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  • Jean-François Cliche

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    Mercredi 28 novembre 2012 | Mise en ligne à 17h01 | Commenter Commentaires (7)

    Gaz de schiste et émanations fugitives de méthane : le grain de sel du MIT

    Nouveau développement dans la recherche sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’industrie des gaz de shale : une étude du Massachussetts Institute of Technology vient de porter un dur coup à la thèse de Rob Howarth, ce chercheur qui prétend que l’exploitation des gaz de schiste émettrait encore plus de gaz à effet de serre que le charbon.

    Je vous avais parlé ici, pas plus tard que la semaine dernière, d’une étude australienne qui suggérait que M. Howarth pourrait avoir raison. Les taux de méthane détectés près d’un champ gazier australien laissaient ouverte la possibilité que la fracturation hydraulique puisse engendrer des fuites de gaz dans l’atmosphère — et comme un des principaux avantages environnementaux du gaz naturel est d’émettre moins de CO2 que le charbon, cela ferait une raison de moins d’exploiter les shales gazifères, disent les écolos. Cette étude n’était pas, bien sûr, une preuve de quoi que ce soit, mais après les résultats d’une autre campagne de mesure de CO2 en début d’année, au Colorado celle-là, il fallait en venir à la conclusion que ce Rob Howarth n’était peut-être plus le chercheur isolé (dans la communauté scientifique, pas dans les médias) qu’il était quand il a sorti ses premiers calculs. En tout cas, c’était suffisant, disais-je, pour en faire une question pertinente à élucider avant de donner le feu vert à cette industrie.

    Eh bien le MIT vient d’amener un début de réponse, et il risque de déplaire passablement à M. Howarth. Ainsi, raisonne l’article (paru dans Environmental Research Letters) les émissions de CH4 particulières à l’industrie des gaz de schiste surviennent à peu près toutes lorsque, après avoir fracturé la roche en injectant de l’eau sous pression dans le sol, l’on récupère une partie de l’eau — une étape qui peut prendre 8-10 jours. En s’appuyant sur diverses données empiriques et simulations, les chercheurs du MIT Francis O’Sullivan et Sergeï Paltsev estiment que les fuites potentielles totales s’élèvent à 0,5 % (exceptionnellement jusqu’à 1 %) de la production d’un puits, en présumant que celui-ci produit pendant 15 ans.

    C’est déjà nettement moins que les 3 à 4 % dont parlaient M. Howarth et quelques autres, mais encore cela présuppose que tout le méthane dégagé pendant ces 8-10 jours s’en va tel quel dans l’atmosphère. C’était l’hypothèse de travail de M. Howarth, mais elle est carrément «déraisonnable», critiquent O’Sullivan et Paltsev, car en réalité, l’industrie en brûle ou en récupère une grande partie — le brûlage, notons-le, transforme le CH4 en CO2, qui est un GES environ 25 fois moins puissant. En tenant compte de ces pratiques, d’ailleurs obligatoires dans plusieurs États, les auteurs arrivent à des émanations fugitives environ 7 fois moindres que M. Howarth : 35 tonnes de méthane par puits dans le shale de Barnett (Texas), au lieu de 252.

    Cela reste, à vue de nez, des émanations significatives, mais comparé au charbon, le gaz naturel, fût-il de schiste, demeure préférable, selon cette étude.


    • Bonjour M. Cliche,

      Deux études comparatives sur les émanations de méthane respectives du charbon et du gaz de schiste qui en arrivent à des conclusions différentes.

      Existe-t-il des commanditaires derrière ces études?

      Attendons donc une troisième études avant de conclure.

    • Jean Béliveau (# 4 du CH) est finalement pas si pire que ça ;-)

      Jean béliveau maisons.
      Gordie Howe si il fait beau.
      Yvon lambert lificoter.

    • La science n’est pas une démocratie. L’hypothèse la plus plausible, celle qui repose sur la démarche la plus sérieuse, la plus rigoureuse l’emporte.

      Quand bien même 100 000 études diraient que la terre est plate à partir de rien, une seule appuyée sur des faits vérifiables suffirait à infirmer les autres.

      La science, ce n’est pas Star Académie…

      Quand une ministre affirme n’importe quoi parce qu’elle a un parti pris émotionnel et irrationnel, ce n’est pas rassurant…

    • Les études scientifiques à propos du gaz de schiste risquent de se contredire pour plusieurs années à venir. D`un coté, vous avez les scientifiques commandités par l`industrie. De l`autre, vous avez d`autres scientifiques qui sont biaisés en faveur des écologistes. Ou se situe la vérité? Je crois qu`il circule beaucoup faussetés à ce sujet.
      Je fait des efforts- écolo dans ma vie de tous les jours. Mais je fulmine quand je vois et entend les chantres de l`écologie s`emparer des médias et proclamer haut et fort que l`humanité cours à sa perte dans un délais de quelques années. C`est devenu une religion écologique, avec tous les schismes qui l`accompagne. Faisons peur au peuple! Et le troupeau suivra!

    • La science repose aussi sur la reproductibilité des résultats.

      Dans le cas des gaz de schiste, la nature des sols qui recouvrent les schistes peut être très différente d’un site à l’autre. Les technologies de scellement des puits peuvent être aussi différentes. Il faut avoir plusieurs études pour établir une tendance et il déterminer si les diverses technologies utilisées et la nature des sols ont un impact.

      En bref, il est tôt pour se faire une idée.

      L’article du MIT a justement cet avantage d’examiner cinq formations géologiques différentes séparément — shales de Barnett, Marcellus, Fayetteville et deux autres dont les noms m’échappent — donc cinq géologies différentes. Les conclusions, disent les auteurs, valent pour tous ces endroits, quoique un peu moins pour le Fayetteville, où il y a plus d’émanations.
      JFC

    • Il serait intéressant de savoir combien de CO2 les humains « garochent » dans l’atmosphère comparativement à une éruption volcanique typique. Voir qui est le plus important émetteur de CO2 entre la nature et l’homme et si c’est l’homme combien de fois plus.

      On nous prédit un hiver rigoureux. Je suis contre les hivers rigoureux. Mais si ça peut faire chiâler le monde assez pour que les écolos perdent des plumes pourquoi pas. Et Si ça peut leur enlever le goût de faire du vélo d’hiver en plus on va rire.

      On vous l’a déjà dit ici, me semble : l’humanité ajoute beaucoup plus de CO2 dans l’atmosphère qu’une éruption volcanique.
      JFC

    • @respectable
      Un hiver rigoureux ne fera pas perdre de plumes à personne. Ca va peut-être en faire gagner à certains oiseaux qui hivernent ici. La météo subira toujours des variations d’années en années même s’il y a un réchauffement global.

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