
Le chimpanzé est notre plus proche parent toujours en vie, mais il semble que nous n'ayons jamais partagé son «régime matrimonial», dit multimâle-multi-femelle. PHOTO TIMOTHY CHONG, REUTERS
La Saint-Valentin est, en théorie, une excellente occasion de soulever ce genre de question. Quand on fête l’amour, il est légitime de penser aussi à ses travers, aux amours qui vont mal. Mais pour cette question-ci en particulier, il était sans doute plus sage d’attendre que le 14 février soit passé : l’Homo sapiens est-il fait pour la monogamie ? Son évolution l’a-t-elle adapté pour la vie dans une couple durable ?
Mon projet de départ était d’explorer les traces que cette évolution a laissé sur le corps humain, traces qui peuvent apporter des éléments de réponse. Cet aspect a fini par être résumé dans une infographie. Pour le reste, la réponse est essentiellement : oui, nous sommes une espèce plutôt monogame, mais avec des «petits bouts qui retroussent», pour ainsi dire. D’après les lectures et les entrevues que j’ai faites, il semble qu’un de nos ancêtres, possiblement Australopithecus afarensis, était une espèce polygyne — c’est-à-dire que les mâles rassemblaient autour d’eux des harems, comme le font par exemple les gorilles.
Chez ces espèces, la compétition entre les mâles est très intense, sinon brutale, ce qui explique pourquoi ils sont beaucoup plus gros que les femelles (jusqu’à deux fois plus chez le gorille). Chez les espèces monogames, comme le gibbon (un grand singe d’Asie), la taille des individus des deux sexes est égale. Or bien qu’il reste encore un petit débat là-dessus, il semble assez bien établi, m’a-t-on dit, qu’un de nos ancêtres, l’australopithèque afarensis, avait un dimorphisme sexuel marqué, les mâles étant environ 1,5 fois plus lourds que les femelles. Il s’agissait donc d’une espèce polygyne. Par comparaison, ce ratio est d’environ 1,2 chez nous, ce qui pourrait signifier qu’une pression de sélection nous aurait poussé vers la monogamie — possiblement, m’a-t-on dit, parce les enfants humains demandent un investissement parental plus long que les grands singes, mais ce n’est qu’une hypothèse.
Il est cependant clair qu’il nous reste des vestiges d’une époque polygyne, comme les différences homme-femme dans le visage, la pomme d’Adam, etc. — ce qui, s’il est besoin de le spécifier, ne justifie ni n’excuse aucun comportement. Il faut aussi noter que même chez les animaux qui sont très adaptés à un «régime matrimonial» en particulier, on en trouve toujours qui s’en écartent ; on voit ainsi des animaux polygames montrer une préférence marquée pour un individu en particulier, et des animaux monogames qui vont «voir ailleurs».
Plus de détails dans mon papier paru ce matin dans Le Soleil.

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kakousse
16 février 2013
15h20
.
Si je comprends bien, en développant de plus en plus les services pour “monoparentalité” (garderies à 7$, congé …, retrait préventif, …), on s’organise pour assurer la survie de la progéniture et on combat une évolution qui a forcé/encouragé l’homme à la monogamie.
C’est quand même bizarre de constater comment la société combat la nature … même pour des facteurs inconscients !
jim777
16 février 2013
22h24
Quand ma copine a appris que j’avais lu cet article, elle a eu peur que ça m’influence.
Je l’ai tout de suite rassurée et j’ai dû lui promettre que jamais je ne la tromperais avec une guenon.
honorable
17 février 2013
10h21
Même si on sait que les mâles ne sont pas toujours très regardants ou sélectifs, se pourrait-il qu’ils préfèrent les femelles plus petites qu’eux? Ainsi, la sélection se ferait à 2 sens: les femelles préfèrent les gros mâles et les mâles préfèrent les petites femelles, ces 2 facteurs se combinant et se renforcent pour créer les différences de poids et de dimensions qu’on observe.
mononke
17 février 2013
10h48
Bon dans le domaine de la monogamie on pourrait dire que si le taux réel d’adultère devait être beaucoup plus élevé que 10 %. C’est que 10 osent aller jusqu’au bout, probablement que le double adorent flirter avec l’idée, et que 100 % se contentent d’en rêver . Mais d’après les taux de divorce le compte est probablement beaucoup plus élevé. Les études démontrent également que l’établissement d’un contrat moral de ‘’non divulgation’’ est particulièrement difficile à établir et encore plus à respecter …et que passé 5 fois avec le ou la même complice c’est le piège… difficile d’en sortir …
Dans plusieurs cultures la polygamie est encore officiellement permise et si on la regarde avec d’autre yeux que ceux de la morale chrétienne elle n’est pas si noire que l’image qu’en font certains.
