Sciences dessus dessous

Archive du 3 décembre 2012

Lundi 3 décembre 2012 | Mise en ligne à 15h35 | Commenter Commentaires (12)

Mars : la «balloune» se déssouffle…

Deux des toutes premières pelletées de sol martien analysé par les instruments de Curiosity. (Image : JPL/NASA)

Deux des toutes premières pelletées de sol martien analysé par les instruments de Curiosity. (Image : JPL/NASA)

Les fameuses données glanées sur Mars par la sonde Curiosity et qui étaient supposées «entrer dans les livres d’histoire» viennent d’être divulguées, et l’on sait désormais dans quels ouvrages elles seront consignées : il s’agit des livres d’histoire de la géologie martienne — car les autres bouquins risquent fort de les ignorer complètement.

Dans le communiqué de presse publié aujourd’hui sur le site du Jet Propulsion Lab, on apprend que Curiosity a analysé ses premiers échantillons de sol martien, et que celui-ci abrite une «chimie complexe» impliquant de l’eau, du soufre et du chlore. Mais «nous n’avons aucune détection de molécules organiques martienne jusqu’ici», a dit Paul Mahaffy, le responsable de l’appareil qui a servi à ces analyses.

Lundi, rappelons-le, le chef de la mission Curiosity avait créé une petite tempête médiatique en confiant à la radio publique américaine que le rover venait de produire des données qui allaient, selon ses termes, «entrer dans les livres d’histoire». Comme les objectifs poursuivis par Curiosity tournent en grande partie autour de la recherche de vie sur la planète rouge, à peu près tous les commentaires émis depuis en arrivaient à la même conclusion — c’est-à-dire que toute annonce qui n’impliquerait pas de molécule organique constituerait une déception.

Alors c’est maintenant officiel : éventuellement, ces travaux amèneront peut-être un extraordinaire éclairage sur le passé de Mars (c’est ce que l’on souhaite), mais pour l’heure, le monde est déçu…

AJOUT (4 déc.) : Le New Scientist vient de publier deux textes qui donnent plus de détails non seulement sur ce que Curiosity n’a pas trouvé, mais aussi sur ce que le rover a bel et bien «vu». Le premier fait état de carbone, qui pourrait en principe signifier qu’il y a de la chimie organique sur Mars — si on pouvait déterminer que ce n’est pas du carbone terrestre qui a contaminé les instruments de Curiosity. Le second, très intéressant, indique quant à lui que la proportion de deutérium (hydrogène lourd) trouvée dans le sol martien est cinq fois plus élevée que celle que l’on observe sur Terre. Cela pourrait s’expliquer par le fait que Mars a perdu une bonne partie de son atmosphère ; des molécules de vapeur d’eau pourraient ainsi, au fil du temps, avoir été brisées par le rayonnement UV du Soleil, et l’hydrogène plus léger aurait été perdu dans l’espace plus rapidement que le deutérium.

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Lundi 3 décembre 2012 | Mise en ligne à 10h56 | Commenter Commentaires (2)

Trouble de la personnalité : un «beau gâchis»

Faute de s’entendre sur une solution, tout le monde devra endurer le problème pendant encore quelques années, au bas mot : l’Association américaine de psychiatrie a entériné ce week-end la nouvelle version de son Diagnostic and Statistical Manual in Mental Health (DSM, sorte de «bible» sur laquelle les «psy» basent tous leurs diagnostics), tout en décidant d’en exclure la réforme en profondeur des troubles de la personnalité, nous apprend ici le New Scientist.

Les troubles de la personnalité touchent environ 10 % de la population à des degrés divers, gens qui (grosso modo) éprouvent des difficulté dans leurs relations avec autrui à cause des certains de leurs traits de caractère et de leurs attitudes par rapport à eux-mêmes et à leur environnement. La version actuelle du DSM, le «DSM-4», énumère 10 troubles de la personnalité «officiels», allant du narcissisme à la personnalité évitante en passant par la personnalité limite, la schizotypale, etc.

Or comme je l’expliquais ici la semaine dernière, cette façon de classer les troubles de la personnalité, si elle représentait une amélioration sur la précédente est loin d’être satisfaisante. Je ne reviendrai pas sur ses défauts — voir mon texte de mardi dernier pour un petit résumé et des références —, mais disons que ses critères comportent une bonne part d’arbitraire, que certains des 10 archétypes du DSM-4 peuvent en fait recouvrir plusieurs problèmes complètement différents et que ces catégories laissent échapper une (trop) grande partie des patients — le diagnostic le plus fréquent, c’est tout dire, est le «trouble de personnalité non défini». Et pire encore, peut-être, le diagnostic d’un même patient change un peu trop souvent d’un test à l’autre…

Le DSM-5, qui entrera en vigueur au printemps prochain, proposait donc une véritable révolution, où le diagnostic aurait reposé sur 5 grands traits de personnalité (affect négatif, détachement, antagonisme, désinhibition, psychoticisme), détaillés en 25 «facettes». Les 10 grands archétypes du DSM-4 étaient ramenés à 6, dont les critères étaient beaucoup resserrés.

Cependant, même si tous s’entendent sur la nécessité d’une réforme en profondeur, cette proposition n’est pas parvenue à rallier une assez grande partie de la communauté scientifique. Certains lui reprochent de sursimplifier les troubles de la personnalité, d’autres de ne pas pousser la nouvelle logique assez loin, et d’autres encore estiment que la validité clinique et scientifique de ce nouveau modèle n’a pas encore été suffisamment démontrée par la recherche.

Il est évident qu’il n’y aurait aucun avantage à remplacer un mauvais ensemble de catégorie par un autre. Mais en attendant, cela signifie que tout ce beau monde, et par dessus tout les patients, devra continuer à vivre avec les défauts du DSM-4. Ce qui, pour reprendre l’expression d’un expert cité par le New Scientist, est un «beau gâchis».

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