Sciences dessus dessous

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  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
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    Lundi 1 mai 2017 | Mise en ligne à 11h17 | Commenter Commentaires (12)

    Savoir écouter quand les lichens parlent…

    J’aimerais bien me vanter d’avoir remarqué ça, moi : les lichens ont fait un grand retour au centre-ville de Québec depuis 30 ans. Ça ferait tout un effet dans la salle de presse du congrès de l’ACFAS, la semaine prochaine, j’en suis convaincu. Mais en toute honnêteté, je ne peux même pas dire que j’avais remarqué leur disparition…

    J’aurais pourtant dû m’y intéresser davantage et j’ai appris pourquoi vendredi dernier, quand des étudiants du biologiste Claude Lavoie, de l’Université Laval, ont présenté les résultats d’une bien belle étude, qui a consisté à reproduire aussi fidèlement que possible la méthodologie d’un inventaire de lichens réalisé dans la région de Québec en 1986. La carte ci-dessous, publiée dans la revue Perspecto de l’École d’aménagement du territoire (reproduite avec permission), en résume éloquemment les résultats :

    (Image : Claude Lavoie et al./Perspecto)

    (Image : Claude Lavoie et al./Perspecto)

    Maintenant, s’il est à ce point intéressant de savoir que les lichens sont revenus au centre-ville de Québec, c’est parce qu’ils sont des bio-indicateurs de pollution atmosphérique. N’ayant pas de racine, ils tirent leur eau directement de l’humidité contenue dans l’air, ce qui les rend (pour la plupart) particulièrement sensibles à divers polluants. Pas tous également — les uns sont plus affectés par l’oxyde de soufre, par exemple, d’autres par le plomb, ou encore les NOx, etc. —, mais si l’on tient compte non seulement de l’abondance, mais aussi de la diversité des lichens, on peut généralement se faire une bonne idée du degré de pollution de l’air dans un endroit donné.

    Comme on le voit sur la carte, le centre-ville de Québec était ni plus ni moins qu’un «désert lichénique» en 1986, parce qu’on y trouve plusieurs sources majeures de pollution — une papetière, un port important et un incinérateur municipal, principalement —, mais les normes environnementales se sont beaucoup resserrées depuis et cela paraît dans leurs émissions. J’imagine que les normes sur l’essence et les rejets des voitures ont pu aider aussi.

    Cela ne signifie pas qu’il n’y a plus de pollution atmosphérique au cœur de Québec puisque, comme me l’ont fait remarquer les auteurs de l’étude, il peut y avoir de nouveaux polluants qui sont apparus qui ne sont pas toxiques pour les lichens. Mais cela demeure dans l’ensemble une très bonne nouvelle — et, en ce qui me concerne, de la bien belle science.

    Plus de détails dans mon papier paru ce matin dans Le Soleil.


    • Il dans l’évidence que les variations de température extrême au cours d’un hiver peuvent avoir un facteur acidifiant ou alcalinisant (variation du pH) sur certains territoires du Québec. Donc, si les lichens parlent, ils ne disent pas se que les flocons de neige, eau du fleuve (débit des grands lacs..USA), directions des vents, etc.. y véhiculent.

      Il peut être facile de suivre l’aléatoire d’une donnée mais sa ne confirme pas la tendance.

    • voir…Ça ne confirme pas la tendance..

    • Si, comme le veut le dicton, «pierre qui roule n’amasse pas mousse», est-ce que ça veut dire que Québec a cessé de bouger..?

      (Penser à me coucher pour éviter la volée de bois vert…)

    • Les gens qui parlent à leur plante et qui se désolent qu’elles ne répondent pas, devraient changer de plantes. Faites pousser des lichens. Ca parle ces choses-là !!

      Les caribous mangent beaucoup de lichens. Vont-ils descendre près de Québec ?

    • En corrolaire la pollution des ondes radiophonique à Québec serait- elle fonction du nombre élevé de politiciens qu’on dénombre à Québec…

      Le lichens et les bryophytes en général sont un monde facinant mais très mal connu, j’ai essayé de transplanter de la mousse de la fôret (dont la variété et étonnante) pour décorer sur un mur de roche mais c’est beaucoup difficile que ce qu’en dit la littérature sur le sujet…
      Pour ceux qui en ont assez de la monoculture de pelouse ordinaire monotone et uniforme…Des trucs?

    • L’utilisation universelle des pots catalytiques sur les voitures a réduit de façon importante la pollution provenant des voitures. Les programmes de réduction de SO2 initiés dans les années 80s ont permis également une réduction des pluies acides. Une preuve que les stratégies de réduction de la pollution ont fonctionné.

    • @samanti

      oui les pluies acides mais bizarement on remarque en 1986 un secteur isolé ( petit triangle ) passé la baie de Beauport qui correspond au site de l’ancienne cimenterie de ciment St laurent fermés en 1997 or les poussières et les retombées de poussière de calcaire n’étaient certainement pas acides dans ce secteur et on voit bien le contraste sur les deux cartes …

      Cette installation devaient carburer avec du mazout qui émet des particules du souffre et des NOx en particulier qui n’était probablement pas compatible avec le lichen… Une explication particulière serait intéressante à cet égard….

    • @Mononke
      J’aime surtout le contribution des sphaignes à l’élaboration de whiskys fumé et tourbé en Ecosse.

    • @gl000001

      Par un de ces hazard j’étais justement à Édimbourg il y a trois semaines, juste pour mémérer un peu … il n’y a pas de «whisky» en Écosse mais vous voulez certainement parler du «Scotch» … ( si non vous risquez les railleries de mes ancêtres maternels McNicoll! …)…

      Mais la bas la mousse est une incontournable , en particulier au printemps elle est pleines de jonquilles un peu partout…Dommage qu’il n’y ait pas d’option photo sur les blogues….

    • C’était pas à Québec qu’il y avait trop de nickel dans l’atmosphère ? Peut-être que le lichen aime le nickel ? C’est d’ailleurs presqu’un anagramme “licken” !
      Il aime peut-être aussi la bactérie de la maladie du légionnaire ?

      @Mononke
      Mes excuses à vos ancêtres. Vive le scotch et Beam me up, Scotty !!
      Le Drambuie est aussi très intéressant.

    • Article très intéressant. Commentaires des internautes très intéressants aussi, cela nous change des commentaires des féfans du Canadien sur le blogue de Mathias Brunet

    • Le suivi du 1 mai 2017… ( confirmation..! )

      ”L’abondance de neige et les nombreux épisodes de gel-dégel dans la grande région de Québec.”

      http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201705/03/01-5094464-le-mtq-largue-par-des-deneigeurs.php

      En conclusion, des extrêmes températures activent une multitude de varias sur la faune, flore et même que sur nos infrastructures routières. Dans cette belle saison$ on retrouve la région de Québec avec des modulations d’oligo-éléments.

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