Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
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    Vendredi 30 août 2013 | Mise en ligne à 10h00 | Commenter Commentaires (35)

    Commission sur l’énergie : 96 pages sans «H»…

    La Commission sur les enjeux énergétiques tiendra ses premières audiences la semaine prochaine. Cela s’annonce absolument passionnant, d’ailleurs, tant parce que le sujet lui-même est à la fois fascinant et crucial que parce que ses deux coprésidents sont des gens brillants et sérieux. Mais en préparant un dossier là-dessus qui paraîtra ce week-end, j’ai remarqué un petit détail, ou plutôt une absence dans le document de consultation : malgré une belle qualité d’ensemble, le texte de 96 pages ne contient pas la moindre mention du mot hydrogène. Nulle part. Zéro absolu.

    Pour une commission qui est partie pour ratisser assez large, merci, voilà qui est un brin étonnant, au moins a priori, pour plusieurs raisons. D’abord parce que l’exercice visera à discuter des moyens d’atteindre divers objectifs pré-établis, dont celui très ambitieux de réduire de 25 % d’ici 2020  nos émissions de gaz à effet de serre par rapport à ce qu’elles étaient en 1990 — ce qui s’enligne pour être extrêmement difficile même en exploitant toutes les technologies vertes disponibles, alors imaginez si on choisit d’en laisser de côté. Ensuite parce que nous avons un Institut de recherche sur l’hydrogène (IRH) à l’UQTR et que le document insiste justement beaucoup sur le savoir-faire québécois afin de transformer ce projet en opportunité de développement économique. Et enfin parce qu’une part particulièrement grande de nos émissions proviennent des transport et que dans ce secteur, certains acteurs très importants comme Toyota ne croient pas trop aux voitures à batterie, voyant un meilleur avenir pour la pile à hydrogène — notamment parce qu’elle donne une meilleure autonomie, fait «le plein» plus rapidement et permet de déplacer autre chose que des sous-compactes.

    La ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet, de qui relève ce dossier, m’a dit à ce sujet plus tôt cette semaine qu’elle voit des applications pour les piles à combustible, mais que dans le contexte québécois, les batteries rechargeables sont une meilleure option. «Ça prend de l’énergie pour faire de l’hydrogène et au Québec, on produit déjà beaucoup d’énergie sous forme d’électricité, alors on a avantage à utiliser directement l’électricité», m’a-t-elle dit.

    Elle a un point, ici, remarquez. Quand on convertit de l’eau en hydrogène, on perd environ 25 % de notre énergie de départ. On garderait ainsi plus d’énergie si l’on évitait cette conversion grâce aux batteries. C’est par ailleurs en partie pour cette même raison, en plus des problèmes de stockage et de production, que le coprésident de la Commission Normand Mousseau, physicien à l’UdeM, se montrait très sceptique à l’égard de l’hydrogène dans son livre Au bout du pétrole. Même Richard Chahine, directeur de l’IRH, concède ce point…

    Mais il signale aussi que l’hydrogène pourrait servir à d’autres choses, comme de stocker l’électricité produite en trop par les éoliennes en période de pointe — un problème épineux des sources d’énergie intermittentes dont nous parlions ici récemment. Et puis, ajoute M. Chahine, «c’est dommage parce que oui, la voiture électrique a une niche, mais l’hydrogène n’empiètera pas sur cette niche-là. La voiture à hydrogène aura une autre niche et, au final, cela va étendre l’électrification des transports».

    En outre, enchaîne-t-il, «le marché des batteries pour voiture est complètement dominé par la Chine. Même les Américains ont tenté d’y entrer à coup de milliards $, mais ça n’a pas fonctionné. Alors on peut cesser d’envoyer des milliards $ à l’étranger en achetant moins de pétrole, mais si c’est pour en envoyer autant en Chine en achetant des véhicules à batterie, on ne sera pas plus avancé».

