Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
  • Lire la suite »

    Partage

    Vendredi 17 mars 2017 | Mise en ligne à 12h25 | Commenter Commentaires (19)

    Atrazine dans l’eau potable : des raisons d’avoir peur ?

    (Photo : archives La Tribune)

    (Photo : archives La Tribune)

    L’histoire a «roulé» pas mal cette semaine : d’après Équiterre et d’autres groupes environnementaux, un «pesticide dangereux», l’atrazine, a été détecté dans l’eau potable de Montréal et de Toronto à des concentrations supérieures aux normes européennes de 0,1 microgramme par litre (µg/l). Les écolos indiquent que même à de si faibles concentrations, la faune aquatique subit des effets néfastes ; mais ils laissent aussi entendre que les teneurs mesurées dans les métropoles québécoise et ontarienne pourraient avoir des effets sur le développement des fœtus humains.

    Les analyses d’eau n’ont pas été publiées dans une revue à comité de pairs, mais il n’y a en ce qui me concerne absolument aucune raison d’en douter puisqu’elles ont été faites par Sébastien Sauvé, chercheur en chimie environnementale à l’Université de Montréal.

    Et réglons tout de suite une chose : l’atrazine est un des pires pesticides qui soient, au moins sur le plan environnemental. Cela ne fait pas vraiment de doute. Il ne se dégrade pas très rapidement, il est même pas mal stable quand il est sous terre (ce qui lui permet donc de persister jusqu’à ce qu’il atteigne des puits d’eau ou des rivières) et il semble bien démontré que plusieurs espèces aquatiques y sont très sensibles. Cette revue de littérature montre plusieurs cas d’effets toxiques observés sur des poissons et des batraciens à des concentrations infimes (sous 1 µg/l) et couramment mesurées dans certains cours d’eau.

    En soi, c’est peut-être un motif suffisant pour demander une interdiction de l’atrazine, comme le fait Équiterre — cela varie selon les sensibilités de chacun, mais cela reste un argument rationnel, disons. Mais on ne peut toutefois pas en déduire grand-chose à propos de la santé humaine car les poissons et les grenouilles sont trop différents de nous. Alors, est-ce que la norme canadienne actuelle pour l’eau potable, qui est 50 fois plus élevée (5 µg/l) que l’européenne, est trop permissive ? A-t-on des motifs raisonnables de croire que la santé humaine est compromise autour de 5 µg/l ?

    J’ai voulu en avoir le cœur net, alors j’ai demandé à Équiterre de m’envoyer toutes les études qui appuient ses dires au sujet de la santé humaine. Elles sont disponibles ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et ici. Ce sont d’authentiques études scientifiques, et il y en a plusieurs pointent dans la même «direction générale», disons. A priori, cela peut sembler suffisant pour invoquer le principe de précaution. Mais quand on y regarde de plus près, cela m’apparaît pas mal moins évident, pour plusieurs raisons que je résume tout de suite. Vous me direz ce que vous en pensez :

    – La plupart de ces articles comparent des grands ensembles (un État agricole avec un État urbain, par exemple), les auteurs n’ayant pas accès à des données plus fines, qui permettraient d’isoler chaque individu. C’est souvent impossible en toxicologie, d’ailleurs. Cela n’enlève pas toute valeur à ces résultats, mais c’est loin d’être idéal car les «facteurs confondants» (il y a beaucoup d’autres choses que les concentrations d’atrazine dans l’eau qui changent d’un État à l’autre ou d’une ville à l’autre) sont alors impossibles à démêler. La seule étude dont les données descendent jusqu’au niveau individuel est celle-ci ; elle a bel et bien trouvé une association avec un faible poids et une circonférence crânienne chez les fœtus, mais l’effet semblait s’effacer en partie à la naissance et cela demeure une seule étude.

