Le Forum économique mondial — du moins son pendant technoscientifique — vient de publier une liste des 10 technologies les plus prometteuses pour l’année 2013. Voici la liste, avec quelques réflexions personnelles pour démarrer la conversation…
• Les véhicules «en ligne». L’avancement de la science nous permet désormais de recharger des batteries à distance, sans avoir recours à un fil. De là, on peut donc imaginer des routes sous lesquelles passeraient des circuits électriques qui permettraient de recharger des voitures électriques pendant qu’elles roulent. Certaines sont même déjà à l’essai en Corée du Sud — mais à l’œil, cela me semble être une technologie qui n’est applicable qu’aux endroits très densément peuplés.
• La fabrication à distance. L’amélioration fulgurante des imprimantes 3D ouvre la porte à la possibilité de non seulement commander des biens par internet, mais de les imprimer à la maison au lieu de les recevoir par la poste… Mes 2¢ : c’est effectivement une technologie qui sera révolutionnaire, mais sa place n’est pas dans un palmarès de 2013…
• Matériaux auto-réparant. Des biens qui se répareraient tout seul prolongeraient «la vie des biens et limiteraient la demande en matière première». Or combien d’entreprises accepteraient de délaisser le concept de l’obsolescence planifiée ? Pourrait toutefois être extrêmement pratique pour des greffes.
• Désalination efficiente de l’eau. Des procédés sont en train d’être mis au point pour déssaler l’eau de mer en brûlant 50 % moins d’énergie que les méthodes actuelles, et en utilisant des chaleurs assez basses. Seront les bienvenus dans bien des endroits du monde quand ils seront au point — et même plus près de chez vous que vous ne le croyez.
• Recyclage du CO2. Comme l’explique très bien ce texte du Washington Post, l’humanité devra tôt ou tard (et mieux vaut tôt) passer d’un modèle de production linéaire à un modèle cyclique, où les rebuts sont retransformés en marchandises. L’industrie des carburants traditionnels est justement un exemple de production linéaire qui ne fait rien avec le CO2 qu’elle rejette. Le palmarès du FEM parle de bactéries qui transformeraient le dioxyde de carbone en énergie ou en produits chimiques (un peu, j’imagine, comme le fait déjà CO2 Solutions, par exemple, avec des enzymes). Le problème avec la reconversion en biocarburant, cependant, est que la photosynthèse n’est pas particulièrement efficace pour transformer l’énergie solaire, n’en utilisant que de 1 à 4 % seulement ; par comparaison, nos meilleurs panneaux solaires atteignent maintenant facilement 15 %, voire plus. On croit comprendre du texte du FEM que des bactéries ont résolu ce problème, ce qui serait à souhaiter car autrement, cette technologie demanderait d’occuper des espaces immenses pour produire à très grande échelle, et on ne serait peut-être pas plus avancé, d’un point de vue environnemental.
• Protéines artificielles. Nous sommes maintenant capables de fabriquer des protéines artificielles, qui ont meilleurs goûts et plus d’acides aminés essentiels que les protéines naturelles. Cela permettrait de mieux alimenter pas mal de monde — et on peut aussi imaginer que ces «snacks» pourraient être imprimables en 3D, pourquoi pas… Mais le jour où cela arrivera, mon cœur de cuisinier va saigner.
• Bumper virtuel. Une voiture équipée de senseurs qui avertissent l’automobiliste de la présence d’obstacles ? Plusieurs modèles en ont déjà et font leur pub autour de cela. Ça fait un peu 2012, mettons…
• Nucléaire 2.0. Je saute deux items du top 10 sur lesquels je n’ai pas grand-chose d’autre à dire que «Yé», pour en venir à la dernière technologie de ce palmarès : la 4e génération de réacteurs nucléaires. Une de leurs principales caractéristiques sera (est?) de pouvoir «brûler» des déchets nucléaires, ce qui aurait deux avantages. D’abord, produire plus avec moins, puisque les réacteurs actuels ne transforment que 1 % de l’énergie que pourrait rendre l’uranium. Ensuite, et peut-être surtout, la quantité de déchets radioactifs s’en trouveraient drastiquement réduite, et la période pendant laquelle ils sont dangereux se compterait en siècles plutôt qu’en millénaires.
Alors, qu’est-ce qui branche ? Voyez-vous une révolution là-dedans ? Ou même deux ?

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 














legada
14 février 2013
20h42
Est-que ce sont des technologies émergentes ou des souhaits? J’ai souvent l’impression qu’on vend souvent la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
dcsavard
14 février 2013
20h43
Le nucléaire 2.0 est de toute évidence une technologie très demandée à court terme. Et l’autre serait la désalination de l’eau. Deux points sensibles susceptibles de nous embourber dans des conflits meurtriers. La pénurie d’énergie et d’eau.
En effet. D’ailleurs, ça me fait penser que j’avais oublié de mettre cet hyperlien, au sujet d’un rapport de scientifiques en Grande-Bretagne qui recommande le nucléaire de prochaine génération pour se sortir des hydrocarbures.
JFC
gl000001
15 février 2013
08h17
Protéines artificielles … commanditées et dévelopées par McDonald et son université du hamburger ? Les McProtein ?
Après les “véhicules en ligne”, la danse de ligne pour ti-vieux. On recharge votre pacemaker pendant que vous dansez un continental.
Après le bumper virtuel, le “bumper” virtuel. Le bouncer à la porte est averti si un “obstacle” s’approche trop près de Charlène qui dans à votre table pour seulement $5 ;-)
En s’inspirant du recyclage du CO2, on recycle les flatulences pour la bio-méthanisation. On vous vend des draps collecteurs de gaz, des bols de toilette ….
Il y a du cash à faire avec tout ça pour les inventeurs débrouillards !!!
gl000001
15 février 2013
08h17
“qui danse”
scsd
15 février 2013
23h50
Juste pour mentionner: réflexions personnelLEs et obsolESCence programmée. Bonne journée!
Oups, en effet… Corrigé, merci bien !
JFC