Sciences dessus dessous

Archive, décembre 2012

Jeudi 20 décembre 2012 | Mise en ligne à 16h44 | Commenter Commentaires (2)

Tornade, chauves-souris et vacances

Un mésocyclone se forme au dessus d'une ferme du Nebraska, en juin. (Image : Camille Seaman, Nature)

Un mésocyclone se forme au dessus d'une ferme du Nebraska, en juin. (Crédit : Camille Seaman, pris sur nature.com)

Comme à chaque fin d’année, il y a des tonnes et des tonnes de rétrospectives et de «top 10» scientifiques qui paraissent ici et là. Évidemment, pour 2012, le titre de découverte de l’année est assez prévisible — si le boson de Higgs est en lice pour être la personnalité de l’année du Time Magazine, il trônera vraisemblablement au sommet de tous les palmarès scientifique.

Pour ceux qui préfèrent être surpris, agréablement ou non, je vous suggère ici les 10 personnes qui ont marqué la science ces 12 derniers mois, selon Nature. Signe des temps, on trouve désormais un palmarès des «top genomes» déchiffrés cette année (!) sur The Scientist — site où l’on trouve aussi un palmarès des pires scandales scientifiques.

Or au risque de faire horriblement vieux jeu, je vais vous confesser avoir encore un faible pour les palmarès de photos. Ouaip, des images qui bougent pas. Juste en 2D. Parce qu’à mon sens, avec peut-être certaines formules mathématiques, ce sont ces images-là qui rendent le mieux la beauté de la science, la beauté de son objet — la beauté du monde, quoi. Les photos que l’on trouve sur la rétrospective de Nature sont d’ailleurs absolument époustouflantes ; le site de Science en montre aussi de fort belles, encore qu’il semble avoir troqué la qualité pour la quantité.

J’en profite pour vous souhaiter de Joyeuses Fêtes à tous, puisque je pars en vacances de ce pas (ou presque). De retour en janvier !

On les dirait tout droit sortis d'un film d'animation de Walt Disney, mais ces embryons de chauve-souris sont bien réels et ont été croqués par Dorit Hockman, biologiste de Cambridge. (Crédit : DORIT HOCKMAN/UNIV. CAMBRIDGE/2012 PHOTOMICROGRAPHY COMPETITION/NIKON SMALL WORLD)

On les dirait tout droit sortis d'un film d'animation de Walt Disney, mais ces embryons de chauve-souris sont bien réels et ont été croqués par Dorit Hockman, biologiste de Cambridge. (Crédit : DORIT HOCKMAN/UNIV. CAMBRIDGE/2012 PHOTOMICROGRAPHY COMPETITION/NIKON SMALL WORLD, pris sur Nature.com)

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Jeudi 20 décembre 2012 | Mise en ligne à 10h45 | Commenter Commentaires (28)

Boxologie : la main humaine a-t-elle évolué pour frapper ?

Voilà une nouvelle délicieusement déjantée en cette période d’amour, de réjouissance et de partage : selon un article qui vient d’être publié dans le Journal of Experimental Biology, la main humaine aurait évoluée vers la forme qu’elle a présentement afin de pouvoir… donner des coups de poing.

La main du chimpanzé, à gauche, ne permet clairement pas de former un poing aussi efficace que la main humaine. Mais de là à dire que cette dernière a évolué pour le combat, il y a quand même une grosse marge... (Image : Journal of Experimental Biology)

La main du chimpanzé, à gauche, ne permet clairement pas de former un poing aussi efficace que la main humaine. Mais de là à dire que cette dernière a évolué pour le combat, il y a quand même une grosse marge... (Image : Journal of Experimental Biology)

Michael Morgan et David Carrier, de l’Université de l’Utah, ont demandé à 10 athlètes de frapper sur un punching bag avec la main ouverte et le poing fermé, prenant diverses mesures d’impact. À leur grande surprise, ils n’ont pas observé de différence de force dans les coups, mais ils font valoir que la superficie d’un poing fermé est d’environ le tiers de la main ouverte, et de 60 % celle de la paume. «Bien que la force totale d’un coup puisse être importante dans un combat (pour accélérer le corps, renverser un opposant, lui faire perdre conscience ou lui infliger une commotion), les dommages locaux aux tissus, comme les fractures ou les contusions, ne sont pas produits par le force, mais par le stress (la force par unité de surface). Puisque nos sujets génèrent des forces comparables avec la main ouverte et le poing fermé, frapper avec le poing accroît le stress sur la cible (…) par un facteur 1,7 à 3», écrivent-ils.