    Alors qu’en pensez-vous ? Manque-t-il un «H» dans le document de consultation de la Commission, ou est-ce que l’hydrogène a trop de défauts pour servir de «monnaie énergétique» universelle ?


    • Je ne dis pas qu’il faut nécessairement exclure l’hydrogène des discussions, mais je ne vois vraiment pas davantages à promouvoir cette technologie à court terme.
      En ce qui concerne le stockage, le parc de véhicule électrique sera probablement la meilleure façon de stocker l’énergie verte produite en période hors pointe.
      Par exemple, on pourrait dès maintenant déployer un parc d’autos électrique aux îles de la Madeleine qui seraient rechargées la nuit par des éoliennes. Il y a même la technologie V2G qui permettra bientôt de restituer l’énergie des batteries dans le réseau.
      Donc pour le Québec, c’est clair que les hybrides rechargeables et 100% électrique sont clairement la voie de l’avenir. Il faut également regarder du côté de l’échange de batterie. L’entreprise Tesla va commencer à déployer des centre d’échange en Californie d’ici la fin de l’année.

    • La combustion de l’H2 produit du H20. Or le H20 sous forme gazeuse est un puissant gaz à effet de serre. La combustion de l’H2 produit donc des gaz à effet de serre dont il serait important de calculer l’impact pour fin d’accomplir son “home work” correctement.

      Contrairement au CO2, la vapeur d’eau ne s’accumule pas dans l’atmosphère, retombant en pluie ou en rosée. Et sans «build up», elle ne peut pas vraiment contribuer au réchauffement.
      JFC

    • @JFC, il doit tout de même y en avoir une proportion qui s’accumule dans l’atmosphère. Il y a très peu de pays (lire: aucun) qui vivent dans un climat de 100 % d’humidité en permanence. Plus un climat est sec, plus le H20 produit s’accumule dans l’atmosphère.

    • Le problème fondamental avec l’hydrogène, c’est qu’il n’est pas transportable, car la densité d’énergie volumique est très faible. Au final, avec les piles électriques modernes, on arrive pratiquement au même résultat. La preuve est que l’on peut acheter des voitures électriques alors que les voitures à hydrogène sont encore expérimentales.

    • @honorable Vous êtes complétement dans le champs. On ne peut pas augmenter la quantité d’eau dans l’atmosphère à moins de compétitionner avec la pompe thermodynamique nommée soleil. Ainsi, il y a une augmentation conséquente de l’augmentation de la température moyenne terrestre.

      Cependant, malgré vos dérives thermodynamique, votre commentaire a un fond de vérité. Un accident cela arrive ;) Il y a effectivement des craintes que la production massive d’hydrogène fasse augmenter la concentration de vapeur d’eau dans la haute atmosphère, car les molécules d’eau ne diffusent pas efficacement à ces altitudes.

    • Vous avez tout à fait raison quand vous dites que l’hydrogène offre une solution au stockage des surplus éoliens. Cette avenue est particulièrement indiquée pour les projets qui visent l’approvisionnement de projets de développement isolés et coupés du réseau d’Hydro-Québec, comme les mines au Nouveau Québec par exemple.

      Dans un contexte minier souterrain en région éloignée, les véhicules à hydrogène ont aussi une pertinence qu’ils n’ont pas dans le sud: en faisant le carburant sur place, on sauve des frais, on limite le transport d’hydrocarbures (et le risque de déversement qui l’accompagne) et on réduit la charge que doivent supporter les systèmes de ventilation couteux.

      De plus, dans ce contexte, les objections soulevées par certains sur la faible transportabilité de l’hydrogène n’ont pas d’objet. Il s’agit vraiment à mon sens d’une approche complémentaire à la filière éolienne et qui devrait être étudiée dans cette optique par la commission.

    • @Dutil, pourriez-vous expliciter? Si on crée de la vapeur d’eau, peu importe le moyen (en chauffant l’eau, en brulant du H2, etc.), cela augmente la quantité d’eau dans l’atmosphère.

