Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

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    Jeudi 30 janvier 2014 | Mise en ligne à 10h19 | Commenter Un commentaire

    Cellules-souches : vers l’abondance ?

    Ça, c’est le genre de découverte qui, à terme, pourrait changer la face d’une partie importante de la médecine. Une équipe japonaise a découvert une nouvelle méthode pour amener, avec une facilité déconcertante, des cellules matures à retourner à l’état de cellules-souche pluripotentes. En caricaturant un peu, mais vraiment juste un tout petit peu, on pourrait presque dire qu’il suffit de peser dessus…

    Les cellules-souches pluripotentes sont porteuses de très grands espoirs en médecine, même si on ne sait pas encore très bien comment s’en servir. Elles sont en effet l’équivalent de ce que l’on trouve dans les tout premiers stades de l’embryon, alors que celui-ci n’est qu’un amas de cellules identiques entre elles, mais qui ont toutes la faculté de se spécialiser et de produire n’importe laquelle des cellules qui constitueront éventuellement le corps adulte. Leur maîtrise permettrait de traiter bien des maladies qui sont aujourd’hui incurables, notamment celles qui causent des dommages à des tissus qui ne se régénèrent pas ou extrêmement peu (comme le cerveau et le cœur) ou qui sont causées par des gènes défectueux.

    Nous n’en sommes toutefois pas encore là, et un des obstacles à franchir est la difficulté d’obtenir des cellules-souches pluripotentes. Une manière est simplement d’en prendre sur des embryons ou dans du sang de cordon ombilical, mais cela soulève des questions éthiques et (éventuellement, en tout cas) des problèmes de compatibilité entre les cellules-souches et les patients. On a donc mis au point d’autres façons de s’y prendre qui consistent à partir de cellules matures et à les ramener au stade pluripotent. Mais c’est toujours ardu : il faut soit remplacer carrément le contenu du noyau de la cellule mature, soit lui ajouter quelques gènes, et cela ne fonctionne que dans 1 %.

    Or dans deux papiers publiés hier dans Nature, dont la première auteure est Haruko Obokata, du Centre RIKEN de biologie développementale, à Kobe, des chercheurs japonais ont annoncé avoir obtenu de bonnes quantités de cellules souches simplement en les «traumatisant». Dans l’un des articles, les auteurs expliquent qu’ils ont déplacé des cellules adultes d’une solution très légèrement basique (pH un brin supérieur à 7) à une solution dont l’acidité équivaut grosso modo à celle d’un café au lait (pH = 5,7). Dans l’autre, ils montrent des résultats semblables en faisant passer des cellules adultes dans un tube où elles sont extrêmement à l’étroit, voire triturées.

    Ces méthodes ont pour effet de tuer une grande partie des cellules. Dans le cas de la solution acide, seules 20 % survivent ; mais près du tiers des survivantes se transforment en cellules-souches pluripotentes, ce qui donne un rendement beaucoup grand que le 1 % «traditionnel», avec en plus la possibilité de transformer beaucoup plus de cellules à la fois.

    Les auteurs des deux papiers attribuent ce phénomène au fait qu’il s’agirait d’une façon naturelle que le corps a de se guérir, mais pour l’instant le ou les mécanismes en jeu ne sont pas clairs. Il existe aussi un certain scepticisme au sein de la communauté scientifique, qui n’est pas encore convaincue que cette nouvelle façon de procéder est plus sûre, plus fiable, plus rapide et plus économique — voir entre autres les réactions dans cet article du New York Times.

    Mais disons, si l’on nous permet cet euphémisme, qu’il vaudra sans doute la peine de vérifer…


    • C’est une nouvelle très importante et ça fait longtemps que j’attendais ça.
      Contrairement aux automobiles, aux avions et aux autres machines, nous les humains on a pas de pièces de rechange.

      Quand la peau (grand brûlés), les poumons, le foie, le système digestif, les reins ou les autres organes tombent en panne parce qu’ils se font attaquer par un cancer, une infection ou une dégénerescence génétique, soit on se retrouve lourdement handicapé, soit on meurt.

      Si on avait des pièces de rechange comme les automobiles, il suffirait de remplacer l’organe malade.

      En ce moment on fait déjà grandir des micro-organes pour faire des tests de médicaments.

      Des mini-foies, des mini-reins et des mini-coeurs sont présentement créés en éprouvette comme dans l’exemple suivant :
      http://science.unctv.org/content/micro-organs

      Pour les organes plus volumineux, on fait déjà des vessies artificielles en faisant grandir des cellules-souches sur une charpente artificielle :
      http://www.nature.com/news/2006/060403/full/news060403-3.html

      Le gros obstacle pour faire des organes complets c’était de pouvoir faire plus facilement des cellules-souches et grâce à la découverte des chercheurs Japonais, l’humanité s’approche du but.

      Un seul organe ne devrait pas être transplanté : le cerveau, mais chez certains individus à l’esprit mal tourné de la comission Charbonneau, faut avouer que la tentation de leur transplanter le cerveau de force démange en titi.

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