Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
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    Vendredi 22 mars 2013 | Mise en ligne à 10h32 | Commenter Commentaires (16)

    Budget fédéral et sciences : plus ça change…

    En tout cas, on ne pourra pas accuser le gouvernement conservateur de manquer de suite dans les idées, en matière de financement de la science. Ses budgets se suivent et se ressemblent tellement de ce point de vue que, pour celui que le ministre des Finances Jim Flaherty a présenté hier, je pourrais presque faire un copier-coller de mon billet de l’an dernier…

    Essentiellement, le vocabulaire y change un peu, il y est moins question de coupures et de «recherche dirigée par l’industrie», et davantage question de main-d’œuvre hautement qualifié et de commercialisation de la recherche, mais l’idée maîtresse demeure la même : la recherche fondamentale n’intéresse pas beaucoup le Parti conservateur (soulignons tout de même ici 165 millions $ pour Génome Canada), qui préfère, et de très loin, la recherche appliquée, les infrastructures et les «spin offs».

    Le dernier exercice financier du fédéral réserve 225 millions $ d’argent neuf pour la Fondation canadienne de l’innovation, qui finance les infrastructures universitaires. Tant mieux. Les trois fonds fédéraux qui subventionnent directement la recherche (CRSH en sciences humaines, IRSC en santé, et CRSNG en sciences et génie) recevront quant à eux 37 millions $ de plus — rappelons ici les coupures de l’an dernier —, mais cet argent sera réservé aux «partenariats de recherche avec l’industrie», rapporte Nature. De même, le Conseil national de la recherche héritera quant à lui de 121 millions $ sur deux ans pour «appuyer la croissance des entreprises innovantes».

    Au risque de me répéter : de la recherche appliquée, il en faut, parce que c’est un type de recherche qui a très certainement son importance. Du capital de risque pour démarrer des entreprises à partir de découvertes, il en faut aussi. Et l’argent que le fédéral injecte dans ces secteurs doit être inscrit dans la liste des bons coups du gouvernement Harper. Mais son insistance monomaniaque à ne favoriser que cet aspect de la recherche témoigne à mon sens d’une courte vue. Pour avoir des spin offs et des sujets de recherche appliquée, il faut aussi un recherche fondamentale florissante, ce que l’actuel gouvernement néglige jusqu’à un certain point.

    AJOUT (25 mars) : Un autre lien vers un texte sur le même thème, paru dans Science celui-là, et qui dit la même chose que les autres. Soulignons ces passages : «The new budget promises stiffer competition for a smaller pool of research grants. What little new money is made available will again be funneled into targeted “industry-academic” partnerships (…whose) amount exactly offsets the reductions announced last year as part of a government-wide budget-cutting exercise.»


    • Les $165 millions de Génome Canada devraient servir à trouver le gène de la peur pour guérir les Conservateurs.

    • Cessons de dépenser pour la recherche. On en sait déjà trop.

    • Bonne idée pensezy, ce qu’on ne sait pas ne nous fait pas mal. :-)

    • ..Mais avec un ministre des Sciences qui affiche ses croyances créationnistes, à quoi peut-on s’attendre sinon à la mise sur pied d’un «Office de la surveillance des libertés religieuses»?

    • @pensez-y: il y a effectivement des effets pervers à la connaissance. Sans la connaissance de médicaments injectables contre la maladie du sommeil et autres maladies tropicales, le HIV-1 serait probablement mort de sa belle mort en Afrique Centrale (1), un peu comme le HIV-2 (lui aussi transmis “grâce” aux soins médicaux) est présentement en train de mourir de sa belle mort.

      Mais si la connaissance avait été plus avancée dans les années 1920-1960, il y aurait eu beaucoup plus de médicaments qu’on peut prendre par voie orale (et donc peu de risque de transmettre HIV par la voie d’aiguilles et de seringues mal stérilisées) + plus de connaissances sur la nécessité de stériliser rigoureusement les seringues et aiguilles avant réusage.

      Donc, sans connaissances médicales, pas de SIDA; avec beaucoup de connaissances médicales, pas de SIDA; avec une quantité moyenne de connaissances médicales, une pandémie de SIDA!

      Le livre passionnant et excellent à lire sur ce sujet est “The origins of AIDS” (Cambridge University press) de Jacques Pépin, professeur à l’uni. de Sherbrooke.