      Vous êtes en train de me dire que la quantité d’eau dans l’atmosphère est une contante, peu importe que les continents soient désertiques ou couverts de végétation, peu importe que les océans couvrent 10, 60 ou 90 % de la surface terrestre (à volume égal d’eau). Cela me semble complètement invraisemblable.

    • @honorable

      si les températures s’élevent la qté d’eau dans l’atmosphère va s’élever car la qté de vapeur d’eau que l’air peut contenir est fonction de la température (à pression atmosphérique constante) donc ce n’est pas une constante, ça dépend de la température de l’air ambiant.

    • PV = Nrt Chimie élémentaire de niveau CEGEP. Avec une température à peu près constante, il y aura éventuellement plus de condensation donc plus de pluie. En moyenne, il n’y aura vraisemblablement pas plus d’eau dans l’atmosphère.

    • @honorable Effectivement, la quantité d’eau dans l’atmosphère est à peu près constante. La Terre étant un système fermé, il y a un équilibre entre la condensation et l’évaporation. L’eau qui s’évapore à un endroit se recondense un peu plus loin. Imaginez un gros terrarium étanche.

    • @dutil, dans le terrarium, l’humidité est la même partout. Sur Terre, il y a, disons quelques différences entre l’Arabie et le Congo. En somme, vous me semblez décrire des généralités valables pour une “vache sphérique”, sauf que la vache qui existe véritablement dans le champ dévie considérablement de la sphéricité :)

    • Si tous les gens de la péninsule arabique conduisait des voitures au H2, il y aurait plus de H20 dans l’atmosphère local. Je conçois que cela serait compensé par plus de pluies ailleurs (et possiblement en Arabie) mais je doute que cela donne un effet net nul quand à l’effet gaz de serre du H20 atmosphérique.

    • La production d’hydrogène se fait à partir des hydrocarbures. Cette solution nécessite donc la consommation d’hydrocarbures pour être efficace. Il est vrai que l’on peut le faire à partir de l’électrolyse de l’eau, mais c’est loin d’être la méthode la plus efficace au point de vue énergétique.

      S’il est vrai que les piles actuelles permettent d’atteindre une efficacité proche des piles à combustible d’hydrogène, alors l’intérêt s’effondre de lui-même.

    • La quantité d’eau dans l’atmosphère n’a pas augmenté entre l’ère pré-industrielle et aujourd’hui.

      Par contre le gaz carbonique et plusieurs autres gaz a effet de serre ont fortement augmenté durant cette période.

      Il y a 750 GigaTonne de gaz carbonique dans l’atmosphère en équilibre principalement avec la biosphère et les océans. Le CO2 atmosphérique correspond à 1,8% du total des 3.

      Il y a 13000 Gt d’eau dans l’atmosphère en équilibre avec les océans. L’eau atmosphérique correspond à 0,0009% du total des 2.

      Il faudrait des émissions de vapeur d’eau beaucoup plus importante que la combustion actuelle d’énergie fossile actuelle pour avoir des impacts autre que local car la combustion de l’essence produit des gaz de combustion qui sont en poids environ 70% de gaz carbonique et 30% de vapeur d’eau.

      La déforestation ou les réservoirs créés lors de la construction de barrage ont des impacts plus important car l’évapotranspiration d’un milieu est fortement perturbé par ces actions et les changements climatiques sont uniquement locaux.

      L’utilisation d’hydrogène en remplacement de l’essence ou diesel ne devra pas avoir un impact important.

    • L’hydrogène personnellement, je n’y crois pas trop. On a beau parler des surplus actuels d’électricité (conjoncturels, il faut le préciser), la technologie semble stagner depuis une dizaine d’années. Les projets comme celui de jumelage éolien-hydrogène de Ramea, à Terre-Neuve, font face à de nombreux obstacles qui ont retardé sa mise en service et nécessitent une infrastructure compliquée et coûteuse pour produire une très petite quantité d’énergie. Quant aux bus à H2 de Ballard, ils se sont avérés un fiasco en 2010, alors qu’on importait de l’hydrogène du Québec pour les faire rouler en Colombie-Britannique durant les Jeux Olympiques.