    – Les malformations trouvées par les chercheurs sont souvent incohérentes d’une étude à l’autre. Certaines ont trouvé une association avec les naissances prématurées ; d’autres n’ont rien trouvé de tel, mais suggèrent par ailleurs un lien avec les naissances de petit poids ; d’autres n’ont trouvé ni l’un ni l’autre, sauf quand les chercheurs isolaient les bébés dont le troisième trimestre de gestation coïncidait avec la saison d’épandage de l’atrazine ; d’autres ne voient l’effet que lorsque c’était la conception (très différente du 3e trimestre de grossesse, évidemment) qui était survenue pendant la période d’épandage ; certaines voient une association avec plusieurs malformations majeures, mais d’autres non. Et d’autres ne voient franchement rien de bien clair

    – Dans bien des cas, les effets mesurés sont assez faibles, même quand ils sont «statistiquement significatifs». Dans celle-ci, par exemple, les pires concentrations d’atrazine dans l’eau potable font passer les taux d’anomalies congénitales de 1,5 % à… 1,6 %. D’autres, disons-le, mesurent des différences plus grandes — des risques accrus de 50 à 60 % —, mais ce n’est pas faramineux non plus.

    – Enfin, quand on regarde les revues de littérature scientifique sur le sujet, on constate qu’elles signalent bel et bien des effets sur le système endocrinien et la reproduction des mammifères, mais à des doses plusieurs milliers de fois supérieures à ce qui a été mesuré à Montréal et à Toronto. Notons tout de même à cet égard que M. Sauvé, qui a une vue d’ensemble sur la littérature scientifique, m’a dit qu’«il y a pas mal de tests avec des mammifères comme modèle animal qui sont assez troublants pour soulever des questions».

    Rien de tout cela, bien sûr, ne prouve hors de tout doute possible que la norme actuelle de Santé Canada est suffisamment basse pour éviter tout effet nocif de l’atrazine sur la santé humaine. Mais le principe de précaution, contrairement à l’usage abusif qu’on en fait souvent de nos jours, ne prescrit pas de prouver l’absence de danger avant de permettre l’utilisation d’une substance. Il dit plutôt qu’il faut un motif raisonnable de croire qu’il y a un problème pour agir, que ce soit en interdisant l’atrazine ou en abaissant les normes actuelles pour l’eau potable ; c’est un niveau d’évidence moindre qu’une preuve formelle (qui est souvent longue et difficile à assembler), mais c’est très différent d’une preuve d’innocuité (qui, elle, est pratiquement impossible à faire).

    Et il me semble qu’une poignée d’études de qualité passable, aux résultats souvent équivoques et parfois contradictoires, ne justifie pas que l’on invoque le principe de précaution. Mais bon, je suis aussi conscient qu’il n’existe pas de «petite ligne rouge», de seuil objectivement fixé et universellement accepté à partir duquel ce principe doit entrer en jeu. Alors, à votre avis ? Est-ce que j’ai placé la barre trop haut ?


    • mais au départ: pourquoi y-a t’il de l’atrazine dans l’eau? Comment et pourquoi se retrouve-t’elle dans l’eau?

      Si on peut s’en passer, passons-nous en et basta!

      À moins qu’elle soit vendue par une compagnie qui pourrait poursuivre un gouvernement qui l’interdirait? On a déjà vu ça…

    • Je dirais que ce qu’il faut retenir de ces études, c’est:

      - quelles que soient les quantités, il importe de réaliser QU’ON RETROUVE AU MOINS CE PESTICIDE DANS L’EAU POTABLE..;

      - quels autres produits retrouve-t-on dans notre eau potable, sachant que l’activité humaine rejette aux alentours de 80 000 produits chimiques dans l’environnement et que les usines de filtration ne «testent» que pour environs 91 substances toxiques..;

      - comment en est-on venu à considérer ACCEPTABLE des quantités si minimes soit-elles de produits toxiques dans notre eau potable et aussi dans notre environnement, et jusqu’où et quelles quantités est-on prêts à justifier avant de finalement réaliser que tranquillement, microgramme par microgramme, nous sommes à nous empoisonner l’eau, la terre et l’air simplement pour engraisser de rapaces corporations et maintenir une civilisation de la bébelle pour de grands ados s’imaginant être des adultes..?

      Vrooom Vrooom Vrooom !

      Ça, se sont les vraies questions, toujours sans réponses, et dont nos dirigeants, des gens supposément éclairés, ne parlent pas, ne veulent pas parler, et pire, comme aux USA, balaient sous le tapis au nom d’une illusoire croissance économique mais d’une réelle catastrophe écologique.

    • Après vérification, c’est un pesticide alors j’imagine que l’atrazine se retrouve dans l,eau à cause de son utilisation sur les sols.

