Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mercredi 10 juillet 2013 | Mise en ligne à 11h10 | Commenter Commentaires (9)

    Sols contaminés à Lac-Mégantic : l’«autre» catastrophe environnementale ?

    On a beaucoup parlé des quelque 100 000 litres de pétrole qui se sont déversés dans la rivière Chaudière, avec raison d’ailleurs, mais les pires dégâts environnementaux de la tragédie de Lac-Mégantic sont peut-être (sans doute ?) ailleurs — dans le sol du centre-ville dévasté.

    Il faut encore en parler au conditionnel, car on ignore toujours la quantité de pétrole qui s’est déversé au sol, la proportion qui a brûlé, les quantités de résidus de combustion qui sont restées par terre, et ainsi de suite. Mais il semble pas mal certain que cette contamination sera très importante. Le convoi comportait 72 wagons de 113 000 litres chacun, et un porte-parole de l’Environnement me disait hier que les techniciens pompaient presque du pétrole pur dans le réseau pluvial de Lac-Mégantic au début des opérations, «mais maintenant, c’est mélangé avec de l’eau».

    Or, selon la spécialiste de l’assainissement des sols de l’UL Rosa Galvez, la terre souillée d’hydrocarbures est globalement plus difficile à nettoyer que l’eau. Le sol a l’avantage de garder le pétrole sur place, mais c’est un milieu moins propice pour les bactéries qui dégradent les hydrocarbures — et on ne peut pas simplement séparer sol et pétrole comme on le fait en «écrèmant» la surface de l’eau.

    «En plus, les eaux souterraines ne sont pas profondes à cet endroit-là, parce que le lac n’est pas loin. Alors il va falloir faire des puits de surveillance pour la nappe phréatique. C’est sûr que le ministère de l’Environnement y a déjà pensé», dit Mme Galvez.

    Plus de détails dans mon papier paru ce matin dans Le Soleil.


    • Savez-vous comment les compagnies décontaminent les sols remplis d’hydro-carbures des raffineries de l’Est de Montréal ? Il étendent la terre sur une grande surface et attendent que le pétrole d’évapore. Quelle compagnie a une bonne expertise là-dedans ? Dessau !!!

      Dans ce cas-ci, il y a trop d’hydro-carbures. Les techniques seront plus couteuses.

    • Si un jour vous allez à Fort McMurray en Alberta, vous allez constater que les sables bitumineux sont en fait “des sables souillés aux hydrocarbures”, pour reprendre votre expression et que la rivière Hangingstone coûle dans ces sols souillés depuis des millénaires! ! Si on est capable extraire les hydrocarbures des sables à Fort Mcmurray, on est sûrement capable le faire ailleurs non?

      @gl000001 On rajoute aussi des bactéries dans le sol pour accélérer le processus de dégradation des hydrocarbures.

    • On a souvent comparé, dans la médias, la catastrophe de Lac-Mégantic aux bombardements survenus durant les guerres antérieures. Quand on sait que des villes entières (autant les quartiers résidentiels qu’industriels) ont été rasées par des bombardements en Allemagne , en Pologne, en Russie, au Vietnam et ailleurs, il pourrait être intéressant d’entendre les spécialistes de l’environnement comme madame Galvez nous parler l’état “environnemental” de ces sites aujourd’hui, 70 ans plus tard. Ça pourraient peut-être encourager les résidents de Lac-Mégantic à qui les médias font croire que leur ville ne sera jamais réhabilitée et portera des séquelles jusqu’à la fin des temps.

    • @jpthoma1 Extraire les hydrocarbures c’est effectivement possible, mais extrêmement coûteux. En général, quand la contamination est légère les bactéries font le travail, mais quand elle est sévère, on incinère.

    • @jpthoma1 Le sol des endroits qui ont été bombardé massivement est effectivement contaminé. On a reconstruit les villes par dessus. Il reste encore des bombes qui dorment à bien des endroits. En France, il y a encore des régions complètes qui sont inaccessibles car trop minées.

    • @yvan_dutil Il faut donc conclure que des centaines de millions de personnes vivent depuis des décennies au-dessus de sols contaminés (et même de bombes dormantes) et on en parle pas dans les médias?????? Ah bon!

    • Ce qui peut jouer un peu sur sur le niveau de contamination des sols c’est le niveau d’assèchement de la terre. S’elle est aussi humide qu’ici pour cause de pluie très abondante cette année le pétrole restera plus en surface.

    • @jpthoma1 D’une part, je ne dirais pas des centaines de millions. D’autres part, dans bien des cas il y a eu de la décontamination ou des interdictions de séjour. C’est le cas de régions du nord de la France. Dans les autres, la population est exposée à des risques importants et à des problèmes de santé.

    • Il existe plusieurs méthodes pour décontaminer les sols contaminés aux hydrocarbures.

      Selon la perméabilité du sol et le temps de réaction, il est possible qu’enlever une couche de sol et la traiter soit suffisant.

      Si le sol est très perméable et si les hydrocarbures ont été entrainés dans la nappe phréatique, il faut pomper l’eau durant longtemps pour créer un cône de dépression pour éviter que la contamination se propage dans la nappe phréatique. L’eau pompée sera traitée avant d’être rejetée dans le milieu.

      On peut améliorer la méthode, en réinjectant l’eau oxygénée avec des sels minéraux ce qui favorise la croissance des bactéries qui vont détruire les hydrocarbures.

      Toutes ces méthodes demandent des années pour bien décontaminer les sols.

      Le choix du critère de décontamination à atteindre détermine le coût de la décontamination et des méthodes à utiliser.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    septembre 2014
    D L Ma Me J V S
    « août    
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Archives

  • publicité