Sciences dessus dessous

Archive du 9 janvier 2013

Les premiers antibiotiques contre la gonorrhée ont cessé de fonctionné dans les années 40, quand la bactérie a développé une résistance. Dans les années 70 et 80, ce fut au tour de la pénicilline et d’un autre groupe d’antibiotiques, les tétracyclines, de perdre leur efficacité. En 2007, leurs remplaçants, les fluoroquinolones, ont connu le même sort. Et voilà, selon une étude publiée par le Journal of the American Medical Association, qu’une souche de gonorrhée résistante à l’un des derniers groupes d’antibiotiques encore efficaces, les céphalosporines, vient de faire son entrée au Canada.

Comme l’explique ce compte-rendu de Scientific American, la médecine moderne a depuis longtemps transformé la gonorrhée de maladie à «simple désagrément», ou presque. Mais cette victoire dépend de notre capacité à trouver continuellement de nouvelles molécules contre lesquelles la bactérie, Nesseira gonorrheæ, n’a pas (encore) développé de résistance. Autrement, le traitement peut se compliquer passablement.

Or selon SciAm, les céphalosporines étaient la dernière classe d’antibiotiques permettant un traitement simple. On avait vu apparaître, ces dernières années, une souche résistante, et voilà qu’une équipe de Toronto a trouvé que sur 133 patients traités aux céphalosporines — la «clef de voûte» de notre arsenal pour combattre la gonorrhée, selon les auteurs de l’étude — et qui ont été retestés après le traitement, près de 7 % étaient toujours infectés.

Et comme le note un expert du Center for Disease Control dans le même numéro du JAMA, nous n’avons en ce moment «aucune autre option de traitement qui soit efficace et bien étudiée».

C’était une question de temps, il faut croire.

AJOUT (12h03) : Je viens de parler au Dr Michel Alary, spécialiste des MTS de l’Université Laval. Selon lui, l’article du JAMA n’est pas tout à fait convaincant, car il ne fait que constater des échecs thérapeutiques et ne permet pas d’écarter la possibilité que ces «échecs» soient en fait des réinfections. «Ça sonne une alarme, ça ajoute aux évidences qui montrent qu’on a un problème qui s’en vient (…) mais ça ne me convainc pas que le problème est rendu au Canada», dit-il. En supposant qu’il s’agisse bien de cas de résistance, poursuit Dr Alary, il existe d’autres options de traitement, mais elles s’accompagnent d’effets secondaires plus sévères et elles ne peuvent être administrées sous la forme bien pratique d’une pilule — il s’agit d’injections.

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