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  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
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    Mardi 8 janvier 2013 | Mise en ligne à 10h00 | Commenter Commentaires (5)

    Cachez ce futur que je ne saurais prévoir

    Pourquoi des gens divorcent-ils de conjoints dont ils étaient éperdument épris 15 ans auparavant ? Qu’est-ce qui en pousse d’autres à laisser des emplois dont ils s’étaient satisfaits pendant des années ? Comment se fait-il que des gens font à 40 ans des choses — comme conduire une minifourgonnette — qui les répugnaient à 20 ans ?

    La réponse courte est simple : c’est parce qu’avec l’âge, les gens changent. Mais un trio de chercheurs en psychologie vient d’ajouter à cette évidence une tournure un brin dramatique dans Science, nommément que ces mêmes gens sont terriblement mauvais pour prévoir la nature et, surtout, l’ampleur des changements qui les transformeront au cours des prochaines années.

    Jordi Quoidbach et Daniel T. Gilbert, de Harvard, ainsi que Timothy Wilson, de l’Université de Virginie, ont en effet analysé plusieurs échantillons totalisant plus de 19 000 personnes pour trouver que même si nous sommes très conscient d’avoir changé depuis 10 ans, nous sous-estimons systématiquement les transformations qui nous attendent. Pour le démontrer, ils ont dans un premier temps fait passé un test de personnalité à 7500 personnes de 18 à 68 ans, puis leur ont demandé de repasser ce test  soit  en se mettant dans la peau de qui ils étaient il y a 10 ans, soit en imaginant les réponses qu’ils donneraient dans 10 ans.

    Ils ont ensuite comparé les réponses des participants de chaque âge avec celles des participants plus vieux ou plus jeunes de 10 ans, pour constater que le gens ne s’attendent pas à changer. Les changements de personnalité que les participants de 20 ans, par exemple, prévoyaient subir dans les 10 prochaines années étaient en moyenne plus faibles que ceux dont les participants de 30 ans se souvenaient pour les 10 dernières. Et ceux de 30 ans n’étaient d’ailleurs pas meilleurs devins, anticipant des changements plus faibles que ceux rapportés par les gens de 40 ans.

    Et comme on le voit dans le tableau ci-bas, les chercheurs ont répété l’exercice pour les valeurs (succès, hédonisme, sécurité, etc) et les goûts personnels (musique, hobbies, etc.), pour arriver au même résultat. Selon eux, cette «illusion de la fin de l’histoire», comme ils l’appellent — vraisemblablement en référence au livre controversé de Francis Fukuyama publié en 1992, La Fin de l’histoire, où l’auteur développait la thèse selon laquelle la démocratie libérale à l’occidentale était le meilleur système politico-économique dont l’Humanité puisse possiblement accoucher, et que l’«histoire» ou le «progrès» allait donc cesser quand l’unanimité serait faite autour de ce système, mais ceci est une tout autre histoire — selon les auteurs, donc, cette illusion pourrait être due au fait que l’on aime avoir une bonne opinion de soi-même, et que l’idée que l’on changera implique nécessairement que a) nous sommes encore très imparfaits, ou b) nous allons régresser. Il est aussi possible que l’effet s’explique par le fait qu’il est plus facile de se remémorer quelque chose que d’imaginer une transformation qui n’a pas encore eu lieu.

    Plus de détails dans mon papier paru ce matin dans Le Soleil.

     Crédit : J. Quoidbach et al. / Science.

    Crédit : J. Quoidbach et al. / Science.


    • Ne me demande pas de prévoir ce que le futur moi va faire. On est influencé par une culture mouvante, par un tissu social changeant, par des expériences transformantes et mêmes nos souvenirs se transforment avec le temps. Comment peut on prévoir qui l’on sera quand ce que l’on se souvient avoir été n’est probablement même pas exact.

    • Je trouve que les conclusions de cette étude étaient très prévisibles et qu’on aurait mieux fait de dépenser l’argent ailleurs… mais je serai peut-être surpris d’avoir changé d’idée dans quelque temps.

      Pssst! JFC. Accouché et cessé?

      Oups, en effet… Coquilles corrigées, merci bien !
      JFC

    • Chaque âge, que nous avons eu et que nous aurons, a ses forces et ses faiblesses.

      Jeunes nous étions vifs, forts, précis dans le geste, épouvantablement agiles… Et infatigables aussi. Mais face aux grandes interrogations, nous manquions de recul et d’expérience. Et nous prenions tant de risques…

      Plus vieux notre jugement se raffermissait. Nous étions en quête d’éternité.

      Plus vieux encore, mais pas tellement, nous vîmes les marques du temps sur nos visages sans comprendre ce qu’elles faisaient déjà là. Nos rêves d’éternité entraient en collision avec le visage dans ce miroir.

      Et plus vieux encore ? J’y serai éventuellement, sage et souffrant.

      Chaque âge nous modifie, nous façonne, nous pétrie.

      Y-avait pas besoin d’une étude scientifique ; c’est de la philo.

      Benoît Duhamel.

    • Ce sujet a été évoqué ailleurs il y a quelques jours, peut-être dans la section Affaires?

      Une des recommandations qu’on peut en tirer: ne dépensez pas trop d’argent à des choses qui “vieillissent mal” comme, disons, l’attachement à Justin Bieber, ou une collection de boîtes de chocolats exotiques. Dans dix ans, vous risquez de ne plus y voir aucun intérêt, et l’argent dépensé aurait pu être dépensé de meilleure façon.

