Sciences dessus dessous

Archive, décembre 2013

Lundi 23 décembre 2013 | Mise en ligne à 20h08 | Commenter Commentaires (8)

Petite pause

Comme à chaque année, quelques jours après que le Soleil eut atteint son point le plus au nord sur l’écliptique, moment usuellement désigné sous le vocable «solstice d’hiver», arrive cette période où Homo occidentalis forme des groupes plus nombreux qu’à l’habitude afin de se gaver de lipides et de glucides — enfin, plus que d’accoutumée. Et nous y voici.

Il existe une corrélation très robuste entre l’approche de cette période et la fréquence de publication des blogues — corrélation inverse, il va sans dire, dont le coefficient de Pearson doit tourner autour de –0,950. Ceux qui se souviennent de leurs cours de stats savent donc qu’il y avait peu de chances pour que votre blogueur favori continue de publier pendant les Fêtes, et ce blogue fera dûment relâche jusqu’au début de janvier.

Joyeuses Fêtes à vous tous !

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La preuve qu'on ne peut pas juger du climat terrestre à partir de ce qu'on voit par la fenêtre : pendant qu'on se les gelait dans l'est de l'Amérique du Nord, la planète battait des records de chaleur. (Image : NOAA)

La preuve qu'on ne peut pas juger du climat terrestre à partir de ce qu'on voit par la fenêtre : pendant qu'on se les gelait dans l'est de l'Amérique du Nord, la planète battait des records de chaleur. (Image : NOAA)

Dans toute discussion du temps des Fêtes sur le réchauffement climatique, deux confusions classiques reviennent sans cesse. Celle qui mélange climat et météo, d’abord, est absolument incontournable. Puis celle, plus rare et plus subtile, qui confond le réchauffement global (l’élévation de la température moyenne sur Terre) et la répartition de la chaleur sur la planète (qui peut être un brin capricieuse), vient parfois ajouter un peu de diversité à l’argumentaire climatonégationniste.

Eh bien le mois de novembre 2013 fut un extraordinaire exemple de ces deux confusions à la fois, et préparez-vous mentalement à les entendre au réveillon, parce que le Québec fait ici office de dindon de la farce. Il n’y est rien paru dans la Belle Province, mais alors là, rien du tout, mais le mois dernier fut le novembre le plus chaud jamais vu sur Terre, d’après des données rendues publiques cette semaine par la National Oceanic and Atmospheric Administration.

Ouaip, z’avez bien lu : pendant que vous déneigiez votre auto avant d’y entrer par le coffre parce que les portes étaient gelées, pour finalement vous rendre compte qu’elle refusait de démarrer, la température globale a grimpé à 0,78 °C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, qui est de 12,9°C pour novembre, ce qui constitue un record.

Comme le montre la carte ci-haut, le Québec avait alors le grand défaut de faire partie de l’est de l’Amérique du Nord, endroit où la météo allait à contre-sens — preuve qu’on ne peut pas se fier au temps qu’il fait en un seul endroit pour juger des tendances globales. Remarquez, c’est surtout la fin du mois qui a été froide, le début ayant même été très clément (du moins à Québec), mais il reste qu’au lieu de se demander si on aurait un Noël blanc, on a commencé à pelleter en novembre, qu’on a fini ce mois-là sous les –20 °C et que la procession des vagues de froid et des tempêtes n’a pas lâché depuis.

Bref, consolez-vous (ou déprimez-vous, c’est selon) : le début d’hiver à la fois hâtif et agressif que nous vivons ne prouve pas que le réchauffement climatique n’existe pas, ni qu’il s’est arrêté. Simplement, cela fera bientôt deux mois que nous sommes au mauvais endroit, au mauvais moment.

P.S. Je sais, je sais : le record de novembre ne prouve pas non plus que le réchauffement reprend de plus belle, un mois étant un échantillon très insuffisant pour tirer ce genre de conclusion. C’est tout-à-fait vrai. Sur cette question, je vous réfère plutôt à ceci et à ceci.

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Mercredi 18 décembre 2013 | Mise en ligne à 10h55 | Commenter Commentaires (12)

Des antioxydants pour réduire les commotions cérébrales ?

Dans la série «on n’arrête pas le progrès», celle-là est franchement magnifique : une équipe de chercheurs américains en neurologie est parvenue pour la toute première fois à observer directement et en temps réel ce qui se passe dans le cerveau lors d’une commotion cérébrale — un sujet de conversation à la mode à ce temps-ci de l’année, quand les saisons de la NFL et de la LNH se chevauchent. Et ce qu’ils ont trouvé donne à la fois des raisons de s’inquiéter et d’espérer…

L’étude elle-même est parue dans Nature il y a déjà 10 jours, mais était passée largement inaperçue jusqu’à ce qu’une blogueuse du New York Times la «déterre» ce matin. On savait déjà que les commotions surviennent quand, à la suite d’un choc violent, le cerveau se cogne sur la paroi crânienne sensée le protéger. Mais ce qui se passe ensuite et les mécanismes qui causent des dommages souvent irréparables demeuraient nébuleux, parce qu’il est (de plus en plus «était») extrêmement difficile de mesurer le cerveau en pleine action. Des études l’avaient fait en retirant une partie de la boîte crânienne de souris, mais l’ennui était alors que le simple fait d’enlever l’os endommageait le cerveau, ce qui rendait les dégâts observés difficiles à attribuer aux commotions ou à l’expérience elle-même.

Pour contourner cet obstacle, des chercheurs du National Institute of Neurological Disorders and Stroke ont donc minutieusement «pelé» la boîte crânienne de souris jusqu’à n’en laisser qu’une couche tellement mince que leurs instruments pouvaient «voir» à travers. Ils ont ainsi ouvert une fenêtre sur le cerveau vivant sans le blesser, puis on légèrement pressé le crâne de leurs souris afin de simuler le choc d’une commotion.

Cela leur a permis de voir que la commotion ne fait pas que «brusquer» le cerveau lui-même. À l’endroit où celui-ci tape sur le crâne, en effet, le choc se trouve aussi à froisser les membranes étanches qui enveloppent le cerveau, les rendant ainsi plus perméables. L’équipe menée par le neurologue Dorian B. McGovern a ensuite constaté que différentes molécules en profitaient alors pour passer à travers et atteindre la matière grise ; et que parmi ces molécules se trouvaient d’inquiétantes quantités de «radicaux libres», ces sous-produits de l’oxygène qui peuvent endommager des cellules.

Les souris ont bien monté une réponse immunitaire pour limiter les dégâts, mais la défense ne fut pas assez rapide pour empêcher les oxydants de se répandre et d’endommager différentes parties du cerveau.

Bien sûr, cela donne toujours un peu froid dans le dos de lever le voile sur un mécanisme qui cause des dommages permanents, mais cette découverte soulève tout de même une question qui, elle, rend un fond d’optimisme à toute cette histoire : si c’est bien l’entrée de radicaux libre dans le cerveau qui cause les dégâts, ou du moins une part significative d’entre eux, est-ce qu’on ne pourrait pas amoindrir les effets des commotions en donnant rapidement des antioxydants aux blessés ?

Histoire à suivre…

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