Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
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    Jeudi 29 novembre 2012 | Mise en ligne à 10h20 | Commenter Commentaires (22)

    Plaidoyer(s) pour que le dépistage du VIH devienne une routine

    Les études et les plaidoyers se sont littéralement empilés, ces derniers jours, pour que le dépistage du VIH finisse par faire partie de la routine médicale, au lieu de ne viser que les clientèles jugées à risque, comme c’est le cas actuellement.

    L’éditorial du Canadian Medical Association Journal a en quelque sorte ouvert le bal, lundi. Son trio d’auteurs y fait remarquer qu’il n’y a plus de raison pour que le test du VIH ne soit pas proposé routinièrement à tous ceux qui se rendent chez le médecin, et non plus aux seuls homosexuels, utilisateurs de drogues intraveineuses, etc. Les tests existants sont très performants, acceptés et abordables, plaident-ils, et la trithérapie a fait ses preuves : une personne qui reçoît un diagnostic de séropositivivité peut de nos jours espérer vivre jusqu’à 73 ans. Et par dessus-tout, il a été solidement démontré par plusieurs études que la trithérapie réduit par plus de 95 % les risques de transmission du virus chez les couples sérodiscordants.

    Il y aurait donc là, potentiellement, un gros levier de prévention dont on se prive à l’heure actuelle. D’autant plus qu’un projet pilote mené à Vancouver, où des médecins proposaient le test à toute leur clientèle, a donné des résultats intéressants : pour 1000 tests, 6 nouveaux cas étaient détectés, cas qui seraient possiblement passés sous les radars pendant des années autrement.

    Comme s’il voulait y faire écho, le Center for Disease Control, aux États-Unis, a publié mardi une étude sur la prévalence du VIH chez les jeunes, où l’on apprend que pas moins de 59 % des porteurs VIH ayant entre 13 et 24 ans n’ont jamais été testés. À une époque de la vie où, évidemment, où la vie sexuelle n’est pas particulièrement tranquille…

    Hier, c’était au tour de la revue savante en ligne PLoS-ONE de publier une étude canadienne qui calcule que lorsque le nombre de patients séropositifs qui prennent la trithérapie augmente de 10 %, le nombre de nouveaux cas de VIH diminue de 8 %.

    Et ce matin dans Le Soleil, le Dr Réjean Thomas, fondateur de la clinique L’Actuel à Montréal, s’en prend à la fois à l’ex-gouvernement libéral, qui a annulé une campagne de 500 000 $ pour la prévention du VIH, et l’actuel gouvernement péquiste, qui ne semble pas pressé d’agir…


    • On ne peut s’opposer à la vertu d’un diagnostic précoce si les coûts sont acceptables (ils le sont, apparemment, si on détecte > 1 séropositif par 1000 tests).

      Mais il faut aussi faire preuve de tact quand aux circonstances induisant l’offre de ce “service”. La majorité de la population, incluant moi-même, serait insultée de se faire offrir un test de HIV. Tout comme la majorité de la population, incluant moi-même, serait insultée si, entre la question 7 du médecin généraliste (avez-vous des maux de tête?) et sa question 8 (avez- vous des douleurs articulaires?), il se sentait obligé de demander: 1) avez-vous visité une prostituée au cours de l’année? 2) Avez-vous eu des contacts sexuels, oraux, vaginaux,ou désaxés (!), avec plus d’un partenaire au cours de l’année?

      Le SIDA ne s’attrape tout de même pas comme la grippe!

    • “quant aux”, et non “quand aux”!

    • Les tests existants sont très performants, acceptés et abordables, plaident-ils, et la trithérapie a fait ses preuves : une personne qui reçoît un diagnostic de séropositivivité peut de nos jours espérer vivre jusqu’à 73 ans.

      Est-ça dire que passé 73 ans, je peux courir la galipette toutes voiles ouvertes ?

    • @honorable
      Je ne me sentirais pas du tout insulté de me faire poser ces questions. Au contraire, je me dirais que je suis tombé sur un bon médecin qui a à coeur la santé de ses clients.

    • “Plaidoyer(s) pour que le dépistage du VIH devienne une routine”… Depuis le temps que les tests de dépistage rapide existent, il serait bien temps! Perosnnellement, même si je n’ai pas un comportement à risque, je n’aurais rien contre le fait que mon MD l’ajoute à la liste des paramètres qu’elle demande au labo lors de mon check-up annuel.

