
L'Américain Joey Chestnut détient le record d'engouffrement de hot-dogs, soit 68 en 12 minutes. (Photo : Reuters)
Dans la catégorie «On s’en doutait», celui-ci est un morceau de choix : selon cet article qui vient de paraître dans le Canadian Medical Association Journal, il y aurait des dangers à participer à ces compétitions plus ou moins idiotes qui consistent à engloutir des quantités de nourriture proprement irréelles en des temps record. Remarquez que j’utilise ici le conditionnel parce que, précise-t-on, les études scientifiques sur le sujet sont très rares… Enfin, qui l’eut cru, vraiment ?
Blague à part, par son détail plutôt bien expliqué, c’est une lecture qui demeure (contre toute attente) intéressante, et c’est sans doute là le génie de cet article — à moins, bien sûr, que l’intérêt que j’ai éprouvé ne soit le signe d’une perversion refoulée qui tenterait maintenant de sortir de mon inconscient, c’est toujours possible avec ce genre de sujet, mais cela ne vous regarde pas.
Remarquez, la démonstration de ces «risques» est on ne peut plus facile à faire : en 2002, 2004 et 2012, trois hommes sont morts après s’être étouffés avec de la nourriture lors de ces concours. Mais les malheureux étaient, de ce qu’on comprend du texte, des amateurs. Pour leur part, les «pros», ou du moins les gens qui participent souvent à ces grand-messes de la goinfrerie, s’exposent à une pléthore de problème de santé, qui vont de la perforation de l’estomac et/ou de l’œsophage à une foule de problèmes affectant les muscles impliqués dans la digestion, en passant par l’incapacité de ressentir la satiété.
Autre point d’intérêt soulevé, en fin de texte, par un de ces «pros», Peter «Furious Pete» Czerwinski, un engouffreur de calibre mondial : l’entraînement pour la boustifaille de compétition n’est pas pour tout le monde. La technique classique consiste à «caler», c’est le mot, un ou deux gallons d’eau afin de se distendre l’estomac sans prendre de poids. Or, de telles quantités d’eau peuvent diluer les électrolytes (les sels, grosso modo) du corps au point de provoquer la mort.
Je n’ai trouvé nulle part comment boire autant d’eau de manière sécuritaire, et franchement, je ne suis pas sûr que ce serait du journalisme responsable que de partager ce genre de truc, mais on peut lire dans cet article, publié en 2007 dans l’American Journal of Roentgenology, que les autres effets secondaires possibles du «water loading» sont l’hypothermie et l’œdème cérébral.
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