Mais comme tout dans la vie n’est pas noir ou blanc et comme le démontre le succès inexplicable d’ouvrages comme ‘’ Fifty shade of grey ‘’ si on est en moyenne fidèle à environ 90 % c’est parce qu’on la remplace beaucoup en imagination , films livres etc .
Mais revenir à la base nous oblige à prendre un peu de recul sur nos comportements, qui sont souvent mins complexes qu’on pense lorsqu’on y associe des intentions totalement inventées….
dcsavard
17 février 2013
11h34
Je viens d’aller faire un tour sur le pèse-personne et je crois que j’ai droit à deux femelles. C’est où qu’on s’inscrit?
honorable
17 février 2013
11h50
@savard: pour une femelle typique, c’est le poids moins la graisse qui compte quand elle évalue le “pesant” de son mâle. N’oubliez pas cette nuance…. et faites la soustraction appropriée… avant de réclamer votre dû.
psychic
17 février 2013
14h18
L’adultère est essentiellement un problème mâle. Les mâles de toutes les espèces se contentent de ce qu’ils ont sous la main pas les femelles, les femelles se posent un peu plus de questions. Ce qui est une bonne chose car le monde serait un véritable bordel et il n’y aurait pas tout ce jeu de séduction que nous voyons tous les jours. Vive les femelles sélectives.
À 20 % de femmes adultères contre 25 % chez les hommes, je ne crois pas que l’on parle d’un problème «essentiellement» masculin.
JC
jeanfrancoiscouture
17 février 2013
14h25
..@JFC: «Anatomie»??¸Ne serait-ce pas plutôt «biologie» ou encore «génétique» de l’adultère?
:-)
JFC
jim777
17 février 2013
15h23
@ psychic
Mon point de vue:
Chaque individu cherche inconsciemment par la procréation à inclure son baggage génétique chez les générations subséquentes.
Et à l’associer, toujours par la procréation au meilleur baggage génétique possible chez le sexe opposé.
Pour parvenir à ces deux objectifs,les mâles compétitionnent entre eux, les femelles choisissent le “meilleur” mâle résultant de cette compétition.
D’un point de vue arithmétique, la femelle chez les primates n’a généralement qu’un seul ovule par mois à féconder.
Ça implique plus de magasinage et d’être plus sélective avant de mettre son seul oeuf dans le même panier.
À l’inverse, le mâle chez les primates peut produire des millions de spermatozoïdes chaque jour, il peut donc se permettre d’être moins regardant sur son investissement génétique.
Et donc son but à la base est de disséminer son patrimoine génétique au maximum dans le plus d’utérus possible.
Sauf que la femelle doit non seulement trouver un père ayant une bonne génétique à transmettre à sa progéniture, après la fécondation elle doit aussi trouver un père pouvant servir de pourvoyeur pendant qu’elle est vulnérable et allaite ses enfants en bas âge.
Alors qu’elle ne peut plus se nourrir elle-même ni ses enfants.
Souvent ces deux pères ne sont pas le même.
Le père ayant le bon baggage génétique et le père pourvoyeur peuvent être deux, ou plusieurs pères différents.
Ce qui neccessite donc un comportement adultère chez la femelle aussi.
Les humains ont été des primates préhistoriques pendant des centaines de milliers d’années.
Ce n’est pas en 6000 ans de civilisation que ces comportements programmés dans nos gènes ont eu le temps de changer.
C’est pourquoi selon moi les femmes vont être presqu’aussi adultères que les hommes pendant encore un bon bout de temps.
jim777
17 février 2013
15h45
@ psychic
(ajout)
Ici on apprend qu’après avoir fait un test d’ADN, un père a découvert que trois de ses quatres enfants n’étaient pas de lui:
http://www.journaldemontreal.com/2013/02/05/trois-de-ses-enfants-ne-sont-pas-de-lui
La mère les a donc eus avec un ou plusieurs autres hommes.
Selon plusieurs sources, entre 20% et 30% des tests d’ADN révèlent que le père biologique est différent du père “officiel”:
http://answers.yahoo.com/question/index?qid=20060801094221AAbcfjo
Seule conclusion: adultère de la mère.
dcsavard
17 février 2013
18h07
@honorable,
vous sous-entendus ne vous honorent pas. Je persiste et signe et réclame mon dû. Je ne suis pas gros!
gl000001
17 février 2013
19h12
“vestiges d’une époque polygyne,” … “animaux monogames qui vont «voir ailleurs».”
Il ne faut pas oublier l’intelligence humaine qui amène toutes sortes de phénomènes et conventions culturelles et qui joue sur la stabilité des couples.
@jeanfrancoiscouture
Anatomie est le bon mot.
définition: Au fig. Analyse méthodique et subtile.