      La France et la suisse l’ont interdit depuis un moment. Je serais très favorable à faire la même chose ici.

    • L’eau de Toronto et de Montréal ne vient pas de la St Charles quand même … on peut toujours se la légiférer et se péter les bretelles on ne contrôle que nos sources d’eau .

      Le plus grand réservoir d’utilisation du pesticide se retrouve dans les 4 ou 5 états américains autour des grand lacs… ( allez voir sur la carte c’est on ne peut plus clair..)

      La demande d’équiterre qui vient de trouver un filon médiatique est surréaliste ( ils se donnent une importance et un pouvoir qu’ils n’ont pas vraiment!) au moment même ou l’agent Orange vient de couper dans les budgets de protection et de réhabilitation des grands lacs… l’Atrazine fait bien sur partie du problème mais pour ce qui est du contrôle qu’on a de la solution on devrait continuer a protester devant nos micro ondes on sait jamais Kelly Anne Conway sais peut être des choses qu’on ignore…….

      On peut légiférer et interdire l’hiver ça nous éviterais des enquêtes sur les conséquences des tempêtes …

    • Que je sache, tous les produits, sans exception (l’atrazine, le mercure, l’arsenic, mais aussi le sel de table, la vitamine A et même l’eau pure) sont toxiques si la dose est assez grande. Ça veut aussi dire qu’il existe une dose minime en-dessous de laquelle une substance n’a aucun effet néfaste mesurable.

      La question reste donc de déterminer quel est le seuil qu’on ne veut pas dépasser. Dans le cas présent, est-ce bien sage de s’approcher du 5µg/l, ou devrait-on tenter de tomber sous la barre des 0,1­µg/l? Plus bas encore? Je n’ai pas la réponse, et il ne semble pas que quiconque ait de réponse claire en ce moment non plus. J’espère simplement que quelqu’un quelque part est en train de poursuivre la recherche pour qu’on finisse par être capable de se baser sur des faits au lieu de patauger dans une grosse d’incertitude.

    • @Ralbol, Comment en est-on rendu à accepter des quantités minimes de produits toxique dans notre eau? Je dirais parce que l’eau potable, à la base, elle provient de dehors et elle traine partout, elle est donc un peu sale. Ce n’est pas de l’eau distillé, déminéralisé, stérilisé : c’est de l’eau potable. Donc l’eau potable contient naturellement des quantités minimes de produits toxiques sans avoir besoin de la contribution des usines ou de quoi que ce soit d’autre.

      Si tu veux t’en convaincre lit les étiquettes. La plupart contiennent des chlorures… c’est du chlore! Des sulfates qui sont des sels de l’acide sulfurique!! Et beaucoup d’autres éléments qui proviennent des sols, mais qui sont en trace et qu’on n’étiquette même pas!!!

    • @ m.rustik

      - «Donc l’eau potable contient naturellement des quantités minimes de produits toxiques sans avoir besoin de la contribution des usines ou de quoi que ce soit d’autre.»

      Ce qui justifie, selon vous, D’EN RAJOUTER..?

      …et de rajouter on ne sait quoi, en quelles quantités, à quels niveaux de toxicité, sous prétexte que l’eau est déjà sale naturellement..?

      Vous réalisez pleinement ce que vous écrivez..?

    • Mon Robert 2009 donne cette première définition du mot précaution : disposition prise pour éviter un mal ou en atténuer l’effet. La deuxième définition offerte est la suivante : manière d’agir prudente, circonspecte. À titre d’exemple d’utilisation de cette deuxième définition, il est écrit: le principe de précaution, selon lequel l’absence de certitudes scientifiques ne doit pas amener un décideur à différer l’adoption de mesures visant à prévenir un risque sanitaire ou environnemental potentiel.

      Ce billet offre une définition du principe de précaution sous la forme de la condition qui permettrait son utilisation : « Avoir un motif raisonnable de croire qu’il y a un problème pour agir, que ce soit en interdisant un produit ou en abaissant les normes actuelles le concernant. » Le journaliste poursuit : « C’est un niveau d’évidence moindre qu’une preuve formelle (qui est souvent longue et difficile à assembler), mais c’est très différent d’une preuve d’innocuité (qui, elle, est pratiquement impossible à faire). »

      Dans cette dernière phrase, deux choses conceptuellement différentes sont comparées, soit le type de preuve (« preuve formelle », ou irréfutable) et ce qui est prouvé (« preuve d’innocuité »), l’innocuité étant la qualité de ce qui n’est pas nuisible ou toxique. (Contraire : nocivité.) À mon avis, l’évocation du concept de « preuve d’innocuité » embrouille la discussion dont le cœur consiste à se demander si les données actuelles sur l’atrazine constituent « un motif raisonnable de croire qu’il y a un problème pour agir ».

