
Image : National Institute of Health/NIH
L’idée, assez répandue en science et dans l’industrie du régime, selon laquelle l’espérance de vie s’allonge quand on réduit plus ou moins drastiquement les calories ingérées, vient de prendre un bon coup de plomb dans l’aile. D’après une étude américaine publiée hier dans Nature, des macaques qui ont dû se contenter de 30 % moins de calories qu’un groupe contrôle pendant une grande partie de leur vie ne meurent pas plus plus vieux que les autres.
Menée par des chercheurs du National Institute of Aging, l’expérience s’est étalée sur pas moins de 23 ans. Les macaques «affamés» — bien qu’ils ne se comportaient pas comme tels, mangeant au même rythme que les autres — étaient bien sûr beaucoup plus maigres que le groupe contrôle, comme le montre la photo ci-haut, soit l’équivalent, d’après ce compte-rendu du New York Times, d’un humain de 6 pieds qui ne pèserait qu’environ 130 lbs.
Or contrairement au résultat prévu par les chercheurs, l’espérance de vie de ces primates ne s’en est pas trouvée allongée. Ceux qui ont été mis à la diète sévère à un âge avancé ont montré des taux de triglycérides moindres, et donc un risque de maladie cardiaques diminué, mais ce ne fut pas le cas de ceux qui ont été sous-alimentés dès leur jeune âge. Ces derniers, cependant, se sont avérés moins touchés que les autres par le cancer, mais cela n’a que compensé pour le reste, car en moyenne, ils n’ont pas vécu plus longtemps.
Ces résultats viennent contredire une autre étude à long terme conduite en 2009 au Wisconsin, elle aussi sur des macaques, qui avait trouvé que la «restriction calorique» semblait allonger la vie. Cependant, lit-on maintenant dans Nature et dans le Times, il semble que le groupe contrôle de cette expérience-là ait été passablement moins bien nourri que celui du NIA — aliments à volonté, beaucoup de sucrose et peu ou pas d’antioxydants pour les macaques du Wisconsin, alors que ceux du NIA avaient des portions contrôlées, peu de sucrose et des antioxydants. Il est donc possible que l’effet mesuré il y a trois ans ait été un raccourcissement de la vie des contrôles plutôt qu’un rallongement dû aux privations.
En outre, les auteurs de l’étude du Wisconsin avaient écarté de leurs calculs environ la moitié des décès parce que ceux-ci n’étaient pas liés à la longévité, mais en en tenant compte, la diète sévère ne faisait aucune différence sur l’espérance de vie.
Notons ici, malgré tout, que beaucoup des scientifiques interviewés à ce sujet hésitent à balancer le lien privation-longévité sur la foi d’une seule étude. Alors si vous voulez aller chez McDo ce midi, il faudra vous trouver une autre excuse…
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