1569 fig. « examen minutieux, analyse » (Calvin, Sermon sur le livre de Job, 115 ds Hug. : Si on eust fait quelque anatomie de son cœur, et sondé ou espluché là dedans tout ce qui y estoit … on n’y eust trouvé nulle hautesse secrette).
chip
17 février 2013
19h32
Chez toutes les espèces, la femelle ne peut être fécondée qu’une seule fois par cycle de procréation alors que le mâle doit chercher à féconder tout ce qui bouge dans la portion femelle de sa race. Les tendances adultérines sont de l’atavisme nous venant de l’époque où l’espérance de vie du mâle était pour le moins aléatoire. Quant aux femelles, elles cherchaient (et cherchent toujours) le mâle qui présente les meilleurs attributs à transmettre aux rejetons.
jeanfrancoiscouture
17 février 2013
20h49
..@gl000001,17 février 2013,19h12: «1569 fig. « examen minutieux, analyse » (Calvin, Sermon sur le livre de Job, 115 ds Hug.»
++
Mais voici ce qu’en pense mon Petit Bob. (Robert): «1558. Fig.Vieilli. Étude, analyse minutieuse.»
Mais bon, on ne va pas se crier des noms pour une différence de quelques centaines d’années, n’est-ce pas?
Bonne semaine.
JFC
gl000001
17 février 2013
21h38
@jim777
“Ce n’est pas en 6000 ans de civilisation que ces comportements programmés dans nos gènes ont eu le temps de changer.”
Et pourtant, la morphologie de la femme idéale a changé beaucoup depuis 300 ans et varie d’un pays à l’autre. A paris, sur le bord de la Seine, il y a une sculpture récente de la femme idéale :
http://www.panoramio.com/photo/47823813
jim777
17 février 2013
22h33
@ gl000001
Hahaha !
La morphologie de la femme idéale, si elle évolue à ce rythme-là, implique que l’homme idéal du futur se devra d’être fait de plaxmol (flubber) :
http://www.youtube.com/watch?v=Jgi2SadY9MU
legada
18 février 2013
06h39
En 6000 ans, nos gènes n’ont pas beaucoup changés mais nos comportements eux ont beaucoup changé.
honorable
18 février 2013
07h02
@savard: que vous êtes susceptible! Et pas un gros sens de l’humour. Enfin… vous affirmez vous-même “je ne suis pas gros” tout en prétendant être très pesant! Je vous rappelle que Jean Béliveau se faisait appeler “le gros Bill”
claude_desjardins
18 février 2013
08h36
Vous avez changé votre photo en mortaise…:) Comme je suis plutôt visuel, votre barbe m’a donné du fil à retorde pour retrouver votre blogue…;)
Il y a eu un météorite dans le ciel montréalais au début des années 90. Quelqu’un peut me donner un lien vers cet événement qui est tombé en oubli ?
jeanfrancoiscouture
18 février 2013
09h35
..@gl000001 et @ jim777:
L’homme avait déjà prévu le coup et avait tenté de se mettre à l’abri. Voyez!! :-)
http://www.flickr.com/photos/wellor4884/4753409806/
dr_strange
18 février 2013
10h05
J’ai vu un excellent documentaire qui se questionnait sur la forme et la taille du pénis humain et de sa différence avec celui des autres primates.
On y disait entre autre que la forme du gland permettait de retirer le sperme d’un mâle précédent pour augmenter les chances du mâle actuel. Ceci semblait impliquer que homo sapiens devait être un animal relativement volage sinon, pourquoi avoir un pénis apte à retirer le sperme d’un autre mâle?
Ma théorie à ce sujet est que nous somme monogame, mais seulement temporairement, soit le temps d’assurer la sécurité de notre progéniture les premières années. Le reste incombant à la «tribu».
dcsavard
18 février 2013
11h28
@honorable,
j’ai très bien compris votre humour, vous n’avez pas compris mon autodérision. Mais ça se comprend, sur un fil de discussion c’est toujours difficile de faire comprendre les nuances.
Pour revenir au sujet. Il faudrait mentionner que l’institution du mariage telle que nous la connaissons n’est pas si vieille qu’elle en a l’air. Et que c’est cette institution qui visait à imposer la monogamie. Même la bible n’est pas toujours très claire sur la question. Abraham qui a eu un fils de sa servante et ne semble pas avoir été foudroyé par un éclair pour autant. Des instructions laissées à l’effet qu’en cas de décès de son frère il faille prendre sa femme pour épouse surnuméraire, etc. Donc, le péché d’adultère semble bien relatif.