    • Sujet extrêmement intéressant qui m’a intéressé tout au long de ma carrières et je cherche encore pourquoi certaines personnes arrivent mieux que d’autre a voir des opportunités que la plupart des gens ratent. A voir le nombre de recettes qui s’écrivent sur comment devenir millionnaire qui n’enrichissent que leur auteurs on comprend que si la prédiction était si facile on ne se poserait plus la question .

      Être en mesure de prédire un comportement est un élément essentiel de la vie en société et fait partie de l’apprentissage de l’humain. C’est un vieux rêve de l’humanité de prédire l’avenir. Le principe fondamental de toute prédiction, c’est le déterminisme, ie croire que l’avenir est déterminé par le passé. C’est souvent le cas mais il y a des exceptions qu’on appelle en économie chao. Selon cette approche si on veut prédire l’avenir, il faut observer le présent et supposer des règles fixant l’avenir en fonction du passé. C’est la méthode de Newton et Leibniz, si cette méthode qui fonctionne bien sur les systèmes mécaniques reproductible elle s’applique en revanche mal aux phénomènes non mécanique ou humains.

      Si on peut assez bien prédire statistiquement la durée de vie d’une penture en métal (courbes de Students en stat’s) il en va autrement des choix humains. Pour ce deuxième aspect il ne nous reste que l’autre façon de prédire, soit par l’usage du raisonnement prédictif, la prédiction rationnelle. Cette prédiction est rationelle n’est valable qu’en l’absence de chao ou de mouvement soudains peu prévisibles. En Biologie Claude Bernard utilisait le terme homéostasie pour désigner cette forme de stabilité qui permet de suivre l’évolution normale d’un organisme.

      Si on examine par exemple en économie les prédiction du club de Rome on constate que la crise du pétrole de 1973 change la donne au point de fausser des prédictions qui autrement seraient somme toutes assez précises . En rappel le Club de Rome se fit connaitre mondialement en 1972 par son premier rapport, The Limits to Growth, un rapport économique et scientifique qui appliquait la prédiction a la croissance économique, qui malgré une forte remise en question des modèles résultant a néanmoins eu une importance sur les bases économiques de l’écologie .

      La prédiction est également une étape importante et incontournable en affaire, l’histoire de Ray Kroc batisseur de l’empire Mc Donald en donne un exemple frappant ..
      Kroc était un petit vendeur ordinaire de machine a Milk shake en fin de carrière depuis 17 ans après des années à survivre dans différents domaines .

      C’est lors d’une visite chez un de ses clients qu’il s’est demandé pourquoi les gens font- il la fille pour acheter un simple hamburger chez les frères McDonald plutôt que d’aller en face chez Jos patate ou il n’y avait personne puisque n’importe quel idiot peut faire un Hamburger avec des frites. Curieux ( la curiosité est toujours une qualité pour faire avancer les choses ) il demanda aux clients pourquoi ils acceptaient d’attendre plutôt que d’aller en face. La réponse fut la simplicité même et fut le départ de sa réflexion , les hamburger étaient toujours pareils préparés peu de temps à l’avance et on était sur qu’ils seraient toujours pareil d’une a fois à l’autre.
      L’expérience était prédictible une idée simple mais pratique pour des gens pressé qui ont autre chose a faire que d’avoir de mauvaises surprise. Les frères Mc Donald refusant de vendre il eu l’idée de leur offrir d’acheter une franchise et d’appliquer leur recette. Bon c’est sur que quand on recherche le dépaysement d’un bon resto ce n’est pas idéal mais pour le day to day faut croire que ça fait la job les chiffres parlent d’eux même .
      Kroc mit simplement au point une mécanique ‘’prédictible’’ pour livrer un produit sans surprise à des clients mal équipé pour évaluer facilement le risque et qui doivent dépenser de l’énergie pour prédire ce qu’on va leur livrer. Kroc à connu son succès par une standardization du produit et en forçant les utilisateurs de la marque vigoureusement contrôlée à une discipline de fer pour la préparation, les portions, et la présentation. Une simple ‘’ prédiction’’ qui lui a valu une recette personnelle de plus de $500 million. Tout les effort de fidélisation à une marque jouent sur cette faiblesse et sur la diminution de l’effort qu’il faut faire pour identifier le bon produit comme le faisait Cro Magnon forcé d’identifier et de choisir la bonne nourriture ou la bonne stratégie …question de survie .

      L’incapacité de pouvoir prédire l’avenir est également un frein important au changement pour l’humain . J’ai connu un de mes client propriétaire d’une carrière de calcaire qui à 71 ans avait refusé de vendre pour une dizaine de millions ? Étonné d’un tel choix qui n’aurait certes pas été le mine il m’expliqua que à son âge il ne faisait pas de sport, était peu instruit et que il avait peur de s’ennuyer à mourir si il changeait de vie . A le voir aller c’était clair que c’était toute sa vie et que transiger avec ses clients lui apportait beaucoup de plaisir. Peur du changement et l’incapacité de prédire ce qui va arriver est un force importante dans la motivation d’agir ou non . L’année suivante je fus surpris de retrouver son partenaire, il n’était plus la …Après quelques hypothèses maladie, vieillesse , etc son partenaire me dit non t’est dans le champs , il est mort en venant travaillé , il marchait sur la voie ferrée comme tous les jours depuis 55 ans mais comme il était de plus en plus sourd ce matin la il n’as pas entendu le train… Au moins Il a surement évité de finir noyé par une dangereuse vague en Floride…

      Mais on cherche encore la recette gagnante…

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