L’évolution d’une main faite pour s’agripper à des branches, comme celles du chimpanzé, à une main faite pour manipuler des outils et/ou pour se taper sur la gueule semble être apparue à l’époque des australopithèques, à peu près en même temps que la lignée humaine aurait adopté (ou commencé à adopter) la bipédie, il y a environ 2 millions d’années. Chez ces espèces, font valoir Morgan et Carrier, le mâle était nettement plus gros que la femelle, signe immanquable d’une grande compétition intense entre les mâles. Le fait de ne plus vivre dans les arbres aurait ainsi permis d’abandonner la «main de grimpeur» pour une autre, plus adaptée au combat.

À l’idée très répandue selon laquelle la main humaine aurait évolué pour permettre des manipulations fines et très précises — tâches délicates dont elle s’acquitte effectivement de manière inégalée — les auteurs répondent essentiellement qu’une fonction n’a manifestement pas empêché l’autre, et qu’«ultimement, la signification évolutive de la main humaine pourrait se trouver dans sa remarquable capacité à servir deux fonctions en apparence incompatibles, mais toutes deux intrinsèquement humaines».

Fait intéressant, si leur hypothèse s’avérait vraie, elle pourrait du même coup élucider un autre mystère, soit la raison pour laquelle une exposition fœtale à des taux de testostérone élevés allonge la longueur de l’annulaire par rapport à l’index — ce que l’on appelle le «rapport 2D:4D». Chez les hommes, ce ratio est plus bas que chez les femmes — mais le duo de chercheurs ne dit pas si cela rend le poing plus efficace.

Cette nouvelle hypothèse, il faut le souligner, semble être accueillie avec un certain scepticisme chez les paléontologues, pour ne pas dire un scepticisme certain. Citée par le New Scientist, Mary Marzke, de l’Université d’état de l’Arizona, qualifie l’article d’intéressant, mais note (avec raison) qu’il ne prouve en rien que le poing fut le moteur de l’évolution de la main humaine et croit plutôt qu’il s’agirait-là d’un «effet secondaire utile» de l’évolution.

Bref, l’hypothèse est sans doute un brin (ou deux) spéculative, mais le sujet est toujours fascinant…

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Peu d'événements auront autant stimulé les esprits conspirationnistes... (Photo : archives, Reuters)

Peu d'événements auront autant stimulé les esprits conspirationnistes... (Photo : archives, Reuters)

Suis tombé là-dessus hier, en cliquant sur les liens partant d’un article tentant d’expliquer l’engouement pour une fin du monde que tous, ou presque, savent fausse. L’étude date un peu, mais comme elle traite des théories du complot, dont on voit diverses déclinaisons dans les commentaires de votre blogue favori (malgré les meilleurs efforts de votre humble), je me suis dit que cela pourrait en intéresser plusieurs.

L’idée de départ de ses trois auteurs, des chercheurs en psychosociologie de l’Université Kent, est que le conspirationnisme est souvent une posture générale par rapport au monde, ce qui explique pourquoi ceux qui croient à une théorie ont plus de chances d’adhérer à d’autres théories. Plusieurs recherches l’ont montré par le passé, mais les chercheurs de Kent ont voulu voir si l’on pouvait pousser cette logique un brin plus loin : est-ce que les conspirationnistes sont «capables» de croire à deux théories parfaitement contradictoires ?

La réponse, et franchement ça me scie en deux, c’est oui ! Dans deux expériences où les participants devaient se prononcer sur quelques énoncés liés à un même événement, les auteurs ont montré que : 1) ceux qui croient que Lady Di a simulé sa propre mort sont aussi plus susceptibles de croire qu’elle a été assassinée (!?!) ; et 2) ceux qui croient qu’Oussama ben Laden est toujours en vie sont aussi plus susceptibles de croire qu’il était déjà mort quand les forces spéciales américaines ont attaqué son refuge (?!?)…

Il faut noter que les échantillons n’étaient pas énormes (137 et 102 personnes) et que les taux de corrélation ne sont pas particulièrement impressionnants — autour de 0,250 ; ces coefficients vont de –1 à +1, une valeur de 0 signifiant une absence de corrélation —, mais ils sont tout de même statistiquement significatifs.

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