Sciences dessus dessous

Archive, janvier 2013

Je l’admets tout de go, je n’ai jamais aimé les spas. Jamais compris non plus pourquoi tant de gens aiment se «faire tremper» entre amis. Ma blonde a bien essayé de me l’expliquer plusieurs fois, mais ça ne veut décidément pas «rentrer». La pauvre, elle qui en voulait un dans la cour arrière…

Remarquez, j’utilise l’imparfait comme si elle n’en voulait plus, mais — second aveu en autant de paragraphes — ce n’est pas tout à fait honnête de ma part. J’anticipe, à vrai dire, quelle sera sa réaction quand elle aura pris connaissance de cette étude de l’Université Laval et de l’Institut de santé publique du Québec, qui vient d’être publiée dans l’International Journal of Environmental Health Research. Les chercheurs ont analysé l’eau de 95 spas dans 75 établissements publics (hôtels, gîtes, campings, etc.) en 2008 des régions de Québec, de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches, et ont détecté des «concentrations préoccupantes» de trois types de bactéries — legionella, qui cause la maladie du légionnaire ; E. coli, qui est un indicateur de contamination fécale ; et Pseudomonas aeruginosa, associée à des problèmes de peau — dans pas moins de 26 % des spas. Les teneurs mesurées pourraient en effet causer des problèmes de santé à des gens dont le système immunitaire est, pour une raison ou pour une autre, très affaibli.

Il est évidemment impossible d’éliminer complètement les bactéries de ces «bouillons», mais l’étude a aussi trouvé différents pépins dans leur entretien. Ainsi, à peine le tiers (32 %) des exploitants font la vidange de leurs spas au moins une fois par mois, et deux sur trois ignorent les règles en vigueur.

Quand ma blonde va savoir ça…

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Mercredi 30 janvier 2013 | Mise en ligne à 15h38 | Commenter Commentaires (15)

Oh ! le gentil petit tueur…

Si mignons, si doux, si attachants… Enfin, du point de vue du propriétaire de chat moyen, qui peut facilement faire 15 fois le poids de son animal, les félins domestiques sont effectivement des bêtes bien attendrissantes. Mais pour la faune qui vit ou passe à travers nos villes, c’est une autre paire de manches. Une tout autre…

D’après une étude parue hier dans Nature Communications, près de 2,5 milliards d’oiseaux et plus de 12 milliards de mammifères sont tués par des chats à chaque année aux États-Unis seulement. Si, si : milliards. Ce nouvel estimé est entre deux et quatre fois plus élevé que les précédentes évaluations.

D’après ce compte-rendu du New York Times, les auteurs de l’étude — rattachés au Smithsonian Conservation Biology Institute et au U.S. Fish and Wildlife Service — se base sur une série d’études détaillées effectuées à des échelles locales, dont ils ont projeté les conclusions à l’échelle nationale. Les résultats sont tout de même jugés parmi les plus solides jusqu’ici par les experts cités par le NYT.

Le gros du problème, y lit-on, réside dans les quantités honteuses de chats qui sont abandonnés et qui retournent à un état plus ou moins sauvage. Ce sont eux, apparemment, qui font les plus grands dégât — il faut dire qu’ils sont environ 80 millions aux États-Unis —, les chats qui ont un propriétaire n’étant responsables, eux, que de 29 % de l’hécatombe chez les oiseaux et 11 % des prises de mammifères.

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D’un point de vue médiatique et politique, les milieux de la recherche sont, de manière générale, assez feutrés, merci. Les fuites sont rarissimes. Très peu de gens s’y mêlent de politique active — du moins, pas en tant que chercheurs. Mais c’est une bruyante exception qu’ils ont fait ce matin, en lançant la campagne Je suis Michèle, pour protester contre les coupures au Fonds de recherche du Québec en santé (FRQS).

Comme n’importe quelles autres coupures, celles que le gouvernement Marois a annoncées en décembre vont faire mal — l’enveloppe du FRQS va passer de 79,8 à 69,8 millions $ dès l’an prochain. Mais celles-là, plaident les chercheurs, sont carrément sorties de nulle part. Bien que tous savaient qu’il faudrait bien équilibrer le budget, il reste que pendant toute la campagne électorale et cet automne, le Parti québécois a maintes fois répété qu’il entendait, au contraire, réinvestir en recherche, et même faire passer la part des R&D dans le PIB de 2,58 à 3 %.

Il n’y a pas que la recherche en santé qui va écoper, remarquez, puisque le communiqué du 7 décembre annonçait aussi une réduction du Fonds de recherche Nature et technologies (–30 %) et du Fonds Culture et société (–13 %). Mais dans le milieu de la santé, ces coupures n’auront pas que des effets sur des rats de labo : il y a aussi beaucoup de patients sur qui les traitements standards n’ont pas fonctionné, et pour qui les soins expérimentaux sont à peu près les seuls qui leur donnent encore une chance de survivre ou, à tout le moins, d’améliorer leur état.

C’est une carte que d’aucuns qualifieront sans doute de mélodramatique, et ils n’auront pas tout à fait tort. La «Michèle» de la campagne est une patiente de 52 ans, atteint d’un cancer de l’ovaire, qui n’a maintenant plus d’autre espoir que la recherche pour survivre puisque ses trois traitements de chimiothérapie précédant n’ont pas réussi à la sauver. Mais si «pathos» que cela puisse paraître, c’est la stricte vérité. Des coupures sur la recherche en santé auront ce genre de conséquences, c’est indéniable, et je ne vois pas pourquoi les chercheurs se priveraient de jouer cette carte. De toute manière, ne pas en parler reviendrait à cacher un aspect bien réel d’une décision gouvernementale.

D’autres détails dans mon texte sur le site du Soleil.

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