
Le niveau annuel moyen de bruit dans l'Atlantique Nord causé par des paquebots, à différentes fréquences et profondeurs. L'échelle va du bleu (40 décibels) au rouge (115 dB). Source : NOAA.
Troublante étude que celle d’un groupe de recherche, le Cetacean and Sound Mapping, rattaché à l’Administration maritime et atmosphérique américaine (NOAA). On y apprend que dans de larges pans d’océan, le niveau de bruit causé par diverses activités humaines s’approche des 80 à 100 décibels à certaines fréquences, et ce en moyenne sur toute une année. «C’est comme à Manhattan pendant la journée, si l’on exclut le bruit des ambulances et des sirènes», compare une des auteures de l’étude dans ce compte-rendu du New York Times.
L’équipe de la NOAA base ses estimés sur des données sur le trafic maritime. En intégrant dans un modèle le bruit fait par chaque type de navire (marchandises, passagers) ou d’activité (sonars militaires, exploration pétrolière, etc.), le nombre de voyages faits par chacun des types de navire ainsi que leur trajectoire, de même que la façon dont le son se propage sous l’eau, les chercheurs ont obtenu une série d’estimés pour différentes fréquences et à des profondeurs allant de 5 mètres à 1 kilomètre.
Et le portrait n’a rien de réjouissant pour les baleines, qui ont un ouïe extrêmement développée (lire : sensible) et qui s’en servent pour localiser leur nourriture et leurs congénères. Avec les dizaines de milliers de trajets de bateaux divers, c’est un vrai carpharnaüm que ces cartes illustrent. L’eau, il faut dire, est un milieu qui communique beaucoup mieux les ondes de compression (comme les sons) que l’air. La vitesse du son, par exemple, est d’environ 340 m/s dans l’air, mais elle est plus de 4 fois plus rapide dans l’eau (1480 m/s). Les ondes de compression se transmettent en effet nettement mieux dans des milieux qui se «tiennent» mieux — que l’on pense pour l’illustrer à la différence qu’il y a entre pousser sur une ficelle et pousser sur une règle : cette dernière transmet l’énergie, alors que la première l’absorbe en se déformant.
Pour vous donner une idée du bruit ambiant qu’il y a de nos jours dans l’Atlantique Nord, comparez les cartes ci-haut avec celles-ci, au bas du texte. Ces dernières montrent le niveau moyen de bruit (à différentes fréquences et profondeurs) causé par des cargos dans la mer de Beaufort, en Arctique — c’est-à-dire dans un endroit où le trafic maritime est encore relativement faible. Quand on sait que l’échelle de ces cartes va du bleu (40 décibels) au rouge (115 dB), cela en dit long…

Niveau annuel moyen de bruit causé par des cargos dans la mer de Beaufort, à différentes fréquences et profondeurs. Le bleu équivaut à 40 décibels et le rouge, à 115 dB. Source : NOAA.