      Par définition, l’usage du principe de précaution requiert effectivement un niveau de certitude moindre qu’une preuve irréfutable. Ce niveau est-il atteint avec les mesures existantes de toxicité sur l’Atrazine? De quoi le lecteur non-spécialiste du domaine dispose-t-il ici pour s’aider à se faire une idée?

      D’un côté, un journaliste scientifique vaillant et analytique nous rapporte ses lectures au sujet de la toxicité de l’atrazine sur les humains, lectures qu’on imagine arides, puis partage sa conclusion : « Il me semble qu’une poignée d’études de qualité passable, aux résultats souvent équivoques et parfois contradictoires, ne justifie pas que l’on invoque le principe de précaution. »

      Cette conclusion étonne compte tenu du propos lu en début de billet: « L’atrazine est un des pires pesticides qui soient, au moins sur le plan environnemental. Cela ne fait pas vraiment de doute. [...] Il semble bien démontré que plusieurs espèces aquatiques y sont très sensibles. [...] plusieurs cas d’effets toxiques [sont] observés sur des poissons et des batraciens à des concentrations infimes (sous 1 µg/l) et couramment mesurées dans certains cours d’eau. En soi, c’est peut-être un motif suffisant pour demander une interdiction de l’atrazine, comme le fait Équiterre — cela varie selon les sensibilités de chacun, mais cela reste un argument rationnel, disons. »

      De l’autre côté, le professeur Sébastien Sauvé, chercheur en chimie analytique environnementale à l’Université de Montréal ayant une vue d’ensemble sur la littérature scientifique, dit : « Il y a pas mal de tests avec des mammifères comme modèle animal qui sont assez troublants pour soulever des questions. »

      Je trouve, avec les informations fournies dans ce billet, que le principe de précaution pourrait s’appliquer, en remarquant au passage que contrairement à la définition du Robert évoquant la prévention de risque sanitaire ou environnemental pour le principe de précaution, le journaliste ne semble pas considérer ce principe pertinent « au plan environnemental », disant que cela relevait plutôt « des sensibilités de chacun », ou que cela était « une autre question ». (Le Soleil, 16 mars 2017.) La conclusion du journaliste sur la pertinence d’invoquer le principe de précaution aurait-elle été la même s’il avait tenu compte de l’impact de l’atrazine sur l’environnement?

      Comme le journaliste partage son avis à l’effet que l’atrazine dans l’eau potable n’est pas, à sa connaissance, suffisamment dangereuse pour en interdire l’usage en agriculture, j’aurais aimé en apprendre davantage au sujet des impacts sur l’économie agricole qu’a eus son interdiction en Europe depuis 13 ans.

      Le journaliste fait dire qu’il a explicitement mentionné, tant dans Le Soleil que sur le blogue, que les dommages à l’environnement pouvaient être en eux-mêmes un motif suffisant pour l’interdiction de l’atrazine…
      JFC

    • C’est la première fois que j’ose commenter sur ce blogue bien que j’en soi une lectrice assidue… Mais ayant été élevée sur une ferme de production de maïs vous comprendrez que Le sujet m’interpelle plus particulièrement.

      Ce qui attire mon attention en particulier est ceci:

      «– La plupart de ces articles comparent des grands ensembles (un État agricole avec un État urbain, par exemple), les auteurs n’ayant pas accès à des données plus fines, qui permettraient d’isoler chaque individu. C’est souvent impossible en toxicologie, d’ailleurs. (…)»

      Je m’interroge pourquoi les données plus fines ne sont pas plus accessibles en l’espèce dans la mesure où l’atrazine est employée depuis longtemps dans la production de maïs et que la très grande majorité des agriculteurs ont des puits artésiens. Sans même y penser plus de 30 secondes je pourrais nommer plusieurs indicateurs pour identifier des populations exposées plus fortement à une contamination potentielle de leurs puits artésiens en raison de la production de maïs dans leur environnement. Les voies de la science sont impénétrables pour moi il faut croire…

