Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
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    Mercredi 29 août 2012 | Mise en ligne à 11h18 | Commenter Commentaires (22)

    Une petite place pour la science en cette fin de campagne (enfin)

    Que l’on me pardonne ce billet en forme de grosse «plogue» pas subtile, mais les occasions d’entendre parler de sciences pendant la présente campagne électorale n’auront pas été légion… Alors pour ceux qui vivent dans la région de Montréal, voici votre chance : demain soir, à 18h, au Cœur des sciences de l’UQAM, des candidats de cinq partis débattront d’enjeux scientifiques, à l’invitation de l’initiative Je vote pour la science.

    Le débat sera animé par Yanick Villedieu — hôte de l’émission Les Années-lumière à Radio-Canada, s’il est vraiment besoin de vous le présenter.

    Plusieurs des participants à ce débat ont des formations et une expérience scientifique qui promettent de très beaux échanges. Ainsi, Henri-François Gautrin (PLQ) est physicien de formation et a déjà occupé un poste de prof au département de mathématiques de l’UdM ; Toni Rinow (CAQ) possède un doctorat en chimie de l’UdM et fait carrière dans l’industrie pharmaceutique ; Miguel Tremblay (ON) possède quant à lui une maîtrise en physique (de l’UdM encore, décidément…) et a travaillé notamment dans le domaine de l’environnement.

    Je ne peux cependant m’empêcher de me questionner sur les candidats qu’ont choisi de déléguer le Parti québécois et Québec solidaire. Le débatteur de QS, Nicolas Boisclair, est dans une zone grise entre le profil scientifique (ou à peu près : expérience au programme Éconologis, maîtrise en communication de l’environnement) et le militantisme (il a coréalisé le «documentaire-choc», comme l’appelle le site de QS, Chercher le courant). Mais le candidat péquiste, Daniel Breton, est complètement en dehors de cette zone grise : il a une formation en science politique et sa seule expérience «pertinente» est d’avoir dirigé le groupe écolo Maître chez nous 21e siècle.

    Bref, on se trouve ici dans cette bonne vieille confusion entre science et environnement, et l’on peut craindre que M. Breton, en particulier, sera là pour parler de l’un et non de l’autre. Il y a bien, certes, des liens entre les deux, et c’est très loin d’être un défaut que de parler d’environnement, remarquez bien, mais dans un débat sur la science en général, cela risque de ne pas être toujours pertinent.

    Enfin, laissons la chance aux coureurs. Peut-être que MM. Breton et Boisclair amèneront un éclairage original sur les politiques scientifiques du Québec, les priorités en matière d’innovation, etc. Cela reste entièrement possible — ce n’est pas un blogueur-sciences qui a une formation en histoire et en socio qui dira le contraire. Mais si ce n’est pas le cas, le choix de ces débatteurs paraîtra d’autant plus bizarre que leurs deux partis ne manquaient pourtant pas d’autres candidats dont les c.v. étaient mieux remplis, d’un point de vue scientifique, que les leurs.


    • Je sais que c’est un débat provincial, mais j’aurais aimé voir les créationnistes d’Ottawa.

    • À Medium large ce matin, lors des “états généraux sur l’éducation”, on proposait que les cours d’éducation physique au cégep soient remplacés par des cours de science, afin que les gens qui étudient en sciences humaines ne soient pas complètement coupés de la science (alors que ceux en sciences ont droit à des cours de philo et de littérature). Il me semblait que c’était une excellente idée! Malheureusement, ce n’est dans le programme d’aucun parti.

    • Les scientifiques au pouvoir! Il est plus que temps que les avocats se tassent. À tout événement, la science a toujours fait partie des enjeux sans intérêt pour les électeurs et ce n’est pas demain soir 18h la veille que ça va changer. En rtéalité, il n’y a que deux enjeux d’intérêt: la santé et la fiscalité qu’aucun parti n’a intérêt à régler puisque c’est trop vendeur lors d’une campagne électorale. Tough luck comme qui dirait l’autre.

    • @nomadesse
      Pourquoi ne pas remplacer un cours complémentaire par un cours d’aperçu des sciences. L’éducation physique est aussi nécessaire.
      Et ceux en sciences ont déjà des cours de philo et de littérature.

    • @nomadesse Oui, j’ai même pris la peine d’écrire à Norman Baillargeon pour le féliciter de sa position. De plus, même pas besoin d’enlever les cours d’éducation physique. IL suffit simplement d’exiger le même nombre de crédits de étudiants des sciences humaines que ceux de sciences naturelles.

    • @chip Le problème est que pour que les choses passent dans les médias, il faut que le niveau intellectuel ne dépasse pas celui d’un enfant de 8 ans. C’est assez restrictif.

    • @chip

      Ça ne marcherait pas. Seul un avocat / politicien peut prendre des décisions importante dans des enjeux majeurs sans savoir de quoi il parle ou en sachant qu’il a complètement tort. Les scientifiques n’ont pas les compétences pour agir de la sorte.

    • @yvan_dutil, tous à fais d’accord avec toi,

      @jfc, il existe des gens en science politique qui font des analyses quantitative, la sciences c’est un domaine tellement vaste, pas nécéssaire d’être physicien pour pouvoir la comprendre et en débatre. Je ne connais pas la formation du péquiste et encore moins la formation du monsieur de Québec solidaire, donc je ne peux pas les défendres. Je dirais seulement que les physiciens pourrais avoir des problèmes à suivre si on parle du rôles des sciences dans les politiques sociale, dans ce cadre la la sc.po. devrait avoir un avantage. Ce qui est désolant c’est qu’il n’y a aucun biologiste, hors la biologie est une des sciences qui a le plus le vent dans les voiles présentement

    • @pensezy: Touché!

    • @olivierpicard18 Je ne suis pas d’accords. J’ai fait de la science politique pour le plaisir et je me suis vite aperçu que dans le domaine des modes de scrutin, j’en connaissais plus que 99% des politologues. Pourquoi? Tout simplement parce qu’il y a quelques analyses mathématiques de base. J’ai le même genre de commentaires dans le domaine de l’économie et de la sociologie des sciences.

      Si, c’est facile pour un physicien de comprendre les sciences humaines, dans l’autre sens cela ne fonctionne pas. C’est une question d’outil intellectuel manquants.

    • Citation du jour: “It seems that whoever runs the railway lines in Germany knows and very much cares about how a railway works — as does their boss. Back in Britain, it is widely accepted that those in charge neither know nor care about how things really work. (…) Meanwhile, Germany, Japan, China and France have found no need for a ‘chief scientific adviser’ — despite frequent cajoling from the English-speaking world. Scientists and engineers already permeate these countries’ governing elites. (Nature 488, 559 (2012).

      PS: le lecteur doit se senti entièrement libre de remplacer “Britain” par “Québec”, et d’appliquer le tout au Québec…

    • Un enjeu scientifico-politique qui a du tranchant: la circoncision en est un. L’Académie Américaine de Pédiatrie circonscrit le sujet et considère que les garçons circoncis sont en meilleur santé (Nature 488, 569 (2012). Il serait donc normal, selon cette agence, que l’assurance-santé paie pour cette procédure si les gens la désirent. Malheureusement, la procédure n’augmente pas le QI. Pour ça, il faut y ajouter des facteurs culturels…

    • @honorable Dans les autres pays occidentaux, il y a des équipes de scientifiques qui conseillent les décideurs. Ceci dit, cela aide quand les directeurs des grandes entreprises sont des scientifiques de formation au lieu de gestionnaires.

    • @honorable C’est la même académie qui considère les champs électromagnétique comme dangereux.

    • @yvan_dutil,

      Je suis en accord et en désaccord avec vous, vous pouvez faire cela parceque vous comprenez la sciences, hors un de vos collègues français a démontrer que 90% des étudiants en physique ne pouvait pas expliquer la théorie de la gravité (on ne parle pas de la théorie de la relativité qui la expliqué plus en profondeur, on parle seulement de la gravité), la majorité des étudiants donnait seulement une formule ou donnait une mauvaise explication. La Science ce n’Est pas seulement mathématique, bien qu’il faut une compréhension mathématique, c’est aussi de comprendre ce qui se passe.

    • un exemple de cela, je connais des gens en physique qui peuvent résoudre des intégrales sans problème et qui ne savent pas qu’un intégrale est simplement un aire sous une courbe ou une “multiplication”, comment voullez vous que ces gens la comprennent les sciences humaines, ils ne comprennent pas vraiment les sciences “pure” si on ce fit à leur compréhension mathématique

    • @olivierpicard18 J’ai vraiment des doutes. Je suis à peu près certains que tous mes collègues sont capable d’expliquer ces deux concepts sans problème. Ceci dit, j’ai vu des gens en optique qui ne savait pas c’était un rayonnement de corps noir. Je sais aussi que l’auteur de PhD comics est passé par l’université Laval et a posé des questions de base sur les lasers à des étudiants qui travaillaient justement avec des lasers et ces derniers n’étaient pas capables de répondre. Peut-être que c’est moi qui a une culture scientifique plus étendue que la moyenne.

    • Correction ce ne sont pas des étudiants de Laval qui ne connaissaient pas le fonctionnement des laser. C’est ceux de l’université de la Floride: http://www.phdcomics.com/comics/archive.php?comicid=1317

    • @yvan_dutil,

      Avouez qu’il peut être parfois plus aisé de travailler dans un laboratoire que d’intervenir auprès d’humains difficiles et dangereux qui peuvent avoir des réactions imprévisibles.
      ####
      Ce n’est peut être pas pertinent mais, pour illustrer mes dires, je vous soumets le cas d’un brillant génie, Galilée, qui se fit tuer par un soldat alors qu’il cogitait dans son monde mathématique… il me semble.

    • @Dutil: puisque cette académie s’inquiète aisément, et même exagérément (c’est le sens de votre 20h37, n’est-ce pas?), raison de plus pour accorder de la substance à son absence d’inquiétude vis-à-vis la circoncision…

    • @watl68 C’est Archimède. Statistiquement, je pense qu’il est plus dangereux de travailler dans un labo ou sur le terrain que dans le domaine des sciences humaines. Il y a des exceptions bien sûr.

    • @yvan_dutil,

      Euréka, vous avez raison. Je vous remercie pour la correction.

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