Sciences dessus dessous

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  • Jean-François Cliche

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    Mardi 29 janvier 2013 | Mise en ligne à 10h07 | Commenter Commentaires (2)

    Les microbes s’envoient en l’air

    Drôle d’idée, quand même, que celle de prendre l’avion pour échantillonner l’air avant, pendant et après un ouragan afin d’étudier les microbes qui se retrouvent dans la haute troposphère (8 à 15 km d’altitude). Drôle d’idée a priori mais qui, une fois revenu sur le plancher des vaches, pourrait bien faire avancer nos connaissances sur le climat…

    Une équipe de l’Institut des technologies de Georgie (ITG) et de la NASA vient en effet de publier dans les PNAS les résultats de cette expérience menée lors des ouragans Earl et Karl, en 2010. Les chercheurs ont trouvé un peu de champignons microscopiques, mais surtout des bactéries, en nombres beaucoup, beaucoup plus grands que ce qu’ils attendaient. En fait, les bactéries représentaient en moyenne environ 20 % (environ 5000 cellules par m3) des particules dont le diamètre se situait entre 0,25 et 1 micron, ce qui est énorme — et pour tout dire plus élevé qu’en basse altitude. En outre, soulignent les auteurs (Natasha DeLeon-Rodriguez, de l’ITG est la première signataire), à cette taille les bactéries peuvent servir de noyau pour la condensation de la vapeur d’eau en goutte de pluie.

    Bien sûr, leur nombre était plus élevés tout de suite après le passage des ouragans, qui pompent toujours d’importantes masses d’air vers le haut, mais le fait qu’entre 60 et 100 % des cellules de leurs échantillons étaient vivantes suggèrent que les bactéries peuvent survivre assez longtemps en altitude. Il est donc bien possible que l’on ait grandement sous-estimé l’importance des microbes dans la survenue des précipitations et même sur le climat, car si ces bactéries accélèrent bel et bien la dissipation des nuages, elles permettraient du même coup à plus de rayonnement infrarouge (de la chaleur, grosso modo) de s’échapper vers l’espace.

    D’autres comptes-rendus sont disponibles ici et ici.


    • Se pourrait-il que ce qui a mené à l’extinction des dinosaures ait entraîné une énorme envolée de bactéries dans l’atmosphère, ce qui aurait permis à beaucoup de chaleur de quitter la planète et donc mener éventuellement à une glaciation, au fil des siècles?

    • Mis à part les suggestions tout à fait pertinentes des auteurs sur le rôle potentiel de cette faune bactérienne dans l’initiation du cycles des précipitations, je suis frappé par les implications dans un autre domaine. On parle beaucoup d’examen des signatures spectrales d’exoplanètes ces jours ci. Dans ce contexte, les travaux de DeLeon-Rodriguez et al permettent d’anticiper un mécanisme crédible pouvant générer une signature organique manifestant la présence de vie dans une telle signature spectrale. Le rêve de confirmer la présence de vie (bactérienne s’entend) à l’extérieur du système solaire du coup me parait moins fou.

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