      La pile à combustible a certainement des avantages en terme d’autonomie, mais la chaîne logistique nécessaire à la bonne marche de l’entreprise semble beaucoup plus difficile à implanter que pour l’électricité ou le GNL, qui disposent de réseaux de distribution déjà établis.

    • @honorable
      Il y a déjà pire que l’hydrogène : la lignite. Quand on l’extrait du sol, elle contient 50% d’eau. Il faut la faire sécher à 11% pour la bruler. 25% de l’électricité d’Allemagne est produite par la lignite.

    • Ce n’est pas l’objet de ce billet, mais l’endroit me semble approprié pour soulever ce point. Je suis plutôt inconfortable avec le fait de publier des articles scientifiques comme celui-ci et j’aimerais connaître votre point de vue à ce suiet:
      http://www.lapresse.ca/sciences/astronomie-et-espace/201308/29/01-4684240-sommes-nous-dorigine-martienne.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_sciences_1817902_accueil_POS3
      Le simple fait de considérer l’origine extra-terrestre de la vie sur Terre ne constitue au mieux qu’une façon de repousser la question ultime du mécanisme à la base de création de la vie. De plus, l’article présente certains matériaux essentiels à la vie comme provenant de Mars et conclut de facto à ce “que la vie a débuté sur Mars avant de venir sur Terre à bord d’un rocher”. À ma connaisance, nous ne pouvons prouver l’origine de cette substance sur Terre (martienne ou tout autre météorite) ni le fait que la formation même de la vie puisse avoir eu lieu directement sur Terre, peut-être en partie à l’aide de molécules de provenance extra-terrestre.
      Bref, j’éprouve un certain malaise face à ce genre d’étude qui pullulent et dont les sources sont parfois crédibles en apparence, mais dont le contenu n’est que partiel et destiné à duper le public sur un sujet aussi fascinant.

    • @jesusdemontreal Steven Benner (pas Brenner comme dans l’article) est un des plus grand expert en chimie prébiotique. Le défi de cet axe de recherche est de trouver la bonne recette de cuisine pour démarrer la vie. Il y a de bonnes raisons de croire qu’au départ, la vie était constitué d’ARN. Le problème est que cette molécule n’est pas stable dans les environnements potentiels. Or, la stabilité c’est ce qui fait la différence entre avoir de la matière vivante et un tas de goudron.

      Benner propose une solution élégante et originale. Mais, c’est loin d’être une preuve,

    • A court terme, l’hydrogène n’est pas une solution mais à moyen et long terme c’est un élément de solution.

      On ne peut pas oublier qu’à long terme, l’utilisation de source d’énergie libérant du CO2 dans l’atmosphère va perturber sérieusement notre climat. Une source d’énergie pour les véhicules que l’on ne peut pas relier à un réseau électrique et pour les endroits non reliés à un réseau électrique est nécessaire.

      Il est douteux que l’on puisse mettre au point des batteries suffisamment puissante pour alimenter la grosse machinerie utilisée dans les mines par exemple. Les mines dans le grand nord transportent à grand frais du diesel pour alimenter leur machinerie et produire de l’électricité. On peut imaginer que des éoliennes produiraient de l’électricité et que les surplus durant les périodes creuses pourraient produire de l’hydrogène qui serait utilisé pour alimenter les véhicules et pour palier aux périodes de manque de vent.

      Ce type de projet est idéal pour mettre au point l’utilisation de l’hydrogène car on est dans un environnement industriel. L’utilisation de l’essence et ses dérivés est un procédé éprouvé qui s’appuie sur des années d’utilisation qui ont produit des équipements sécuritaires encadrés par de multiples normes et des gens formés. C’est ce qu’il faut mettre en place pour l’hydrogène.