    • Bravo encore une fois M. Cliche pour un bel exercice de sens critique. Je partage complètement votre évaluation du « principe de précaution ». Cependant, à vous lire régulièrement, j’arrive à la conclusion que la teneur critique de vos textes varie passablement. Par exemple, vous lancez votre texte ici avec une profession de foi assez touchante envers le chercheur Sébastien Sauvé. Il est raisonnable d’assumer que ce dernier est compétent, mais est-il infaillible? Je trouve que votre « absolument aucune raison d’en douter » va un peu loin.

      Mais plus profondément que cela, ce qui m’interpelle c’est votre foi envers les revues scientifiques à comité de pairs. Vous nous la rappelez au début de l’article, et vous souscrivez à cette littérature de manière quasi religieuse quand les conclusions vont dans le même sens que l’idée que vous vous faites d’un dossier (exemple : changements climatiques). Mais quand ce n’est pas le cas, vous sortez l’artillerie lourde. Dans le présent article, vous démolissez avec éloquence plusieurs « authentiques études scientifiques ». Vous convenez donc que la publication dans de telles revues n’est pas une garantie de qualité, et qu’on y retrouve aussi des « fake news », souvent amplifiées dans la chambre d’écho médiatique.

      Votre sens critique, M. Cliche, est exemplaire et j’aimerais bien vous voir l’exercer avec un peu moins de parcimonie. En termes plus crus, faudrait vous brancher et cesser de voir l’establishment scientifique et son arme principale, la « revue à comité de pairs », avec des lunettes roses, même quand les conclusions font votre affaire.

    • D’après la société endocrinienne (et ses 13 000 membres à travers le monde), l’exposition continue à des doses infimes de plusieurs produits chimiques est associé à plusieurs maladies chroniques.
      https://www.endocrine.org/-/media/endosociety/files/publications/scientific-statements/edc-2-scientific-statement.pdf?la=en
      Bien qu’il soit impossible de démontrer ces résultats hors de tout doute, c’est justement pour cette raison que le concept de principe de précaution doit être appliqué pour l’atrazine, comme pour nombreux autres pesticides nocifs pour l’environnement et/ou la santé (néonicotinoïdes, round-up).
      La dose fait le poison est un concept qui ne s’applique pas aux molécules qui interfèrent avec le système endocriniens.
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3365860/
      Depuis la première stratégie phytosanitaire au QC (il y a 25 ans), les ventes de pesticides n’ont cessé d’augmenter, tout comme la contamination de l’eau de surface et souterraine.
      Juste à consulter le rapport du vérificateur générale au développement durable pour constater que le MAPAQ et le MDDELCC ne sont pas en plein contrôle du dossier …
      http://www.vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/fr_2016-2017-CDD/fr_Rapport2016-2017-CDD-Chap03.pdf
      Mais certains journalistes croient que ce n’est pas si grave, tout comme le plastique dans l’océan, les risques associés au glyphosate, la perte de biodiversité, …
      Les uns appellent ça anthropocène alors que d’autres appellent ça le développement économique !

    • EN tous cas, moi cet article me fait prendre conscience d’un truc simple que je n’avais pas plainement intégré. Ici, au QUébec, nous avons de l’eau pure, un peu partout, et nous en sommes bien fiers. Mais l’eau du Saint-Laurent, c’est une eau qui nous vient en bonne partie des..USA. Et ici, à Montréal, nous buvons un peu la même merde filtée que eux. Alors moi c’est décidé, je continue à fond avec mes gallons que je rapporte de chez mes parents, chaque mois, de Morin-Heights…

    • @Ralbol, réalisez-vous ce que vous écrivez?
      Pour ma part oui, ma réponse était à cette question : « comment en est-on venu à considérer ACCEPTABLE des quantités si minimes soit-elles de produits toxiques dans notre eau potable ». Alors, il peut y avoir des traces, ça ne m’empêche pas de rester calme et de continuer à boire de cette eau.

      À la deuxième question, « Ce qui justifie, selon vous, D’EN RAJOUTER..? ». À ça je vais réponse, “pas grand-chose pour le justifier”, si ce n’est pour produire et combler le besoin de consommation des individus (et là, on a des normes pour combler les besoins du consommateurs et satisfaire son côté écologique, tout est dans une tentative d’équilibre).