      (1) Celui qui a été infecté par le SIVcpz aurait peut-être infecté sa femme. Les 2 seraient probablement morts du SIDA. Fin de l’histoire et fin de l’existence du HIV-1 chez l’humain.

    • @pensezy,

      Lorsque vous affirmez qu’on en sait déjà trop… avez-vous mis vos mains devant vos yeux ?

      @honorable,

      Où avez-vous été chercher votre affirmation ?

      @gl000001,

      La peur est un phénomène extrêmement important, sans elle, la plupart des explorateurs n’auraient jamais réussi leurs exploits, car ils seraient morts par négligence.

    • @walt68: du livre du professeur Pépin:

      “We end up with one human infected from chimps, or three if transmission per exposure was closer to 3 %. (…) Then, if we were to assume that urbanisation and urban prostitution were the only amplifying mechanisms, we need only one of these SIVcpz-infected hunters to infect a first prostitute in a colonial city (…). A number of factors made such a process a bit UNLIKELY (NDLR: i.e. i59 chances sur 60 que ce ne processus n’ait pas eu lieu). (…) However, this chain of events would have been INFINITELY more likely, even unavoidable, if there had been, somewhere in one of these countries, an initial phase of parenteral amplificatioin of SIVcpz/HIV-1 through re-usable syringes and needles for the treatment of tropical diseases. For this to happen, we would need one of the two SIVcpz-infected men to be diagnosed with a tropical disease and to receive an IV drug. For a villager, this was was much more probable than migrating to a city and infecting a prostitute. (…) Opportunities for the parenteral transmission of blood-borne viruses first arose with the campaings against sleeping sickness, with the early treatment of leprosy, at exactly the right place and time. A few years later, massive iatrogenic transmission of hepatitis C virus (HBC) occurred in south Cameroun through the parenteral treatment of malaria (…). (…) Transmission of HIV-1 is ten times more effective through the sharing of needles and syringes than via sexual intercourse. (…) The tragic iatrogenic epidemic of HIV-1 in Romania and Libya, which, long after HBC, HCV and HIV were identified, occurred in countries with far more resources than most available in central Africa during the early 20th century, demonstrated the potentially devastating efficacy of healh care in spreading HIV-1 parenterally. (…) At some point between 1960 and 1966, aamong the 4 500 teachers dispatched to Congo-Léopoldville, a single Haitian technical assistant was infected with HIV-1 group M subtype B. Around 1966, this person went back to Haiti and stayed long enough to start a local chain of sexual transmission. There, this rare subtype of oHIV-1 had to be amplified exponentially early on, other wise it would have been impossible for a virus introduced in 1966 ot infect 8 % of women in Port-au-Prince 16 years laer, reaching a level seen in Léopoldville-Kinshasa only several ecades after its introduction. (…) The one new message that the HIV epidemic should bring home is that well-intentioned human interventions can have unpredictable and disastrous microbiologic consequences. (Pépin, p. 223-236)

      Ce que Pepin ne discute pas: les 29 millions de morts par le SIDA causés par les soins médicaux (et amplifiés, bien sûr, par la prostitution et la promiscuité de nombreux homosexuels) sont-ils compensés par plus de 29 millions de personnes sauvées? La réponse est très certainement, à mon avis: OUI. La meilleur manière de ne pas se faire blâmer est de ne rien faire. Quiconque agit fait, à un moment ou un autre, quelques erreurs.

    • Quand on gère comme un pied et qu’on sait qu’on est incompétent il est normal de trouver des partenaires qui pourront au besoin prendre le blâme , c’est moins risqué politiquement , si c’est un succès c’est le bon gouvernement qui travaille bien et si ça foire et ben qui osera blâmer des entreprises qui crée et des jobs…

      Juste un peu moins pire que de quand les économistes blâme « la conjoncture économique » y a tu quexqun qui a déjà vu ça en personne la conjoncture , à la limite Dieu et la sainte vierge font l’objet de quelques apparitions présumées mais la «conjoncture» c’est une coche au dessus …. ….

      Ou d’investir ‘’safe’’ dans la brique et les infrastructures , mais des labs ultra moderne même on sait que ça en prend mais quand y a pas de chercheur dedans ça fait pas avancer grand-chose…

      Fédéral ou provincial même gestion d’ignorant crasse….