      Le Québec ne peut pas se permettre de faire de la recherche sur la fusion mais comme projet à long terme et le grand nord que l’on veut développer, la recherche sur l’hydrogène est une opportunité.

    • @legada,

      juste pour être certain que nous sommes au diapason. L’hydrogène N’EST PAS une source d’énergie. Ce n’est qu’un moyen de stocker l’énergie provenant d’ailleurs. L’hydrogène à l’état libre n’existe pas sur la planète, il faut le dissocier des molécules auxquelles il est attaché. Or, le procédé le moins dispendieux énergétiquement présentement, c’est une extraction de l’hydrogène des hydrocarbures (pétrole). L’électrolyse de l’eau nécessite beaucoup plus d’énergie pour obtenir une même quantité d’énergie à la fin.

    • @legada
      “la recherche sur l’hydrogène est une opportunité.”
      Tout comme la recherche sur l’éolien que beaucoup trouvent inutile.
      Une éolienne près d’une puit ou d’une mine dans le Grand Nord est une autre source d’énergie plus propre que le diésel lourd qu’ils utilisent en grande quantité.

    • Pour l’absence de l’hydrogène il y a bien sur la raison longue que les communications vous feront parvenir bientôt expliquant en long et en large la raison du pourquoi du comment , et comme c’est officiel bien sûr tout ce qu’on vous dira est vrai archi vrai ….En démocratie on est libre de croire le discours officiel qu’on peut souvent et sans trop se tromper assimiler a de la bouillie pour les chats!….

      Mais c’est pas parce que ce qu’on vous dit est vrai ….que c’est nécessairement la vérité! …en politique l’omission stratégique à ses raisons humanitaires qu’on ne saurait toujours expliquer….

      Mais pour la raison courte, logique et plus simple ….mais non officielle… ( bien sûr , keep it simple …) …Ben le fonctionnaire fatiguant qui connaissait le dossier ( un physicien ) à pris sa retraite après avoir vu impuissant les budgets de RD scrappés et que personne ne l’as remplacé… le dossier a trainé sur plusieurs bureau d’économiste qui n’y comprenaient rien et s’en tamponnait royalement et s’en sont débarassé avec soulagement…et comme le sous ministre associé ( Smiley pour les initiés ) viens de quitter (avant de se faire quitter) et que le nouveau entre en fonction juste cette semaine… mais surtout comme l’hydrogène ne permet pas vraiment de faire du milleage politique à court terme ….
      Ben cé juste ça qui é ça !…. mais c’é sur qu’on donne pas ça comme réponse officielle…

      Voilà qui a l’air d’une histoire fort intéressante… Si vous avez des contacts à donner, je serais preneur… Jfcliche@lesoleil.com
      JFC

    • @gl000001

      «Une éolienne près d’une puit ou d’une mine dans le Grand Nord est une autre source d’énergie plus propre que le diésel lourd qu’ils utilisent en grande quantité.»

      D’ailleurs, les dirigeants de la mine Raglan envisagent (aient ?) de recourir à l’énergie éolienne.

      De plus, la filière «H» permettrait de produire des carburants synthétiques que l’on pourrait utiliser là où les carburants semblent indispensables: dans l’aéronautique. Il y a assez de Co2 au Québec sous forme de résidus de coupes ou forestiers pour imaginer le combiner avec de l’Hydrogène issue de l’éolien ou de l’hydroélectrique et d’en faire un carburant très potable.