      En ce qui concerne ce pesticide, je suis encore plus intransigeant, je suis pour l’abandon total de ce dernier.

    • @ m.rustik

      - «…et là, on a des normes pour combler les besoins du consommateurs et satisfaire son côté écologique, tout est dans une tentative d’équilibre.»

      Y’en a pas d’«équilibre».

      On a de l’eau «naturelle» avec ses saletés «naturelles», ou on accepte un illusoire «équilibre» qui va TOUJOURS justifier l’ajout de tel ou tel produit chimique dans l’eau, dans la terre, dans l’air, au nom de l’«essentielle» bébelle dont les grands enfants humains ont «absolument» besoin.

      Les océans crèvent, les mammifères crèvent, les primates crèvent, au nom de cette fabulation d’«équilibre» qui n’existe pas et qui n’existera JAMAIS.

      Ce n’est qu’une illusion, une justification à plus de poison dans notre environnement.

    • Je pense qu’il est temps de prendre une grande respiration et de regarder le tout du côté de la science.
      - Le système endocrinien fonctionne sur la base de la quantité d’hormones, plus la quantité est grande, plus grande est la réponse du système.
      - Le signal se propage par la liaison de l’hormone à son récepteur.
      - Les perturbateurs endocriniens simulent la liaison de l’hormone à son récepteur.
      - La cellule si elle reçoit trop de signal peut limiter l’accès aux hormones à leur récepteur.
      - Ceci est réversible.
      La grande majorité des fonctions cellulaires ont ce type de fonctionnement. C’est ce qui complique beaucoup les études sur les impacts à long terme d’une petite dose chronique d’une molécule. Nous avons aussi un foie, des reins, des poumons et des intestins qui nous aident à filtrer et inhiber les molécules potentiellement toxiques.
      Alors disons que nous avons 1 ug/L d’atrazine dans l’eau potable et que l’individu moyen boit 2L de cette eau par jour. Il ingère donc 2 ug d’atrazine par jour. De ce 2 ug, peut-être que la moitié se faufilera jusque dans le sang, donc 1ug d’atrazine dans 5-8L de sang dans le corps humain. On tombe alors à une concentration d’environ 0,125-0,5ug/l d’atrazine. De cette quantité, disons que la moitié sera filtrée ou dégradée par les cellules avant de se rendre à un récepteur compatible pour avoir un effet. Si on compare cela aux concentrations moyennes d’hormones (environ 2-8 ug/l pour la testostérone chez l’homme) c’est absolument aberrant que l’on y voit une toxicité quelconque, même à long terme. Et ce raisonnement s’applique à toutes les molécules «toxiques». Voilà pourquoi on tolère des doses faibles dans l’eau potable. Il en est bien sur autrement pour les poissons et l’environnement puisque chaque espèce a sa sensibilité.

    • @ Mcrie

      - «Voilà pourquoi on tolère des doses faibles dans l’eau potable.»

      Ce qui, évidemment, ne tient AUCUN COMPTE, des interactions avérées et possibles entre ces «doses faibles» de 80 000 produits chimiques divers répandus dans l’environnement et se trouvant potentiellement dans notre eau, notre terre et notre air…

      C’est d’ailleurs pourquoi près de 100 scientifiques ont dénoncé la «manipulation de la science» par des «intérêts industriels» qui «déforment délibérément des preuves scientifiques» pour empêcher la réglementation des perturbateurs endocriniens:

      http://www.lapresse.ca/sciences/medecine/201611/29/01-5046246-perturbateurs-endocriniens-100-scientifiques-denoncent-la-manipulation-de-la-science.php

      Même si un composé chimique à faible dose ne pose pas, sur papier, de danger pour la santé humaine, son interaction avec un ou plusieurs autres composés chimiques présents dans l’eau, la terre ou l’air peut créer ou entraîner des effets néfastes:

      «…il y a des marges de protection, répond Sébastien Sauvé, professeur au département de chimie de l’Université de Montréal. Mais les marges de protection ne sont pas là pour qu’on les dépasse. Elles sont là pour compenser les incertitudes, le manque de données, les différences de sensibilité d’une personne à l’autre.» Le chimiste déplore que les effets CUMULATIF
      ne soient pas considérés dans les normes. - Il y a des cas où deux pesticides sous les normes, marginalement sous les normes, sont en synergie et l’impact est plus grand.»

      http://www.lapresse.ca/vivre/sante/201611/08/01-5039000-inquietants-pesticides.php

    • Dans un monde idéal, il n’y aurait pas de résidus toxiques dans l’eau potable mais dans le monde réel, il y a beaucoup de résidus et certains sont des fantômes du passé.

