Sciences dessus dessous

Archive, septembre 2013

Lundi 30 septembre 2013 | Mise en ligne à 15h28 | Commenter Un commentaire

Votre meilleure chance de «voir» un trou noir…

Whoa… Une équipe chinoise a fabriqué une sorte de «faux trou noir» en plastique — avouez que ça ne s’invente pas : un trou noir en plastique — afin d’étudier une région que l’on doit en principe trouver dans les vrais trous noirs nommée sphère de photons. Profitez-en, vous ne verrez jamais aussi bien un trou noir… Enfin, on ne vous le souhaite pas…

La lumière, c’est bien connu, n’a pas de masse et n’est par conséquent pas affectée par la gravité. Cependant, la gravité a pour effet de courber l’espace-temps, ce qui courbe en même temps la trajectoire de la lumière. Pas besoin d’être un trou noir pour le faire, remarquez : toute masse suffisamment grande peut tordre la lumière qui passe à proximité suffisamment pour que l’effet soit aisément visible. D’ailleurs, lors des éclipses solaires, les étoiles qui peuvent être vues à proximité du Soleil ne se trouvent pas vraiment à l’endroit où on les aperçoît, parce que l’astre diurne est si massif qu’il courbe fortement l’espace-temps, et donc la trajectoire de la lumière qui passe à proximité.

Dans le cas des trous noirs, la distortion est telle que la lumière qui passe trop proche ne peut tout simplement pas s’échapper — d’où l’apparence noire desdits trous. Mais de la même façon que les orbites stables sont un équilibre entre la vitesse d’un satellite et l’attraction exercée sur lui, on peut aussi imaginer un point dans un trou noir où la courbure de l’espace-temps est juste assez forte pour empêcher la lumière de s’échapper, mais pas assez pour la diriger vers le centre du trou noir. À ce rayon précis, donc, la lumière tourne littéralement en rond — d’où l’idée de la sphère de photons.

Et c’est en plein que ce l’équipe du physicien Hui Liu, de l’Université de Nankin, a réussi à imiter. Quand la lumière passe d’un milieu à un autre dont la densité est différente, elle est toujours déviée. Que l’on songe, pour l’illustrer, au fait que les objets dans l’eau ne sont jamais à l’endroit où on croit les voir. M. Liu a ainsi fabriqué un cercle de plastique (autour d’un grain de polystyrène) dans lequel la densité est à son maximum à l’intérieur, et diminue graduellement en s’éloignant du centre. Résultat :à une certaine distance, la lumière d’un laser entre effectivement en orbite !

Plus de détails dans les comptes-rendus de phys.org et du New Scientist.

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Vendredi 27 septembre 2013 | Mise en ligne à 10h10 | Commenter Commentaires (29)

Climat : habemus rapportam…

Alors voilà, c’est fait : les conclusions des bases scientifiques du 5e rapport du GIEC, sous la forme du «résumé pour les décideurs», sont sorties. On peut télécharger le rapport ici. Mon collègue Charles Côté, de La Presse, a dû se lever de bonne heure ce matin puisqu’il a déjà un bon résumé ici.

Notons, parmi les nouveautés, que les prévisions pour l’élévation du niveau des mers ont été haussées : le rapport du GIEC de 2007 plaçait cette hausse entre 19 et 58 cm d’ici 2100, alors que le document sorti ce matin remonte cette fourchette à 26-82 cm.

Bonne lecture…

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Mercredi 25 septembre 2013 | Mise en ligne à 10h22 | Commenter Commentaires (62)

Climat : les nouvelles du front ne sont pas bonnes…

Le New Scientist a mis la main sur une ébauche du «résumé à l’intention des décideurs» sur lequel travaillent cette semaine les scientifiques qui ont rédigé le 5e rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Et les «nouvelles du front» ne sont pas bonnes…

D’après le document, une des conclusions à laquelle en arrivent les climatologues est que «l’on prévoit que le réchauffement induit par l’accumulation de CO2 demeurera constant pour plusieurs siècles même après une cessation complète des émissions. Une grande part des changements climatiques est donc irréversible à une échelle de temps humaine, sauf si le bilan anthropogénique de CO2 était fortement négatif pour une période prolongée».

En clair, résume le New Scientist, puisque nos émissions n’ont même pas commencé à diminuer, cela signifie qu’il faudra vraisemblablement recourir à la «géoingénierie» pour éviter le pire. L’ennui, c’est que cela implique de capter et de «disposer» de centaines de milliards de tonnes et d’utiliser à très grande échelle des technologies chères (souvent autour de 90 $ la tonne de CO2 captée, selon le livre tout récent du biologiste Claude Villeneuve Est-il trop tard ?) qui peuvent elles aussi, potentiellement, avoir de gros impacts sur l’environnement.

Le chaulage de l’océan, par exemple, consisterait essentiellement à faire réagir d’immenses quantités de chaux avec de l’eau de mer ; une fois dissoute, la chaux désacidifierait l’eau et réagirait avec le CO2 en solution pour former des précipités qui iraient se déposer au fond de l’eau. Cela permettrait aux océans, qui sont les plus grands puits de carbones sur Terre, d’absorber encore plus de gaz carbonique, mais on ignore quels effets pourrait avoir l’application de cette technologie à très grande échelle.

Il existe plusieurs autres manières différentes de faire de la géoingénierie, mais elles sont soit hors de prix, ou alors leur efficacité est mal démontrée, ou encore leurs impacts environnementaux restent inconnus — ou un mélange de ces trois problèmes.

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