      Ce qui serait aussi une façon de contourner le problème qu’évoque avec justesse M. Dutil:

      «Le problème fondamental avec l’hydrogène, c’est qu’il n’est pas transportable, car la densité d’énergie volumique est très faible»

      Quoique le stockage de l’hydrogène dans des hydrures métalliques, à des fins de transport, ne doit pas être écarté du revers de la main:

      «Pour diminuer le volume de stockage d’hydrogène, on peut aussi exploiter la capacité de certains matériaux très poreux de permettre l’accrochage en surface des atomes d’hydrogène.»

      http://www-liten.cea.fr/fr/activites_rd/tech_h2_06.htm

    • Si on obtient de l’hydrogène des hydrocarbures c’est présentement moins dispendieux si on rejette le CO2 dans l’atmosphère.

      Mais si on capte ce CO2 et on le séquestre, ce qu’on ne sait pas faire actuellement, est-ce que l’énergie stocké dans l’hydrogène par électrolyse serait vraiment plus chère?

    • Présentement on sait comment faire fonctionner des diesels avec du gaz naturel. Il faut maintenir un ratio diesel / gaz naturel de 10%. On pourrait faire une conversion facile et rapide à l’hydrogène.

      Présentement on a des systèmes d’électrolyse automatique pour la production d’hypochlorite de sodium pour éviter le stockage de chlore gazeux dans les stations de production d’eau potable. On pourrait surement produire des systèmes équivalent pour l’hydrogène.

      On produit des éoliennes de fortes puissances. La faiblesse des éoliennes est la synchronisation de la production avec la consommation. Utiliser l’hydrogène comme stockage pourrait être une solution avec le diesel comme stockage secondaire.

      Sur de la grosse machinerie, l’ajout de réservoir haute pression pour l’hydrogène ne devrait pas être un handicap. On a toujours des moteurs diesels que l’on peut convertir à l’hydrogène et qui ont besoin de diesel pour 10 % de la consommation. Pénurie d’hydrogène, on passe à 100% de diesel.

      Le coût de l’énergie dans le grand nord est très élevée. Le personnel est qualifié, habitué de travailler avec des normes de sécurité. C’est un bon environnement pour tester et adapter des technologies.

      Ce serait un beau travail de recherche. L’énergie dans le futur, ne sera pas une filière unique mais plusieurs filières complémentaires.

    • @mononke ;) C’est malheureusement pas la première fois que j’entends une histoire du genre: la technologie X est (dé)favorisée par qu’UN fonctionnaire. Il semble que ce soit un problème récurent au gouvernement du Québec.

    • @mononke
      Intéressante histoire pleine de rebondissements. Un film d’action n’en a pas autant parfois.

      C’est de la bouillie pour les chats de Schrödinger !! Le dossier est mort mais il devrait être vivant. Un dossier zombie ?

    • @infophile Le problème avec toutes les solutions invoquées pour augmenter la densité d’énergie de l’hydrogène est quelle sont fortement endothermique, ce qui ne règle en rien le problème.

    • @legada Le plus gros problème de l’utilisation de l’hydrogène dans le nord est la fiabilité. Cela prend toute une quincaillerie pour produire et manipuler cet hydrogène. C’est une des raisons pour laquelle des collègues à moi sont venu à la conclusion qu’il serait plus pertinent de stocker l’énergie sous forme d’air comprimé. C’est une technologie simple et on alimente déjà les moteurs diesel avec des turbos. Là aussi la densité de stockage est faible, mais la fiabilité est beaucoup plus grande.

    • @JFC,

      pour ce qui concerne ce qui tourne autour de l’hydrogène au Québec, je vous suggère de contacter ce monsieur, il est présentement en congé sabbatique. Peut-être trouvera-t-il un peu de temps pour vous parmi ses nombreux projets: http://www.irhcan.com/chercheurs-principaux/pierre-benard.html

      Merci du tuyau !
      JFC

    • @legada,

      vous posez mal la question. L’idée n’est pas de savoir si en mettant des bâtons dans les roues de la production d’hydrogène à partir d’hydrocarbures nous arrivons au même coût que l’électrolyse. L’électrolyse n’est simplement pas une solution à cause de ses coûts importants. Ce n’est pas en rendant l’hydrogène produit à partir des hydrocarbures aussi coûteux que l’économie de l’hydrogène se construira.