      La norme européenne est 100 nanogramme/l, la norme québécoise est de 3500 nanogramme/l. La moyenne des mesures faites dans l’eau de Montréal est de 116 nanogramme/l. On est pas très loin de la norme européenne.

      Le principe de précaution est à utiliser avec précaution. Il doit être basé sur un minimum de soupçon.

      Nos sociétés ont des ressources limitées et il faut mettre nos énergies pour régler les problèmes qui ont le plus d’impact sur nos vies et non sur ceux qui sont à la mode.

      Il est préférable pour les organismes qui veulent défendre l’Environnement de faire les choses correctement. Agir autrement alimente le cynisme général.

      On parle beaucoup de synergie mais si les effets de synergie était si grand, on les détecterait. Il y a beaucoup de petits effets qu’on est incapable de séparer, de mesurer et d’identifier correctement.

      Nos sociétés doivent donc pour réduire les risques des divers produits, les remplacer par des produits moins dangereux, changer les façons de faire, etc. Il faut procéder avec méthode et non sous le coup de l’émotion.

    • @ legada

      - «On parle beaucoup de synergie mais si les effets de synergie était si grand, on les détecterait.»

      Et on les détecte: «Il y a des cas où deux pesticides sous les normes, marginalement sous les normes, sont en synergie et l’impact est plus grand.» – Sébastien Sauvé, professeur au département de chimie de l’Université de Montréal.

      Faut attendre quoi..?

      Que les humains se mettent à tomber comnme des mouches, pour enfin avouer qu’on s’empoisonne..?

      Parce que PRÉSENTEMENT, aujourd’hui, pendant que j’écris ces lignes et que vous les lisez, 60% des primates sont en voie d’extinction, les éléphants, girafes, rhinocéros, tigres, etc., etc., etc., sont en voie d’extinction, plusieurs espèces de poissons et d’animaux marins sont disparus ou sont en voie de l’être, et chez l’humain, dans plusieurs régions de la planète, l’espérance de vie diminue, incluant aux glorieux États-Unis d’Amérique:

      https://www.washingtonpost.com/national/health-science/us-life-expectancy-declines-for-the-first-time-since-1993/2016/12/07/7dcdc7b4-bc93-11e6-91ee-1adddfe36cbe_story.html?tid=a_inl&utm_term=.1424b517eaa9

      Je le répète, «il faut procéder avec méthode et non sous le coup de l’émotion» et attendre QUOI ?

      On a un consensus planétaire sur le réchauffement climatique, les scientifiques crient depuis des années au’il faut cesser de brûler des combustibles fossiles et on «procède avec méthode et non sous le coup de l’émotion» à CONTINUER COMME AVANT.

      Voir ici le rapport de Sénat canadien qui dit:

      «Les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) pris par le Canada dans le cadre de l’accord de Paris ne sont pas réalisables sans un coup d’arrêt à la production de pétrole, une hypothèse non envisagée.»

      http://www.lapresse.ca/environnement/pollution/201703/07/01-5076350-rapport-du-senat-sur-les-ges-les-cibles-sont-irrealisables.php

      Sur la pierre tombale de l’Humanité, on pourra lire:

      «Ci-git l’Humanité. Elle a procédé avec méthode et non sous le coup de l’émotion, vers son extinction.».

      Et les primates, ils sont menacés d’extinction parce qu’ils sont «empoisonnés» ? Et la baisse de l’espérance de vie aux É-U, c’est une tendance chronique ? Parce que tsé, si c’est principalement la perte d’habitat qui menace les primates et si l’espérance de vie a augmenté 23 ans de suite avant de fléchir UNE année, est-ce qu’on n’est pas en train de faire de très, très gros efforts pour voir ce qui fait notre affaire à des endroits où il n’y a, dans les faits, absolument rien pour appuyer nos idées ?
      JFC

    • - «…est-ce qu’on n’est pas en train de faire de très, très gros efforts pour voir ce qui fait notre affaire à des endroits où il n’y a, dans les faits, absolument rien pour appuyer nos idées ?»

