Dans la foulée de la démission, la semaine dernière, du directeur de l’Agence spatiale canadienne Steve MacLean, le journaliste de la CBC Greg Weston dresse un troublant état de situation de l’Agence sur le site de la société d’État.
Steve MacLean, argue M. Weston, ne semble pas quitter l’Agence en bons termes avec ses ex-patrons conservateurs. Remarquez, il n’est pas impossible qu’il parte «relever de nouveaux défis» de son propre chef puisqu’il travaillera apparemment en mécanique quantique au Perimeter Institute — et on peut facilement imaginer des tas de scénarios de réorientation de carrière qui sont un-peu-pas-mal pire que ça… Mais il demeure, note le reporter, que le fédéral est demeuré totalement muet à l’annonce de son départ, et le communiqué de presse de l’ASC était en effet laconique. Après 29 ans de service et une aussi brillante carrière, il est bien possible que cela soit un de ces proverbiaux silences qui en disent long.
M. MacLean, rapporte Weston, aurait proposé un plan de développement pour l’ASC au gouvernement conservateur il y a quelques années, mais celui-ci l’aurait rejeté. Une saga au sujet des satellites d’observation terrestre Radarsat, dont se serait beaucoup mêlé l’armée canadienne au point d’en faire exploser les coûts, n’a ensuite certainement rien fait pour améliorer les relations entre, et le fait que l’ASC a été en bonne partie blâmée pour cette histoire — par un comité présidé par le conservateur David Emerson, qui a fait partie du tout premier cabinet de Stephen Harper — aurait fait déborder le vase.
Bref, quand on ajoute à cela les coupures au programme spatial canadien et une concurrence internationale de plus en plus féroce, on a un portrait qui n’est pas très jo-jo…
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