      Il y a une drôle d’idée qui consiste à croire que rendre tout trop cher devient un incitatif financier pour acheter le produit trop cher. L’hydrogène doit compétitionner avec des moyens de stockage de l’énergie plus abordables et presqu’aussi efficace. Là, vous proposez de réduire grandement l’efficacité de l’hydrogène comme moyen de stockage en gaspillant une plus grande partie de l’énergie à stocker dans sa production. S’il fallait suivre vos conseils, vous viendriez de planter les derniers clous dans le cercueil de l’hydrogène.

      Il faut rendre l’hydrogène plus compétitif avec les autres moyens, pas le rendre moins compétitif.

    • C’est rendu facile de liquéfier le gaz naturel et de le transporter sur de longues distances. C’est moins d’investissements que l’hydrogène. Il y a maintenant des flottes de camion qui s’en servent.

    • Il n’y a aucun intérêt à transformer les hydrocarbures en hydrogène sauf si on est capable de séquestrer le gaz carbonique définitivement ou si on veut mettre au point l’utilisation de l’hydrogène car on perd 20% de l’énergie dans l’opération.

      A court terme, d’ici 2020, il est préférable de remplacer le diesel par du gaz naturel ou du propane. La technologie existe pour transformer un moteur diesel conventionnel à un coût raisonnable. La seule contrainte est qu’il faut utiliser un peu de diesel pour permettre l’allumage avec la compression et en prime on peut revenir à 100% de diesel si on manque de gaz. On peut faire cela demain. On ajoute des réservoirs de propane ou de gaz naturel liquéfié à tous les gros véhicules et on ajoute un diffuseur de gaz sur l’entrée d’air. Et on vient de réduire les effets de serre dans le transport.

      Si on veut vraiment réduire les gaz à effet de serre à moyen ou long terme, il faut réduire l’utilisation d’hydrocarbures comme source d’énergie. On peut utiliser l’énergie nucléaire, l’énergie éolienne, l’énergie solaire, l’énergie hydroélectrique, l’énergie des marées, des éoliennes sous-marine, peut-être la fusion à long terme, le charbon et les hydrocarbures si on est capable de séquestrer le CO2.

      On peut réduire notre consommation d’énergie en étant plus efficace. On peut électrifier tout ce qui est possible. Inventer des batteries ayant une densité énergétique très élevée mais il est douteux que l’on puisse avoir des avions transatlantiques ou des cargos à batterie ou à énergie solaire. Il faudra trouver un moyen de stocker de l’énergie sous une forme chimique. L’hydrogène est une solution car sa combustion produit de l’eau qui bien qu’étant un puissant gaz à effet de serre n’a pas d’impact sur l’environnement.

    • La réponse est dans votre texte: “D’abord parce que l’exercice visera à discuter des moyens d’atteindre divers objectifs pré-établis, dont celui très ambitieux de réduire de 25 % d’ici 2020…”

      D’ici 2020, soit un peu plus de 6 ans, l’hydrogène ne sera pas au Québec, ni ailleurs, une solution viable. Au mieux, on en sera toujours à quelque chose de très expérimental. Au pire, on sera toujours dans la théorie et dans le “on pourrait…”. Avec l’hydrogène, on est encore loin d’applications commerciales ou domestique à grande échelle.

      Donc, non, ce n’est pas surprenant de ne pas voir l’hydrogène abordé dans ce document. Miaux vaut s’appliquer à des solutions réalistes qui ont une chose d’être applicables à court et moyen terme.

    • Aujourd’hui lors de la séance de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec à Montréal (18 septembre) j’ai déploré le fait qu’il n’y avait aucune mention de l’hydrogène dans le document de consultation… et souhaité que des acteurs de cette industrie (l’IRH de l’UQTR, etc.) présentent de l’information à la commission… À suivre… http://webcasts.pqm.net/client/mrn/event/761/fr/

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