Sciences dessus dessous

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  • Jean-François Cliche

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    Mardi 26 mars 2013 | Mise en ligne à 14h17 | Commenter Commentaires (17)

    Nucléaire : la renaissance était-elle vraiment morte ?

    Intéressant document que le gouvernement britannique vient de publier sur sa vision à long terme de l’énergie nucléaire. Les Anglais ont la réputation d’avoir une sainte horreur des idéologues, et on trouve effectivement dans ce texte un bel exemple de leur proverbial pragmatisme.

    Le point de départ de leur stratégie est que, réchauffement planétaire oblige, le monde a d’abord et avant tout besoin d’énergie qui n’ajoute pas ou peu de carbone dans l’atmosphère. Les énergies renouvelables correspondent évidemment à ce souhait, mais le nucléaire aussi, si bien que Londres prévoit, à court terme, l’ajout de 16 gigawatts de puissance nucléaire à son parc énergétique d’ici 2020, en plus de dépenser environ 1500 milliards $ en nouveaux équipements au cours des 20 prochaines années.

    Mais à plus long terme, il n’est pas question de s’enfermer dans une seule avenue de solution, pas question (pour l’instant) de ne retenir qu’une seule forme d’énergie ni d’en exclure une à tout jamais. Le plan britannique pour réduire les émissions de carbone d’ici 2050 inclut un cocktail énergétique varié à l’intérieur duquel le poids du nucléaire s’avérer grand comme infime parce que, et c’est le passage qui me plaît :

    «la politique du gouvernement veut que, à long terme, il devra y avoir une compétition entre les différentes formes de production d’électricité sans carbone. Le gouvernement n’énonce pas de cible pour le déploiement de centrales nucléaires. L’envergure de son programme nucléaire dépendra de l’efficacité des développeurs».

    Bref, on essaie un peu tout et on voit à l’usage ce qui fonctionne le mieux. À une époque où les principaux types d’énergie sans carbone sont encore davantage dans les promesses que dans l’expérience à long terme — les premiers balbutiements de l’éolien et du solaire à grande échelle ne sont pas si loin derrière, le stockage du carbone en est encore à la phase démonstration, et la prochaine génération de réacteurs nucléaires s’enligne pour alléger grandement le problème des déchets radioactifs, mais cela reste à voir —, il me semble que c’est en plein l’état d’esprit dans lequel on doit aborder la question énergétique.

    Il est aussi intéressant de noter que la position de Londres ne cadre pas du tout dans le mouvement international (ou ce qui avait les apparences d’un mouvement de fond) de sortie du nucléaire, que l’on croyait voir se dessiner dans les mois qui ont suivi la catastrophe de Fukushima. Après une vingtaine d’années de stagnation, l’industrie nucléaire mondiale avait repris une erre d’aller dans les années 2000, que l’on avait baptisée «renaissance du nucléaire», avant que l’accident japonais ne vienne la compromettre.

    Or si certains pays ont bel et bien décidé de faire une croix sur l’atome dans la foulée de Fukushima — et non les moindres, soulignons-le : l’Allemagne est un très gros joueur, sur les plans tant économique que scientifique, et la Suisse n’a rien d’une campagne arriérée —, il semble que, si l’on me prête l’expression, la renaissance ne meurt plus aussi vite qu’en 2011. En plus de la Grande-Bretagne, rappelons que le Japon a renoncé à sortir du nucléaire et que les États-Unis ont repris la construction de centrales, bien qu’ils semblent préférer les «centrales de poche».

    Alors à votre avis : est-ce que les heures du nucléaire sont toujours comptées, ou est-ce que Fukushima n’aura au final marqué qu’une pause dans sa renaissance ?


    • Fukushima ne marquera qu’une pause. Je ne pense pas que les énergies renouvelables soient capable d’assurer une puissance de base suffisante pour faire une réelle différence au chapitre des émissions de CO2. Le nucléaire reste la seule technologie commercialement disponible capable d’assurer cette fonction. J’aime bien le concept des centrales de poche qui auraient l’avantage d’être normalisées, pré-approuvées et rapidement implantées. Et oui, il faut faire appel aux énergies renouvelables et à la réduction de la demande autant que possible. Contrairement à ce que l’on est habitué d’entendre, l’approche de la Grande-Bretagne est raisonable et réaliste.

    • Bien que de toute évidence il est souhaitable de prioriser les sources d’énergie renouvelables il ne faudrait pas pousser le dogmatisme jusqu’à de payer le luxe de rejeter arbitrairement sans analyse l’utilisation d’autres formes d’énergies en les regardant de haut.