      Pour l’espérance de vie, c’est un FAIT, et cette diminution, il faut bien qu’une tendance COMMENCE quelque part… non ?

      Ensuite, vous voulez des FAITS sur lesquels s’appuient mes idées..?

      Fallait juste demander:

      «Plus du quart des décès des jeunes enfants dû à la pollution»

      http://www.lapresse.ca/environnement/pollution/201703/06/01-5075909-plus-du-quart-des-deces-des-jeunes-enfants-du-a-la-pollution.php

      “Air pollution leads to more drug resistant bacteria, study finds”

      https://www.theguardian.com/environment/2017/mar/03/air-pollution-research-reveals-role-of-black-carbon-in-respiratory-disease

      “Ocean study: Expect starvation, extinction and more jellyfish”

      http://newatlas.com/ocean-floor-starvation/48100/

      «Les océans pollués par des particules invisibles de plastique»

      http://www.lapresse.ca/environnement/pollution/201702/21/01-5071878-les-oceans-pollues-par-des-particules-invisibles-de-plastique.php

      «30 sacs de plastique trouvés dans l’estomac d’une baleine»

      http://www.lapresse.ca/environnement/pollution/201702/03/01-5065997-30-sacs-de-plastique-trouves-dans-lestomac-dune-baleine.php

      “The EPA Finally Admits That Fracking Contaminates Drinking Water”

      https://gizmodo.com/the-epa-finally-admitted-that-fracking-contaminates-dri-1790096689

      «Des milliers d’oies meurent après s’être posées sur des eaux toxiques»

      http://www.lapresse.ca/environnement/pollution/201612/07/01-5049212-des-milliers-doies-meurent-apres-setre-posees-sur-des-eaux-toxiques.php

      “Pesticide chemical detected in dolphins, birds and fish”

      http://www.cnn.com/2016/09/28/health/pesticides-in-dolphins/index.html

      «OMS: 92% de la population mondiale respire un air trop pollué»

      http://www.lapresse.ca/environnement/pollution/201609/27/01-5024827-92-de-la-population-mondiale-respire-un-air-trop-pollue.php

      “New report finds ‘Erin Brockovich’ chemical in US drinking water”

      http://www.cnn.com/2016/09/20/health/chromium-6-in-drinking-water/index.html

      «Banque Mondiale: La pollution atmosphérique tue une personne sur dix dans le monde»

      http://www.lapresse.ca/environnement/pollution/201609/08/01-5018247-la-pollution-atmospherique-tue-une-personne-sur-dix-dans-le-monde.php

      “More than half of south Asia’s groundwater too contaminated to use – study”

      https://www.theguardian.com/world/2016/aug/30/more-than-half-of-south-asias-groundwater-too-contaminated-to-use-study

      “6 Million Americans Exposed To High Levels of Chemicals In Drinking Water, Says Study”

      https://science.slashdot.org/story/16/08/09/2350250/6-million-americans-exposed-to-high-levels-of-chemicals-in-drinking-water-says-study

      “5,300 U.S. water systems are in violation of lead rules”

      http://www.cnn.com/2016/06/28/us/epa-lead-in-u-s-water-systems/index.html

      “Air pollution now major contributor to stroke, global study finds”

      https://www.theguardian.com/science/2016/jun/09/air-pollution-now-major-contributor-to-stroke

      “At least 33 US cities used water testing ‘cheats’ over lead concerns”

      http://www.theguardian.com/environment/2016/jun/02/lead-water-testing-cheats-chicago-boston-philadelphia

      “The Cost of China’s Economic Miracle: Shorter Lives, Due to Air Pollution”

      http://singularityhub.com/2013/07/25/the-cost-of-chinas-economic-miracle-shorter-lives-due-to-air-pollution/

      Et je pourrais continuer comme ça pendant des pages et des pages.

      «…absolument rien pour appuyer nos idées» hein..?

      Pas sûr qu’ici, ce soit moi qui soit «en train de faire de très, très gros efforts pour voir ce qui fait son affaire…»

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    mars 2017
    D L Ma Me J V S
    « fév    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives