Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
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    Lundi 26 novembre 2012 | Mise en ligne à 9h59 | Commenter Commentaires (16)

    La face cachée du CO2

    En même temps qu’il réchauffe le climat, le gaz carbonique (CO2) que nous relâchons dans l’atmosphère se dissout aussi en partie dans les océans, rendant ses eaux de plus en plus acides. Et dans certains endroits du globe, la tendance est suffisante pour dissoudre la coquille de certains mollusques, vient de trouver une équipe anglaise.

    Ces coquilles, en effet, sont faites de carbonates de calcium, une substance très commune sur Terre et dont d’immenses quantités sont dissoutes dans l’eau de mer. Cependant, comme on le sait, le fait de brûler autant de combustibles fossiles à vitesse grand V, comme le fait l’humanité actuellement, augmente rapidement la teneur en CO2 de l’atmosphère, et comme une partie de ce gaz se transforme en acide carbonique (H2CO3) en contact avec l’eau, les océans s’en trouve acidifiés au rythme de 0,1 par siècle sur l’échelle pH.

    Cela peut sembler bien lent, mais dans des régions qui étaient déjà pauvres en carbonates, c’est maintenant suffisant pour éroder la coquille des mollusques plus rapidement qu’ils (certains d’entre eux, du moins) parviennent à la générer. C’est ce qu’a constaté la chercheur de Cambridge Geraint Tarling en échantillonnant des ptéropodes (mollusques microscopiques) en Antarctique, près de la Géorgie du Sud. À cet endroit, des eaux naturellement pauvres en carbonates de calcium remontent à la surface ; jusqu’à récemment, la vie marine s’accommodait sans mal de cette rareté, mais l’examen au microscope à électron des coquilles de ptéropodes a révélé des signes de corrosion inhabituelle.

    Alors que s’ouvre aujourd’hui à Doha le grand rendez-vous annuel de l’ONU sur le climat, à propos duquel on peut lire de bonnes mais fort déprimantes mises en contexte en français et en anglais, ce n’est guère réjouissant.


    • Amateur de moules, il est temps de faire la transition vers le cachère… Plus de CO2 dans l’eau va avoir un effet sur la faune, mais cet effet me semble minuscule comparé à l’effet de la pêche industrielle et aux autres effets d’une population humaine qui aura quintuplé, i.e. augmenté de 5,6 milliards, depuis la naissance de mon grand-père, et presque triplée depuis ma naissance.

      Quand on commet de telles idioties démographiques (faire plus que tripler la population durant le cours d’une vie humaine), il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des conséquences.

      Avant de s’épouvanter de quelques moules qui disparaissent et de toutes ses conséquences sur l’écosystème, rappelons que nous avons éliminé les bisons et les loups de l’Amérique du Nord, avec toutes ses conséquences sur l’écosystème. C’est tragique, c’est dramatique, c’est triste, mais on y a survécu assez bien.

      Restons ouvert à l’hypothèse qu’on survivrait somme toute assez bien à une disparition des moules. Ce n’est pas l’idéal, mais si c’est l’idéal qu’on cherche, se faire hara-kiri et revenir au beau temps de la Terre à 1 milliard d’individus serait tout indiqué.

      Oui, luttons contre le C02 dans la mesure du possible et du raisonnable, mais sans excès de zèle autodestructeur ou appauvrissant.

    • Pensons aussi aux conséquences écologiques de l’invasion de l’Amérique du Nord par les verres de terre. Il n’y en avait pas en Amérique du Nord avant l’arrivée des Européens.

      http://en.wikipedia.org/wiki/Lumbricus_terrestris

      Je parie que plusieurs Québécois pensent que les verres de Terre sont des indigènes, et que leur disparition les rendrait paradoxalement tristes…

      L’Amérique ne ressemble plus à ce qu’elle était. Nous survivons quand même assez bien merci, même si l’écologie en est à jamais modifié…

    • Its the economy, stupid !!

      (ironique a l’endroit des politiciens style Harper et Obama qui pour ne pas perdre leur election, se fouent bien des moules !)

    • @honorable – “ver” ou “vers” de terre, mais définitivement pas verres de terre.

    • @honorable

      Il ne faut pas croire qu’il n’y avait pas de vers avant l’arrivé des Lumbricus_terrestris. ceux ci ont eu une concurence féroce face à ces nouveau vers…

      Et pour 1 espèce invasive pas trop nuisible, il y en a combien qui sont extrèmement dévastatrice pour leur environnement ?

    • “ver”, en effet. Ça me fait penser à ce scientifique qui, pendant une conférence, raconte que la RNA helicase A a un poids moléculaire de 146 000 Dollars (il voulait dire Daltons!).

    • @davidbourque Il n’y avait pas de vers de terre au nord de la limite extrême sud des glaciers atteint lors de la dernière glaciation avant l’arrivée des Européens. Il reste encore quelques forêts qui sont dans leur état original.

    • Comme dirait Marie-Antoinette avec toute la sensibilité d’une reine: «S’ils n’ont pas de moules, qu’ils mangent des filets mignons!»

      Sérieusement, sale temps pour les humains qui se dessine à l’horizon.

    • Amateurs de homards, soyez reconnaissants: grâce aux pétrolières, les homards, les crabes et les crevettes croissent plus vite. Une plus grande quantité de C02 favorise la croissance des homards, des crabes et des crevettes. Voir Geology vol. 37: 1131-1134 (numéro de décembre 2009).

    • @respectable Pour éviter une lecture biaisée de la littérature scientifique, je suggère plutôt la lecture des articles suivants:

      http://shadow.eas.gatech.edu/~kcobb/ocean_acid/Kroeker%20et%20al%202010.pdf
      http://oceanacidification.msi.ucsb.edu/workshops/reading-resources/Fabricius%202011-1.pdf

    • Le fait que les moules aient des problèmes avec leurs coquilles est un indice que le cycle du CO2 dans l’océan est perturbé et ce n’est pas comparable à la disparation d’une espèce comme le bison ou à l’introduction d’une nouvelle espèce de ver en Amérique du Nord.

      Nous assistons tranquillement à une baisse du pH des océans. Le pH est un facteur important qui réduit ou favorise la croissance des organismes dans l’eau, les équilibres chimiques d’ions dans l’eau, etc. La Terre sera toujours là, il y aura toujours de la vie car des bactéries vivent à de très bas pH mais aimerons vivre dans le nouvel environnement qui découlera de notre inaction?

    • C’est toujours l’argument que la Terre ne devrait jamais changer. Et c’est impossible! La Terre change depuis sa formation, et elle changera toujours: température, composition chimique, espèces… ça change depuis 4 milliards d’années. Qui a décidé qu’il fallait stopper ça aujourd’hui? Et pire encore, qui est-ce qui croit que c’est possible?

      Les moules vont s’adapter ou disparaître, comme l’on fait des millions d’espèces depuis l’apparition de la vie sur la Terre.

    • L acidification des oceans provient pour la majeur partie du SO4 et non du CO2.
      Tous les rejets de souffre dans le monde entier n ont qu un endroit pour aboutir, c est les oceans. Et que l evaporation reconcentre, that its

      C est le meme processus suivit par la salination des oceans

    • Sans mentionne que le rechauffement des oceans fera baisser le taux de CO2 par evaporation et accentura la concentration de l acidite due au SO4

    • Tout change, et on s’adapte. Rappelons-nous le “bon” vieux temps où les humains vivaient en plein milieu de la mer du Nord, à mi-chemin entre l’Angleterre et le Danemark, le “bon”vieux temps où la Seine n’était pas un fleuve, mais une rivière, et où le Rhin arrivait à la mer près de la côte norvégienne.

      Rappelons-nous le”bon” vieux temps où le Doggerland n’était pas submergé, il y a 8 000 ans.

      http://ngm.nationalgeographic.com/2012/12/doggerland/spinney-text

    • Les ptéropodes et créatures associées (en fait, l’utilisation du mot “ptéropode” est inexact mais bon) sont une partie intégrante de la chaîne alimentaire océanique. La disparition de ces espèces aura un impact non négligeable sur une variété d’autres espèces, incluant des espèces dont dépendent une bonne proportion des humains pour leur survie.

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