    • @honorable
      Certaines questions peuvent indisposer ou gêner certaines personnes mais il me semble excessif de prétendre que la majorité puissent être insultées. En médecine toutes les questions se posent. C’est même une nécessité si on veut poser un diagnostic le plus près possible de la réalité.

      “Désaxés”. Vraiment! Du honorable pur jus.

    • @gl00001: vous avez sans doute vos raisons…

    • Les préjugés ont la vie dure quand on parle de sida … et les répliques envers ceux qui sont encore capable de compassion envers les victimes sont parfois un peu gratuites et du genre «vous avez vos raisons ha ha ha» ….. A moins de pratiquer l’abstinence sexuelle totale ou de faire porter la ceinture de chasteté a vos partenaires sexuel vous ne vous pensez jamais à l’abris d’une maladie transmise sexuellement…

      Dans les années 80 mon épouse , un vieux modèle qui m’endure depuis 38 ans , a eu un accouchement plus que pénible qui a nécessité des transfusions sanguines . Quinze ans plus tard nous recevions une lettre du gouvernement nous demandant de passer par prévention un test de dépistage du sida et de l’hépatite C. Apr`s la prise de sang on a eu le ‘’bonheur’’ de réfléchir plus en profondeur à la question pendant un mois avant d’avoir les résultats, qui bien sur est réservé pour les ”tarés”, ” les fif” et ”les putes” mais qui nous tombait dessus comme la misère sur le pauvre monde… Une attente interminable pur apprendre que tout était ok mais à cette époque on n’y survivait pas et quand on prend le temps d’y réfléchir on comprend un peu mieux …

      Bien sûr comment expliquer autrement que Dieu lui même nous ait puni et qu’on puisse être affecté d’une calamité pareille sans que nous soyons coupable de quelque chose de grave et d’immoral ! Faut bien que la morale judéo chrétienne serve à quelque chose …

      Mais bonne réflexion quand même …

    • @passage: quel adjectif préférable vous viendrait-il à l’esprit pour décrire la pratique en question? Il me semble que “désaxé” est tout indiqué. Mais je demeure toujours ouvert à un vocabulaire qui décrive optimallement le réel.

      J’ai laissé passer le terme «désaxé» parce qu’il était suivi d’un point d’exclamation entre parenthèse, qui indiquait un second degré. Mais si je me rends compte que la signification était plus terre à terre, je vais supprimer le commentaire…
      JFC

    • @honorable
      Cheap shot ridicule qui affecte plus votre réputation que la mienne. Vous ne portez définitivement pas votre nom.

      Le médecin doit traiter ses patients de manière égale.
      Il y a quelques années, on a appris qu’un juge avait eu des relations avec des prostituées.
      Est-ce que son médecin ne lui aurait pas posé ces questions parce qu’il est juge ? Une personne “honorable” ?
      Oui il doit les poser. Sinon c’est lui qui juge et en ne posant pas la question il pourrait être le bourreau de plusieurs autres personnes.

    • On prend mal l’humour, gl00001? Quel épiderme sensible vous avez… Je peux vous garantir qu’aucun médecin professionnel ne poserait ces questions à son patient “out of the blue”. C’est-à-dire que ces questions ne feront jamais partie d’une liste automatique de questions dans un cabinet de généraliste professionnel. Le test HIV vise une petite portion bien précise de la population, et non la population en général.

    • corrigé@JFC, je vous encourage à ne pas sombrer dans le politiquement correct stérile et réducteur qui contamine trop d’esprits (et de blogues) québécois. Au point où le Québec devient une société sans valeurs, ce qui n’est sans doute pas étranger à toute la corruption dont on est témoin présentement au Québec dans le monde de la politique municipale.

      Quand on n’a pas de valeur, tout se vaut, tout est égal, ce qui n’est pas sans conséquences plutôt désastreuses.

      Il est normal d’avoir des valeurs. Qui dit “valeurs” dit, aussi, jugement de valeurs, oh anathème de certains “humanitaires”.

      Quand on a des valeurs, certaines choses paraissent désaxées et il ne devrait pas être tabou de le dire. C’est une opinion entièrement valable que de croire que le communisme est un système politique désaxé; et je ne vois pas pourquoi un communiste s’en sentirait insulté. Même chose pour certaines pratiques sexuelles ou extramaritales.

