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  • Jean-François Cliche

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    Vendredi 1 mars 2013 | Mise en ligne à 10h20 | Commenter Commentaires (10)

    Fukushima : peu de cancers à prévoir

    L’Organisation mondiale de la santé a publié hier ses calculs au sujet des effets que l’accident nucléaire de Fukushima aura sur la santé des Japonais, et le pronostic est plutôt bon : l’accident causera somme toute peu de cancers supplémentaires. Mais il semble aussi que, grâce à des vents favorables, la région a été chanceuse dans sa malchance.

    Comme il existe plusieurs types de radiations, qui varient eux-mêmes en intensité, et que chaque type a des effets différents selon l’endroit du corps qui est touché, on mesure les doses de radiation reçues en Sievert (plus souvent en milliSievert, mSv, car 1 Sv est déjà une grosse quantité), qui équivaut à 1 joule de rayonnement par kilogramme de poids corporel, quantité que l’on ajuste ensuite mathématiquement pour tenir compte du type de rayonnement et de la sensibilité variable des organes. Comme point de comparaison, notons que le fond naturel de radioactivité qui nous provient de la croûte terrestre et de l’espace tourne autour de 2 à 3 mSv par année. On considère généralement que toute exposition peut en principe mener à un cancer, mais le seuil à partir duquel les effets cancérigènes des radiations deviennent statistiquement observables (même sur de très grands échantillons) est d’environ 100 mSv par année.

    Dans les deux zones les plus touchées par la radioactivité, lit-on dans le rapport de l’OMS, les doses de rayonnement varient de 12 à 25 mSv (durée non spécifiée). Cela devrait se traduire, par exemple, par une augmentation de 7 % des taux de leucémie (sur la vie entière) chez les bébés de sexe masculin, qui sont les plus à risque au départ — donc au lieu d’avoir une chance d’environ 1,55 % de recevoir un diagnostic de leucémie au cours de leur vie, ces garçons courront un risque de 1,55 x 1,07 = 1,66 %.

    Le risque le plus accru sera celui de développer un cancer de la thyroïde, qui passera d’environ 0,75 % à 1,25 %.

    En outre, souligne ce compte-rendu de Nature, il semble que le Destin ait été plutôt bon pour la région, car les vents qui soufflaient aux moments les plus critiques de l’accident nucléaire ont poussé le gros de la radioactivité au-dessus du Pacifique. (Il faut dire que ledit Destin en avait très lourd à se faire pardonner, après un séisme d’une amplitude de 9 et un tsunami de 14 mètres qui ont fait 16 000 morts.) La région de Fukushima, dont une partie est toujours interdite d’accès, peuvent donc se consoler un peu en se disant que cela aurait pu être encore pire…


    • la direction des vents dominants est une caractéristique importante à évaluer dans le choix d’un site pour une centrale nucléaire. Donc, il n’y a pas que de la chance, mais probablement qu’on avait tenu compte de ça lors du choix du site. En ce qui concerne l’exposition, non seulement la dose, mais aussi la durée de l’exposition est importante. Voici, pour vous donner une idée, les normes utilisées en exploration minières pour l’uranium en ce qui concerne l’exposition à des roches minéralisées en uranium. http://www.lrws.gov.sk.ca/radiation-protection-guidelines-uranium-exploration

      En effet, mais le document que j’ai utilisé (le résumé en français) ne mentionne malheureusement pas de durée pour les doses reçues proches de Fukushima.
      JFC

    • Il faudrait aussi tenir compte des effets sur la santé dus au CO2 additionnel qui sera rejeté dans l’atmosphère par les centrales au charbon qui doivent prendre la relève de Fukushima.

    • Apres une des pires catastrophes nucleaires civiles, l impact sera donc minime sur la sante humaine….Je connais plusieurs ecolos qui veulent sortir le QC du nucleaire a tour de bras avec leurs scenarios catastrophes, n aimerons pas votre billet de ce blog

    • @jpthoma1 et jpc,

      il y a tout lieu de croire que les doses indiquées sont des doses annuelles. Dans le document référé par jpthoma1, il s’agit de taux de doses (mSv/h), et dans ce cas, il faut effectivement calculer la durée de l’exposition aux différents taux de doses. Alors que dans le texte de JFC, il s’agit de doses. Comme normalement nous mesurons en dose annuelle le danger que représentent les radiations.

      P.S.: Après consultation du document Health risk assessment… page 39, il s’agit des doses pour la première année d’exposition.

      Ah ! Merci dcsavard !
      JFC

    • @xrayone

      Ne vous en faites pas, ils trouveront le moyen de jouer avec la crédulité des gens en présentant des chiffres alarmants du genre “6 fausses couches sur 10 dans la région de Fukushima durant la dernière année étaient dues à des malformations”, statistique qui est tout-à-fait normal mais tellement facile à utiliser quand on veut faire peur au monde.

    • Bah! Facile, ils vont dire que l’OMS est à la solde du lobby nucléaire comme d’habitude. C’est la parade habituelle quand ils ne peuvent contester les chiffres ils attaquent la crédibilité de celui qui les publie. Tout ça est aussi prévisible qu’un train sur des rails.

    • J’ai entendu dire qu’un peu de radiation aiderait meme a eliminer le cancer.

      Bien ciblée et dosée pour n’affecter que la tumeur, oui. Autrement, c’est le contraire.
      JFC

    • @jaylowblow @xrayone @@xrayone Ben voyons, on sait tous que la réalité n’existe pas et qu’elle n’est qu’une construction sociale.

    • @mh188888,

      le corps humain EST radioactif. Il émet de l’ordre de 6000-8000 Becquerels de radioactivité pour un adulte moyen. Il s’agit principalement de désintégrations bêta du Potassium 40 contenu dans le corps humain. Les aliments riches en potassium sont radioactifs eux aussi, donc les bananes, les fêves rouges, etc.

      Le corps est capable de réparer de lui-même les dégats jusqu’à une certaine limite, d’où l’idée des doses limites à partir desquelles les risques que le corps ne soit pas en mesure de réparer les dégats plus vite qu’ils ne sont causés peuvent conduire à des cancers.

      Irradier des cellules cancéreuses est aussi une façon de les détruire, alternative et complémentaire à la chirurgie et à la chimiothérapie, comme le mentionne JFC.

      Si le corps humain était incapable de réparer les dommages de la radioactivité, il n’y aura pas d’humains sur terre. Nous baignons dans un bruit de fond radioactif depuis que l’homme est homme. Le bruit de fond naturel équivaut à une dose annuelle de 2,4 mSv selon le comité scientifique de l’ONU.

    • Le Japon remettra en opération six réacteurs nucléaires cette année et d’autres suivront l’an prochain. http://www.thehindubusinessline.com/news/international/areva-says-japan-to-relaunch-six-reactors-in-2013/article4475452.ece

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