
Deux des toutes premières pelletées de sol martien analysé par les instruments de Curiosity. (Image : JPL/NASA)
Les fameuses données glanées sur Mars par la sonde Curiosity et qui étaient supposées «entrer dans les livres d’histoire» viennent d’être divulguées, et l’on sait désormais dans quels ouvrages elles seront consignées : il s’agit des livres d’histoire de la géologie martienne — car les autres bouquins risquent fort de les ignorer complètement.
Dans le communiqué de presse publié aujourd’hui sur le site du Jet Propulsion Lab, on apprend que Curiosity a analysé ses premiers échantillons de sol martien, et que celui-ci abrite une «chimie complexe» impliquant de l’eau, du soufre et du chlore. Mais «nous n’avons aucune détection de molécules organiques martienne jusqu’ici», a dit Paul Mahaffy, le responsable de l’appareil qui a servi à ces analyses.
Lundi, rappelons-le, le chef de la mission Curiosity avait créé une petite tempête médiatique en confiant à la radio publique américaine que le rover venait de produire des données qui allaient, selon ses termes, «entrer dans les livres d’histoire». Comme les objectifs poursuivis par Curiosity tournent en grande partie autour de la recherche de vie sur la planète rouge, à peu près tous les commentaires émis depuis en arrivaient à la même conclusion — c’est-à-dire que toute annonce qui n’impliquerait pas de molécule organique constituerait une déception.
Alors c’est maintenant officiel : éventuellement, ces travaux amèneront peut-être un extraordinaire éclairage sur le passé de Mars (c’est ce que l’on souhaite), mais pour l’heure, le monde est déçu…
AJOUT (4 déc.) : Le New Scientist vient de publier deux textes qui donnent plus de détails non seulement sur ce que Curiosity n’a pas trouvé, mais aussi sur ce que le rover a bel et bien «vu». Le premier fait état de carbone, qui pourrait en principe signifier qu’il y a de la chimie organique sur Mars — si on pouvait déterminer que ce n’est pas du carbone terrestre qui a contaminé les instruments de Curiosity. Le second, très intéressant, indique quant à lui que la proportion de deutérium (hydrogène lourd) trouvée dans le sol martien est cinq fois plus élevée que celle que l’on observe sur Terre. Cela pourrait s’expliquer par le fait que Mars a perdu une bonne partie de son atmosphère ; des molécules de vapeur d’eau pourraient ainsi, au fil du temps, avoir été brisées par le rayonnement UV du Soleil, et l’hydrogène plus léger aurait été perdu dans l’espace plus rapidement que le deutérium.
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