pour origine le bassin de la mer Caspienne…

      Ça, c’est en Asie occidentale.

      De façon «naturelle» elle n’aurait pas nagé d’Asie occidentale aux Grands Lacs sans l’aide de la coque des bateaux fabriqués par les humains.

      Donc, y’a RIEN de «naturel» à retrouver ce mollusque dans nos eaux, à part la tendance «naturelle» de ceux vivant dans le déni à vouloir mettre la dévastation planétaire causée par l’humain sur le dos de la «Nature», pour éviter les responsabilités…

      On a fait ça avec le réchauffement climatique en mettant ça sur le dos du soleil, de la géologie, des ères de réchauffement puis de glaciation, etc., etc…

      Tout pour ne pas admettre que l’humain en est à scrapper la planète de toutes les façons possibles.

    • @ralbol

      J’ai l’impression que vous n’avez pas saisi le sens de mon intervention précédente. Que la moule zébrée ait voyagé jusque chez nous par bateau, à dos d’oiseau, ou peu importe, c’est le résultat d’une interaction entre deux organismes vivants. Je ne porte aucun jugement de valeur, je constate, tout simplement.

      Le procès de l’être humain, pour moi c’est un tout autre sujet.

    • L’Infiniment plus petit renferme d’innombrable informations.

      Je m’imagine que ce phénomène peut être comparable avec des activités enzymatique.
      M’enfin.. si une classe de moules filtrent d’importante quantité d’eau remplie de toxines et quelle y survie, c’est s’en aucun doute un signal remarquable d’adaptation environnementale.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Moule_z%C3%A9br%C3%A9e#Description_et_alimentation

      P.s. Même une classe de prédateur ont leurs propre prédateurs aussi petits soient-ils..!

    • J’ai ouĩ-dire qu’ils ont découvert dernièrement dans la Mare Caspienne un moule amphibien !

      https://img1.etsystatic.com/020/1/7318245/il_570xN.579455695_wtsj.jpg

      ………………. ;) !!

      Tss, tss, tsss… Il s’agit manifestement d’un moule reptilien, car les amphibiens n’ont pas d’écailles…
      JFC

    • JFC

      Et aucun amphibien de ce Monde ont 5 doigts griffés aux pattes antérieur…

      Dois-je alors conclure que ce fossile n’est en fait qu’un faux-moule puisque que ce dernier est dans la distribution des invertébrés .(moule)

      Misère..! ;)

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