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 










chip
11 décembre 2012
12h05
C’est désolant. Et on n’a encore rien vu (ou entendu…). Attendez juste un peu que les glaces de l’Arctique aient suffisemment fondu pour permettre la navigation commerciale. Ça va être laitte!
cjulie
11 décembre 2012
12h12
À la fois fascinant et déprimant.
xrayone
11 décembre 2012
12h27
La derniere traversee que j ai fait en voilier, je n ai pas entendu le moindre son humain pendant 19 jours. Aucun bateau ni sous marin.
Qu est ce que c est que cette etude???
Vous me dites qu a ma prochaine traversee je devrais m apporter des bouchons pour mes oreilles??
Comme je l’ai écrit, le bruit voyage beaucoup mieux dans l’eau que dans l’air.
JFC
tisafo
11 décembre 2012
13h18
@xrayone
Ne vous en faites pas. Le relativisme scientifique est extrêmement à la mode de nos jours. Il est d’une facilité déconcertante de s’improviser spécialiste en n’importe quoi grâce à Internet.
La réalité de la Vie est beaucoup, beaucoup plus complexe que cela, n’en déplaise à nos “spécialistes…”
Je suis sûr que la NOAA engage beaucoup d’ignorants pour conduire (uniquement sur Internet, évidemment) des recherches qui seront présentées comme sérieuses. Non mais…
JFC
gl000001
11 décembre 2012
13h40
Est-ce que les paquebots et cargos envoient leur échappement dans l’eau comme les petits bateaux sur nos lacs et rivières, en plus du bruit ?
ramses2.1
11 décembre 2012
14h16
Des dégâts monstrueux comme la pêche industrielle m’ont convaicu que la lutte pour sauver les océans est perdue.
Maintenant c’est le bruit. So what ? Tant qu’on peut faire du fric.
L’environnement est-il soluble dans le capitalisme ? Pense pas.
Jean Émard
cjulie
11 décembre 2012
16h32
@tisafo
Savez-vous ce qu’est la NOAA ? Connaissez-vous les processus d’embauche pour devenir chercheur à la NOAA ? Que savez-vous que les chercheurs ne savent pas ? Et où l’avez-vous appris ? Sur Internet ? Je vous rappelle vos propres mots: “Il est d’une facilité déconcertante de s’improviser spécialiste en n’importe quoi grâce à Internet.”
jaylowblow
11 décembre 2012
17h23
C’est drôle et triste en même temps de voir des gens utiliser une anecdote personnelle afin de tenter de discréditer une étude scientifique qu’ils ne comprennent même pas. De plus, il faut être imbu de soi-même pas à moitié pour s’improviser spécialiste de “la réalité de la vie”.
dcsavard
11 décembre 2012
21h44
Une équipe de chercheurs vient de décoder le langage des baleines, elles disent: «Vos gueules! On veut dormir en paix!»
tisafo
12 décembre 2012
15h08
@cjulie
Savez-vous ce qu’est le doute méthodique ?
Savez-vous ce qu’est la complexité ?
Savez-vous ce qu’est l’adaptation ?
Sans doute pas grand chose, comme la très grande majorité de nos “tree huggers” hystériques…
L’absence actuelle d’étude de cohorte permettant d’évaluer avec objectivité la réponse comportementale des mammifères marins exposés à une source de bruit anthropique est une lacune fondamentale importante dans le domaine de l’acoustique marine.
Pérorer haut et fort que “le portrait n’a rien de réjouissant pour les baleines” est un raccourci intellectuel grossièrement réducteur.
Cohorte ou non, les études sur le comportement des mammifères marins vont pas mal toutes dans le sens d’un dérangement par le bruit. Le doute méthodique ne doit pas être une excuse pour ne pas tenir compte des données qui ne font pas son affaire, idéologiquement.
JFC
cjulie
12 décembre 2012
19h25
“Sans doute pas grand chose, comme la très grande majorité de nos “tree huggers” hystériques…”
Et que dire des idéologues qui crachent sur les “spécialistes” et qui ne comprennent même pas qu’en études d’impact, c’est l’erreur de type II que l’on cherche à éviter, pas l’erreur de type I. Les impacts du bruit anthropique sur les cétacées n’est pas bien connu. Bien. Sauf que les bruits anthropiques sont de plus en plus présents (c’est d’ailleurs la seule conclusion à tirer des résultats présentés par la NOAA). Ou bien vous ne savez pas lire, ou bien vous cherchez une occasion de taper sur des scientifiques. D’une façon ou d’une autre, ce n’est pas très reluisant.
ramses2.1
14 décembre 2012
10h52
“La derniere traversee que j ai fait en voilier, je n ai pas entendu le moindre son humain pendant 19 jours. Aucun bateau ni sous marin.
Qu est ce que c est que cette etude???” xrayone
===
Mon grand-père a fumé toute sa vie et est mort à 90 ans frappé par un 10 roues.
Qu’est-ce que c’est que ces études sur le lien entre le tabac et le cancer ?
Même logique tordue. :)
Jean Émard