Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
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    Vendredi 31 mai 2013 | Mise en ligne à 11h02 | Commenter Commentaires (16)

    La planète Mars vient de s’éloigner un peu…

    La NASA a dévoilé hier les mesures les plus réalistes jusqu’à maintenant des niveaux de radiation auxquels d’éventuels «marsonautes» seraient exposés, et les résultats ne sont pas particulièrement encourageants : avec les capsules spatiales actuelles, un aller-retour vers la planète rouge ferait courir des risques de cancer fatal inacceptables à l’équipage.

    Remarquez, comme l’écrit Nature, ce n’est pas une grosse surprise, puisque divers indices nous permettaient de l’appréhender. Mais jusqu’ici, les mesures de radiation spatiale entre la Terre et Mars avaient été prises soit par des instruments qui n’étaient pas protégés par une capsule (et donc surévaluaient les doses) ou qui n’avaient pas été démarrés avant d’atteindre leur destination. On devait donc se contenter d’estimés pour cet aspect fondamental de la santé de l’équipage — et c’est pourquoi la NASA a profité de la mission Mars Science Laboratory (MSL, qui a amené le rover Curiosity, l’an dernier) pour embarquer un détecteur de radiations à bord, en prenant soin de le placer à l’intérieur d’une sorte de protections imitant celles d’une capsule spatiale.

    L’exposition aux radiations est mesuré en Sievert (Sv), qui équivaut à une joule de rayonnement par kilogramme de poids corporel — mesure que l’on ajuste ensuite mathématiquement pour tenir compte du fait que les rayons ne sont pas tous également nocifs et les tissus, pas également vulnérables. La NASA considère que les séjours dans l’espace de ses astronautes ne doit accroître leur risque de développer une tumeur fatale de plus de 3 % sur toute leur carrière, ce qui place la limite à 0,8 à 1,2 Sv pour un homme de 30 à 60 ans, et entre 0,6 et 1 Sv pour une femme dans les mêmes âges.

    Or, les mesures du MSL placent maintenant à 0,66 Sv les doses d’un aller-retour sur Mars, et encore faut-il ici tenir compte de trois «facteurs aggravants», disons. D’abord, cela ne tient compte que du temps de déplacement, pas du temps de séjour sur la planète. Et comme on peut penser que l’on enverra pas une équipe là-bas seulement pour prendre deux ou trois photos, boire un café et tout remballer, alors il faudra nécessairement renforcer pas mal les couches antiradiation sur la future capsule.

    Ensuite, il faut savoir que ces rayonnements proviennent de deux sources : les éruptions solaires et les rayons cosmiques générés par des événements d’extrêmement hautes énergies comme des supernovas. Or, l’activité solaire traversait un creux quand la mission MSL a fait son vol vers Mars, ce qui signifie que la mesure de 0,66 Sv est un plancher.

    Enfin, s’il est relativement facile de protéger un équipage contre les particules provenant du Soleil, les rayons cosmiques sont une autre paire de manches. En effet, ces particules sont beaucoup, beaucoup plus énergétiques que celles que crache le Soleil, ce qui leur donne une fâcheuse tendance à traverser la matière…


    • Maintenant il faudra se demander ce qui arrivera de toutes ces initiatives privées d’envoyer des gens sur Mars. L’une sous le couvert d’une télé-réalité martienne pour financer le projet avec impossibilité de retour des participants et approvisionnement en vivres à tous les 6 mois. Déjà que c’était passablement bancale. Imaginons simplement que la télé-réalité ne fonctionne pas du tout parce que les gens en ont marre de regarder des psychopathes marcher sur des cailloux rouges. La compagnie fait faillite, les approvisionnements aux 6 mois cessent. Est-ce que l’humanité a la responsabilité de reprendre le flambeau et d’approvisionner ces quelques humains sur Mars à ses frais? Bon, au moins maintenant on sait qu’ils ne feront pas de vieux os sur Mars.

      Jusqu’où les gens seront-ils prêt à aller pour avoir leur nom dans un livre d’histoire pendant quelques décennies? Parce qu’il ne faut pas non plus se le cacher. Le premier homme sur Mars ne tiendra pas éternellement le haut du pavé des records qui comme chacun le sait sont faits pour être dépassés. Par contre, il aura possiblement une place de choix dans les Darwin Awards.

      Je suis franchement content qu’enfin nous ayons des mesures précises des radiations dans des conditions réelles pour qu’enfin le débat sur la réalité des voyages interplanétaires (et encore plus pour ceux qui rêvent des voyages interstellaires) touche le sol.

      Et dites-vous bien aussi, que ce qui est bon pour pitou l’est pour minou. Faque, si nous n’avons encore vu d’extra-terrestres dans les parages, c’est possiblement parce qu’ils n’ont pas survécu aux radiations, dans l’hypothèse qu’ils auraient été moins futés que nous et auraient entrepris ces voyages sans mesurer au préalable les dangers des radiations. Sinon, ils se bercent sur leur perrons en sirotant leur café équitable.

    • bah, ce n’est que partie remise

    • Je vais aller voir Star Trek quand même.

    • On pourrait y envoyer le tiers de la population de la Terre. Le tiers le plus inutile comme font régulièrement les habitants de la planète Golgafrincham.
      http://hitchhikers.wikia.com/wiki/Golgafrincham

    • Pour faire plus sérieux, on qu’à une planète terre et cette étude illustre qu’en dehors de la terre nos chances de survie sont inexistantes.