Le mariage était surtout réservé à l’aristocratie et était un moyen contractuel de former des alliances politiques et économiques. Donc, au Moyen-Age, la population cohabitait et formait des familles temporaires et bigarrées jusqu’à ce que le clergé vienne y mettre de force de l’ordre selon ses propres principes et impose le mariage. La monogamie est surtout une contrainte sociale et légale imposée plus qu’un trait de caractère génétique à mon avis.
eternite
18 février 2013
13h53
Mr j.f. cliche je considere que votre blogue est biaise’ car vous censurez a outrage tout ce qui est contre vos positions sur les sujets traites,un blogue devrait permettre a des opinions differentes d’exister s’ils sont fais selon la moralite du credo de ce journal. Si on n’as pas le droit a ses opinions pourquoi alors un blogue?? Je deplore votre totalitarisme journalistique.
Les commentaires du genre de ceux que vous envoyez — «Dieu a créé l’Univers», «Les caractéristiques de l’homme et la femme ne sont rien d’autre que celle que Dieu leur a donnés à la Création», etc. — relèvent du domaine des croyances et, sur un blogue de science, ne feraient que dévier la conversation. Le fait que quelqu’un comme vous me trouve toutes sortes de défauts est inévitable.
JFC
eternite
18 février 2013
13h55
Vous devriez ecrire exclusivement dans les editoriaux qui se veulent sans blogues.
gl000001
18 février 2013
15h56
@eternite
C’est pourtant simple. Faites comme si c’était un éditorial et ne répondez pas. Et faites une prière à Dieu pour qu’il sauve notre âme de ce diabolique Cliche. ;-)
rogiroux
18 février 2013
17h39
Tout le monde a droit à son opinion mais les opinions n’ont pas toutes la même valeur à priori! Elles ne sont pas toutes égales et n’ont pas toutes le même poids. Certaines sont plus étoffées, robustes, sophistiquées et crédibles que d’autres car elles sont supportées par leur originalité, la logique, une longue réflexion, un raisonnement éclairé, une recherche approfondie et une solide argumentation intellectuelle qui tient compte du contexte qui tient compte du contexte social pertinent. .
Une opinion sans substance et qui s’appuie sur l’ignorance et/ou les préjugés se défend difficilement et ne constitue qu’une simple affirmation qui ne peut en aucun cas mettre à l’abri de la critique (ou du ridicule ou même du mépris!) celui qui la profère.
eternite
18 février 2013
23h09
@ j.f. cliche vous dites que l’adultere releve du domaine de la science et non de la religion??
Vous parlez d’evolutionisme et je parle de creationisme les 2 sont une religion et une science.
Je suis chretien et je soutient fermement le creationisme ,sachant tres bien que l’evolution n’est pas une science reelle ,mais bel et bien une religion…Ca depend de notre foi personnelle…
jaylowblow
19 février 2013
04h15
@eternite
Vous êtes encore là? Je vais vous le répéter encore une fois: le 21e siècle n’est pas fait pour vous. Retrouvez votre porte temporelle et retournez au Moyen Âge. Vous y serez beaucoup plus à l’aise et en plus, vous pourrez regarder des scientifiques se faire bruler vif pour avoir dit des sottises comme “la terre est ronde et elle n’est pas le centre de l’Univers”.
eternite
19 février 2013
08h06
@j.f.cliche tiens vous avez meme modifie’ votre commantaire a 13hre 53 qui vous incriminait!
Votre atheisme n’est qu’ une excuse pour defuter la verite’ .
jaylowblow
19 février 2013
23h57
@eternite
“Je suis chretien et je soutient fermement le creationisme ,sachant tres bien que l’evolution n’est pas une science reelle ,mais bel et bien une religion…Ca depend de notre foi personnelle…”
Suite à une telle ineptie vous démontrez hors de tout doute que vous n’avez rien à faire sur un blogue de science. Et en passant, les preuves scientifiques démontrant la véracité de la théorie de l’évolution de Darwin sont si écrasantes qu’elles ont même réussi à convaincu le Vatican:
http://veille-education.org/2008/09/18/le-vatican-en-accord-avec-une-theorie-de-levolution-theiste/
Quand une institution aussi conservatrice que l’église catholique accepte de réinterpréter la Bible pour la rendre compatible avec une théorie scientifique, il faut que cette dernière soit solide pas à peu près. Et quand certains de ses fidèles continuent malgré tout à interpréter la genèse au pied de la lettre, c’est qu’il n’y a plus rien à faire avec eux, les croyances ayant remplacé la raison de manière irréversible.
gl000001
20 février 2013
14h42
@jaylowblow
Ce qui prouve l’expression consacrée “plus catholique que le Pape”. Une belle définition de l’intégrisme religieux véhiculé par les imams, les conservateurs et le parti républicain.
jaylowblow
20 février 2013
23h31
@gl000001
Ils peuvent être très drôles parfois: http://www.vice.com/fr/read/sciences-on-est-alles-visiter-le-musee-du-creationnisme