      Il faut tracer la ligne quelque part entre le normal et le désaxé. (Je n’emploie pas “désaxé” au sens figuré de “déséquilibre mental”, si c’est ça votre interrogation, mais au sens d’ un peu plus fort qu’ “irrégulier”.)

      On peut différer d’opinion quant à l’endroit où tracer la ligne, mais cette ligne existe. Que la mienne puisse être différente de la vôtre est tout à fait normal, et je ne me suis jamais offusqué de quiconque trace la ligne à un autre endroit que moi.

    • Il y a deux questions qui pour moi sont sans réponses. Il me semble que c’est le bon endroit pour les poser.

      Le test VIH n’est pas un test qui décèle le virus, mais plutôt les anticorps qui se sont attaqués à ce virus. La présence d’anticorps indique que le système immunitaire a neutralisé le virus. Comment un virus neutralisé peut-il être dangereux ?

      Le VIH est un rétrovirus. Un rétrovirus ne détruit pas les cellules, il s’insère à l’intérieur du génome de la cellule. Comment le VIH peut-il détruire les cellules du système immunitaire (les globules blancs) ?

      Le VIH a des endroits où se cacher. Une fois qu’il est entré dans un lymphocyte, il n’existe plus que sous la forme d’un brin d’ADN dans le noyau — ce qui le rend indétectable, même par les «bons» anticorps. Pour le reste, le petit peu que j’ai trouvé donne des versions contradictoires (voir ici, ici et ici)… Y a-t-il un médecin dans la salle ?
      JFC

    • @honorable
      Le tire du blogue est :
      “Plaidoyer(s) pour que le dépistage du VIH devienne une routine”

      “ces questions ne feront jamais partie d’une liste automatique de questions dans un cabinet de généraliste professionnel. Le test HIV vise une petite portion bien précise de la population, et non la population en général.”

      Belle affirmation. Mais pourquoi ? On a appris l’an dernier que jeune femme a été déclarée ayant le SIDA. Elle était vierge, jamais droguée … Son dentiste par-contre avait le SIDA et ne le savait pas.
      Ca en prend un dépistage “de routine” par les médecins “pour tout le monde”. Et les bénéfices seront encore “pour tout le monde”.

      J’ai un neveu qui s’habille en punk avec les cheveux verts. Selon vous, il devrait se faire poser la question ? Il ne se drogue pas. Ne boit même pas. Il utilise le condom et ne porte pas de carré rouge. Pourquoi plus lui mais pas le juge de mon exemple ? Répondez à ça sinon vos interventions ici ne sont que du bruit !!! Votre utilisation de “désaxé” n’est que de la pudibonderie et n’a pas sa place lorsqu’on veut sauver des vies.

    • @johnGalt:
      1) la présence d’anticorps indique que le système immunitaire lutte contre le virus. Pas nécessairement qu’il l’a neutralisé. Dans le cas de HIV-1, le système immunitaire lutte, typiquement, jusqu’à épuisement total de l’individu, d’où la victoire in extremis (après, disons, 10 ans d’infection) du HIV-1.

      2) il y a des rétrovirus qui ne détruisent pas certaines cellules, d’autres qui le font. HIV-2, par exemple, ne détruit pas beaucoup de cellules. Par contre, HIV-1 détruit des cellules immunitaires très importantes, et en grand nombre, à coup de millions chaque jour, sinon de centaine de millions par jour (à vérifier), d’où un régime assez insoutenable pour l’organisme.

      3) Dans d’autres cellules, ou parfois les mêmes, HIV-1 s’intègre dans le génome cellulaire sans trop produire de virus: la cellule survit, mais devient une bombe à retardement qui peut “exploser” (libérer des centainesde virus) dans 5, 10 ou 20 ans.

      4) Si on traitait les gens dès les heures qui suivent leur infection, très peu, ou aucun, HIV-1 n’aurait eu le temps de s’intégrer dans le génome des cellules, et il serait alors concevable que la trithérapie guérisse le patient (la trithérapie s’occupe très efficacement des virus qui se répliquent, mais pas de ceux qui se cachent sous forme provirale dans le génome cellulaire).

      5) D’où l’utilité d’un dépistage le plus précoce possible. Quand le dépistage a lieu 3 mois, 6 mois ou 1 an après l’infection, beaucoup de virus se sont intégrés dans le génome cellulaire (on dit qu’ils se cachent dans des “réservoirs” cellulaires) et la trithérapie doit alors être prise à vie, sans espoir de guérison réaliste.