      Le nucléaire pose des problèmes bien réels mais plusieurs pays dont la France ( 80 % de nuc) en font un usage réaliste et pragmatique et le nucléaire à même démontré son utilité dans l’espace ou il a livré la marchandise pour certains usages. On peut préférer ne pas choisir le nucléaire pour des raisons purement économique qui justifient en soi ce choix ou pour des raisons de sécurité mais la plus mauvaise raison est d’en faire un dogme ou une obsession.

      Certes la disposition des déchets pose problème et ce n’est pas en vitrifiant ces derniers pour les balancer dans l’océan en se disant après moi le déluge qu’on règle ce problème . De plus ce n’était pas certainement un bonne idée de construire des centrales a des endroit risqués comme sur le bord de mer ( tsunami ) des sols instables ou dans des endroits de population dense , la localisation des centrales devrait être mieux étudiée me semble qu’on devrait apprendre de nos erreurs .

      Si la dynamite est dangereuse on peut quand même s’en servir utilement en prenant certaines précautions et c’est plus l’usage qu’on en fait qui pose problème que le produit , il en va de même du nucléaire .

      L’idée de centrales plus standardisées pré construites et bien localisées pourraient s’avérer un complément utile pour certains réseaux moins bien pourvus en renouvelables. Et quoi qu’on dise pour convaincre il y en aura toujours qui capoterons sur le mot en soi … prononcer le mot Nucléaire et ils tombent en pleine crise d’Apoplexie comme certains le font si vous leur dites que le pain contient du «Gluten» ou que vous conservez du dangereux beurre de peanut dans votre frigo, qui pour certains convaincus est même pire que le nucléaire!

    • 100% d’accord avec pensez-y.

      L’énergie c’est le sang de l’économie.
      Et le sang contaminé fossile actuel devra être remplacé par le sang nucléaire un peu moins contaminé.
      Sinon c’est l’hypotension économique, le vertige financier et l’évanouissement de la masse monétaire.

      Il y aura tellement de grosses piastres à faire avec les énergies alternatives quand les ouragans comme Sandy viendront frapper la côte est des États-Unis tous les deux ans que ces derniers vont finalement faire le bond technologique requis pour remplaçer à la fois l’énergie fossile et nucléaire.

      Un bond technologique énorme, mais réalisable.
      Surtout si on regarde les bonds technologiques précédents, que ce soit celui de l’aviation pendant la deuxième guerre mondiale, celui du projet Manhattan, ou celui du programme Apollo.

    • .
      L’atome reste la source d’énergie du futur … que ce soit par fission ou, espérons un jour, par fusion.
      Les besoins d’énergie grandissent génération après génération. On pourrait imaginer un monde dans lequel le technologie permet des économies substantielles d’énergie, mais il deviendrait trop structuré et le monde ne fonctionne bien que dans un système compétitif sinon il s’enlise dans les cartels, la corruption, les abus et le manque d’innovation (un peu comme le communisme).

    • On assiste à une recrudescense de l’exploration pour l’uranium actuellement. La Saskatchewan vient d’ailleurs d’annoncer des mesures pour en favoriser davantage l’exploitation (dont une baisse des redevances, “believe it or not”!!). Bien que les énergies fossiles sont et seront encore disponibles en grande quantité, nul doute que le nucléaire saura garder sa place dans de nombreux pays évolués.

    • La catastrophe de Fukushima?!?! Pourquoi les journalistes emploient toujours ces mots? Il n’y a pas eu de catastrophe nucléaire à Fukushima malgré tsunami. Les réacteurs ont été arrêtés automatiquement, il n’y a pas eu d’incendie nucléaire et peu de matière radioactive s’est retrouvée dans la nature. En fait, cet événement est la preuve que l’énergie nucléaire est une des plus sécuritaires qui existent.

    • @jaylowblow

      Vous avez tort; Fukushima est une catastrophe. Mis à part la catastrophe financière, cet évènement a causé l’émission d’une grande quantité de CO2 dans l’environnement par l’utilisation des combustibles fossiles par les centrales thermiques qui ont pris le relais. L’autre catastrophe est la diffusion dans l’environnement de radio-activité et de télé-activité qui contamineront l’opinion publique pendant des années encore.

    • A Fukushima, les systèmes de sécurité ont arrêté le réacteur mais on a tardé à réalimenté en eau les réacteurs par orgueil national. Le Japon était mal pris et n’a pas appelé à l’aide.

      Il existe dans le monde suffisamment de pompes portatives de toutes grandeurs, de génératrices, de boyaux et d’hélicoptère pour qu’en quelques jours avec de l’aide qu’on ait rétabli cette alimentation en eau mais on a attendu que les réacteurs surchauffent. Et s’il y a une chose que je connais dans la vie, c’est pomper de l’eau.

