Faire le trottoir pour la science ? Financer ses recherches en ramassant des canettes consignées ? C’est ce que montre cette vidéo tragicomique, réalisée par les chercheurs qui contestent les coupures de 31 millions $ dans les Fonds de recherche du Québec, et qui frappent de façon particulièrement dure les sciences naturelles et le génie.
On ne soutiendra évidemment jamais quelque recherche que ce soit en «vendant des bouteilles», mais ce qu’il faut comprendre, je crois, c’est que si les coupures se réalisent, plusieurs projets de recherche seront poussés vers ce genre d’impossibilité, et tomberont à l’eau. Ou alors, me signalait ce matin le chercheur en biochimie de l’Université Laval Steve Charette dans un échange de courriels, ils devront se tourner vers le privé, ce qui une autre sorte de recherche, pas nécessairement moins bonne, mais insuffisante si elle n’est pas complétée par des activités fondamentales dûment soutenues par l’État.
«Nous avons choisi, écrit-il, d’illustrer les conséquences des coupures en recherche sous le thème de l’itinérance puisque sans trop exagérer, c’est ce que devront faire plusieurs scientifiques pour continuer à faire ce qu’ils aiment: de la recherche utile pour la société québécoise si les coupures se concrétisent. Les chercheurs devront se tourner de plus en plus vers les compagnies privées pour obtenir du financement. Cependant, celui-ci sera dirigé par les besoins et volontés d’intérêts privés et non publics. Beaucoup d’étudiants devront simplement quitter la recherche ou trouver un boulot d’appoint pour payer leurs études et ainsi ne pas pouvoir se consacrer totalement à leurs recherches.
«Dans le contexte où le gouvernement fédéral se désengage de certains secteurs de la recherche scientifique pour en soutenir d’autres plus en accord avec ses visées énergétiques, pour ne pas dire pétrolières, le gouvernement du Québec demeure l’un des derniers remparts pour protéger et soutenir l’effort de recherche indépendant réalisé au Québec. Couper les fonds pour la recherche scientifique par un si fort pourcentage (30% pour le FRQNT) devient une certaine forme de suicide économique même si cela ne durait qu’une année. Il est important que le financement public de la recherche soit maintenu, voire même augmenté pour permettre justement des recherches qui sont libres et indépendantes d’intervention du privé. Je n’ai rien contre la recherche en industrie ni celle financée par le privé dans les universités. Il faut tout simplement garder un équilibre et les coupures annoncées, en plus de déstabiliser la recherche au Québec pour plus d’un an, affecteront clairement cet équilibre.»
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