      Et j’ai pas changé d’idée par rapport a l’an passé : je m’auto cite sur ce blogue sur les coupures ….

      «La plus mauvaise façon de gérer en RD est de gérer en dent de science soit par des injections arbitraires suivie de coupures massives parce que le fait d’avoir mis ben du cash ne donne pas à court terme les résultats espérés. Partout ou les rendement de la rd sont élevé on constate que c’est beaucoup moins une question de niveau que de CONSTANCE, , d’HONNÊTETÉ , de TRANPARENCE et de COMPÉTENCE( comités de pairs et d’experts neutres qui s’assure qu’on fait vraiment de la RD).
      Après des coupures massive l’arrivée de fond ( qui ne seront pas disponibles avant six mois plus les candidature et les analyses de dossiers soit juste à temps pour les prochaines coupures !)L les équipes de rd prennent un certain temps avant de se rebâtir lors qu’ils ont été mis au régime ses de plus il faut atteindre un rythme de croisière et ça ne s’improvisent pas en calquant sur des trimestre budgétaires)»

      Et le pire je dirai probablement la même chose l’an prochain j’aurai un an de plus et on pourras à plus juste titre que je radote d’applomb!

    • Je ne dirais pas ce que je pense des conservateurs. Le message ne passerait pas et, dans ce cas là, je dirais que ce serait normal.. Il y a des limites à dire des gros mots dans un blogue…

    • @walt68
      D’accord. Je vais parler de la peur qui paralyse. La peur qui fait qu’un individu gèle devant le danger (réel ou imaginé). La peur qui leur fait se conter des mensonges plutot que de regarder la réalité en pleine face.

    • @honorable
      Vous avez raison mais on ne fait pas d’ommelettes sans casser d’oeufs. On ne peut pas blâmer le premier cro-magnon qui a réussi à allumer un feu avec des silex, pour tous les feux de fôret allumés par l’homme.

      @walt68
      Pensez-vous vraiment que j’ai dit ça sérieusement? Je ne suis vraiment pas assez religieux pour avoir peur du savoir.

    • @pensez-y: et que dire de l’inventeur de la roue? On ne peut tout de même le tenir responsable de tous les accidents d’automobile :)

      C’est pourquoi j’ai écrit ceci: ” Ce que Pepin ne discute pas: les 29 millions de morts par le SIDA causés par les soins médicaux (et amplifiés, bien sûr, par la prostitution et la promiscuité de nombreux homosexuels) sont-ils compensés par plus de 29 millions de personnes sauvées? La réponse est très certainement, à mon avis: OUI. La meilleur manière de ne pas se faire blâmer est de ne rien faire. Quiconque agit fait, à un moment ou un autre, quelques erreurs.”

    • @honorable
      “La meilleur manière de ne pas se faire blâmer est de ne rien faire. ”
      Mais ça rattrape toujours quelqu’un de ne rien faire. A un moment donné, tu perds ta job. C’est arrivé à un de mes anciens directeurs.

      “Quiconque agit fait, à un moment ou un autre, quelques erreurs.”
      C’est l’autre base de la pensée conservatrice. Ne rien faire. Ne rien innover. On ne peut pas faire mieux.
      On va se remettre à soigner tous les maux par des saignées faites par le barbier ?

    • @gl00001: votre ancien directeur n’était pas aussi intelligent que l’homme chauve à lunettes de Dilbert, alors! Ou encore le patron de Dilbert! J’adore ce cartoon… qu’heureusement The Gazette présente à chaque jour, et en double le samedi.

    • PS, en fait, on essaie de remplacer l’homme chauve à lunettes par un robot dans le plus récent cartoon. Mais je parie que l’homme chauve à lunettes va réussir à s’arranger pour qu’on mette à la porte le robot!

    • @ honorable
      «La meilleur manière de ne pas se faire blâmer est de ne rien faire»
      pas vraiment puisque vous le dites autrement

      on essaie de remplacer l’homme chauve à lunettes par un robot dans le plus récent cartoon. Mais je parie que l’homme chauve à lunettes va réussir à s’arranger pour qu’on mette à la porte le robot

      Pour ne pas se faire blamer vaut mieux que quelqu’un écope a notre place ( un partenaire , un ami ( sic) , un employé , ) comme l’as bien compris le chauve a lunette …( les lunettes ça permet probablement de voir plus loin que son nez!) … :-)

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