Sciences dessus dessous

Archive du 21 novembre 2016

Lundi 21 novembre 2016 | Mise en ligne à 16h01 | Commenter Commentaires (78)

«C’est tough, du gazon»

(Photo : Patrick Sanfaçon, La Presse)

(Photo : Patrick Sanfaçon, La Presse)

L’image est franchement saisissante : alors que le sol était clairement enneigé, des employés de Montréal s’affairaient ce matin à dérouler des rouleaux de tourbe. Intuitivement, on s’imagine (et «on» inclut la personne qui parle, ici) qu’il doit forcément s’agir d’une décision de bureaucrates déconnectés, prise à la mi-juillet et sans égard au temps qu’il fera trois mois après, et qui plus est appliquée robotiquement par des cols bleus ou un sous-contractant qui s’en fout royalement. Scandale !

La twittosphère n’a pas été tendre (l’est-elle jamais ?) envers cette décision de «génie», qui relèverait d’une «rationalité» typiquement montréalaise. Mais voilà, j’ai parlé au chercheur et spécialiste du gazon de l’Université Laval Guillaume Grégoire cet après-midi, et il m’assure que cette pratique n’est ni nouvelle, ni mauvaise. «Ce n’est pas le temps idéal pour faire ça, mais ce n’est pas dommageable non plus. C’est assez tough, du gazon, alors ça va reprendre, je suis pas mal certain», dit-il.

Mes collègues de La Presse, notons-le, ont aussi bonifié leur texte au cours de la journée pour y ajouter des citations d’un agronome et d’un entrepreneur qui confirment qu’il n’y a aucun problème là-dedans.

Mais en cette année de «post-vérité», j’aimerais surtout souligner la réaction des politiciens à cette «nouvelle». Le maire Denis Coderre, qui a l’expertise de la fonction publique montréalaise à son service, s’est dit mécontent : «Je n’ai pas trouvé ça fantastique, moi non plus. L’entrepreneur a un contrat et il fait son travail et on va aller chercher des réponses et on va vous revenir avec ça. Ça fait bizarre, en effet.» L’arrondissement Ville-Marie, où se trouve le chantier, a ordonné à l’entrepreneur d’arrêter les travaux et lui a signifié qu’il ne serait pas payé pour la pose de tourbe de ce matin, rapporte également La Presse.

Bref, personne dans l’administration publique et les bureaux politiques de Montréal n’a cru bon de… comment on dit ça don’, en 2016… donner l’heure juste ? Dire les choses comme elles sont ? Expliquer que les apparences sont trompeuses ?

Est-ce que ça prend vraiment tant de courage que ça, en 2016, oser dire que les réseaux sociaux se sont emballés un peu vite et «avouer» que la vérité, cette vieille bébelle dépassée, est de son bord ?

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