      Donc il faut faire attention à notre planète, sinon notre espèce pourrait devenir une espèce disparue avec personne pour le constater.

    • C’est Stephen Hawking qui doit ruminer cette nouvelle ce matin lui qui ne cesse de dire que l’espèce humaine doit coloniser le système planétaire et au-delà le plus rapidement possible pour sa survie.

      Nous aurions intérêt à investir plutôt dans notre bonne vieille terre.

    • @ dcsavard,

      D’accord avec vous pour ce qui est de protéger notre propre planète.

      Mais pour le reste de votre argumentaire (10h24)… Si l’humanité avait eu séculairement une vue aussi courte que la votre, nous vivrions encore dans d’humides cavernes, avec les aisselles qui puent suffisamment pour tuer raide tout un essaim de mouches, et les dents tellement pourrîtes dans la gueule qu’il nous serait impossible, passé l’âge de 25 ans, de mordre efficacement dans une miche de mammouth !

      Des gens moins limités dans leur façon d’appréhender le monde feront en sorte qu’un jour l’humanité essaimera dans l’espace intersidérale.

    • @omni-tag,

      franchement. Cela n’a rien à voir. C’est persistant cette idée relayée par Hollywood pour mousser le budget de la NASA que la conquête de l’espace est l’ultime destinée de l’humain.

      Ben oui, des cavernes humides, rien de moins. N’importe quoi.

    • @dcsavard
      Je crois plutôt que Hawking mentionne ces éléments dans le sens que l’humanité est à la merci du cosmos. Peu importe comme l’humanité va se débrouiller sur terre, éventuellement, quelque chose va lui tomber sur la tronche.

      Et personnellement, 3%, même si ce n’est qu’un plancher, est très minime. S’il fallait que l’humanité aient toujours peser les pour et les contre en pourcentage de survie, il n’y aurait jamais rien qui a été accompli. Il faut prendre des risques pour accomplir des bonds en avant.

    • @ dcsavard,

      L’espace n’est pas l’ultime destinée de l’humain, elle est l’ultime FRONTIÈRE pour l’humain.
      Et Hollywood n’a rien à voir là dedans… Effectivement : N’importe quoi !

      Benoît Duhamel

    • @omni-tag,

      je pense qu’il vous en manque un bout sur la psychologie américaine et ce qui les poussent à vouloir coloniser l’espace. Peut-être un peu d’étude des racines protestantes américaines serait utile ici.

      Ultime destinée, ultime frontière? Expliquez-moi donc la différence pour vous.

      Et Hollywood a tout à y voir, c’est la principale courroie de transmission pour entretenir cette idée que les étoiles et les exoplanètes sont à la portée des humains. Star Trek, Star Wars, ET, Cosmos 1999, La guerre des mondes, Battlestar Galactica, les Jettsons, Mars Attack, Independance Day, Armagedon, etc.

    • Restons sur Terre et essayons de trouver des solutions à notre bêtise.

      C’est moins cher et plus réaliste.

      Exporter l’humain dans le reste du système solaire c’est le polluer encore plus.

      Nous avons déjà mis tellement de déchets en orbite autour de la Terre que c’est une menace à nos satellites.

      Notre espèce est très jeune, et d’après ce que je vois, elle ne durera pas très longtemps…

      Les insectes nous ont vu émerger et nous verrons disparaitre.

      Nous aimons trop la fuite en avant!

    • Le futur à court terme est plus ou moins prévisible. Celui à long terme ne l’est pas.

      Je me souviens d’une vieille émission de science fiction: Les gens étaient sur une station spatiale. Il y a avait un dérèglement de la gravité. Pour tout remettre en ordre, un des astronautes faisait des calculs sur une règle à calcul.

      Personne ne pouvait prévoir l’importance que les micro-ordinateurs et internet prendrait dans nos vies.

      La vraie science-fiction pas les histoires de cow-boy dans l’espace sont souvent des projections du futur de nos sociétés selon divers hypothèses. Et c’est ce qui est intéressant.

    • Nous pourrions imaginer une manipulation génétique sur l’homme pour lui greffer un ou deux gènes de la bactérie Deinococcus radiodurans pour le rendre résistant aux radiations. http://en.wikipedia.org/wiki/Deinococcus_radiodurans

      Sinon, il faudra se faire à l’idée que construire des capsules pourvues d’un blindage assez épais pour réduire significativement les radiations du voyage coûtera une petite fortune et siphonnera beaucoup de ressources sur terre pour un retour sur l’investissement négatif.

      Pour les voyages interstellaires, il faudra découvrir une nouvelle physique, parce qu’avec la physique connue aujourd’hui c’est carrément impossible. Ce n’est même pas un défi technologique.

      Et soyons réaliste, la découverte de l’Amérique a été réalisée parce que les rois qui ont financé les expéditions s’attendaient à un immense retour sur leur investissement. Et ça été le cas et il y a eu colonisation à cause du retour sur l’investissement.

    • @ Goupil,

      Parles-moi-en des maudits insectes !

      Au moins ils n’auront plus nos chaires à se mettre sous le dard !

      B.D.

    • Ahhh zut moi qui reve depuis que je suis kid d’aller vivre sur Mars depuis et de me faire passer pour un Martien fous qui se pense terriens comme dans Mars Chronicle de Ray Bradbury!!! Ben coudonc…

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