      Le nucléaire est une technologie sure. Il est peu probable que l’on réduise notre consommation d’énergie, on s’en va vers un mur avec l’utilisation excessive d’énergie qui émet du CO2. Par peur d’un problème potentiel de surveillance des déchets dans 10 000 ans, on va se créer d’énormes problèmes dans 100 ans.

    • @jim,

      Mais l’énergie nucléaire est extrêmement coûteux… et c,est surtout extrêmement dangereux. Sans oublier que les déchets sont des sources de problèmes incommensurable.

    • @mononke,

      Mais la dispersion de la technologie nucléaire à travers le monde ne favoriserait-elle pas la prolifération de l’armement nucléaire ? On a qu’à penser aux programmes nucléaires indien et pakistanais qui n’auraient probablement jamais vu le jour sans «l’aide» du Canada.

    • @ Walt68

      Je suis d’accord avec vous que le nucléaire c’est coûteux et que ça cause pleins de problêmes.
      Je suis moi-même plus écolo qiue la moyenne mais qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ?

      Imaginez que pour alimenter votre maison en électricité vous ayez le choix entre seulement un seul parmi trois “brakers” (interrupteurs).

      Braker 1 :
      Énergie fossile pas chère mais qui va créér une innondation dans votre sous-sol dans dix ans à cause des changements climatiques.

      Braker 2:
      Énergie Nucléaire qui coûte plus cher, qui va ajouter un dépotoir radioactif pour les prochains 1000 ans dans votre arrière-cour mais qui par contre n’innondra pas votre sous-sol.

      Braker3:
      Énergie verte qui coûte encore plus cher parce qu’elle ne sera pas encore au point avant 10 ans.
      Tellement chère que vous aller devoir mettre votre maison en hypothèque et si vous perdez votre job, bye bye la maison.

      Quel braker allez-vous choisir pour faire fonctionner votre téléviseur, votre frigidaire, et surtout votre cuisinière ?

      Parce que si vous ne choisissez aucun braker vous allez être obligé de:

      -jouer au scrabble pour passer vos soirées,
      -faire le lavage à la main
      -de ne manger que des aliments crus, pas de viande et rien que des conserves tièdes pour les dix prochaines années ?

    • @ Walt68
      (ajout)

      Vous me direz si vous êtes d’accord mais moi je pense que la meilleure solution c’est de remplacer le braker 1 aussitôt que possible par le braker 2 pour les prochains 10 ans et/ou jusqu’à ce que d’ouvrir le braker 3 coûte moins cher.

    • Toute technologie, énergétique ou autre, présente des inconvénients petits et grands. Le choix, sensé, sera toujours de choisir les avenues présentant le moins de risques possibles pour la santé, l’environnement ou l’économie. Le problème avec le nucléaire (de fission) ce sont les déchets qui représentent un sérieux problème tant au niveau de la santé que de l’environnement. Et pas à court, moyen ou long termes mais surtout à très très long terme : on parle ici de dizaine de milliers d’années dans le cas de certains produits radioactifs comme le plutonium. Ce même plutonium qui sert de matériau de base pour la production de bombes nucléaires. Chaque année de production d’énergie électronucléaire alourdit la somme des problèmes qu’il faudra bien résoudre un de ces jours. Nous tentons de maîtriser l’énergie de l’atome depuis plus de 60 ans sans avoir résolu adéquatement le problème des déchets radioactifs. Avant de se lancer dans une fuite en avant dans cette filière énergétique, pourrait-on investir un peu dans la recherche de solutions durables pour ces questions. Et on ne parle même pas du problème de la sécurité des matières fissiles à l’heure du terrorisme religieux et politique.

    • Jim777,

      Combien vous en voulez des breakers, 2-…3…Y a rien là, stie…

      Blague à part. Il me semble que chaque région du monde devrait choisir prioritairement ce qui l’avantage entenant compte des coûts écologiques.

      Ici, au Québec, des courants d’eau, ce n’est pas cela qui manquent. Par contre, je cois que le centre du Canada n’est pas choyé en rivières «harnachables»… mais je me demande s’il y a assez d’ensoleillement, car si vous aviez habitez en ALSAMA, vous sauriez que les journées sans nuages ne sont pas rares.

    • @walt68

      Beacoup de soleil en Alsama pour l’énergie solaire.
      C’est aussi la patrie d’Alsama Ben Laden, hélas, et de ses pétro-terroristes conservateurs.

    • @jim777,

      Ha, ha, ha. Elle est bonne. C’est vrai que le pétrole est roi dans cette région du pays.

    • @pensezy

      Excellent! Je ne l’avais pas vu comme ça mais vous avez tout-à-fait raison.

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