Sciences dessus dessous

Archive du 29 janvier 2013

L'Américain Joey Chestnut détient le record d'engouffrement de hot-dogs, soit 68 en 12 minutes. (Photo : Reuters)

L'Américain Joey Chestnut détient le record d'engouffrement de hot-dogs, soit 68 en 12 minutes. (Photo : Reuters)

Dans la catégorie «On s’en doutait», celui-ci est un morceau de choix : selon cet article qui vient de paraître dans le Canadian Medical Association Journal, il y aurait des dangers à participer à ces compétitions plus ou moins idiotes qui consistent à engloutir des quantités de nourriture proprement irréelles en des temps record. Remarquez que j’utilise ici le conditionnel parce que, précise-t-on, les études scientifiques sur le sujet sont très rares… Enfin, qui l’eut cru, vraiment ?

Blague à part, par son détail plutôt bien expliqué, c’est une lecture qui demeure (contre toute attente) intéressante, et c’est sans doute là le génie de cet article — à moins, bien sûr, que l’intérêt que j’ai éprouvé ne soit le signe d’une perversion refoulée qui tenterait maintenant de sortir de mon inconscient, c’est toujours possible avec ce genre de sujet, mais cela ne vous regarde pas.

Remarquez, la démonstration de ces «risques» est on ne peut plus facile à faire : en 2002, 2004 et 2012, trois hommes sont morts après s’être étouffés avec de la nourriture lors de ces concours. Mais les malheureux étaient, de ce qu’on comprend du texte, des amateurs. Pour leur part, les «pros», ou du moins les gens qui participent souvent à ces grand-messes de la goinfrerie, s’exposent à une pléthore de problème de santé, qui vont de la perforation de l’estomac et/ou de l’œsophage à une foule de problèmes affectant les muscles impliqués dans la digestion, en passant par l’incapacité de ressentir la satiété.

Autre point d’intérêt soulevé, en fin de texte, par un de ces «pros», Peter «Furious Pete» Czerwinski, un engouffreur de calibre mondial : l’entraînement pour la boustifaille de compétition n’est pas pour tout le monde. La technique classique consiste à «caler», c’est le mot, un ou deux gallons d’eau afin de se distendre l’estomac sans prendre de poids. Or, de telles quantités d’eau peuvent diluer les électrolytes (les sels, grosso modo) du corps au point de provoquer la mort.

Je n’ai trouvé nulle part comment boire autant d’eau de manière sécuritaire, et franchement, je ne suis pas sûr que ce serait du journalisme responsable que de partager ce genre de truc, mais on peut lire dans cet article, publié en 2007 dans l’American Journal of Roentgenology, que les autres effets secondaires possibles du «water loading» sont l’hypothermie et l’œdème cérébral.

Lire les commentaires (6)  |  Commenter cet article






Mardi 29 janvier 2013 | Mise en ligne à 10h07 | Commenter Commentaires (2)

Les microbes s’envoient en l’air

Drôle d’idée, quand même, que celle de prendre l’avion pour échantillonner l’air avant, pendant et après un ouragan afin d’étudier les microbes qui se retrouvent dans la haute troposphère (8 à 15 km d’altitude). Drôle d’idée a priori mais qui, une fois revenu sur le plancher des vaches, pourrait bien faire avancer nos connaissances sur le climat…

Une équipe de l’Institut des technologies de Georgie (ITG) et de la NASA vient en effet de publier dans les PNAS les résultats de cette expérience menée lors des ouragans Earl et Karl, en 2010. Les chercheurs ont trouvé un peu de champignons microscopiques, mais surtout des bactéries, en nombres beaucoup, beaucoup plus grands que ce qu’ils attendaient. En fait, les bactéries représentaient en moyenne environ 20 % (environ 5000 cellules par m3) des particules dont le diamètre se situait entre 0,25 et 1 micron, ce qui est énorme — et pour tout dire plus élevé qu’en basse altitude. En outre, soulignent les auteurs (Natasha DeLeon-Rodriguez, de l’ITG est la première signataire), à cette taille les bactéries peuvent servir de noyau pour la condensation de la vapeur d’eau en goutte de pluie.

Bien sûr, leur nombre était plus élevés tout de suite après le passage des ouragans, qui pompent toujours d’importantes masses d’air vers le haut, mais le fait qu’entre 60 et 100 % des cellules de leurs échantillons étaient vivantes suggèrent que les bactéries peuvent survivre assez longtemps en altitude. Il est donc bien possible que l’on ait grandement sous-estimé l’importance des microbes dans la survenue des précipitations et même sur le climat, car si ces bactéries accélèrent bel et bien la dissipation des nuages, elles permettraient du même coup à plus de rayonnement infrarouge (de la chaleur, grosso modo) de s’échapper vers l’espace.

D’autres comptes-rendus sont disponibles ici et ici.

Lire les commentaires (2)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    juin 2013
    D L Ma Me J V S
    « mai    
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    30  
  • Archives

  • publicité