Sciences dessus dessous

Archive, juillet 2013

Vendredi 19 juillet 2013 | Mise en ligne à 15h15 | Commenter Commentaires (7)

Petite pause

Il y a des signes qui ne trompent pas… En relisant un texte sur les hydrocarbures dans la rivière Chaudière avant de l’envoyer «dans le système», comme on dit, je me suis rendu compte que j’avais écrit «milligramme par libre» au lieu de mg/litre. Et comme mes vacances commencent dans quelques heures à peine, on peut probablement dire que mon inconscient m’envoie des messages…

En d’autres termes, Messieurs-Dames férus (ou non) de vocabulaire freudien, cela signifie que mon Ça, profitant de ce que des mois ininterrompus de conciliation travail-famille ont totalement abruti mon Surmoi, est en train de prendre le contrôle de ma personne. Que j’ai l’inconscient, si l’on me pardonne cette vulgarité, qui commence à m’arsuer par les mains, littéralement. Et que si rien n’est fait, je me transformerai bientôt en une bête mue uniquement par ses instincts animaux.

Bref, j’ai besoin de vacances, et il était apparemment grand temps qu’elles commencent ! De retour à la mi-août !

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Jeudi 18 juillet 2013 | Mise en ligne à 11h44 | Commenter Commentaires (29)

Des antennes et des villes

Ainsi donc, les municipalités auront désormais leur mot à dire dans le choix de l’emplacement de tours de télécommunication, notamment à cause de «craintes» pour la santé. C’est du moins la décision qu’a rendue au début du mois la Cour supérieure du Québec rapportent ici deux de mes collègues de La Presse. J’admets volontiers que l’idée étrange d’insérer des affaires juridiques dans un blogue de sciences peut, à première vue, suggérer que la chaleur des derniers jours n’a pas réussi à son auteur, mais le fait est que cette cause soulève une question qui devrait très certainement nous intéresser ici : les villes ont-elles toujours au sein de leur fonction publique l’expertise qu’il faut pour exercer un jugement éclairé dans ce genre d’histoire ? Et puisque la réponse est de toute évidence «non», est-il vraiment sage de leur donner des pouvoirs qu’elles ne peuvent exercer avec discernement ?

Car ce jugement me semble s’inscrire dans une tendance assez claire des dernières années. Pour des raisons dont, franchement, je ne suis pas trop sûr — Proximité perçue des élus municipaux ? Et/ou crise de confiance envers les grandes institutions ? Calcul politique de la part de militants qui ciblent les autorités les moins bien informées ? Calcul politique de la part d’élus locaux qui profitent de l’inculture scientifique collective pour jouer aux Don Quichotte ? —, c’est très souvent vers les villes que l’on se tourne lorsque l’on perçoît une menace, réelle ou imaginaire.

Quand l’opérateur ontarien de centrales nucléaires Bruce Power a voulu acheminer d’anciens générateurs de vapeur faiblement radioactifs sur le fleuve, ce sont le plus souvent des élus municipaux (Alan de Sousa en tête) qui ont animé le débat, contre l’avis des (vrais) experts de la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Quand le Québec a pris collectivement conscience des activités de l’industrie des gaz de schiste dans les basses terres, tout le monde s’est scandalisé du fait que les municipalités concernées n’avaient pas été avisées — ce que, disons-le, l’industrie aurait dû faire pour des motifs de bon voisinage, mais il reste qu’on a vu là le signe d’une ruée hors de contrôle alors que l’industrie avait reçu l’aval des Ressources naturelles, autrement mieux placées (bien qu’imparfaitement, surtout à l’époque) que des villages pour superviser ce genre de chose. Quand on débat de la fluoration, c’est encore vers les municipalités que tous se tournent ; ce n’est pas complètement anormal, remarquez, puisque ce sont elles qui sont légalement responsables du traitement de l’eau potable, mais cela a conduit plusieurs fois à des situations loufoques où des échevins ont décidé de ne pas ou ne plus fluorer l’eau malgré l’avis favorable de l’Institut de la Santé publique et malgré un consensus scientifique clair.

