Sciences dessus dessous

Archive du 7 août 2012

Mardi 7 août 2012 | Mise en ligne à 8h12 | Commenter Commentaires (11)

Et tombent les records…

Le nombre qui tue : en 1976, la nageuse est-allemande Kornelia Ender a remporté l’or au 100 mètres style libre en 55,65 secondes. Pour avoir déjà nagé moi-même, je peux vous dire que c’est vachement rapide. Mais la semaine dernière, lorsque la même épreuve a été disputée à Londres, ce temps l’aurait non seulement exclue du podium, mais n’aurait même pas suffi — par plus d’une seconde, d’ailleurs, ce qui est énorme — à la qualifier pour les demi-finales.

Pourtant, il s’agissait d’un record du monde, à l’époque, et c’est sans compter que la «petite» madame est fortement soupçonnée de dopage, gracieuseté d’une voix caverneuse et d’une musculature de femme des cavernes. Alors comment se fait-il que les performances, en piscine comme sur piste, aient continué de s’améliorer à ce point ? Pourquoi les records du monde tombent et tombent encore ?

Éliminons tout de suite l’hypothèse du dopage. Certes, il y en a et en aura toujours, mais le fait est que, malgré les trous qu’il reste dans le système, les athlètes sont plus surveillés que jamais. Et puis, les produits dopants n’ont pas toujours aussi miraculeux qu’on le croit. En natation masculine, par exemple, les stéroïdes ont pour effet d’augmenter une masse musculaire qui est déjà assez forte ; cela augmente la densité de l’athlète, qui flotte ainsi moins bien et doit alors vaincre une résistance de l’eau plus grande ; et c’est sans compter la perte de souplesse, très importante en natation. C’est la raison pour laquelle, me faisait remarquer le mathématicien et ex-entraîneur de natation Jean-Marie De Koninck, que contrairement à leurs consœurs, les nageurs est-allemands n’avaient rien de spécial. D’ailleurs, les records masculins en natation se sont eux aussi beaucoup amélioré : comme pour Kornelia Ender, le temps qui a valu l’or Jim Montgomery, 49,99 seconde, lui aussi un record du monde pour l’époque, ne l’aurait pas qualifié pour les demi-finales à Londres.

Alors, qu’est-ce qu’il reste ? En fait, ai-je trouvé en document un dossier sur cette question, il reste beaucoup de choses. Entraînements plus efficaces et personnalisés, meilleure alimentation, athlètes plus grands parce que l’humanité elle-même est plus grande, techniques de course améliorée, etc. Plus de détails dans mon papier paru ce week-end dans Le Soleil.

P.S. Vous pouvez maintenant me suivre sur Twitte, @clicjf.

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