    • @honorable
      “D’où l’utilité d’un dépistage le plus précoce possible. ”
      Mais pas pour les juges, ni les dentistes, ni Honorable.
      Si le médecin vous pose des questions “désaxées”, ben vous avez toujours le choix comme disait si bien Jean-Paul Sartre. Ne répondez pas, répondez la vérité ou une grosse menterie.

    • @honorable
      Vous connaissez très bien, et nous aussi, quel est le terme descriptif et factuel qui devrait remplacer de manière appropriée votre “désaxé”. En médecine comme en science, une description rigoureuse et neutre des faits est une condition essentielle à une compréhension juste de la réalité et à une intervention efficace.

      Comment se fait-il que vous, pourtant si soucieux de rigueur scientifique et d’exactitude factuelle, fassiez quelquefois autant de place aux jugements de valeurs et aux préjugés? Vous êtes un paradoxe, honorable.

      Avoir des valeurs et porter des jugements de valeur sont deux choses différentes.

    • @passage: ceci est un blogue, pas une publication scientifique. Sachez faire la différence. Ou, comme disait François Jacob dans une conférence scientifique: “on ne peut pas être moléculaire tout le temps”. Il y a autre chose que la médecine et la science dans la vie: ll y a aussi la morale, qui implique jugements de valeur. Je suis sûr que vous même tracez la ligne quelque part. Il y a des comportements qu’on ne doit pas encourager sans pour autant traiter de malades mentaux ceux qui les pratiquent. Surtout quand ces comportements augmentent le risque de transmission de maladies ou de mortalité immédiate (je pense ici à ceux qui s’étranglent ou se mettent des sacs de plastique sur la tête dans le but de perdre connaissance pour, semble-t-il, mieux “jouir”; ça aussi c’est désaxé comme comportement, et il faut savoir le dire au lieu de tomber dans un relativisme pervers ou tout se vaut et où les passions sont là pour être assouvies sans lutter contre elles puisqu’aucune, selon le poliltically correct ambiant, ne saurait être mauvaise).

    • Un ajout aux connaissances de tous. Le sida ne s’attrape pas uniquement par des contacts sexuels.

      Cela a pu s’attraper par transfusions sanguines dans le passé et aujourd’hui dans des pays dont les conditions sanitaires sont inférieures aux nôtres. Lors d’un séjour pour le travail en Afrique, un des clauses de mon contrat était de rapatrier en urgence à Paris en cas de blessures.

      Les services policiers sont devenus de grands consommateurs de gants car il peut y avoir contact avec du sang.

      Dans les stations d’épuration d’eaux usées, des employés se sont déjà blessés avec des seringues interceptés par le dégrillage au début du traitement. Ce risque existe pour les éboueurs.

      Pour les jeunes, qui ont une vie active plus active durant leurs périodes de célibat, les risques sont grands.

      Proposer de routine un test de VIH permettrait justement aux gens qui ont peur d’être étiquetés, d’être testés et de réduire un peu plus les risques de transmission.

    • @honorable
      S’étrangler pour mieux jouir ne doit pas être encouragé parce que c’est “désaxé” mais plutot parce que c’est dangereux. C’est ça qu’il faut dire. La vrai morale, c’est ça. Ne pas se mettre en danger. La fausse morale a laquelle vous vous référez, c’est de la pudibonderie comme je disais plus haut.
      Continuez à ne pas répondre à la question de blogue et continuez à semer des fausses pistes de conversation. Ca continue à montrer ce que vous êtes vraiment.

    • @gl00001, alors nous disons la même chose (1), puisque la relation en question est elle-même dangereuse.

      http://en.wikipedia.org/wiki/Anal_sex#Health_risks

      Rien à voir avec une question de pudibonderie de ma part. Vous lisez dans mes textes comme d’autres dans les feuilles de thé des choses tout à fait étonnantes que même en rêve je n’ai pas formulées.

      (1) A peu de choses près: dans la vraie morale, on se met parfois en danger, mais pour les bonnes raisons..

      PS: de plus, j’ai déjà répondu à la “question du blogue”!

    • @honorable
      “désaxé” et dangereux, ne sont pas synonyme du tout.

      Vous avez juste répondu qu’aucun médecin ne poserait ces questions à tout le monde. Ce n’est pas une réponse mais une prédiction. Même pas expliquée en plus.

      Cet échange s’est trop éloigné du sujet de départ ; je ne publierai plus les prochaines répliques.
      JFC

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