Et voilà qu’une ville, Châteauguay, s’inquiète de ce que l’on érige une tour de télécommunication proche d’un quartier résidentiel, arguant entre autres que «nous savons qu’il y a beaucoup d’études à travers le monde qui ont démontré que de telles installations étaient très nocives pour la santé», lit-on dans le jugement de la Cour supérieure (par. 80).

Il n’y a rien de mal à ce que des élus se soucient du bien-être de leurs commettants, mais cette affirmation est fausse et ridiculement exagérée : bien qu’un léger doute puisse subsister pour les plus grands utilisateurs de cellulaire, tout indique que les ondes radio sont sans danger selon l’OMS. En outre, sur son excellent blogue Science Based Medicine, le neurologue de Yale Steven P. Novella n’a pas été tendre récemment envers l’«expert» que Châteauguay a amené devant la cour pour «prouver» l’existence d’un débat scientifique sur les ondes radio, Magda Havas, de l’Université Trent. La liste de publications de Mme Havas en dit d’ailleurs long sur son «expertise» : elle est constituée à 80 %, au bas mot, de lettres ouvertes dans les journaux et de témoignages devant des commissions gouvernementales. Parmi ses travaux plus savants figurent notamment des publications dans des périodiques à la réputation sulfureuse, comme le Journal of the Ramazzini Institute — l’institut en question s’étant fait connaître en 2005 à cause d’une «étude» qui prétendait démontrer que l’aspartame était cancérigène, assertion qui fut anéantie par un examen subséquent.

Bref, pour le petit peu dont un journaliste (et n’importe quel élu) peut juger, Mme Havas n’est pas une experte particulièrement crédible. Le fait que Châteauguay l’ait choisie malgré tout démontre à quel point il peut être facile d’impressionner un gouvernement local qui n’a pas d’expertise pertinente pour se démêler dans des dossiers comme celui-là.

Peut-être (fort probablement, en fait) que la Cour supérieure avait raison, en droit, de rendre la décision qu’elle a prise. Châteauguay était par ailleurs tout à fait justifiée d’invoquer des considérations d’ordre esthétique pour s’opposer à l’installation de la tour de Rogers, puisque cela tombe pleinement dans ses compétences — «compétences» devant ici être entendu dans tous les sens du terme. Mais quand je regarde ses arguments sur la santé et que j’ajoute à son cas ceux que j’ai cités plus haut, je ne peux pas m’empêcher de voir une tendance que je n’aime pas du tout. Trop souvent, on sort les décisions des mains de ceux qui s’y connaissent pour vrai. Et cela ne peut pas nous mener à grand-chose de bon.

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Une équipe américaine est parvenue à désactiver le chromosome «en trop» qui cause le syndrome de Down, lit-on cet après-midi sur le site de la revue Nature, qui a publié la découverte. Aussi nommé trisomie 21, ce syndrome cause un retard mental et des malformations, notamment au cœur, chez ceux qui en sont atteints.

Les gènes humains sont en quelque sorte des longues chaînes qui se replient sur elles-mêmes pour former des chromosomes. Chez l’espèce humaine, ces chromosomes se regroupent en 23 paires différentes — dont une sert à différencier les sexes, les femmes portant deux chromosomes dits «X» et les hommes, un «X» et un «Y». Cependant, pour près d’une naissance sur 1000, la 21e paire de chromosome n’est pas une paire, mais plutôt un trio, et c’est cette copie supplémentaire qui cause la trisomie 21.

Or c’est justement ce troisième chromosome que l’équipe Jeanne Lawrence, de l’Université du Massachussetts, a réussi à désactiver — d’une manière, d’ailleurs, qui peut a priori sembler étonnamment simple. Comme les femmes ont deux chromosomes X sur la 23e paires, en effet, elles ont un gène nommé XIST qui a pour tâche de désactiver (au moins en partie) l’une des deux. Mme Lawrence a donc inséré ce gène dans le chromosome 21 de «cellules-souches trisomiques», puis a pu constater qu’il avait été inhibé.

On est encore très, très loin d’un traitement, mais c’est une nouvelle technique qui permettra certainement de mieux comprendre cette maladie et d’autres trisomies, selon des chercheurs cités par le site de Nature.

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